CHARLES-QUINT
CHAUFFAGE
Nord, où les impériaux échouèrent devant Mézières ; et en Italie, où Lautrec, vaincu à la Bicoque, perdit le Milanais. En même temps, le mécontentement des Espagnols s'était traduit par une révolte sérieuse, dite des comuneros, qui avait pour chef Jean de Padilla. Celui-ci, après une lutte opiniâtre et héroïque, fut vaincu et pris à la bataille de Villalar (1521). Cette défaite mit fin à la révolte, et la Castille perdit ses libertés.
L'année suivante, la trahison du connétable de Bourbon, qui négociait avec Charles-Quint et Henri VIII le partage de la France, fut le motif d'une recrudescence d'hostilités entre Charles-Quint et François I": ce dernier eut la faiblesse de confier le commandement de l'armée française à l'incapable Bonnivet, qui se fit battre à Abbiate-Grasso et laissa les impériaux envahir la Provence et assiéger Marseille (1524). Mais ce pays n'offrant que peu de ressources pour le ravitaillement d'une armée, Charles-Quint se hâta de repasser les Alpes à l'arrivée de François I", qui alla se faire prendre h Pavie (1525). Le vainqueur fit conduire son royal prisonnier en Espagne, et, après une captivité de plusieurs mois, lui imposa les dures conditions du traité de Madrid (14 janvier 1526;.
Ce traité onéreux, qui livrait la Bourgogne à Charles-Quint, ne fut point ratifié. François I" avait compris que l'Europe commençait à s'efl"rayer de la puissance de l'empereur d'Allemagne. Le roi d'Angleterre, le pape Clément VII, et les princes italiens entrèrent dans la ligne de Cognac. Le danger était sérieux, mais l'expédition du connétable de Bourbon contre Rome (152T:, la défection honteuse d'André Doria, qui sauva Naples assiégée par les Français, et surtout la défaite de ces derniers à Landriano, sauvèrent Charles-Quint. Le traité de Cambrai, dit Paix des Dames (1529), laissa la possession de l'Italie à Charles, qui se fit couronner à Bologne roi des Lombards et empereur des Romains par le pape Clément VIL
Ces brillants succès n'assurèrent point la tranquillité de Charles-Quint ; deux ennemis redoutables restaient à combattre : les luthériens, qui protestèrent contre les décisions de la diète de Spire et formèrent la ligue de Smalkalde, et les Turcs, qui, sous la conduite de Soliman II, attaquaient l'Europe chrétienne par terre et par mer. Les princes allemands refusaient de se soumettre à la monarchie impériale, et ce ne fut pas sans difficulté que l'empereur fit nommer roi des Romains son frère Ferdinand, à qui il abandonna le gouvernement des provinces autrichiennes, avant de partir pour aller châtier le pirate Barberousse qu'il amena à composition en s'emparant de Tunis (1535). Cependant François I" réclamait le Milanais et recommençait la lutte en attaquant le duc i de Savoie ; Charles, d'abord victorieux, entra une , seconde fois en France, puis, menacé par les Turcs qui ravageaient la vallée du Danube, signa le traité de Nice (l.'>38). Les deux rivaux paraissaient ré- ^ conciliés. Charles profita des bonnes dispositions de François I*' pour traverser la France afin d'aller punir les Ganiois révoltés. Peu après (1541), il entreprit sans succès une expédition contre Alger, et Ji son retour fut contraint de soutenir une quatrième guerre contre François I". . !
Charles-Quint, soutenu par Henri VIII d'Angleterre et par les princes protestants d'Allemagne qu'il avait su gagner par des concessions, vit ] une de ses armées battue à Cérisoles par le comte d'Enghien (l.i^4), échoua lui-même dans une invasion de la Champagne parla résistance de Saint- Dizier, et signa la paix de Crespy. Son activité se tourna alors contre les princes protestants d'Allemagne, que les décisions de concile de Trente et les tendances de l'empereur avaient effrayés. D'abord victorieux à Mûhlberg où il fit prisonnier l'électeur de Saxe et le landgrave de Hcsse-Cassel 2« Partie,
1 (1547), il croyait l'Allemagne complètement soumise à son pouvoir, lorsque, par Yinterim d'Augsbourg, il irrita tous les partis, raviva la lutte, fut presque surpris à Insbrvick, et bientôt contraint de signer la convention de Passau (15j2), convention qui prépara la paix d'Augsbourg (1555), triomphe du protestantisme en Allemagne. En même I temps les succès des Français, alliés des princes allemands, lui enlevaient toute espérance de suprématie européenne. Henri II, maître des trois evêchés. Metz, Toul et Verdun, paraissait sur les bords I du Rhin, et ce fut inutilement que, pour se venger, Charles vint assiéger Metz, ravagea le nord de la France ; défait à Renty, il fut forcé de signer la paix de Vaucelles (1555).
I Après avoir marié à Marie d'Angleterre son fils I Philippe, qu'il ne put faire nommer roi des Romains, Charles-Quint, épuisé par des attaques de goutte, dégoûté du pouvoir qu'il n'avait pu étendre selon ses vues ambitieuses, abandonna à son fils Philippe II les Pays-Bas d'abord (1565\ puis l'Espa. gne, ses possessions italiennes et l'Amérique en 1556; à son frère Ferdinand la couronne impériale et ses possessions autrichiennes, et se retira au monastère de Saint-Just dans l'Estrémadure. Là, sans vivre de la vie monastique, entouré dune suite assez nombreuse, il partageait son temps entre les pratiques religieuses et la direction des affaires politiques qu'il n'avait jamais complètement abandonnée.
Rappelons, en terminant, que sous son règne les Espagnols avaient fait la conquête d'une grande partie du nouveau monde : Cortez avait soumis le Mexique et Pizarre le Pérou. [H. Georges.]
Lectures et dictées. — Education de Charles- Quint. — a Dans cette salle de Malines, où siège de côté, mal vu et négligé de son élève, le pédant Adrien d'Utrccht, regardez à la lampe cet enfant pâle en velours noir, figure intelligente et froide, où la lèvre inférieure accuse le sang d'Autriche, où la forte mâchoire rappelle la race anglaise. Le dur travailleur apparaît déjà en lui, avide, absorbé, insatiable de travail, d'intrigues et d'aflTaires. Des monceaux de dépêches et de papiers d'État sont devant lui. Tout ce qui vient, même de nuit, arrive ici et passe sous ses yeux ; son gouverneur, M de Chièvres, veut que le prince lise, afin de lire luimême, et qu'il fasse rapport au conseil. Ainsi l'éducation deviendra peu à peu le gouvernement... M. de Chièvres ne combattit pas Charles le Téméraire, mais le refit. Charles-Quint son élève fut laborieusement, sagement élevé dans la folie de l'autre. Les visions de monarchie universelle, étranges et romanesques pour un duc de Bourgogne,semblaient l'être bien moinspour celui en qui la fortune unissait les Espagnes, les Pays-Ras, les États autrichiens. L'empire ne pouvait guère manquer à un petit-fils de Maximilien, maître de tant d'Etats. Charlemagne, agrandi, revenait pour l'Europe. Le monde allait reprendre l'unité et la paix du grand empire romain. Que fallait-il pour cela? Rien que briser la France, la démembrer si l'on pouvait Mais le succès était certain, écrit déjà dans la devise prophétique du sage fondateur de la maison d'Autriche Frédéric III : A. E. I 0. U. « Austrix est imperare orlA universo ; il est réservé à l'Autriche de commander au monde entier. » (Michelet , Histoire de France au XVI' siècl-\)
Lire aussi dans le Charles-Quint de Mignet : le siège et la belle résistance de Marseille, ch. vi ; — la bataille de Pavie, ch. vu; — le beau récit de la mort de Charles-Quint, ch. viir. etc.
