‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 31 sur 593 · AÉROSTATS · texte numérisé non relu

AÉROSTATS

le catalogue de toutes les chutes de météorites consignées par les auteurs anciens et modernes : on recueille avec soin toutes les observations contemporaines; on réunit dans les collections publiques des échantillons des pierres météoriques qui sonV analysées et classées d'après leur composition Le Muséum de Paris et lÉcole des Mines sont très-riches en produits de cette origine.

Les météorites ont toutes Taspect d'un fragment recouvert d'une sorte de vernis mince dû à la fusion superficielle du corps produite par la haute température et la pression résultant de son énorme vitesse. Cette vitesse peut aller, en effet, jusqu'à 30 et môme 60 kilomètres par seconde, du moins à l'origine ; elle se ralentit énormément à mesure que le corps ou ses fragments pénètrent plus avant dans l'atmosphère, et cela d'autant plus que les ''agments sont plus petits.

Les météorites sont quelquefois composées de fer métallique compacte et presque pur : il est extrêmement rare qu'elles n'en contiennent pas des traces sensibles; entre ces deux ternies extrêmes, la décroissance dans la proportion de fer passe par tous les degrés.

Les météorites exclusivement composées de fer associé à une petite proportion de nickel sont relativement très-rares ; on a pu les travailler directement pour en faire des armes : fers de flèches, haches, épées. D'autres fois, la proportion de nickel et autres corps est assez forte pour rendre le fer cassant sous le marteau. Plus souvent, le fer forme une masse dans laquelle sont englobés des grains pierreux, ou, inversement, la pierre forme une gangue parsemée de grenailles de fer plus ou moins volumineuses et abondantes.

Parmi les météorites dépourvues de fer, il s'en trouve qui renferment, outre du charbon liljre, des composés de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, analogues à ceux de la chimie organique, sans qu'on soit aucunement en droit d'en conclure que ces composés aient eu pour origine la vie sous l'une quelconque de ses formes. Mais on comprend qu'avec une pareille composition les météorites portées à l'incandescence puissent laisser après elles une traînée lumineuse persistante. Au reste, le fer à lui seul peut déjà produire un semblable effet, et il est rare que le microscope ne décèle pas dans les poussières de l'air quelques grains arrondis de fer météorique provenant des bolides ou des étoiles filantes. On peut, il est vrai, objecter aux observations faites dans l'air de Paris que ces granules ont pour origine les usines où on travaille le fer; mais on en trouve dans l'air des régions les plus éloignées de ces usines, et M. Tissandier en a rencontré dans des terrains géologiques bien antérieurs à la présence de l'homme sur la terre. [Marié-Davy.]

AÉROSTATS. — Physique, XIII. — Les aérostats ou brillons sont les appareils qui peuvent s'élever dans l'air, lis se composent toujours d'une enveloppe légère, mais suffisamment résistante, remplie d'un gaz moins lourd que l'air atmosphérique. On leur fait souvent supporter une nacelle où s'installent les aéronautes avec les divers accessoires nécessaires à leur manœuvre.

Il faut que le poids du gaz qu'ils contiennent, augmenté du poids de l'enveloppe et des accessoires, soit inférieur au poids do l'air qu'ils déplacent. Alors un ballon gonflé et retenu sur le sol est, par rapport à l'atmosphère, comme un morceau de liège retenu au fond d'un vase plein d'eau. Le ballon comme le liège ont un poids moindre que la poussée qu'ils subissent (V. Arcininéda); ils tendent à s'élever avec une force égale à la différence de ces deux quantités On donne le nom de force osceiision ^elle h cette différence.

C'est le .'i juin 17S3, à Annonay. que fut lancé le premier ballon, par les frères Montgolfier. Ce

ballon, fait en toile recouverte de papier, était une sphère d'environ 12 mètres de diamètre, présentant à sa base une large ouverture ; on alluma au-dessous un feu de paille, et quand il fut plein d'air chaud, plus léger que l'air ordinaire, il s'éleva à une hauteur de plus de lOOiJ mètres aux acclamations de la foule rassemblée pour cette curieuse expérience. L'appareil pesait 215 kilogr. et emportait avec lui une charge de 200 kilogr. Le nom de mo7itgolfières est resté depuis aux ballons gonflés avec de l'air chaud.

