‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 341 sur 593 · SOUVERAINS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

SOUVERAINS ÉTRANGERS

N. B. — Pour les souverains étrangers du nom de Charles, auxquels nous ne consacrons pas un article ici, nous renvoyons aux articles généraux donnant l'histoire des dififérents pays.

1" Rois d'Aîigleterre.

Caiarles I", Stuart, roi d'Angleterre, — Hist. générale, XXIV et XXVIII, — fils et successeur de Jacques I", n onta sur le trône en 1625, à l'âge de vingt-cinq ans. Il avait des dehors plus nobles que son père, était plus résolu. Mais il avait les mêmes théories despotiques, et un vice honteux, la fausseté.

Le duc de Buckingham, favori de Jacques I*', avait la confiance du nouveau roi, et conserva la direction des affaires. Buckingham était détesté ;

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en outre la nation voulait maintenir ses libertés, fiue le Parli'nient avait déjà eu à défendre contre If'S prétentions absolutistes du prédécesseur de Charles. C'était par le vote des impôts que les Communes pouvaient poser certaines limites au pouvoi:- royal : le Parlement, convoqué en 1625, refusa donc de voter la perception des droits de douane pour toute la durée du règne, et ne les accorda que pour un an. Charles, irrité, prononça la dissolution de la Chambre des Communes, et essaya de se procurer de l'argent au moyen d'un emprunt forcé. Mais n'ayant pu y réussir, il dut convoquer un second Parlement (1C26).

Celui-ci débuta en dressant un acte d'accusation contre Buckingham, justement accusé d'arbitraire. Le roi, pour sauver son favori, renvoya de nouveau le Parlement.

En ce moment, Pùchelieu assiégeait dans la Pioclielle les protestants français : Charles annonça qu'il leur enverrait du secours. Il espérait ainsi gagner la faveur populaire et obtenir de l'argent en se passant du Parlement. Mais l'emprunt forcé qu'il ordonna ne réussit pas, malgré les menaces et les emprisonnements. Buckingham, qui avait conduit une flotte devant la Rochelle, éprouva un échec honteux (16"27). A son retour, il pressa lui-même le roi de céder et de convoquer un Parlement.

C'était le troisième. Charles lui demanda des subsides pour continuer la guerre contre la France. Le Parlement les accorda, mais décida qu'ils ne seraient levés que lorsque le roi aurait solennellement reconnu» les droits antiques et sac es de la nation ». A cet effet, et sur la proposition de sir Thomas Wentworth, le plus éloquent orateur des Communes, les deux Chambres réunies votèrent le Bill d''S droits, qui contenait entre autres ces deux principes : « Aucun impôt ne pourra être levé sans le consentement du Parlement. — Nul ne pourra être arrêté et jugé que conformément aux lois » Ofi''8).

L • bill fut présenté à la sanction royale. Charles essaya d'éluder une acceptation formelle ; il proposa au Parlement une formule vague : « Le roi s'engage à reconnaître les anciens statuts comme inviolables. » \!ais le Parlement tint bon, et, de guerre lasse, le roi apposa au Bill des droits la formule officielle de sanction, en vieux français normand : Soit droit fait comme il est requis.

Les Communes votèrent ensuite les subsides. Puis elles adressèrent de nouvelles remontrances au roi contre Buckingham, le qualifiant « d'entrepreneur de la misère publique », Le roi s'irrita ; mais n'osant dissoudre encore le Parlement, il se contenta de le proroger.

Le mécontenicment populaire fut grand. Un fanatique, l'officier Felion, assassina Buckingham. Charles lui donna pour successeur sir Thomas Wentworth, que son .imbition poussa à déserter la cause du Parlement et à accepter les faveurs royales. Cette apostasie le rendit odieux à ses anciens amis : « Au revoir, dans la salle de Westminster 1 » lui dit le parlementaire Pym. Ce mot menaçant était une prophétie.

L'année suivante (16"20), le Parlement reprit ses séances. Il découvrit alors que le roi, en faisant publier le Bill des droits, avait substitué à la sanction officielle la première formule vague dont le Parlement n'avait pas voulu se contenter. Devant Cf^tte fraude royale, les Communes continrent leur indignation, mais elles se plaignirent du primat d'Angleterre, l'archevêque Laud, l'accusant de favoriser le catholicisme et de persécuter les non-conformistes ; elles continuèrent à refuser de voter les droits de douane pour toute la durée du règne.

Décidé à persévérer dans son système de gouvernement d.'spotiquc et sans contrôle, Charles prononça la dissolution du Parlement, et fil emprison-

ner neuf membres des Communes à raison de leurs discours. Avant de se séparer, la Chambre des communes vota une protestation énergique : elle déclara illégale la perception de l'impôt non vote, et traître à la patrie quiconque essayerait de lever cet impôt, et quiconque consentirait à le payer.