CHAUFFAGE. — Physique, XIX. — On chauffe chaque jour, dans léconoraie domestique et dans l'industrie, des corps solides et des lir|iiiiles, et dans nos climats tempérés, pendant une grande partie de l'année, l'air des appartemonts et des
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grandes salles. Le chauffage des solides et des liquides, soit qu'on veuille les fondre ou simplement élever leur température, ne doit satisfaire qu'à la double condition d'être rapide et économique ; la dépense de charbon y est en fin de compte l'élément principal. Le chauffage des appartements est une question plus complexe à cause des conditions variables auxquelles il doit satisfaire suivant les lieux et suivant nos habitudes ; il constitue l'un des problèmes les plus importants de l'économie domestique et de l'hygiène, puisqu'il occasionne pour chaque ménage une dépense assez lourde et qu'il exerce une influence considérable sur la santé et le bien-être. L'un et l'autre sont des applications d'un certain nombre de notions éparses dans la partie du cours de physique qui traite de la chaleur; c'est à ce titre que nous les rassemblons dans cet article où nous allons passer en revue les meilleurs modes d'utilisation du combustible et les appareils qui réalisent le cbauffasre de la manière la plus régulière.
1. Chauffage des solides et des li(]uides. — On se contente souvent de placer le corps à chauffer sur le feu, ou le vase qui le contient directement en contact avec la flamme : c'est le chauffage à feu nu, de tous les modes le plus simple et le plus employé. 11 s'accommode de tous les combustibles : le coke ou la houille dans lindustric, le bois, le charbon de bois ou le gaz dans l'économie domestique. Mais il n'est réellement économique que s'il utilise bien la chaleur du foyer, c'est-à-dire si les produits gazeux de la combustion font plusieurs fois le tour de la chaudière à échauffer, avant de s'échapper dans l'atmosphère.
Quand le corps doit être échauffé lentement et d'une manière uniforme, que l'on craint pour lui les coups de feu, on emploie le bain de sable directement en contact avec le foyer et cédant sa chaleur au vase qui repose sur lui.
Si l'on ne peut dépasser une certaine température, comme par exemple celle de l'eau bouillante, on se sert du bain-marie : le vase en contact avec la flamme contient de l'eau qui se résout en vapeur , et c'est la chaleur uniforme de cette vapeur qui échauffe le corps.
Enfin on emploie souvent la vapeur d'eau au chauffage des liquides, surtout aujourd'hui que les moteurs à vapeur sont devenus communs et qu'on dispose avec eux d'une source de chaleur toujours prête et d'un emploi commode.
Quand la vapeur peut sans inconvénient se mélanger au liquide à échauffer, on la fait venir dans ce liquide par un tube percillé de trous qui la laissent échapper; et en se condensant, elle aband onne la grande quantité de chaleur qu'elle possède.
Si au contraire la vapeur d'eau peut nuire au liquide à échauffer, comme c'est le cas dans les sucreries ou les teintureries, onne l'y fait pas dégager directement ; on l'amène dans un serpentin qui fait plusieurs tours dans la chaudière, et c'est ce serpentin qui communique au liquide la chaleur que la vapeur lui a cédée.
Il semble au premier abord que l'industrie, avec ses grands appareils, puisse seule utiliser ce mode de chauffage à la vapeur aussi propre que rapide, aussi commode qu'économique. Il n'en est rien ; et dans bien des cas, l'économie domestique peut aussi s'en servir avec profit. Pour n'en citer qu'un exemple, nous considérerons le cas d'un ménage de campagne ou d'une ferme où pendant plusieurs mois de l'année on fait cuire chaque jour des pommes de terre pour le bétail.
Le procédé le plus anciennement pratiqué consistait à mettre dans la flamme d'un foyer ouvert le vase de fonte contenant les corps à chauffer. Un premier progrès a été réalisé par l'emploi d'un foyer iermé, entourant la chaudière dun canal
contourné où les produits gazeux de la combustion puissent abandonner, avec profit, la majeure partie de la chaleur qu'ils emportent. Mais on arrive à une cuisson bien plus rapide en munissant la chaudière d'un double fond où l'on met de l'eati. Cette eau se vaporise, et la vapeur qui s'élève et qui se répand dans tout le vase autour des tubercules leur cède la grande chaleur qu'elle possède et les cuit en très-peu de temps.
2. Chauffage des appartements. — Le système le plus anciennement pratiqué pour chauffer les lieux habités est le chauffiige direct par combustion. Les sauvages allument le feu au milieu de leur hutte ; l'air afflue du pourtour par les portes mal fermées ou les fissures des murs en terre, et il s'élève avec la fumée pour s'échapper par l'ouverture pratiquée au sommet de la hutte. Chez les peuples civilisés de l'antiquité, du combustible brûlant sans fumée était placé dans des vases ouverts au milieu de la pièce à chauffer. Ce système est encore pratiqué en Italie, en Espagne et dans le midi de la France où s'est conservé l'usage des braseros. Bien qu'il jette dans la salle, avec la chaleur, les produits gazeux de la combustion, le brasero est sans incoiivénients graves dans les contrées du Midi où les pièces à chauffer sont grandes, élevées, à fermeture incomplète ; on ne le garnit que de charbon bien allumé, à demienfoui dans la cendre, de manière que la combustion ne dégage que de l'acide carbonique sans oxyde de carbone; il deviendrait très-nuisible s'il était garni de charbon noir. Le chauffage qu'il procure est très-léger. Dans nos climats rigoureux, il serait tout à fait insuffisant. Il faut à nos appartements bien clos des appareils qui emportent les produits gazeux de la combustion, qui provoquent un renouvellement de l'air au lieu de le vicier et qui produisent beaucoup de chaleur : on y emploie les cheminées, les poêles et les calorifères.
A. Chauffage par chemiiiées. — Une cheminée se compose d'un foyer où brûle le combustible, qui communique sa chaleur par rayonnement, et d'un conduit vertical élevé destiné à emmener la fumée. Les plus anciennes ne remontent pas au-delà du quatorzième siècle; elles étaient d'une dimension considérable ; le foyer, adossé contre un grand mur, n'était pas limité latéralement; une immense hotte formant l'ouverture du conduit vertical couvrait une aire de 15 à 20 mètres carrés sur laquelle toute une famille nombreuse trouvait place autour du feu. Ce n'était guère qu'une modification du chauffage primitif des huttes réalisant seulement une sortie plus régulière et plus rapide de la fumée. On n'en rencontre plus que dans quelques cuisines de fermes dont la construction remonte à plus d'un siècle. Depuis Rumford, on a apporté de nombreux perfectionnements à l'établissement des cheminées, à l'effet de les rendre plus hygiéniques et de mieux utiliser la chaleur du combustible ; on limite latéralement le foyer par des murs inclinés et on fait les conduits à fumée plus étroits et plus élevés.
