‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 115 sur 593 · ASPHYXIE · texte numérisé non relu

ASPHYXIE

Comparez la Chine et le Japon, quant à la situation et à 1 étendue de leur empire, quant à leur civilisation, quant à leur rapports avec l'Europe?

Oii placez-vous Palmyre, Ninive, Babylone, Antioche ?.... etc.

Expliquez les mots cacherniv, calicot, nankin, (linge) damassé, et l'origine de ces noms.

Si vous alliez par terre de Jérusalem à Téhéran, de là à Boukhara, de là à Caboul et de Caboul à Bombay, quels États traverseriez-vous ? Dans quelles parties de ce voyage seriez-vous exposé aux plus grands dangers ?

Quelles sont les mers qui baignent la Perse ?

2. Problèmes géographiques . — 1. La Chine, proprement dite, a une superllcie de 4,025,000 kil. cari-és et une population de 405,000,000 d'habitants ; la Sibérie, 12,500,00(1 kil. carrés et 3,400,000 d'habitants; l'Inde, 3,800,000 kil. carrés et 238,000,00(1 d'habitants. Quelle serait la population de la Sibérie, si elle était aussi peuplée que l'Inde et aussi peuplée que la Chine? R. 1" 787,000,000. 2" 1,262,500,000 hab.

3. Quelles contrées parcourrait un voyageur partant de Péking, et marchant toujours à l'O. en restant à la même latitude, en Asie d'abord, puis en Europe ? — Quelles mers devrait-il traverser ? — Quelles chaînes de montagnes aurait-il à franchir? Quels fleuves traverserait-il? — Près de quelles grandes villes passerait-il ?

4. La distance par mer de Suez à Aden est d'environ 2,500 kilom. ; celle d'Aden à Bombay de 2,G.'>0 kil. ; de Bombay à Pointe-de-Galles, 1,750 kil. ; de Pointe de Galles à Calcutta, 2,100 kil.; d'Aden à Pointe de Galles, 3,300 kilom. ; de Pointe de Galles à Singapore, v,650 kilom. ; de Singc'?pore à Saigon, 1,100 kilom.; de Saigon à, Hong-Kong, Macao et Canton, 1,500 kilom; de Hong-kong à Chang-hai, 1,350 kilom. ; de Chang-hai à Pékin, 1,400 kilom. ; de Chang-hai k Yokohama, 1,900 kilom.

Combien un navire faisant 600 kilom. par jour mettra-t-il à aller de Suez à Pékin, par la route d'Aden, Pointe de Galles, Singapore, Saigon, Hongkong, et Chang-hai, en relâchant 12 heures au moins dans chacun de ces ports, mais moins de 24 heures? — R. De 26 à 29 jours

Quelle économie de temps réalisera un voyageur allant de Suez à Calcutta, si au lieu de suivre la route maritime d'Aden, Pointe de Galles, Calcutta, il va par mer d'Aden h Bombay et par chemin de fer de Bombay à Calcutta, sachant que la longueur de la voie ferrée entre ces deux villes est de 2,000 kilom. environ et en supposant que les trains y fassent 40 kilom. par heure. — R. 2 jours, et 12 heures.

Ouvrages à consulter. — Livres admis dans les bibliothèques po|iulaires, qui fournissent les plus nombreux suji'ts lie lectures sur L'Asie : Duval ; Noire Planète. De Lanoye ; La Sibérie. — Poussielgue, Voyage en Chine.

— Roy, La Chine et la Cochinchitie . — Leniire, Cochinchine Française et Cambodge. — Mouhot, Royaume de Siam. — Deville, Excursions dans l'Inde. — Burtou Voyage à la Mecque, etc., abrégé par Belin de Launay. -;- Hall y. Lectures géographiques ; enfin et surtout la collection du Tour du monde.

ASPHYXIE. — Zoologie, XXXV; Hygiène, XVL

— On appelle asphyxie un état de mort apparente produit par la suspension de la respiration. Dans ia syncope, la mort apparente résulte de l'arrêt subit du cœur.

La respiration normale consistant à inspirer l'air atmosphérique qui contient vingt et uu centièmes d'oxygène, tout ce qui diminue la proportion de ce gaz dans l'air respiré tend à produire l'asphyxie. Elle résulte également de tout obstacle à l'introduction dans les poumons d'une quantité d'air sufjîsante.

Nous nous bornerons à indiquer les causes acci-

dentelles de ces deux modes d'asphyxie et les soins à donner en attendant l'arrivée du médecin.