Charles était résolu à gouverner sans Parlement, et durant dix années en effet il régna en maître absolu. « La tyrannie de Charles fut, sinon la plus cruelle, du moins la plus inique et la plus abusive qu'eût jamais soufferte l'Angleterre. » (Guizot.) Des impôts illégaux furent levés de force; la liberté religieuse disparut, les non-conformistes, et surtout ceux qu'on appelait les puritains, furent persécutés; de simples délits de presse furent punis de supplices barbares. Beaucoup de puritains allaient chercher dans l'Amérique du .Nord une terre où ils pussent pratiquer leur culte en liberté : Charles défendit l'émigration.

Les Anglais supportèrent patiemment ce despotisme ; la résistance essayée par quelques citoyens ne sortit jamais des formes légales. Un ancien membre desCommunes, Hampden, refusa de payer 1 une taxe arbitraire, et intenta un procès à la cou- I ronne : il fut condamné, et paya (1(;-jC). Mais l'o-

I pinion était dans un éi^at de grande effervescence, et l'irritation contre le roi et ses ministres allait croissant.

[ Une imprudence de l'archevêque Laud mit le feu aux poudres. 11 voulut introduire en Ecosse les formes de la liturgie anglicane. Cette innovation provoqua une émeute dans l'église d'Edimbourg (163"), et les réformés écossais ou prehytériens conclurent sous le nom de Covennnt une alliance religieuse et politique pour la défense de leurs droits.

Charles marcha avec une armée contre les covenantaires; mais ses soldats sympatliisaient avec les Écossais : aussi n'osa-t-il pas livrer bataille. 11 traita avec les insurgés et leur accorda l'abolition de la liturgie de Laud (16i9).

La situation de la royauté était difficile. Charles avait voulu être maître absolu; s'il entrait dans la voie des concessions, c'en était fait de cette autorité sans contrôle qu'il avait usurpée. Il appela auprès de lui Wentworth, qu'il avait fait comte de Strafford et gouverneur d'Irlande. Strafford engagea Charles à user de rigueur. Une nouvelle armée fut levée, et la guerre contre les Écossais décidée.

Mais il fallait de l'argent ; les emprunts forces, les taxes illégales ne suffisaient pas. Charles, pensant que pour une expédition dirigée contre l'Ecosse ses sujets anglais ne lui refuseraient pas de l'argent, se décida à convoquer un Parlement (16401.

II y avait onze ans que les députés des Communes n'avaient été réunis.

Au lieu de voter docilement les subsides demandés, le Parlement commença par réclamer le redressement des griefs de la nation. Charles voulait de l'argent, et non des remontrances; il se croyait assez fort pour n'avoir pas besoin de faire aucune concession. D'ailleurs, Strafford lui donnait des conseils violents : « Si on traitait ces gens-là comme ils le méritent, disait-il en parlant des députés des Communes, il faudrait les faire fouetter jusqu'à ce qu'ils fussent revenus au sens commun ; et ils devraient savoir bon gré à ceux qui prendraient ainsi la peine de les corriger. »

Au bout de trois semaines, Charles congédia le Parlement, et Strafford essaya de faire la guerre aux Écossais avec les seules ressources du trésor royal. Mais l'armée anglaise refusa de combattre, et de toutes parts des pétitions furent adressées au roi pour la paix et la réunion d'un Parlement.

Charles, cette fois, sentait le terrain lui manquer sous les pieds : il céda, un Parlement fut convoqué (1640). C'était le cinquième, celui que l'histoire

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appelle le Long Parlement. La royauté s'avouait vaincue.

Le premier acte du Long Parlement fut de dresser une liste dos délinquants. Laud et Siraflord, accusés de haute trahison, furent emprisonnés.

C'était Stratlord surtout que la haine populaire brûlait de frapper. On lui fit son procès sur-lechamp. Charles avait promis de le sauver. « Aussi vrai que je suis roi d'Angleterre, avait-il dit, ils ne toucheront pas un cheveu de votre tète.» Néanmoins, lorsque les Communes l'eurent condamné à mort, le roi l'abandonna et signa son arrêt. Devant cette lâcheté, Strafford se contenta de dire : « Ne mettez pas votre confiance dans les princes de la terre. » 11 fut décapité (mai l(i4l)- Laud, son compagnon de captivité, ne fut condamné et exécuté que quatre ans plus tard.

Charles n'avait plus d'autre conseiller que la reine Henriette, princesse catholique détestée de la nation. Poussés par des agents de la cour, les catholiques d'Irlande se révoltent, et massacrent 40,000 protestants ; les révoltés s'intitulent « armée catholique de la reine ». C'était là une diversion venant fort à propos pour embarrasser le Parlement. Charles lui demande une armée pour comprimer la révolte; une fois les troupes sous sa main, il eût pu s'en servir contre le Parlement lui-même. Les Communes répondent par une amère remontrance, et déclarent, par le bill de la milice^ que c'est au Parlement, non au roi, qu'appartient le droit de lever une armée et d'en nommer les cliefs.