Quand on allume le feu dans le foyer d'une cheminée, la colonne d'air du conduit s'échauffe, se dilate et s'élève. L'air chaud est remplacé incessamment par de l'air froid qui, en passant par le foyer, y abandonne son oxygène et active la combustion. Cet air, à son tour échauffé, tend ainsi à s'élever et appelle de l'air froid; on dit qu'il se fait un tirage. Ce tirage est d'autant plus fort que la cheminée est plus haute 3t plus étroite ; on effet, plus la cheminée est élevée, plus est grande la colonne d'air chaud, plus est considérable la différence de son poids avec celui d'une même colonne d'air froid, c'est-à-dire la force ascensionnelle qui appelle l'air sur le combustible et entraîne la fumée. D'autre part, si comme dans les anciens
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appareils, le foyer est très spacieux et le conduit à fumée \rcs large, tout l'air qui y pénètre n'a pas passé sur le combustible et ne s'est pas suffisamment échauffe, et il peut se produire un courant descendant d'air froid qui contrarie le courant ascendant et fasse refluer la fumée dans l'appartement.
Dans les cheminées d'usines que l'on fait trèsétroites et d'une hauteur de 60 à 80 mètres, il ne passe guère par kilogramme de combustible brûlé que 8 à 10 mètres cubes d'air porté par la combustion à une température de plus de iOU°, et dont la force ascensionnelle est par conséquent considérable.
Dans nos cheminées d'appartement, pour la même quantité de combustible, il passe CO mètres cubes d'air au moins ; sa température n'est dès lors guère supérieure à ôO°, et sa force ascensionnelle est faible. Aussi suffit-il de circonstances extérieures peu puissantes pour modifier le cours de la fumée. La principale cause qui agisse par en haut pour faii'e refluer la fumée, c'est l'action du vent qui passe au-dessus du conduit avec une grande vitesse horizontale, ou s'y engouffre parfois poussé obliquement avec une grande force ; l'air chaud ne peut pas le refouler pour s'échapper au dehors. Pour remédier à cet inconvénient, on rétrécit la partie supérieure du conduit à fumée et on la munit d'une buse conique, à ouverture latérale, que le vent dirige dans la direction de son courant.
La grande quantité d'air entraîné par une cheminée présente un double inconvénient; il emporte avec lui une proportion notable de la chaleur que le foyer a jetée dans l'appartement, et il est remplacé par l'air extérieur entrant par des ventouses ou par les joints des portes et des fenêires et créant un courant continu d'air froid vers le foyer. Si l'on remarque en outre que la chaleur rayonnante est seule utilisée par les cheminées ordinaires, qu'elle n'est pour le bois qu'environ 26 p. 100 de la chaleur produite, et qu'il n'en pénètre pas plus d'un quart dans la pièce chauffée, le reste étant absorbé par les parois du foyer et perdu, on en conclut que les cheminées ordinaires sont des •appareils défectueux qui n'utilisent en réalité que 6 à 12 p. 100 de la chaleur totale du combustible. Les contructeurs habiles parviennent à supprimer une partie des défauts reprochés aux cheminées, en disposant le foyer de manière qu'il envoie dans la pièce le plus de chaleur possible, en réduisant le volume d'air libsorbé par la cheminée à la quantité d'air nécessaire aux conditions hygiéniques de la respiration, en remplaçant cet air, non plus par de l'air froid, mais par de l'air qui, avant d'arriver dans la pièce, s'est échauffé par la chaleur perdue du foyer.
Malgré ces progrès, la cheminée reste un des modes de chauffage les moins économic(ues ; en revanche, c'est le plas hj^giénique et le plus agréable. La vue du feu récrée ; l'air se renouvelle rapidement et se maintient à une température modérée ; il reste frais et pur, c'est-à-dire dans les conditions qui permettent un bon travail et assurent une bonne santé.
B. Chauffage pur poêles. — Les poêles sont de tous les appareils de chauffage les plus simples, les plus économiques et les plus répandus. Leurs formes sont très différentes, mais on peut les grouper toutes sous trois types principaux : le poêle de fonte, le poêle en terre cuite, et le poêle à circulation d'air.
Les poêles de fonte sont les plus généralement -employés dans les petits ménages parce qu'on les dispose souvent pour cuire les aliments. Ils chauffent rapidement et avec une grande énergie, surtout quand on les munit d'un tuyau de tôle assez long destiné à emmener les gaz de la combustion,
et à céder encore à la pièce la chaleur qu'il reçoit. Ils permettent d'utiliser presque toute la chaleur dégagée du combustible ; mais ils se refroidissent vite, et on ne peut guère obtenir avec eux une chaleur douce et uniforme sans supprimer presque complètement le renouvellement de l'air. Ils ont un autre inconvénient, c'est de répandre une odeur désagréable, parce que les poussières organiques de l'air se grillent au contact de la fonte chauffée. On dit qu'ils dessèchent l'air, parce qu'en développant une température un peu élevée, ils rendent l'air capable de tenir plus de vapeur d'eau ; il en résulte une activité plus grande dans l'évaporation du corps et notamment une fatigue des organes de la respiration. Jlais on combat aisément cet inconvénient en plaçant sur le poêle un vase d'eau dont la vapeur rend à l'air un degré convenable d'humidité. Il est moins facile de porter remède au défaut de renouvellement de l'air ; aussi faut-il conseiller aux personnes qui chauffent leurs chambres avec des poêles de fonte de faire de fréquentes promenades à l'air libre.
Les poêle< en terre cuite, qu'ils soient en briques avec un revêtement léger de tôle leur donnant un aspect métallique, ou bien en faïence, s'échauffent lentement ; il faut un certain temps pour en avoir de la chaleur ; mais ils se refroidissent aussi moins vite et produisent une chaleur douce et uniforme. On ne peut guère y brûler que du bois ; la houille et le coke y donneraient une température élevée dont l'effet immédiat serait de faire fendiller l'enveloppe et de la mettre rapidement hors de service. Ils ne produisent pas de mauvaise odeur; aussi les recommande-t-on pour les appartements.
Dans les pays du Nord, les maisons sont chauffées par de très grands poêles en briques occupant lout un pan de mûr, et construits de telle manière que la fumée et les produits de la combustion parcourent un long circuit placé dans l'épaisseur du poêle avant de s'échapper au deliors. On allume le matin un feu de bois qu'on maintient deux ou trois heures, après quoi on ferme toutes les issues; la braise incandescente qui s'éteint lentement cède peu à peu sa chaleur aux parois du poêle qui rayonnent longtemps vers la chambre et y maintiennent une température de 14 à 15 degrés si l'appartement est bien clos.
Le grave inconvénient de ces appareils, c'est de transformer les appartements en serres chaudes où l'air ne se renouvelle pas ; aussi les efforts des constructeurs se sont-ils appliqués à monter des poêles qui, tout en chauffant avec régularité et économie, puissent jeter dans la salle où ils sont établis de l'air chauffé à leur contact, mais puisé à l'extérieur et ayant par conséquent toutes les qualités liygiéniques désirables. On a eu alors les poêles calorifères, qui présentent des formes diverses, mais dont le principe, qui est le môme dans tous, consiste à présenter une grande surface de chauffe et à faire passer sur cette surface, en sens contraire du mouvement de la fumée, un rapide courant d'air frais puisé au dehors et ne pénétrant dans la salle qu'après avoir emprunté de la chaleur au long conduit du gaz de la combustion,
G. Chauffage p'ir calorifères. — Les calorifères sont différents des poêles en ce que le foyer est établi en dehors des pièces à chauffer, et qu'il envoie de la ciialeur dans chacune par des conduits convenablement disposés. Le véhicule de la chaleur peut être l'air, l'eau ou la vapeur d'eau ; de là trois sortes de calorifères. Ces appareils volumineux, coûteux de premier établissement, ne conviennent qu'aux très grands espaces ou à un grand nombre de pièces à cliauftér en même temps, comme c'est le cas dans beaucoup d'établissements publics.