Asphyxie j)ar action cliimique. — V Air confiné. — Aspliyxie résultant de l'air vicié soit par la respiration, soit par les miasmes, souvent aussi par les émanations de fleurs d'autant plus dangereuses que l'on est moins porté à les suspecter. Cette viciation de l'air se manifeste par les symptômes suivants : maux de tête, étourdissements, nausées, oppression et perte de connaissance.

Les soins à donner sont ceux-ci : porter la personne en plein air, maintenir la tête haute, enlever tout ce qui peut gêner les mouvements de la poitrine et de l'abdomen, asperger d'eau fraîche la face et le cou. Il importe peu de faire respirer du vinaigre, mais quelques gouttes d'éthcr dans de l'eau sucrée calment, s'il y a lieu, les accidents nerveux.

2» Vapeur de charbon — acide car honlque, — gaz d'éclairage, etc. — Le gaz oxyde de carbone qui se dégage du charbon en combustion cause un véritable empoisonnement du sang; le gaz d'éclairage agit également par ses propriétés délétères ; mais l'acide carbonique pur, tel qu'il se dégage des cuves en fermentation est simplement irrespirable et ne cause pas des accidents aussi rapides.

Pour essayer de rappeler l'asphyxié à la vie, on le porte à l'air libre, sans craindre le froid, ayant soin de maintenir élevées la poitrine et la icte. Une personne comprime la poitrine, tandis qu'une autre comprime le ventre en le refoulant en haut, puis on laisse subitement les organes reprendre leur position. On répète cette manœuvre qui imite les mouvements naturels de la respiration pour débarrasser les poumons de l'air vicié et y faire pénétrer de l'air pur. En même temps on asperge le visage et la poitrine avec de l'eau très froide que l'on essuie, pour recommencer au bout de quelques minutes. On fera brûler une allumette sous le nez, ou l'on y tiendra ouvert pendant quelques secondes un flacon d'ammoniaque. En même temps on frictionnera les membres et le corps. Il faut revenir aux mêmes moyens à de courts intervalles et surtout ne pas se décourager avant que lu mort ne soit prouvés par la rigidité cadavérique ou constatée par un médecin.

Pour rétablir la respiration il serait utile de joindre aux mouvements que nous venons d'indiquer, l'insufflation par laquelle on fait arriver de l'air dans le poumon au moment où la poitrine se dilate, par son élasticité après la compression. Pour cela, tandis qu'une personne tient fermées les riarines du malade, une autre lui souffle dans la bouche directement ou avec un tube, eii prenant soin de fermer à l'air l'accès en en repoussant doucement le larynx (la pomme d'Adam) maintenu entre deux doigts. Lorsqu'un peu d'air a pénétré dons les poumons on le chasse par la compression simultanée du ventre et de la poitrine, et l'on recommence l'insufflation. On peut aussi insuffler de l'air, avec précaution, au moyen d'un soufflet dont le tuyau est introduit dans une narine, tandis que l'autre narine et la bouche sont soigneusement formées.

Aussitôt que le malade donne quelques signes de vie, on le place dans un lit chaud et l'on maintient autour do son corps une température élevée au moyen de bouteilles d'eau ou de briques chauffées. Lorsqu'il n'y a pas d'indices de congestion céi'ébrale, on administre un peu de vin chaud sucré; dans le cas contraire on fait boire de la limonade et l'on applique des sinapismcs aux pieds et aux jambes. Si le visage est rouge violacé, les yeux saillants, il sera bon, en attendant lo médecin, d'appliquer derrière chaque oreille six sangsues, ou de pratiquer sur la nuque deux ventouses scarifiées.

Sulnnersion. — La submersion simple produit l'asphyxie sans empoisonnement du sang. Dans un

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assez grand nombre de cas le noyé tombe en sjmcope au premier contact de l'eau, de sorte qu'il ne pénètre point de liquide dans les voies respiratoires. Si l'eau nest pas très froide, le sujet peut y demeurer assez longtemps sans que la mort apparente se change en mort réelle.

Lorsqu'il n'y pas eu syncope immédiate, l'eau pénètre dans l'estomac et un peu dans les bronches. 11 est donc utile d'incliner modérément la tête du sujet pendant quelques secondes pour faciliter l'écoulement du liquide, après quoi l'on procédera, comme nous venons de l'expliquer, ayant soin seulement de débarrasser immédiatement le noyé de ses vêtements et de le maintenir à une température élevée au moyen de bouteilles d'eau chaude, de briques, de flanelles, etc. Avant de commencer l'insufflation, on aspirera au moyen d'un soufflet, ou d'une seringue privée de sa cannelle, les mucosités écumeuses qui remplissent la bouche et obstruent l'entrée des bronches.