Voyant ses projets déjoués, Charles prépare un coup d'État ; il s'entoure de gentilshommes dévoués (les cavaliers), et conspire contre le Parlement. La Chambre des communes, justement inquiète, réclame une garde pour sa sûreté. Le roi la refuse en disant : « Sur mon honneur de roi, je m'engage solennellement à vous préserver tous et chacun de vous de toute violence, avec autant de soin que s'il s'agissait de ma propre sûreté et de celle do mes enfants. »

Mais, le 2 janvier i6<2, le procureur général de la couronne se présente au Parlement pour arrêter, au nom du roi, Hampden, Pym, et trois autres membres des Communes. La Chambre refuse de les livrer. « J'irai les chercher moi-même, » dit Charles.

Le lendemain, il prend congé de la reine en ces termes : « Dans une heure, je reviendrai maître enfin de mon royaume. » Il se rend à la Chambre des Communes, suivi d'une foule de cavaliers. Mais les cinq membres menacés avaient ciierché un asile dans la Cité, au milieu du peuple. « Je vois que les oiseaux sont envoles, » dit le roi.

Le peuple de Londres se prononça avec force en faveur du Parlement. Les magistrats de la Cité refusèrent de livrer les cinq accusés. Le roi furieux quitta la capitale, et les cinq membres furent reconduits en triomphe au Parlement par le peuple.

Charles s'était rendu dans les comtés du nord : il planta l'étendard royal à Nottingham (23 août 1642), et appela aux armes ses partisans. Le Parlement, de son côté, organisa la résistance et leva une armée.

Les troupes royales eurent d'abord le dessus. Mais des officiers puritains, Hampden, Ludlow, Cromvvell, Harrison, disciplinèrent l'armée parlementaire par les pratiques religieuses, et bientôt la conduisirent à la victoire. La guerre dura cinq ans (V. Cromwell). Enfin Charles, obligé de fuir, se livra aux Ecossais. Le Parlement anglais, le traitant encore en roi, lui envoya alors des propositions de paix portant : abolition de l'épiscopat ; éloignement des fonctions publiques des partisans du roi ; remise au Parlement, pour vingt ans, du commandement des forces de terre et de mer. Charles refusa.

Sur ces entrefaites, le Parlement d'Ecosse décida de remettre Charles aux mains des Anglais, moyennant paiement par ceux-ci d'une indemnité de guerre. Charles fut, en conséquence, livré à des commissaires qui le conduisirent à Holmby, où il fut retenu prisonnier (1647).

Cependant le Parlement anglais était divisé en deux fractions : les presbytériens, qui voulaient conserver la monarchie, et les indépendants (généralement puritains), qui désiraient la république. Ces derniers étaient en minorité, mais l'armée du Parlement, commandée par Cromvvell, leur était favorable. Le roi entama des négociations secrètes avec les deux partis. Enlevé de Holmby par un détachement de soldats, et conduit au milieu de l'armée, il chercha à s'entendre avec Cromwell ; n'y ayant pas réussi, il se sauva dans l'île de Wiglit, et de là négocia avec les presbytériens du Parlement Un coup d'Etat militaire coupa court à ces intrigues : l'armée marcha sur Londres et expulsa du Parlement 143 membres presbytériens. Le Parlement, ainsi jmrgé et désormais dominé par les indépendants, déféra le roi à une haute cour de justice présidée par Bradshaw. Celhi-ci le condamna à mort. La sentence fut exécutée le 30 janvier 1649, et le 7 février suivant le Parlement abolit la royauté.

Charles II — Hist. générale, XXIV et XXVIII — fils de Charles I<^'. 11 s'était retiré sur le continent avant la mort de son père. Les presbytériens d'Ecosse, ayant pris les armes contre le gouvernement républicain, lui offrirent la couronne, en lui imposant toutefois des conditions qu'il refusa d'accepter. Il laissa le vaillant marquis de Montrose tenter de conquérir l'Ecosse pour lui (iCôo) : l'héroïque aventurier fut défait et mis à mort par les presbytériens, qui voulaient bien du roi, mais non des cavaliers ses amis. Charles se résigna alors à souscrire aux conditions du parti presbytérien : il désavoua tous les actes du roi son père, et jura de ne jamais permettre l'exercice de la religion catholique; à ce prix il fut reconnu roi d'Ecosse.

Mais les Ecossais furent vaincus à Duubar par Cromwell (I6;)0,i; et le prétendant ayant essayé d'envahir l'Angleterre avec les débris de son armée, fut encore défait à Worcester (1G51), et dut s'enfuir en France.

Il y resta neuf ans, conspirant sans cesse. Enfin, après la mort de Cromwell, un Parlement, sous la pression du général Monk, vota le rétablissement de la royauté et le rajjpel des Stuarts (1600). Charles II rentra à Londres en promettant une amnistie. Mais cette promesse fut violée : les cadavres de Cromwell et de Bradshaw furent déterrés et pendus au gibet, et les principaux républicains survivants mis à mort.