Le calorifère à air chaud est employé dans les cathédrales et les maisons à étages où l'on chauffe
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à la fois les vestibules, les escaliers et un grand nombre de pièces. Le foyer est en dessous de toutes les parties à chaufTer ; il communique la plus grande partie de sa chaleur à de l'air que l'on distribue ensuite par un système de canaux bien établis partout où il est nécessaire.
Le calorifère à vapeur d'eau existe plus ou moins perfectionné dans toutes les usines où l'on dispose d'un moteur h vapeur; des tuyaux de distribution et de transport, convenablement enveloppés, conduisent la vapeur dans des récipients à grande surface extérieure destinés à la condenser et à transmettre à l'air, au travers de leur enveloppe, la chaleur provenant de cette condensation.
Le calorifère à circulation d'eau chaude est surtout remarquable par la régularité de ses effets, et la durée du chauffage qu'il procure ; il était déjà mis en usage par les Romains dans leurs étuves et leurs thermes, mais il n'est économique que dans les grands établissements publics.
[Haraucourt.] CHAUX. — Chimie, XV et XVIL — {Éh/77i. : du latin calcis, dont on a formé le nom du métal le cal' cium ) — Les alchimistes donnaient ce nom à un grand nombre de substances d'aspect terreux, telles que les oxydes de zinc, de mercure, de plomb ; ils disaient chaux de zinc^ chaux d'étain, chaux de plomb. Depuis Lavoisier, ce nom désigne exclusivement l'oxyde de calcium plus ou moins pur. C'est le chimiste anglais Davy qui, le premier, confirmant ainsi les prévisions de notre immortel Lavoisier, démontra que la chaux était un oxyde de calcium en en extrayant ce métal au moyen de la pile de Volta, en 1807. Depuis, MM. Liès-Bodart et Jobin ont pu l'obtenir en notables proportions, en décomposant l'iodure de calcium par le sodium. Le calcium est un beau métal jaune, brillant, inaltérable dans l'air sec, mais très altérable à l'air humide.
La chaux vive pure contenant 72 p. lOf) de calcium, on peut dire que ce métal, qui n'existe pur qu'entrés petite quantité dans les laboratoires, est cependant un des éléments les plus répandus dans la croûte terrestre, puisque la chaux combinée aux acides carbonique, silicique et phosphorique, est une des substances qu'on y rencontre le plus communément.
Pj'opriéiés de la chaux. — Chaux vive ou anhydre. — Chaux éteinte. — Chaux grasse. — Chaux maigre. — Chaux hydraulique. — La chaux se présente en général sous forme de morceaux gris, plus ou moins durs; quand elle est pure, comme on l'obtient en calcinant au blanc des morceaux de marbre blanc, elle est incolore et s'appelle chaux grasse.
Si elle provient de la calcination de calcaires terreux chargés d' argile, de sable etquelquefois d'éléments ferrugineux, elle s'appelle chaux maigre; elle est alors d'un gris plus ou moins foncé. La chaux est infusible aux températures les plus élevées ; à l'air elle se sature à la longue d'humidité et d'acide carbonique, et retourne à l'état de carbonate de chaux ; mise en contact avec l'eau quand elle a été fraîchement préparée, elle l'absorbe en produisant un sifflement comme un fer rouge plongé dans l'eau, puis elle s'échauffe, foisonne et se délite, c'est-à-dire se fendille et tombe en poussière sèche; en môme temps elle s'échauffe considérablement (la température peut atteindre 300°), et une partie de l'eau se dégage sous forme de fumée.
Si on continue à ajouter de l'eau, la poussière sèche se mouille, la chaux se refroidit, forme alors une pâte qui est un hydrate de chaux et qu'on appelle chaux éteinte. C'est dans cet étal qu'on l'emploie à la fabrication des mortiers en la mélangeant à du sable ou à des matières siliceuses Dulvérisées.
La chaux éteinte délayée dans l'eau donne un» liqueur blanche qui est le lait de chaux ; elle s'y trouve seulement en suspension, car elle est très peu soluble dans l'eau ; à 15° il faut 778 partiesd'eau pour dissoudre une partie de chaux ; si l'eau est bouillante, il en faut I270 parties, car la solubilité de la chaux diminue au fur et à mesure que la température s'élève; c'est pour cela qu'une dissolution limpide de chaux se trouble quand on la chauffe.
La chaux est une base puissante; elle ramène au bleu le tournesol rougi, et elle sature la plupart des acides, môme les plus énergiques.
Elle forme avec le sucre un véritable sel, un scacharate de chaux. Cette propriété est utilisée dans l'extraction du sucre pour en retarder la fermentation.
La chaux peut aussi se combiner avec un grand nombre d'acides organiques avec lesquels elle forme des sels insolubles ; aussi est-elle souvent employée dans l'extraction de cs'S acides.
On a donné le nom de chaux hydraulique à une
] chaux contenant de 15 à 20 p. 100 d'argile, qui a la
I propriété de durcir dans l'eau, et qui sert à cause
de cela à fabriquer des mortiers spéciaux utilisés-
dans les travaux de maçonnerie sous-marins.
Les calcaires argileux naturels qui servent à la fabrication de la chaux hydraulique sont quelquej fois remplacés par des mélanges convenables de j chaux et d'argile pulvérisés. Ainsi à Meudon, près I Paris, on fabrique de la chaux hydraulique en com- ! binant un mélange de craie et d'argile.
£■^«^5 de la chaux dans la nature ; principaux
sels de chaux . — La chaux n'existe et ne peut
exister dans la nature qu'à l'état de sels, puis-
1 qu'elle se combine très facilement à l'eau et à
I l'acide carbonique. Ses principaux sels naturels
I sont : 1° les calcaires ou carbonates de chaux ; 2° le
j gypse ou sulfate de chaux ; 3» le phosphate de
chaux ; 4° le silicate de chaux ; 5° le chlorure de
I calcium ; 6° le fluorure de calcium, ou spath fluor;
et enfin l'azotate de chaux.
Calcaires. — On donne le nom de calcaire à tous les carbonates de chaux naturels ; rien n'est plus facile que de reconnaître un calcaire, car il fait effervescence avec tous les acides, même avec le vinaigre.
Le rôle des calcaires est extrêmement important, soit au point de vue industriel, soit au point de vue géologique. Il suffit, pour s'en convaincre, de savoir que la craie, le marbre la pierre à bâtir,, l'albâtre, la pierre lithographique, etc., sont des calcaires.
Ce sont là les principaux, mais aucune espèce géologique ne présente un plus grand nombre de variétés.
A l'état cristallisé, le carbonate de chaux constitue le spath d'Islande et l'aragoniie. Le premier se rencontre en beaux gros cristaux transparents de forme parallélipipédique oblique et jouissant de la double réfraction, c'est-à-dire que les objets vus à travers suivant certaines directions paraissent doubles. Il a reçu à cause de cette remarquable propriété de très curieuses applications dans certains instruments d'opiique. L'aragonite, au contraire, qu'on rencontre beaucoup plus souvent, cristallise en prisme droit à base rectangle. Le carbonate de chaux est donc dimorphe, puisqu'on le rencontre sous deux formes cristallines différentes. Les collections minéralogiques du Muséum de Paris contiennent les variétés les plus belles et les plus nombreuses d'aragonite et des carbonates de chaux divei's.