Strangulation. — Un lien fortement serré autour du cou empêclie l'air de pénétrer dans les poumons et s'oppose à la circulation du sang dans le cerN'eau, causant ainsi asphyxie et congestion cérébrale. Dans le cas de pendaison il peut y avoir, en outre, une lésion de la moelle épinière qui cause immédiatement la mort; mais cette lésion n'étant pas visible, on doit traiter les pendus comme les autres asphyxiés.

ran> les cas d'asphyxie par strangulation, qu'il 3' ait ou non pendaison, la première chose à faire est de détacher ou mieux do couper les liens, sans attendre l'arrivée de l'autorité', on enlève la cravate, la ceinture, le corset, les jarretières, en un mot tout ce qui pourrait gêner la respiration et la circulation, et l'on procède comme pour les autres cas d'asphyxie.

Les personnes appelées à secourir un asphyxié doivent procéder avec méthode et sang-froid. Qu'elles soient bien persuadées surtout qu'un noyé peut avoir séjourné plus d'une heure sous l'eau et être ramené à la vie ; que l'on peut aussi faire revivre après longtemps les victimes d'asphyxie par les gaz irrespirables, ou ensevelies sous des décombres. Souvent ce n'est qu'au bout de six ou huit heures d'efforts intelligents que l'on rappelle quelque signe de vie chez les sujets frappés de mort apparente. Il faut donc, même dans les circonstances qui paraissent le plus décourageantes, continuer les soins préliminaires en attendant la venue du médecin qui seul pourra apprécier l'opportunité de quelques moyens énergiques que nous n'avons pas mentionnés. — V. les mots Hespiration, Accidents. [H' SalTray.]

ASSIMILATIOiy. — Zoologie, XXXII ; Botanique, V, Vlir. — (Étym. : dulatin, rendre semblable].

On doit entendre par as>:imilation l'ensemble des actes par lesquels l'organisme vivant emprunte au milieu extérieur les éléments qui lui sont nécessaires et les incorpore à sa propre substance.

La substance de l'être vivant n'est jamais, à aucun moment de l'existence, dans un état stationnaire, ou de repos. Elle est, tout au contraire, entraînée, depuis le premier instant de la vie jusqu'au dernier, dans un tourbillon incessant, dans un mouvement perpétuel de rénovation. Elle s'use et se renouvelle à mesure qu'elle s'use; elle se détruit, et se reconstruit au fur et à mesure, comme la toile de Pénélope. Elle est le siège d'un double mouvement, l'un de composition perpétuelle, par lequel l'animal régénère son propre organisme, l'autre de décomposition, qui désagrège les matériaux vivants et les élimine.

Ces actes contraires, les premiers d'assimilation, les seconds de défassiniilation , constituent la nutrition, telle du moins qu'elle existe chez les animaux d'ordre supérieur.

On le voit, l'assimilation est une des deux faces, une des deux moitiés de la nutrition. Elle constitue l'une des principales différences entre l'animal et l'objet appartenant au monde inorganisé.

La force assimilatrice, qui soutient et entretient la vie, va en décroissant de la naissance à la mort.

Dans les premiers temps de la vie, elle est d'une extrême énergie :1e jeune animal assimile avec une intensité énorme, et dépense relativement peu, en sorte que le budget vital se solde par un grand excédent des recettes. Ou bien, pour quitter la métaphore, l'organisme emprunte au milieu extérieur beaucoup plus de matériaux qu'il ne lui en restitue. Le résultat est l'accroissement rapide du volume de l'animal.

Mais bientôt cet excédent cesse d'être si considérable : la force assimilatrice perd chaque jour un peu de son activité première. Il vient enfin un moment où elle est juste suffisante pour compenser les dépenses vitales. Cet état stationnaire, où l'animal recouvre exactement ce qu'il perd, correspond au plein de la vie : la croissance est terminée, les forces sont à leur maximum. Cet équilibre parfait dure plus ou moins longtemps, selon que la vie subit ou non des accidents qui entravent, dévient ou brisent son cours régulier.

Enfin la diminution de la puissance rénovatrice fait de nouveaux progrès, et l'équilibre se rompt. Les phénomènes d'acquisition se ralentissent peu à peu, tandis que l'usure des organes reste la même ou augmente encore. Le résultat est la diminution graduelle de l'organisme, son dépérissement. La somme des actions chimiques accomplies au sein des tissus va diminuant tous les jours, mettant ainsi l'animal à la merci du plus léger choc; elle finit par n'être plus suffisante pour entretenir la vie, qui s'éteint alors à la façon d'un foyer auquel le combustible vient à manquer.

Ainsi, il semble que la cellule originelle de laquelle procède tout être vivant soit douée d'une quantité donnée de force créatrice, laquelle va diminuant toujours, et s'épuise enfin, amenant ainsi la mort de l'animal.