Durant la première partie de son règne, Charles II ne rencontra pas d'opposition : l'Angleterre était lasse des discordes civiles, et la réaction contre l'austérité puritaine était si vive, qu'une partie de la nation semblait savoir gré au souverain de sa frivolité et de la corruption de ses mœurs. Toutefois, lorsqu'on vit que C^harles s'était fait l'agent de Louis XIV, à qui il avait vendu les intérêts de l'Angleterre en échange d'une pension que ce roi lui payait, l'esprit national so révcDla. C'est alors que se formèrent les deux grands partis qui ont si longtemps divisé l'Angleterre : les tories, défenseurs de la prérogative royale et amis des catholiques; et les whi/js, partisans des libertés parlementaires et de l'Eglise anglicane. Les whigs furent bientôt assez forts pour faire voter au parlement le ôill du test (1674), dirigé contre les catholiques, et imposant à tous les fonctionnaires un serment religieux. La haine contre les catholiques était si grande, que sur l'absurde dénonciation d'un faussaire, Titus Oates, plusieurs innocents, accusés d'avoir trempé dans une prétendue

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conspiration papiste, furent condamnés à mort (1C79). Cette même année, le Parlement vota le cél' bre bill d'haôcs cor/jMs, garantissant la liberté individuelle. « Cette loi, l'une des plus grandes conquêtes faites par les Anglais sur le despotisme, et qui se trouve déjà dans la grande Charte, était passée depuis longtemps dans le droit commun pour gai-antir les sujets du royaume contre toute détention illégale; mais elle avait été éludée par l'adresse des hommes de loi et les mesures oppressives du gouvernement. Par le bill de i679, aucun juge ne peut refuser, à quelque prisonnier que ce soit, dans les vingt-quatre premières heures de son arrestation, l'ordre à'haOeas corpus,qm oblige le geôlier à le produire devant la cour que cet ordre désignera, pour faire vérifier la cause de son emprisonnement; si la cour le fait élargir, on ne peut le remettre en prison pour le môme sujet. En outre, les juges étaient obligés d'accepter, dans un très grand nombre de cas, la caution offerte par les prévenus , et l'usage de les envoyer hors du royaume pour les soustraire à la juridiction ordinaire était aboli. » (Duruy.)

Les dernières années de Charles II furent signalées par une révolte des puritains d'Ecosse, cruellement réprimée (1680 1, et par le complot de Rye- House, qui amena la condamnation à mort de lord Russell et du républicain Algernon Sidney (1683). Charles mourut en tdSS, laissant la couronne à son frère Jacques II, le dernier des Stuarts.

2° Empereurs d'Allemagne.

Charles I" (V. Charlemagne).

Charles II (V. Charles II le Chauve) .

Charles III (V. Charles 'e Gros).

Charles IV — Hist. générale, XIX et XXVII, — de la maison de Luxembourg, était fils du roi de Bohême Jean l'Aveugle, qui fut tué dans les rangs français à Crécy. Il devint empereur en 1347, à la mort de Louis de Bavière. Sous son règne, le pouvoir impérial, déjà bien déchu, subit encore de nouvelles atteintes; l'Italie se sépara entièrement de l'empire, et bon nombre de seigneurs allemands obtinrent ïimmédiateté, c'est-à-dire l'indépendance. L'acte qui donne au nom de Charles IV une certaine importance, c'est la promulgation de la Bulle d'Or (ainsi nommée à cause du sceau d'or qui y fut attaché;, publiée on 13ôG à la diète de Nuremberg. Cette bulle fixa définitivement le , nombre des électeurs impériaux à sept, « en Thon- \ neur des sept chandeliers de l'Apocalypse, » sa- ^ voir : trois électeurs ecclésiastiques, les archevêques de Mayence, de Cologne et de Trêves ; et ' quatre électeurs séculiers, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg, le roi de Bohême, et le comte palatin du Rhin. L'élection devait avoir lieu à Francfort, et le sacre à Aix-la-Chapelle. Charles IV mourut en 1378. !

Charles V (V. Charles-Quint). \

Charles VI, — Hist. générale, XXV et XXVII, — dernier empereur de la lignée des Habsbourg directs, était le second fils de Léopold I". En 1700, n'étant encore qu'archiduc d'Autriche, il se trouva, à la mort du roi d'Espagne Charles II, prétendant à la couronne d'Espagne en concurrence avec Philippe d'Anjou (V. (.uerre de la succession d Es- ' pagncj. Mais étant devenu empereur en 1711 par la mort de son frère Joseph I", il se vit obligé de renoncer à ses prétentions au trône d'Espagne, et dut signer la paix de Rastadt (17U). Les Turcs ayant attaqué l'Autriche en 1716, le prince Eugène de Savoie remporta sur eux de brillants succès. Un , peu plus tard, la guerre de la succession de Pologne mit l'Empire aux prises avec la France et l'Espagne, et la paix se fit à ses dépens : le traité de Vienne donna à Stanislas Leczinski la Lorraine, ' réversible à la France après sa mort, et à l'Espa- !

gne le royaume de Naples. En cédant amsi quelques-unes de ses possessions, l'empereur avait espéré obtenir plus facilement de ses voisins 1 1 reconnaissance de l'acte connu sous le nom de pragmatique, par lequel il laissait sa couronne a sa fille Marie-Thérèse. La pragmatique fut en effet jurée par la plupart des souverains de l'Europe ; mais à peine Charles VI eut-il expiré 1 (1740), que de nombreux prétendants, oubliant leurs serments, se disputèrent son héritage (V. Guerre de la succession d'Autriche).