Les marbres sont formés de carbonates de chaux plus ou moins purs ; leurs différentes couleurà tiennent à des matières étrangères. Tous les carbonates de chaux sont décomposés à une haute température en acide carbonique et en chaux.
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M. Daubrée, en chauffant fortement de la craie dans un canon de fusil solidement fermé de manière que l'acide carbonique ne pût point se dégager, a obtenu après le refroidissement une substance plus ou moins analogue au marbre, ce qui porte à penser que ces- calcaires cristallins ont dû ^tre formés dans certaines conditions de pression «t de température qui ont déterminé leur fusion «ans qu'ils se soient décomposés.
Le carbonate de chaux est complètement insoluble dans l'eau, mais il se dissout dans l'eau chargée d'acide carbonique. Le bicarbonate de chaux qui se forme alors est peu stable, il se décompose à l'air en abandonnant la moitié de son acide carbonique : c'est là l'explication de certaines incrustations calcaires dues à certaines sources ainsi <iue ces colonnes de pierres naturelles qu'on trouve dans certaines grottes et qu'on nomme stalactites €t stalagmites.
C'est encore au bicarbonate de chaux ramené à l'état de carbonate insoluble parl'ébuUition qu'on doit les dépôts si nuisibles qui se forment dans les chaudières à vapeur.
Indépendamment des calcaires de contexture et d'aspect si divers que nous avons cités, tout en ne donnant que les principaux, nous devons encore mentionner le test des mollusques et celui des crustacés , les coquilles d'œufs d'oiseaux, composés de carbonate de chaux assez pur, et les os des animaux vertébrés qui en contiennent une certaine proportion.
Sulfate de chaux. — Gypse ou pierre à plâtre. — Le gypse est du sulfate de chaux hydraté; on le rencontre en masses considérables dans les environs de Paris ; il s'y trouve dans les couches inférieures des terrains tertiaires. Il est blanc, inodore, très dur. A la température ordinaire 1000 parties d'eau n'en dissolvent que 2 parties ; sa solubilité augmente jusqu'à 35°. Vers 100" il abandonne son eau. A 130° la déshydratation est complète, il constitue alors le plâtre. Dans cet état il a la propriété de former avec l'eau une bouillie qui se durcit en quelques minutes; c'est là le principe de ses nombreuses applications. En reprenant l'eau qu'elles ont perdu par la cuisson, les parcelles du sulfate de chaux cristallisent finement et forment une masse durcie. Quand le plâtre doit servir au moulage il doit se prendre en 7 ou 8 minutes au plus et en 5 au moins ; cette durée dépend principalement de son origine et aussi de la durée et de la température de sa cuisson.
La pierre à plâtre se rencontre en France principalement à Montmartre, Belleville, Montreuil, Argenteuil, Creil, Vaux ; dans le Puy-de-Dôme, dans la Côte d'Or, dans Saône-et-Loire et dans les environs d'Aix. L'extraction se fait quelquefois à ciel ouvert, le plus souvent par carrières souterraines. Quelquefois le sulfate de chaux hydraté se rencontre en cristaux ayant la forme de fer de lance et susceptibles de clivage en lames extrêmement minces qui présentent le phénomène des anneaux colorés. Ces lames détachées avec un canif sont extrêmement transparentes ; chauffées quelques secondes à la flamme d'une lampe, «lies deviennent blanches, opaques et pulvérulentes.
Albâtre. — Quelquefois le sulfate de chaux se présente en masses demi-translucides dures, blanches, ou bien colorées et formées de cristaux prismatiques entrelacés : c'est l'albâtre.
Préparation du piâtre. — La cuisson de la pierre à plâtre se fait dans des fours formés de murs surmontés d'une couverture en tuile à claire-voie. On forme avec les plus gros moellons plusieurs voûtes construites à sec, et sur celles-ci on place des fragments de plus en plus petits, au fur et à mesure qu'on s'élève. La transformation du gypse en plâtre est opérée toujours en moins '
j de douze heures ; on pulvérise sous le moule et on , tamise.
Phospliate de chaux. — Le phosphate tribasique
I de chaux, PhQB 3 CaO, constitue l'élément principal de la partie minérale des os ; il est blanc, insoluble dans l'eau, mais se dissout dans les acides ; il sert à préparer le phosphore (V. Phosphore) .
Le phosphate neutre (PhOs 2 CaO, HO) se rencontre dans les concrétions urinaires (pierre de la vessie); et le phosphate acide 'PhO=, CaO, ".'HO) existe en dissolution dans quelques liquides de l'économie animale.
Sous forme d'os, le phosphate basique de chaux est depuis longtemps employé comme cngi'ais. « Les os de cuisine ou d'équarrissage, les débris des fabriques de boutons, les nombreux squelettes d'animaux qui, depuis si longtemps blanchissent à l'air dans les pampas de Buenos Ayres ; enfin, assure-t-on, les détritus des champs de bataille eux-mêmes ont été l'objet d'une exploitation industrielle qui a eu pour effet la fertilisation extrèmementremarquable de contrées entières.» (Bobierre.)
En traitant le phosphate basique par l'acide sulfurique, on obtient un phosphate plus riche en acide phosphorique et plus soluble, et qui aujourd'hui, sous le nom de superphosphate, joue un rôle considérable dans le commerce des engrais chimiques.. D'après M. G. Ville le phosphate du commerce renferme de 15 à 18 p. 100 d'acide phosphorique.
Coprolithes. — On a donné le nom de coprolithes à des excréments fossiles extrêmement riches en phosphates de chaux. Ces singulières pierres découvertes et étudiées de lb2'2 à 1829 par M. Buckland ressemblent à des cailloux oblongs de 2 à 4 pouces de long et de là 2 de diamètre. Ils sont aujourd'hui l'objet de nombreuses exploitations dans la Meuse, les Ardennes, le Pas-de-Calais, etc., grâce à M. Dessailly de Grandpré, qui a le plus contribué à répandre l'usage de ce riche engrais.
Hijpochlorite de chaux (CIO, CaO). — Dans le commerce on donne le nom de chlorure de chaux à un mélange d'hypochlorite et de chlorure qu'on obtient en faisant agir le chlorure gazeux sur la chaux éteinte. Le chlorure de chaux est blanc, pulvérulent, et répand une odeur de chlore ; il bleuit le tournesol, puis le décolore; il est employé comme désinfectant.
Azotate de chaux. — On le rencontre sur le sol des caves, le long des murs humides, dans les habitations abandonnées, et quelquefois à la surface du sol sous la forme d'une neigette grisâtre.
II se trouve aussi mélangé à l'azotate de potasse (salpêtre) qu'on ramasse à la surface du sol en Espagne, en Egypte et au Pérou.
Fluorure de calcium. — C'est le spath fluor des minéralogistes. C'est une substance blanche ou colorée, rayant le calcaire, mais qui est rayée par le verre. On le rencontre dans les enviions de Pari<, en Auvergne, et dans la plupart des contrées de l'Europe ; les faux rubis, les f;iusses émeraudes, les fausses topazes sont fabriqués avec le spath tluor traité par l'acide sulfurique. Cette pierre donne de l'acide fluorhydrique qui attaque le verre à froid et sert ainsi à la gravure sur verre.