Remarquons que ces termes que nous employons « force créatrice, puissance d'assimilation, vertu rénovatrice », ne sont et ne peuvent être que de pures métaphores. Ils expriment l'ignorance où nous sommes de la manière dont sont causés et dirigés les phénomènes de la vie. Le comment de ces phénomènes, leur mode, leur nature, nous sont aujourd'hui parfaitement connus. Tandis que nos prédécesseurs, moins bien outillés que nous pour l'étude de ces actes intimes et d'ailleurs privés de bien des lumières qui nous éclairent aujourd'hui, ne pouvaient s'expliquer les phénomènes de la vie et les attribuaient à un ordre tout spécial, l'ordre vital, tandis qu'ils y voyaient les manifestations de lois particulières, différentes dei lois physico-chimiques et spéciales à l'animal, nous, au contraire, nous avons reconnu que ces phénomènes sont de l'ordre jjhysique; que les lois de la nature inorganisée les régissent tous sans réserve ; qu'en un mot il n'y a pas deux mondes, ici celui de la vie, là celui de la non-vie, chacun soumis à ses principes particuliers, mais que la nature est la même partout, et que les actes par lesquels l'animal vit, sent, se meut, pense, ne difl'èrent nullement de ceux quH le chimiste observe dans son laboratoire. Mais, en revanche, nous constatons l'impossibilité d'expliquer le pourquoi de ces phénomènes ; si le corps, a dit Paul Bert, est la cornue du chimii le, la vie est ce c/timiste même, qui prépare les '•.ondition» des piiénomèncs et les force ainsi à s'exécuter. Tout se passe comme si l'animal vivant était doué d'une force particulière, qui provoque et règle les actes

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physico-chimiques de sa vie. Au fond, ce n'est pas à la vie seule qu'appartient ce mystère, c'est à tout phénomène naturel : quand la combinaison chimique se fait selon des nombres, c'est-à-dire selon une loi spirituelle, quand un cristal réalise un type idéal prédéterminé, nous sommes bien forcés d'invoquer ici aussi cette direction cachée, cette « idée directrice », comme disait notre grand Claude Bernard. De sorte que ce mystère sousjacent aux actes vitaax, loin d'en faire des actes d'une nature spéciale, les rapproche au contraire des actes physico-cliimiques, les identifie à eux. La nature est partout d'accord avec elle-même, et SCS lois sont partout identiques.

Quels sont les matériaux que l'organisme emprunte au dehors pour se les assimiler? Ils sont très nombreux, et sont naturellement ceux dont est formé l'organisme lui-même ; pour ne citer que les principaux, ce sont l'oxygène, le carbone, l'azote, l'hydrogène, le soufre, le phosphore, le fer, le calcium, le sodium, le chlore.

A l'exception de l'oxygène, que l'animal emprunte pour la plus grande partie au milieu aérien, par la respiration, tous les autres matériaux sont puisés uniquement dans le règne végétal, soit directement si l'animal est herbivore, soit indirectement par l'intermédiaire de l'alimentation animale, s'il est Carnivore ou omnivore (à l'exception bien entendu d'un très petit nombre de matières minérales, le sel par exemple, que certains animaux supérieurs consomment directement). Tout animal se régénère donc exclusivement à l'aide de la matière végétale, soit qu'il se nourrisse de végétaux, soit qu'il ingère des animaux nourris eux-mêmes de végétaux.

Or, il importe de remarquer que les déchets de la vie, que la substance vivante usée et détruite disparaît toujours sous la forme minérale. L'animal, en effet, élimine sa substance sous trois grandes formes minérales : de l'acide carbonique, de l'eau et des composés azotés dont le principal est l'urée.

Ainsi, d'une part, l'animal puise les éléments de sa vie dans le monde des plantes, et d'autre part il restitue ces éléments au monde inorganique. Tant que dure sa vie, il est en quelque sorte le centre d'un tourbillon de matière qui vient du monde végétal et qui aboutit au monde minéral. L'animal est l'intermédiaire par lequel les végétaux restituent au monde inorganique les éléments qu'ils lui empruntent sans cesse.

Par quel mécanisme l'animal réussit-il à s'incorporer les matières qu'il puise au dehors par 1 alimentation?