Cette découverte des frères Montgolfier excita partout un grand enthousiasme, et quand le professeur Charles eut donné l'idée de substituer à l'air chaud le gaz hydrogène (14 fois et demie plus léger que l'air), les ascensions en ballon devinrent plus faciles et plus nombreuses.

Il est facile de se rendre compte de la force ascensionnelle d'un ballon. S'il est gonflé avec l'hydrogène, un mètre cube de ce gaz pesant seulement 90 grammes et tenant la place d'un mètre cube d'air qui pèse 1293 grammes, c'est par mètre cube une difi'érence ou une poussée de l,2iio grammes; quand le ballon présente un volume de lOO mètres cubes, que son enveloppe et ses accessoires pèsent 50 kilogr. , c'est donc encore avec une force de 70 kilogr. qu'il est poussé dans les airs. Gonflé avec l'air chaud ou avec le gaz d'éclairage, il a, pour le même volume, une force moins grande ; on augmente alors sa grosseur pour augmenter sa force ascensionnelle. Aujourd'hui on ne gonfle plus à l'hydrogène que les petits ballons en baudruche ou en caoutchouc qui servent de jouets aux enfants; ce gaz passe trop facilement au travers des parois qui le contiennent. On a renoncé aussi aux montgolfières et à l'air chaud, excepté pour quelques ballons lancés dans les fêtes publiques. C'est le gaz d'éclairage qui est toujours employé.

Le ballon que l'on veut remplir est ordinairemont en taffetas rendu imperméable par une lame de caoutchouc interposée ; il est terminé par un boyau qui sert à y amener le gaz. Il porte sa nacelle suspendue à un filet qui le recouvre. On le retient solidement sur le sol pendant le gonflement, et on ne le gonfle pas entièrement, car, à mesure qu'il s'élève, la pression de l'air diminuant, le volume du gaz intérieur s'accroît et il pourrait faire éclater l'enveloppe. On met dans la nacelle où montera l'aéronaute des sacs de sable qui constituent le lest; ils sont utiles d'abord pour diminuer la vitesse au départ et ensuite pour les manœuvres de l'appareil. Le ballon gonflé s'élève sitôt qu'il est débarrassé de ses liens, jusqu'à ce (|u'il arrive à une couche d'air telle que le poids de l'air déplacé soit ép;al au poids de la machine. Si l'aéronaute veut s'élever plus haut, il jette du lest et allège ainsi son appareil. Pour descendre, il ouvre une soupape qui laisse sortir du gaz et rentrer de l'air plus lourd. Il juge de la hauteur à laquelle il est parvenu et du sens de son mouvement vertical par un baromètre qui baisse à mesure que le ballon monte.

Parmi les ascensions aérostatiques les plus célèbres, il faut citer celle que Gay-Lussac exécuta en 18ii4 et dans laquelle il parvint à une hauteur de 7000 mètres. Depuis, on en a fait beaucoup d'autres en vue d'étudier les différentes couches de l'atmosphère et la décroissance de la température à mesure qu'on s'élève dans les airs. Une des dernières et des plus célèbres ascensions scientifi(iues est celle du Zénith ,\'. la dictée 3 cidessous]. On s'est maintes fois servi des ballons captifs pour faire des observations sur les positions du l'ennemi en temps de guerre. Déjà sous linspiralion de Guyton do Morveau, IrL convention avait créé une compagnie d'aérosticrs, commandés par Coutelle, qui rendit des services notamment it la

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bataille de Fleurus, le 26 juin 170». On a utilisé les ballons pour sortir d'une ville investie, notamment pendant» le siège de Paris en 1870.

Les voyages aérostatiques appliqués aux observations atmosphériques sont nombreux et les expériences répétées ; des chercheurs tenaces appliquent leurs efforts à la découverte des moyens de diriger les ballons ; le succès n'a pas jusqu'ici répondu à leurs espér3Lnces: h 7iavigation aé}'ie7me est encore b. l'état de problème sans solution. [Haraucourt]

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