Préparation de la chaux. — On emploie principalement les calcaires impropres à la construction, comme la craie, le calcaire de Saint-Jacques en Jura, le calcaire dur de (Uiâteau-Landon. La pierre à chaux doit être portée aune température élevée; pour cela elle est placée en moellons dans des cylindres de briques que l'on revêt d'argile, ou qui sont garnis de briques réfractaires ; on chauffe au bois. La calcination dure plusieurs jours. Quelquefois on forme des tas cylindriques de couches alterna-
CHEMINS DE FER
CHEMINS DE FER
tîvcs de calcaires et de combustibles auxquels on mot le feu.
Usrigps de la chmtx. — La chaux est surtout employée à la fabrication des mortiers.
Un mortier est un mélange intime de chaux et de silice pulvérisée et mouillée (sable ou scories); à la longue il se forme un véritable silicate de chaux, qui durcit et unit ainsi fortement les matériaux entre lesquels il a été placé. La chaux est aussi extrêmement employée en agriculture, non-seulement à l'état de plâtre et de phosphate et de calcaire, mais à létat de chaux vive ou éteinte. On la mélange quelquefois au fumier.
La chaux est aussi employée dans les sucreries et dans les raffineries, dans l'épuration du gaz, dans les savonneries ; on en a fait usage il y a quelques années pour assainir les champs de bataille de la guerre franco-allemande.
Ciments. — On donne ce nom à des chaux hydrauliijues qui se solidifient pour ainsi dire immédiatement au contact de l'eau ; ils proviennent de la calcination de calcaires naturels très argileux ; les plus connus sont ceux de Vassy, Chartres, Grenoble, Boulogne-sur-Mer. Le Portland anglais si renommé est fabriqué en calcinant un mélange d'argile et de craie.
Cliautdes aux naturelles. — La chaux se rencontre dans presque toutes les eaux naturelles, soit à l'état de sulfate (eaux des puits de Paris), soit à l'état de chlorure de calcium, soit à l'état de bicarbonate. Sa présence est facile à constater: les moindres traces de chaux dans une eau y produisent un trouble blanchâtre quand on y verse quelques gouttes d'oxalate d'ammoniaque.
La présence de la chaux dans les eaux qui servent de boissons est nécessaire à la nourriture des os, qui sans cette substance ne prendraient pas la consistance nécessaire ; d'un autre côté les eaux trop chargées de sels de chaux ont un goût terreux, cuisent mal les légumes, décomposent le savon au lieu de le dissoudre. On comprend donc qu'au point de vue do l'hygiène publique et privée, l'appréciatio:! de la quantité de chaux que contient une eau naturelle soit une question des plus importantes et des plus délicates de ranal3'se chimique. [Alfred Jacquemart.]
CIIEM1>'S DE FER. — 1. Des chemins de fer en général. — Défitiition. — Tout le monde sait ce qu'on entend aujourd'hui par cliemm de fer. C'est une chaussée régulière, sur laquelle sont posées bout à bout des barres de fer nommées rails. Ces rails servent non-seulement à la circulation des roues, mais encore à leur imprimer leur direction.
historique. — De tout temps on a cherché à diminuer la résistance à la traction des voitures en faisant circuler celles-ci sur une matière résistante, pierre, bois ou fer. Par économie, on est conduit à diminuer la largeur de celle-ci jusqu'à la largeur même de la roue. Mais alors il faut que la roue soit assujettie, soit par sa forme, soit par celle du rail, à ne pas s'en séparer. On ne sait au juste à quelle époque on a commencé à faire circuler dans les mines les wagons transportant du charbon sur des rails en bois, et quel a. été le premier inventeur de la voie ferrée proprement dite.
Les chemins de fer ne sont entrés véritablement dans la pratique que lorsqu'on eut inventé la locomotive. Par sa puissance de traction, la vitesse qu'elle peut atteindre, et l'cconomie qu'elle présente sur les moteurs animés, cette machine a oflert de tels avantages que h-s chemins de fer ont pour ainsi dire ac<iuis immédiatement le monopole des transports.
Sans doute la navigation possède encore l'avantago du bon marché ; mais il est. souvent contrebalance et au delà par la lenteur à laquelle elle
■ est soumise, les chômages imposés par les gelées ou l'entretien des canaux, et surtout par l'impossibilité où se trouvent le plus souvent les bateaux de transporter les marchandises depuis leur point d'origine jusqu'au point où elles sont employées, sans transbordement ni manipulation accroissant les frais de ces transports.
C'est Stephenson qui, en 1829. a construit lapremière locomotive pratique employée sur le chemin de fer de Liverpool à Manchester, le premier des chemins anglais. En France on a construit d'abord un petit chemin de fer aux environs de Sabit- I Etienne, pour le transport des houilles.
La première ligne aboutissant à Paris a été la ligne de P<2>7.ç à Savd-Germain. ouverte en i8;57.
En quarante ans, de 18.37 à 1877, on a construit en France 23,000 kilomètres de chemins de fer, en nombre rond, ce qui place notre pays à l'un des premiers rangs sous le rapport de la longueur des chemins de fer comparée à l'étendne du territoire qu'ils desservent. A cet égard, nous ne sommes dépassés que par la Belgique, le grandduché de Luxembourg, la Grande-Bretagne, la Suisse, l'Allemagne et les Pays-Bas.
En 1850, le réseau français ne comprenait que 2 850 kilomètres; en 1867, 15 730; en 1874, 20500 et en 1877, 22 8:iO.
En cette même année 1877, l'Allemagne possédait 27 956 kilomètres; les Iles Britanniques 26,378; l;v Russie I99:i.
En 1877, l'Europe possédait 140550 kilomètres; l'Asie 11100; l'Afrique 2410; l'Océanie 3490 et l'Amérique 143 530. C'est dans cette dernière partie du monde que la construction a eu le plus d'activité depuis vingt ans. En 1857 l'Amérique n'avait encore que 195») kil., la 74« partie du réseau qu'elle possédait vingt ans plus tard.
Exposé succinct du fonctionnement des < hemins de fer. Puissance de traction de la loco'uotive. — Sans entrer dans les détails techniques de la construction des locomotives, disons que celles-ci marchent d'autant plus vite qu'elles produisent dans un temps donne une plus grande masse de vapeur, et qu'elles traînent un train d'autant plus lourd que la tcn-ion de cette vapeur est plus élevée. Ajoutons que cette puissance de traction ne peut s'exercer qu'autant que les roues de la locomotive adhèrent suffisamment aux rails pour ne pas tourner sur place. C'est le frottement des roues de la locomotive sur les rails qui la force à avancer. Et comme ce frottement est proportionnel au poids de la locomotive, celle-ci devra être d'autant plus pesante qu'on voudra lui faire remorquer un poids plus considéral)le. — V. LoC"molive.
Dans l'histoire de la locomotive, qui est inséparable de celles des chemins de fer, il faut citer trois noms:Cugnot, né en 1725, à Void(Meuse),àqui l'on doit les premiers essais tentés, en 176:5, pour appliquer la vapeur au mouvement des voitures ; Georges Stephenson, né en 178I aux environs de Newcastle (Angleterre), qui construisit la première locomotive en 1814 ; Marc Séguin, né à Annonay en 1780, à qui l'on doit la chaudière tubulaire qu'il invenca en 1820. ce qui permit d'augmenter la puissance des locomotives. En 1828, G. Stephenson et son fils complétèrent l'invention de Marc Séguin en activant le tirage des locomotives par la projection dans la cheminée de la vapeur sortant des cylindres après avoir agi sur les pistons.