Ce mécanisme consiste à les réduire en particules assez ténues pour qu'elles puissent filtrer a'i travers des membranes digeslives, faire effractijii à travers les parois des vaisseaux sanguins 0 1 lymphatiques, et entrer ainsi dans le torrent c rculatoire qui les charrie et les distribue aux t ssus. Les modilications chimiques que la dige.stiun fait subir aux trois grandes classes d'aliments, féculents, graisses et albuminoïdes, ne . sont pas en effet des modifications profondes, des tr.insforiiiaiions totales : elles consistent sculem.iut à donner à l'aliment une consistance infinim;iit moindre, à l'amener à un état de division exirême. C'est ainsi que les fécules se changent en glucoses solubles; que les graisses s'é»iu/s/"n- «e.'if, c'est-à-dire se réduisent en gouiteleiics d'une ex: renie finesse; et enfin que les albuniinoides se transformeni graduellement en prpionea, modi.ication de l'albumine qui la rend soluble.

On le voit, l'animal est pourvu d un appareil co.iipliquc, l'appareil digestif, dont l'action est tros simple : elle consiste à exercer sur les matéiiaux venus du dehors une série d'influences qui les amènent à pouvoir passer dans la circu-

lation. Les glucoses, les graisses émulsionnées et les peptones sont en effet parfaitement propres à ce passage, qui s'effectue en vertu d'une loi de physique bien connue, la loi des ichanijes exosmoendosmatiques. Voici cette loi : lorsqu'une membrane vivante sépare deux liquides différents, il s'opère entre ces deux liquides une série d'échan;:e8 d'où résulte finalement leur mélange intime (V. Osinose). Or, dans l'animal une membrane vivanio, celle du tube digestif et des vaisseaux, sépare deux liquides, le sang d'une part et le liquide digestif de l'autre. Les substances digestibles étant, comme on dit, cristalloîdes, aptes à filtrer à travers les membranes organisées, traversent la membrane et vont se mêler au sang, tandis que le sang, ne contenant presque aucun élément cristallolde, ne prend point de part à l'échange et reste presque en entier dans les vaisseaux.

Une fois les substances alimentaires mêlées au tourbillon circulatoire, elles sont réparties à tout l'organisme; elles sont présentées aux éléments anatomiques qui y puisent au passage tout ce dont ils ont besoin. Elles deviennent partie constitutive de l'être; elles vivent, mais un instant seulement; l'instant d'après leur rôle est joué; elles meurent, elles forment des combinaisons minérales, et le sang qui les avait apportées les emporte, les dépose à la surface extérieure do l'être, ou bien à l'intérieur des cavités d'évacuation, et elles quittent l'organisme pour ne lui revenir ensuite qu'après avoir traversé le monde végétal. Ainsi la mort est une coiidition de la vie. Vivre, c'est se détruire pour se reconstruire. Sous l'apparente immobilité du type, sous la constance de la forme, se cache l'éternel tourbillon de la matière qui entre, vit un instant, meurt et disparaît pour revenir ensuite. Ce qui fut jadis le cerveau d'un Homère ou d'un Alexandre le Grand constitue peut-être aujourd'hui celui d'un nègre de l'Afrique centrale, après avoir été le fruit d'un bananier ou la chair d'une antilope.

Les composés que l'animal puise dans l'alimentation ne contiennent qu'une très petite quantité d'oxygène. Au contraire, les composés qu'il élimine en renferment une énorme quantité. C'est dans l'organisme, c'est à l'intérieur des tissus que ces composés alimentaires se sont oxydés si fortement, aux dépens de l'oxygène aspiré par les poumons. Ces oxydations énergiques, intenses, qui s'exercent sur les substances assimilées, sont proprement la source unique de la force de l'être vivant. Toute force manifestée soit par la chaleur de l'organisme, soit par ses mouvements de locomotion, soit encore par les mouvements moléculaires de ses tissus, dérive d'une origine unique: l'oxydation des substances que l'alimentation a incorporées à l'animal. La somme de ces actions chimiques équivaut exactement à la somme de force dépensée par l'être vivant (chaleur ou travail), exactement comme la somme de charbon oxydé sur la grille de la locomotive équivaut au travail qu'elle exécute ou à la chaleur qu'elle génère.

Cette chaleur, cette force, qui est le ressort de la vie animale, nous avons dit que l'animal l'emprunte aux végétaux. Mais ces végétaux euxmêmes ne l'ont acquise qu'en emmagasinant dans leurs tissus la chaleur et la lumière solaires. C'est la force solaire qui subvient à l'organisation des molécules végétales et qui l'entretient : c'est elle ensuite qui est mise en liberté quand l'oxygène attaque dans l'animal les éléments de ces tissus ; c'est elle qui devient alors la force de l'animal et fournit à toutes les manifestations de sa vie. [Ijr Elle Pécaut.]