Charles "VU de Bavière — Hi>t. générale, XXV etXXVlI, — fut l'un des prétendants à la couronne impériale à la mort de Charles VI. Il eut l'appui de la France et de la Prusse (V. Guerre de la succession d'Autriche), et se fit couronner empereur à Francfort en 1742. Mais il mourut en 1745, avant la fin de la guerre, et son fils Maximilien traita avec Marie-Thérèse.

3° Rois d'Espagne.

Charles I"' (V. ci-dessous Charles-Quint). Charles II — Hist. générale, XXIV et XXX, — fils de Philippe IV et dernier descendant de Charles-Quint, eut un règne insignifiant, sous lequel l'Espagne déclina de plus en plus. Monté sur le trône en 1CG5, il vit la prépondérance militaire et poliàque passer à la France, avec laquelle il se trouva en guerre à trois reprises. Comme il n'avait pas d'enfants, ses deux beaux-frères, Louis XIV et l'empereur Léopold, convoitaient l'un et l'autre son héritage, et d'innombrables intrigues se nouèrent autour de lui. Charles II, voulant éviter un démembrement de la monarchie espagnole, fit d'abora un testament en faveur d'un troisième prétendant, le fils de l'électeur de Bavière ; mais cet enfant étant mort, il se décida, par l'intervention du pape, à choisir pour héritier Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV ( 1 7U0). Charles mourut peu après, et l'année suivante éclata la guerre de la succession d'Espagne.

Charles III — Hist. générale, XXV et XXX, — second fils de Philippe V, fut d'abord roi de Naples. A la mort de son frère Ferdinand VI {ilbO), il devint roi d'Espagne, et laissa la couronne de Naples à son fils Ferdinand. Il eut un règne réparateur, comme l'avait été celui de son prédécesseur ; il encouragea l'industrie, l'agriculture, le commerce, les sciences, et fut secondé par deux habiles niinistres, Aranda, qui expulsa les jésuites en 1767, et Florida Blanca. A sa mort (1788), la population de l'Espagne avait triplé.

Charles IV — Hist. géné^ale,XXV,XX^■I et XXX,— fils et successeur de Charles III, fut un monarque incapable, qui laissa le pouvoir à un favori. Manuel Godoï. L'Espagne, sous son règne, prit part à la coalition contre la République française: mais en 1796 elle s'en retira et signa la paix à Bâle : ce traité valut à Godoi le titre de Prince de la Paix. A partir de ce moment, l'Espagne resta l'alliée de la France. Mais en 1808, Napoléon ayant fait entrer en Espagne des troupes françaises commandées par Murât, une insurrection populaire éclata contre Charles IV et son favori. Le roi dut abdiquer en faveur de son fils Ferdinand VII ; puis, l'armée française s'étant dirigée sur Madrid, Charles IV révoqua son abdication. Napoléon intervint, et fit venir les deux princes à Bayonne : là il obtint l'abdication de l'un et de l'autre, et donna la couronne d'Espagne à son frère Joseph.

Charles IV fut envoyé à Compiègne, puis se retira à Rome, où il mourut en 1819.

4° Rois de Suède.

Charles xn — Hist. générale, XXV et XXXIII, -

fils et successeur de Charles XI, monta sur le trône à dix-huit ans (1697). La Suède était, depuis la

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guerre de Trente ans, la première puissance du Nord : elle possédait la Finlande avec la Carélie et l'Ingrie, l'Esthonie et la Livonie, la Poméranie occidentale ; la Baltique était un lac suédois. La Russie, la Pologne et le Danemark la jalousaient : à la mort de Charles XI, une coalition se forma contre elle entre ces puissances. Le jeune Charles XIL digne descendant de Gustave-Adolphe, ne s'efTraya point d'être seul contre trois. Il débarque dans lîle de Seeland, et force les Danois à demander la paix ; puis il marche contre les Russes. Pierre le Grand assiégeait Narva : Charles, avec «000 Suédois, met en déroute l'armée du tzar dix fois plus nombreuse (1700). Ensuite, il s'attaque au roi de Pologne Auguste II, et, après cinq années de guerre"", il l'oblige h abdiquer en faveur de Stanislas Leczinski.