Tracé de la voie. — Quant au tracé de la voie, celle-ci ne doit pas oftVir de pentes considérables, sur lesquelles la locomotive serait impuissante k avancer, ni dos courbes de petit rayon, sur lesquelles les trains risqueraient de dérailler, surtout lorsqu'ils marchent à grande vitesse. Cependant des circonstances particulières ont conduit à admettre des pentes qui atteignent jusqu'à 20 millim. par mètre dans les pays de montagnes, et à construire
CHEMINS DE FER
CHEMINS DE FER
des courbos de 200 ou 300 mètres de rayon seulement, où l'on évite les risques de déraillement en inclinant le niveau de la voie du côté du centre de la courbe et en ralentissant dans ces points la vitesse de marche.
Études préliminaire.'} et concession d'une ligne de chemin de fer. — On conçoit aisément que l'étude d'un cliemin de fer en projet soit fort compliquée, tant au point de vue des difficultés de la construction, qu'on cherche à simplifier autant que possible, qu'au point de vue des intérêts dont on s'efforce de desservir le plus grand nombre, pour augmenter le trafic de la ligne.
On peut dire, d'une manière générale, qu'il est peu avantageux d'établir un chemin de fer si le trafic doit donner moins de 6') à 80 000 tonnes de marchandises transportées annuellement sur toute la ligne, ou s'il ne donne pas une recette équivalente en voyageurs.
Aussi la construction d'un chemin de fer n'est-elle jamais commencée qu'autant que les plans définitifs en ont été approuvés par l'autorité supérieure. Les ingénieurs de l'État examinent les plans au point de vue technique, comme ils sont ensuite charges de vérifier leur bonne exécution avant la réception et la mise en exploitation de la ligne. Les agents de l'État sont aussi chargés en tout temps de contrôler l'entretien et l'exploitation de tous les chemins de fer.
Chemins d'intérêt général et d'intérêt local. — Suivant les intérêts qu'ils sont appelés à desservir, les chemins de fer se classent en chemins d'intérêt général et en chemins d'intérêt local. Les premiers sont concédés par l'État seulement; les seconds par les conseils généraux. Mais la compétence de ceuxci est bornée à l'étendue de letir seul département et l'État a le droit de i opposer à des concessions qui constitueraient des lignes de grand parcours, et sous le nom d'intérêt local, échapperaient à sa dépendance.
En 1877, il y avait 2,165 kilomètres de chemins d'intérêt local, contre plus de 20,300 kilomètres de chemins d'intérêt général.
Dépenses de construction et subventions. — Ces chemins sont généralement concédés à des compagnies qui les construisent avec les fonds du public et les subventions que leur fournissent l'État, les départements, les communes ou les particuliers sous forme de contributions pécuniaires, de constructions de travaux d'art, d'abandon de terrains. Pour encourager le développement des chemins de fer et obtenir des compagnies la construction de lignes considérées comme insuffisamment rémunératrices, ces compagnies ont souvent obtenu de l'État ou des départements une certaine garantie d'intérêts pour une partie ou la totalité des fonds employés. Si les obligations des grandes compagnies françaises jouissent justement d'une si grande faveur auprès du public, c'est que le revenu en est garanti pour la plupart par l'État français. On a dépensé jusqu'à présent plus de dix milliards pour la construction des chemins de fer français. L'État pour sa part a fourni la septième partie de ces dépenses environ. Quand les compagnies arriveront au terme de leur concession, dont la durée a été généralement fixée à 99 ans, les chemins de fer deviendront la propriété de l'État, sauf le matériel qui appartient en propre à la compagnie.
Avantages de l'État. — Ainsi l'Etat a de grands avantages au développement des chemins de fer. Ils seront sa propriété dans l'avenir, et en outre, ils sont la source de gros revenus, par les impôts dont ils sont directement grevés, et l'accroissement général du commerce et le développement de l'industrie, qu'ils favorisent.
L'État s'est réservé le droit de racheter dans certaines conditions les lignes concédées, et actuelle-
ment il possède et exploite directement un certainréseau.
Les autres lignes sont entre les mains de six grandes compagnies qui embrassent tout le territoire de la France et de quelques compagnies secondaires.
n. Description des chemins de fer français. — Réseau de la compagnie de l'Ouest (252i» kilomètres). — La compagnie dite de ï()uest possède quatre grandes lignes :
La première de Paris au Havre, par Mantes et Rouen, qui projette un embranchement de Rouen à Dieppe, et un second de Beuzeville à Fécamp;
La deuxième de Mantes à Cherbourg, par Évreux, Lisieux, Caen, qui projette un embranchement de Lisieux à Honfleur et à Trouville, et un second de Lison à Saint-Lô ;
La troisième deParis à Granville,pa.v Versailles, Laiglc, Argentan, Fiers et Vire ;
La quatrième de Paris à Hrest, par Versailles, Chartres, Le Mans, Laval, Vitré, Rennes, Saint- Brieuc et Morlaix, qui projette un embranchement du Mans à Angers, et un second de Rennes à Saint-Malo.
Le réseau de la compagnie de l'Ouest comprend en outre un certain nombre de lignes secondaires : de Paris à Dieppe, par Andrésy (embouchure de l'Oise), Pontoise, Gisors, Gournay et Neufchâtel; du Mans à Caen, par Alençon, Argentan et Mézidon (sur la ligne de Mantes à Cherbourg); de Caen à Laval par Fiers et Mayenne; de Rennes à Redon; de Saint-Brieuc à Ponlivy.
Dans la banlieue de Paris, la compagnie de l'Ouest possède les lignes de Paris à Saint-Gt;rmain et de Paris à Versailles (rive droite et rive gauche).
Compagnies seco}idaires situées au milieu du réseau de l'Ouest. — Les compagnies secondaires de cette région desservent : les lignes de Vitré à la baie du Mont-Saint-Michel, par Fougères, et d'Elbeuf à Dreux, par Louviers.
Réseau de la compagnie d'Orléans (4 380 kilomètres). — La compagnie d'Orléans possède neuf grandes lignes :
La première de Paris à Bordeaux, parBrétigny, Écampes, Orléans, Blois, Tours, Poitiers, Angoulêmp, Coutras, Libourne, avec un embranchement de Libourne à Bergerac;
La deuxième de .Bre7i|7«?/ à Tours, parDourdan, Qiàteaudun et Vendôme;
La troisième de Tours à Saini-Nazaire, par Saumur, Angers, Nantes et Savenay ;
La quatrième de Nn7ites à Brest, par Savenay, Redon, Vannes, Auray, Lorient, Quimper et Châteaulin, avec un embranchement d'Auray à Pontivy ;
La cinquième de Poitiers à La Rochelle et à Rochefort par Niort ;
La sixième d'Orléans à Toulouse, par Vierzon, Châtcauroux, Limoges, Brives, Figcac et Capdenac, Lexos et Tessonnières ;
La septième de Limoges à Coutras, i)a.T Périgueux, qui projette un embranchement de Périgueux à Brive, et un second de Périgueux à Agen par Monsempron-Libos, d'où part le chemin de Libos à Cahors;
La huitième de Tours à Saincaize (près de Nevers) par Vierzon et Bourges ;
La neuvième de Saint -Sulpice-Laurière (au nord de Limoges) à Gannat, par Guéret, Montluçon et Commentry, qui projette un embranchement sur Aubusson, un second de Montluçon à Bourges par Saint-Amand, et un troisième de Commentry à Moulins.