ASSOLE.MENTS. —Agriculture, XI.— Dans toute exploitation agricole, il y a une plante qui s'adapte mieux que toutes les autres aux circonstances lo-

ASSOLEMENTS

ASSOLEMENTS

cales, à la nature du sol, et qui donne le plus grand bénéfice. Il semble donc naturel, au premier abord, que l'agriculteur doive s'attaclier exclusivement à la culture de cette plante, la faire revenir chaque année sur ses champs. Pourquoi n'en estil pas ainsi? C'est qu'à cette succession ininterrompue d'une seule culture s'opposent des difficultés nombreuses, dont les principales sont les suivantes : « Insuffisance d'engrais pour alimenter une végétation dont les produits sont exportés et ne restituent pas au sol les éléments nutritifs qu'ils consomment ; propagation croissante de plantes adventices, inutiles ou nuisibles, mêlées aux cultures des bonnes plantes dont la maturité devance la leur et qui souillent de plus en plus le terrain par la dissémination de leurs graines ; difficulté économique ou matérielle d'obtenir le nettoiement du sol dans les conditions de certaines cultures ; époque de la récolte de la plante choisie trop rapprochée de celle de l'ensemencement qui doit suivre et ne permettant pas d'ameublir et de nettoyer complètement la terre. » (De Gasparin, Cours d'agi-iculture].

Toutes ces raisons indiquent la nécessité de faire varier les récoltes demandées à un champ. De là !e problème de trouver l'ordre à adopter. Le meilkur système de culture est celui qui dispose cette succession de la manière la plus heureuse à la fois au point de vue du produit en argent, et à celui de l'accroissement ou au moins du maintien de la fertilité du sol.

M. de Gasparin a donné le nom de cours de culture à la succession des plantes qui se suivent sur le même terrain pendant une période d'années, au bout de laquelle on reprend la même succession de plantes dans le même ordre. Ainsi un cours de culture triennal ou de trois ans serait :

\'^ année. . . . Jachère.

2« — .... Blé.

3* — .... Avoine ou blé de mars.

V assolement est la division d'un domaine en parties égales entre elles et au nombre des années deculture, de manière que durant la première année, dans l'exemple précédent, la première partie sera en jachère, la deuxième en blé, la troisième en avoine. On donne le nom de sole à chaque partie du domaine ainsi divisé. La rotation comprend la succession des récoltes que l'on obtient sur chaque sole. Ainsi, dans l'exemple choisi, le cours de culture combiné avec l'assolement donnera les résultats suivants :

N° 1. '" .\»^2. "" N» ^jT

r* année Jiichère. Blé. Avoine.

2' — ... Blé. Avoine. Jachère.

•3'' — . . Avoine. Jachère. Blé.

Dans la deuxième rotation, les mêmes récoltes «e succéderont, dans le même ordre, dans chacune des soles.

La nécessité des assolements a été reconnue de tous temps. Les Grecs et les Romains savaient que la terre a l)esoin de repos ; ils avaient môme posé les principes de l'alternance des céréales et des légumineuses. Le moyen âge a continué les mêmes err.ments. Mais ce sont les agronomes du xviii^ siècle auxquels revient l'honneur d'avoir vulgarisé les principes rationnels de la succession des culturcs, appliqués pour la première fois dans les Flandres, et qui de là se sont répandus dans les autres pays. Enfin au xix' siècle appartient la théorie complète des assolements mise en lumière par les savants modernes et principalement par les recherches de M. Boussingault, à sa célèbre ferme de Bechelbroiin.

I.caucoup d'hypothèses ont été présentées en vue d expliquer la nécessite des assolomonts. On a

voulu d'abord en trouver la cause dans l'antipathie que les plantes possèdent pour elles-mêmes ou pour certaines autres plantes. D'autres ont supposé que chaque végétal puisait dans le sol un suc particulier nécessaire à sa nourriture propre, qu'il en épuisait ainsi la terre sans enlever les sucs nécessaires à d'autres végétaux. On a voulu aussi que les plantes excrètent dans le sol des principes nuisibles à la végétation des unes des autres. Quelques-uns ont vu enfin dans l'identité de forme et de dimensions des racines la cause qui rend difficile le retour non interrompu des mêmes plantes sur le même sol. Toutes ces hypothèses ont été successivement détruites par les progrès de la science agricole ; aucune d'elles ne peut plus être admise aujourd'hui.

Les véritables lois des assolements reposent à la fois sur les besoins des plantes et sur les nécessités de l'entreprise agricole. On peut donc les diviser en doux catégories : lois physiologiques et loisculturales.

La première loi des assolements dérive de la nécessité de préparer le sol. On comprendra, sans qu'il soit besoin d'autre explication, que les plantes doivent se succéder dételle manière qu'entre la récolte qui précède et la semaille qui la suit, il y ait un espace de temps suffisant pour que les travaux de culture, labours, épandage d'engrais, etc., puissent être exécutés d'une manière convenable.