Ces rapides succès semblèrent faire de Charles le maître du Nord. Mais, tandis qu'il guerroyait en Pologne, la Russie, qu'il méprisait, s'était transformée sous la main énergique du tzar Pierre, qui, pour mieux se rapprocher de l'Occident, avait abandonné l'ancienne capitale Moscou et fondé une ville nouvelle sur les rives de la Neva, d'où il avait chassé les Suédois. Pierre avait maintenant une armée bien organisée ; aussi, lorsque l'imprudent Charles XII, trompé par le souvenir d'un premier et facile triomphe, se crut assez fort pour envahir la Russie, il vit son armée détruite à Pultava (1109), et fut réduit à s'enfuir en Turquie. Il parvint, en 1711, à décider le sultan à déclarer la guerre aux Russes ; mais l'habileté de la tzarine Catherine, qui obtint la paix à prix d'argent, déjoua ses plans. Charles XII reçut alors l'ordre de quitter le territoire ottoman : il refusa, et se défendit, au camp de Varnitza, près de Bender, avec une poignée d'hommes, contre toute une armée (1713). Il ne partit que l'année suivante, en apprenant les revers qui accablaient son royaume : le Danemark et la Prusse s'étaient emparés de la plupart des possessions suédoises au sud de la Baltique. En quinze jours, Charles arriva de Turquie à Stralsund à franc ctrier ; mais il ne put sauver cette ville (1715).

La situation de la Suède était déplorable : quinze années do guerre l'avaient ruinée. Toutefois Charles ne perdit pas courage; il chercha des alliances, et négocia avec le cardinal Albéroni, premier ministre du roi d'Espagne, qui ourdissait à ce moment-là un plan destiné à remanier la carte de l'Europe. Charles XII, en échange du concours que lui promit Albéroni, s'engagea à détrôner George P' d'Angleterre au profit du prétendant Jacques Stuart : mais il n'eut pas le temps de se lancer dans cette nouvelle aventure, et fut tué tandis qu'il guerroyait contre les Danois, au siège de Frédérickshall en Norvège (17)8).

La romanesque et héroïque carrière de Charles XII était faite pour tenter les narrateurs : Voltaire en a écrit le récit dans un livre qui est devenu classique. Montesquieu, à son tour, a rapproché Charles XII d'Alexandre dans une page que nous donnons ci-dessous.

Lectures et dictées — Charhs XII au camp de Varnitza, par Voltaire [Histoire de Charles XII,.

Parallèle entre Charles XII et Alexandre. — Ce prince (Charles XII], qui ne fit usage que de ses seules forces, détermina sa chute en formant des desseins qui ne pouvaient être exécutés que par une longue guerre : ce que son royaume ne pouvait soutenir.

Ce n'était pas un État qui fût dans la décadence qu'il entreprit de renverser, mais un empire naissant. Les Moscovites se servirent de la guerre qu'il leur faisait comme d'une école. A chaque défaite, ils s'approchaient de la victoire, et, perdant au dehors, ils apprenaient à se défendre au dedans.

Charles se croyait le maître du monde dans les

déserts de la Pologne, où il errait, et dans lesquels la Suède était comme répandue, pendant que son principal ennemi se fortifiait contre lui, le serrait, s'établissait sur la mer Baltique, détruisait ou prenait la Livonie.

La Suède ressemblait à un fleuve dont on coupait les eaux dans sa source, pendant qu'on les détournait dans son cours.

Ce ne fut point Puliava qui perdit Charles :s'il n'avait pas été détruit dans ce lieu, il l'aurait été dans un autre : les accidents de la fortune se réparent aisément; mais comment parer à des événements qui naissent continuellement de la nature des choses ?

Mais la nature ni la fortune ne furent jamais si fortes contre lui que lui-même.

Il ne se réglait point sur la disposition actuelle des choses, mais sur un certain modèle qu'il avait pris : encore le suivit-il très mal. Il n'était point Alexandre, mais il aurait été le meilleur soldat d'Alexandre.

Le projet d'Alexandre ne réuss t que parce qu'il était sensé. Le mauvais succès des Perses dans les invasions qu'ils firent de la Grèce, les conquêtes d'Agésilas et la retraite des Dix Mille avaient fait connaître au juste la supériorité des Grecs dans leur manière de combattre et dans le genre de leurs armes ; et l'on savait bien que les Perses étaient trop grands pour se corriger.

Ils ne pouvaient plus afi'aiblir la Grèce par des divisions : elle était alors réunie sous un chef qui ne pouvait avoir de meilleur moyen de lui cacher sa servitude que de l'éblouir par la destruction de ses ennemis éternels et par l'espérance de la conquête de l'Asie.

Un empire cultivé par la nation du monde la plus industrieuse, et qui travaillait les terres par principe de religion, fertile et abondant en toutes choses, donnait à un ennemi toutes sortes de facilités pour y subsister.

On pouvait juger par l'orgueil de ses rois, toujours vainement mortifiés par leurs défaites, qu'ils précipiteraient luur chute en donnant toujours des batailles, et que la flatterie ne permettrait jamais qu'ils pussent douter de leur grandeur.