Dans les terres même les mieux cultivées, il arrive chaque année qu'une certaine quantité de graines de plantes adventices est apportée soit par les vents, soit par d'autres causes, et que ces graines germent et se développent au milieu de la récolte. Parmi les plantes cultivées, les unes, comme les céréales semées à la volée, n'opposent aucun obstacle au développement de cette végétation parasite ; elles sont dites plantes salissantes. D'auti-es, au contraire, sont dites nettoyantes : ce sont ou bien des racines semées en lignes entre lesquelles on peut efl'ectuer de fréquents binages, ou bien certaines plantes légumineuses, telles que les vesces, les pois, etc.^ qui, sous le développement de leur végétation, étouffent les plantes adventices et en arrêtent la multiplication. Au point de vue de la propreté du sol, il est donc nécessaire de faire succéder une récolte nettoyante à une récolte salissante.

Troisième loi physiologique : les diverses plantes cultivées n'enlèvent pas au sol les mômes quantités de principes fertilisants ; les unes sont plus épuisantes que les autres. D'un autre côté, les récoltes faites en vue de la vente, telles que les céréales, les plantes industrielles, sont en grande partie exportées du domaine, et les éléments qu'elles ont enlevés au sol ne peuvent plus y revenir. Au contraire, les plantes fourragères,' consommées sur la ferme, ne sont qu'en partie exportées sous forme de viande, de lait, de laine, etc. ; une partie imoortante, au contraire, de leurs princi[)es, non assmiilée par le bétail, revient aux champs sous forme de fumier. Il en résulte que, pour compenser la perte provenant de la vente des produits exportés, il faut combiner l'assolement de manière que la production des engrais sur la ferme soit, autant que possible, égale à leur consommation. Cette condition est impossible à remplir d'une manière absolue. On supplée à l'insuffisance du résultat par l'achat d'engrais complémentaires venant du dehors. L'agriculteur qui n'achète pas d'engrais épuise fatalement sa terre ; c'est une question de temps plus ou moins long, mais le résultat final est inévitable. — Pour ces engrais comme pour ceux produits dans la ferme, ils doivent toujours être appliqués, dans l'assolement, aux plantes les plus épuisantes. En règle générale, l'application des fumures doit être faite de telle manière que le sol ait le degré maximum de ferti-

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ASSOLEMENTS

lîtc qui convient à chaque plante, mais sans le dépasser.

Comme conséquence de cette loi, on peut ajouter qu'il convient de faire succéder h une culture avide principalement de certains éléments nutritifs, une autre culture moins avide des mêmes principes.

Telles sont les lois physiologiques des assolements. On en tirera la conséquence suivante pour Ja culture des céréales, qui est la principale parmi celles auxquelles s'adonne l'agriculture française,

Les cultures de céréales ne peuvent être entreprises sans risques sur un terrain qui présente un état de fertilité considérable, parce qu'elles sont alors exposées à verser. Elles doivent donc être précédées par des cultures épuisantes, qui réduisent la terre à l'état de richesse que les céréales peuvent supporter. Mais les céréales peuvent venir sur le sol immédiatement après les fourrages légumineux, quoique larichesse de laterre soit plus grande que celle qu'elles exigent, parce que celle-ci consiste surtout en débris végétaux, lents à se décomposer et qui ne fournissent que graduellement les principes qu'ils contiennent.

Il faut maintenant indiquer les lois culturales des assolements,

La première loi est celle qui résulte des forces disponibles pour les besoins de la culture. Les diverses récoltes exigent des travaux d'une grande inégalité ; les unes demandent h certaines époques des attelages nombreux; les autres, au contraire, n'exigent que des attelages restreints à d'autres moments. Les époques des semailles, celles de l'enlèvement des récoltes, varient également beaucoup. Dans l'établissement de son assolement, le cultivateur devra combiner ses soles, de manière que ses travaux soient répartis d'une manière à peu près égale entre les divers mois de Tannée, s'il conserve toujours ses animaux de trait ; dans le cas où il achète à certains moments des animaux qu'il doit revendre quelques mois plus tard, les travaux doivent être échelonnés, de manière qu'il ne soit pas obligé de faire dos achats trop nombreux ne correspondant pas avec la nourriture dont il peut disposer.

Il faut également tenir compte de la nature des produits des diverses récoltes, et de leur destination, suivant qu'ils doivent être portés sur le marché ou consommés dans la ferme. Il est, en cfl'et, de la plus haute importance pour l'agriculteur, sauf dans quelques cas exceptionnels, le voisinage des villes par exemple, de toujours produire sur l'exploitation les denrées qui sont nécessaires à la consommation de celle-ci, soit pour le bétail de trait, soit pour le bétail de rente. Le prix de ces denrées, quand elles sont achetées, est toujours beaucoup trop élevé, et parfois on éprouve les plus grandes difficultés à se les procurer. D'un autre côté, les cultures industrielles, telles que la betterave, le lin, le chanvre, etc., ne doivent être entreprises que lorsqu'on s'est assuré do débouches pour la vente et que les frais de transport, de préparation, ou autres accessoires, ont été supputés avec soin.

La dernière loi culturale des assolements se rapporte aux avances exigées par chaque nature de récoltes ; c'est la question du capital d'exploitation. Quelque avantageuse que paraisse une culture, si l'agriculteur ne peut pas faire les avances nécessaires, il doit y renoncer. C'est, en effet, une loi économique générale dans toutes les industries que les opérations doivent toujours être proportionnelles au capital dont on dispose. L'agriculture n'y échappe pas plus qu'aucune autre industrie.

A la question des assolements se rattache celle des cultures dérobées. On entend par cultures dérobées une ou plusieurs plantes, que l'on introduit,en dehors do l'assolement, sur une sole, de manière à avoir sur une même surface, dans une année, deux ou trois récoltes. C'est surtout pour

avoir des fourrages que l'on a recours aux culturesdérobées. — Les lois qui régissent ces culture* ont été résumées par M. de Gasparin dans la formule suivante. Il faut : 1° que la durée de la période végétative soit assez grande pour embrasser la durée de la production de ces récoltes; 2° que l'état de la terre après la première récolte soit tel qu'il soit possible de faire immédiatement les cultures pour la récolte qui doit suivre ; 3° que l'on puisse disposer d'engrais suffisants pour obtenir la production de ces récoltes successives. En effet, si l'on veut demander davantage à la terre, il faut lui donner des engrais en proportion. La question des matières fertilisantes est celle qui dominetoute agriculture productive.

Les préceptes qui viennent d'être donnés doivent être complétés pardes exemples d'assolements» Leur histoire est le tableau des progrès successifs de l'agriculture.

L'assolement rudimentaire est l'assolement biennal, jachère et céréales, l'assolement des temps anciens, celui qui est malheureusement encore pratiqué sur de trop grandes surfaces. En deuxième ligne, vient l'assolement triennal avec jachère, celui qui a été déjà indiqué plus haut : jachère, blé, avoine. Ce sont les assolements dans lesquelsla terre reste une année sans produire et par conséquent sans rapporter.

La suppression de ces assolements a toujours été considérée comme un progrès par les agriculteurs progressifs, qui les ont remplacés par la culture alterne, dans laquelle chaque année la terre porte une récolte diftërente de celle qu'elle avait portée l'année précédente. L'alternance des récoltes fourragères avec les récoltes épuisantes permet de nourrir un bétail plus nombreux, de produire plus de fumier, d'accroître par conséquent la production et le profit. L'assolement le plus simple est biennal ; il se compose ainsi : l" plantes sarclées; 2° céréales. C'est à cette catégorie que se rapporte encore l'ancien et célèbre assolement flamand, qui est triennal :

1" Plantes sarclées, fumées, ou cultures oléagineuses fumées;

2° Céréales ;

3" Trèfle, ou autres plantes fourragères.

Il y a de très nombreuses variantes de la culture alterne. Les assolements sont plus ou moins longs; de trois ans, ils passent à cinq, à sept, h neuf ans. Voici l'exemple d'un assolement de sept ans :

1" Racines, avec fumure;

2° Céréales;

3" Trèfle;

4" Céréales;

5° Fourrages verts, avec demi-fumure ;

6" Plantes oléagineuses, colza, navette;

7° Céréales.

C'est à cette catégorie qu'appartient l'ancien assolement deGrignoii, qui était de huit ans, comme il suit :

1° Pommes de terre ;

2° Froment de mars ; • 3" Trèfle ;

4" Froment ;

5" Fèves ;

G" Colza;

7" lîlé ;

S" Sole de fourrages divers.

Dans les régions où la culture industrielle a pris une grande extension, là où la betterave occupe une grande partie du sol, pour donner des racines à travailler, soit aux sucreries, soit aux distilleries, les anciens principes de la nécessité de produire sur une notable partie de la surface de l'exploitation des fourrages, pour nourrir le bétail et accroître le fumier, ont été profondément modifiés. Les résidus de ces usines donnent, en elïet, sous forme de drèches ou de pulpes, une abondante et excel-

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