Et non seulement le projet était sage, mais il fut sagement exécuté. Alexandre, dans la rapidité de ses actions, dans le feu de ses passions mêmes, avait, si j'ose me servir de ce terme, une saillie de raison qui le conduisait, et que ceux qui ont voulu faire un roman de son histoire, et qui avaient l'esprit plus gâté que lui, n'ont pu nous dérober. ]\loNTESQUiEU [Esprit dcs lois, livre XI, ch. xiii.)

Charles Jean XI'V — Hist générale XXVI et XXXUI : Histoire de France, XXXUI. — C'est le nom que prit, lorsqu'il fut devenu roi de Suède, le maréchal de France Bernadette. Né à Pau en 1769, Bernadette s'engagea à dix-sept ans dans un régiment. Il fit les guerres de la Révolution, monta rapidement en grade, reçut un commandement à l'armée d'Italie sous Bonaparte en 1797, puis devint un instant ministre de la guerre. Il désapprouva le 18 brumaire, mais fut néanmoins nommé maréchal de France en 1804, puis créé prince de Ponte-Corvo. Quoiqu'il fit toujours une sourde opposition à Napoléon, il prit part aux premières guerres de l'empire, et reçut en i80S un commandement en Danemark. C'est ainsi qu'il se trouva mis en relation avec les Suédois. En 1810, les Etats de Suède, voulant choisir un héritier au vieux roi Charles XIII, qui n'avait pas d'enfants, désignèrent Bernadette. Il accepta, fut proclamé prince royal, et partit pour la Suède, où il régna de fait jusqu'à la mort de Charles XIII. En 1812, il entra dans la coalition contre Napoléon, et essaya d'abord de jouer un rôle de médiateur; puis il fit la guerre de 1813 dans les rangs des alliés, mais ne voulut pas prendre part à l'invasion de la France

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«n 1S14. Les traités de Vienne donnèrent à la Suède la Norvège, enlevée au Danemark, en ■échange de la Finlande, que la Russie s'était annexée en 1808. Devenu roi en 1SI8, Charles- Jean XIV eut un règne de vingt-cinq ans, tranquille et pros23ère, et laissa le trône en 1844 à son fils Oscar I".

CHARLES LE TEMERAIRE, duc de Bourgogne.

— Hist. de France, XV ; Hist. générale, XXI. — Ce prince fut le dernier et principal représentant de la deuxième maison capétienne des ducs ■de Bourgogne, dont l'ambition faillit devenir fatale à l'unité française. A la mort de Philippe de Rouvre, dernier duc de la première maison capétienne, le roi Jean le Bon avait donné la Bourgogne à son <iuatrième fils, Philippe le Hardi (1301) ; celui-ci joignit bientôt à son duché les comtés de Flandre, d'Artois et de Nevers, dont il avait épousé l'héritière. Philippe le Hardi et son successeur Jean Sans-Peur eurent une grande part dans le gouvernement de la France durant le règne de Charles VI. (V. Guerre de Cent ans, Charles VI, Charles VU.) Philippe le Bon, fils de Jean Sans-Peur, et troisième duc de Bourgogne de la seconde maison capétienne, s'allia aux Anglais, et fut l'auteur principal du désastreux traité de Troyes, qui faisait passer la couronne de France sur la tête ■des rois d'Angleterre; plus tard, toutefois, il fit la paix avec Charles VII, et l'aida à expulser les Anglais de France. Lorsqu'il laissa en li67 ses États à son fils Charles le Téméraire, il les avait accrus des comtés d'Auxerre et de Mâcon, de la Picardie, du Brabant et de la Hollande.

Charles de Bourgogne était le plus puissant des grands vassaux de France ; mais son orgueil ne s'accommodait pas de cette position subordonnée, si brillante qu'elle fût ; il voulait devenir un souverain indépendant, et ses ressources militaires et financières, supérieures à colles de tous les princes de son époque, semblaient lui promettre le succès. Il engagea donc contre le roi Louis XI une lutte qui dura de longues années avec des péripéties diverses, et dans laquelle il eut pour alliés la plupart des grands seigneurs français, et le roi d'Angleterre Edouard IV. Le but poursuivi par le duc de Bourgogne n'était rien de moins que le démembrement de la France. Louis XI réussit toutefois, à force d'habileté, à, déjouer les projets de son adversaire. (V. Loiùs XI.)

Voyant qu'il ne pouvait réussir à briser la puissance du roi de France, Charles tourna ses efforts d'un autre côté, et chercha à se créer un royaume en agrandissant ses Etats aux dépens de voisins moins redoutables. Il détenait déjà l'Alsace à titre de gage d'un prêt qu'il avait fait à l'archiduc d'Autriche ; il s'empara de la Lorraine au détriment du duc René de Vaudemont, et négocia avec René d'Anjou, l'ex-roi de Naples, la cession de la Provence : il aurait ainsi reconstitué à son profit YslU- <iïQnn& Lotharingie OM part de Lothaire {N . Lot "aire), moins l'Italie. Mais les Suisses lui firent obstacle ; Louis XI avait réussi à gagner à prix d'argent ces belliqueux montagnards, qui envahirent l'Alsace, la Franche-Comté, le pays de Vaud : Charles fut obligé de leur déclarer la guerre. Il avait d'ailleurs intérêt à les soumettre, car ce n'était qu'à ce prix qu'il pouvait réaliser son projet de réunir en un royaume compacte les territoires situés entre la France et l'Allemagne. « Le roi René lui voulait mettre son pays de Provence entre les mains ; le duc de Milan était son allié ; de la maison de Savoie, il en dispo.sait comme du sien ; si les Suisses étaient soumis, il tenait le pays depuis la mer de ponent jusqu'à celle de levant en son obéissance. » (Comincs.) Il rassembla une armée formidable, et, franchissant le Jura, entra dans le pays de Vaud; mais il fut mis en déroute par les Suisses h, Grandson (1476), à la grande joie de

Louis XI. Furieux de sa défaite, il ne renonça pourtant pas à son projet; trois mois plus tard, il avait réuni à Lausanne une seconde armée, et il se dirigea sur Morat, ville que les Suisses avaient enlevée au duc de Savoie. Là, il subit un échec plus complet encore que le premier, et fut obligé de s'enfuir en Bourgogne, en abandonnant définitivement ses rêves de conquêtes.

A la nouvelle des revers de Charles, la Lorraine se souleva contre lui. Le duc de Bourgogne réunit à grand'peine quelques troupes, et alla assiéger Nancy ; il fut vaincu devant cette ville par René de Vaudemont, aidé des Suisses, et périt dans la bataille (U77).

L'unique héritière de Charles le Téméraire, sa fille Marie, ne put conserver qu'une partie des Etats de son père ; Louis XI lui enleva le duché de Bourgogne, la Picardie et l'Artois, qui firent retour à la couronne de France. Marie de Bourgogne épousa l'archiduc Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur Frédéric III, et lui apporta en dot les Pays-Bas et la Franche-Comté ; ainsi commença la grandeur de la maison d'Autriche, dont un autre mariage allait achever l'étonnante fortune.

CHARLES-QUINT ou CHARLES V tCHARLES I" pour les Espagnols) — Hist. générale, XXII, XXVII et XXIX. — Empereur d'Allemagne et roi d'Espagne, né à Gand, le 24 février 1500, de Philippe le Beau, archiduc d' .Autriche, et de Jeanne la Folle, reine de Castille, mort au monastère de Saint-Just, le 21 septembre 1558.

Archiduc des Pays-Bas en 1506 par la mort de son père, Charles-Quint, sous la direction de sa tante Marguerite d'Autriche , reçut d'Adrien d'Utrecht et du sire de Chièvres l'éducation ordinaire des princes de son temps. A seize ans, habile aux tournois et aux exercices guerriers, parlant plusieurs langues et possédant le goût des arts, ce prince flamand devint l'oi des Espagnes à la mort de son grand-père maternel, Ferdinand d'Aragon (1516). Ximenès avait frayé la voie, dressé le trône : Charles n'avait qu'à s'asseoir, et il débuta par indisposer l'Espagne en disgraciant Ximenès mourant, et en donnant aux Flamands qui l'av dent suivi les premiers postes administratifs et militaires.

En 1519, la mort de son grand-père paternel, Maximilien d'Autriche, empereur d'Allemagne, mit Charles-Quint à la tête des biens de la maison d'Autriche , et le posa comme compétiteur de François I*' à la couronne impériale. A force d'intrigues habilement conduites par sa tante Marguerite, à force d'argent fourni par les banques allemandes, Charles l'emporta sur son rival. Cette élection fut une affaire d'argent : sauf l'électeur de Saxe, opposé à l'Autriche, et l'électeur de Trêves, noble chevalier allemand qui voulut rester les mains nettes, le reste était à vendre. Aussi, après avoir confié la régence de l'Espagne à Adrien d'Utrecht, su gagner Henri VIII d'Angleterre et son ministre Wolsey, Charles se rendit à Aix-la-Chapelle, où il se fit couronner le 23 octobre 1520. « Cet empereur de vingt ans, dit Michelet, qui, dans ses faibles bras, prenait la moitié de l'Europe, faible pour gouverner, fut fort pour étouSer. On avait fait un monstre : l'Espagne et l'Allemagne, collées l'une sur l'autre, et face contre face, Torquemada contre Luther. »

Depuis trois ans, l'Allemagne était agitée par les prédications de Luther. Charles-Quint, voulant mettre fin à ces troubles religieux, d'accord avec le pape Léon X, convoqua et présida la diète de Worms qui condamna le réformateur, et envenima les querelles théologiques (V. Héfotmé). L'ambition de l'empereur et les provocations de François \" ne tardèrent pas à allumer la guerre ; elle éclata, en 1521, sur trois points à la fois : en Navarre, où les Français furent repoussés ; dans le

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