La compagnie d'Orléans possède en outre les lignes secondaires suivantes:
D'Orléans à Gien ; de Tours au Mans ; de Nantes à la Roche-sur- Yon ; d'Angers à Niort, par Cholet et Bressuire ; de Poitiers à Saint-Sulpice-
CHEMINS DE FER
CHEMINS DE FER
Latirière, par Montmorillon ; de Brive à Tulle ; de Figeac à Arvant (sur la ligne de Saint-Germain-des- Fossés à Nîmes), parAuiillac et Murât; de Capdenac à Rodez par Aubin, avec embranchement sur Decazeville; de Lexos à Montauban ; de Tessonnières à Albi.
Dans la banlieue de Paris, la compagnie d'Orléans possède la petite ligne de Paris à Sceaux et àLimours.
Réseau de TÉtat. — Le réseau que l'État a récemment constitué en rachetant les réseaux des anciennes compagnies de la Vendée, des Charentes et d'Orléans à Châlons, est presque entièrement englobé dans le réseau de la compagnie d'Orléans.
Ce réseau de l'État comprend six lignes principales :
La première va de Tows aux Sables cTOlonne, par Loudun, Bressuire et la Roche-sur-Yon ;
La deuxième de Poitiers à Saumw, par Loudun;
La troisième de la Roche-sur-Yon à Coutrcs,p3iT la Rochelle, Rocliefort, Saintes. Pons, Jonzac ;
La quatrième de Saijites à Limoges, par Cognac et Angoulême ;
La cinquième A'Orléans à Châlons-sur-Marne, par Montargis, Sens et Troyes;
La sixième d'Orléans à Dreux, par Chartres.
L'État possède en outre, dans la Loire-Inférieure, la petite ligne de Nantes à Pornic, qui projette un embranchement sur Paimbœuf; et dans Indre-et- Loire, la ligne de Tours à Loches, tète de la ligne qui doit relier Tours et Montluçon, par Châteauroux.
Des compagnies secondaires exploitent les lignes de Pons à Royan et h Marennes.
Réseau de la compagnie du Midi (2250 kilomètres). — La compagnie du Midi possède cinq grandes lignes :
La première de Bordeaux à Cette, par Langon, Agen, Montauban, Toulouse, Castelnaudary, Garcassonne, Narbonne, Béziers et Agde ;
La deuxième, de Bordeaux à He?ida'/e. sur la frontière d'Espagne, par Lamothe, Morcenx, Dax et Bayonne. (Avec la ligne de Paris à Bordeaux, ce chemin forme la ligne la plus directe à suivre pour aller de Paris à Madrid.) Cette ligne projette un embranchement de Lamothe à Arcachon ;
La troisième, de Toulouse à Rayonne par Boussens, Montréjean,Tarbes, Lourdes, Pau et Puyoo, qui projette un embranchement de Montréjean à Luchon. et un second de Puyoo à Dax, qui met Pau en communication directe avec Bordeaux ;
La quatrième, de Morcenx à Tarhe<, par Montde-Marsan et Vic-de-Bigorre, est reliée à la ligne de Bordeaux à Cette par un embranchement qui va de Vic-de-Bigorre à Agen, en traversant Auch.
La cinquième, de Narbonne à la frontière d'Espagne par Perpignan et Port-Vendres, qui constitue la route la plus directe vers Barcelone et la côte espagnole de la Méditerranée.
La compagnie du Midi possède encore d'autres lignes secondaires : de Toulouse à Auch ; de Toulouse à Tarascon-sur-Ariége, par Pamiers et Foix; de Castelnaudary à Carmaux-les-Mines. parCastres et Albi, avec embranchement de Castres à Mazamet; de Beziers à Millau, par Bédarieux, avec embranchement de Bédarieux à Graissessac.
Compagnies secondaires cJiclavées dans le réseau du Midi.' — Diverses compagnies secondaires possèdent dans les Pj-rénécs-Orientales, la ligne de Perpignan à Prades ; dans la Gironde, la ligne du Médoc, qui va de Bordeaux au Verdon à l'embouchure de la Gironde.
Réseau de la compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée. — Cette compagnie, qui est la plus considérable de toutes les compagnies françaises. puisque son réseau atteint presque 6,000 kilomètres, possède dix grandes lignes :
La première, de Paris à Marseille, par Melun, FonUinebleau, Moret, Montereau, Sens, Joigny, la
Roche, Tonnerre, Nuits-sous-Ravières, Dijon, Beaune, Chagny, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Saint- Germain-au-Mont-d'Or, Lyon, Vienne, Saint-Rarabert-d'Albon, Valence, Livron,Montélimar, Orange, Avignon, Tarascon. Arles, et projette de petits embranchements de Nuits-sous-Ravières à Châtillonsur-Seine et de Saint-Rambert à Annonay.
La deuxième, de Paris à Lyon par le Bourbonnais, se détache de la ligne précédente (dite de Bourgogne), à Moret, passe à Montargis, Gien, Nevers, Saincaize, Moulins, Saint-Germain-des- Fossés, Roanne, Tarare et Saint-Germain-au-Montd'Or, où elle rejoint la ligne de Bourgogne. Cette ligne projette un embranchement de Saint-Gormain-des-Fossés à Vichy. Montargis est relié à Paris par une seconde ligne qui passe à Malesherbes et Corbeil, et rejoint' la grande ligne de Paris à Lyon, à Villeneuve-Saint-Georges, près deParis.
La troisième, de Saint-Germai7i-des-Fossés à Nimes. par Gannat, Riom, Clermont-Ferrand, Arvant, Brioude, Alais.
La quatrième, de Tarascon à Cette, par Nîmes, Lunel et Montpellier.
Les deux grandes lignes de Paris à Mar,seille et de Paris à Nimes sont reliées entre elles par une série de lignes transversales. De La Roche (Yonne) une ligne va h Nevers par Auxerre et Clamecy.
La ligne de Nevers à Chngny passe par Decize, Cercj'-la-Tour, Étang, le Creusot, Montchanin, et projette un embranchement d'Étang à Chagny par Autun etÉpinac, d'où une ligne va auPort-d'Ouche, sur le canal de Bourgogne, pour le transport des houilles d'Épinac.
La ligne de Moulins à Montchanin passe par Digoin, Blanzy et Montceau-les-Mines.
Plus au sud, Clermont-Ferrand est relié à Saint- Étienne par Thiers et Montbrison ; Roanne à Lyon par Saint-Étienne, Saint-Chamond, Rive-de-Gier, Givors.
La ligne de Saint-Étienne au Puy est prolongée jusqu'à Saint-Georges-d'Aurac, près de Langoac, sur la ligne de Saint-Germain-des-Fossés ;\ Nîmes.
De Livron, sur la ligne de Lyon à Marseille, part un chemin de fer qui traverse le Rhône et gagne Alais, en projetant un embranchement sur l'rivas et un second sur Bessèges.
La cinquième grande ligne du réseau de Lyon va de Dijon à Belfort, par Auxonne, Dôle, Besançon, Montbéliard, et projette des embranchements de Dijon îi Is-sur-Tille (entre Dijon et Langres, c'est là que le réseau se soude à celui de l'Est), d'Auxonno à Gray, de Besançon à Vesoul, de Montbéliard à Délie, vers la frontière suisse.
La sixième ligne va de Dôle à Pontarlier, par Mouchard et Andolot, et se bifurque à Pontarlier pour se diriger d'un côté vers Neuchâtel et de l'autre vers Lausanne. Quand le Simplon sera percé, cette dernière ligne constituera un dos tronçons de la ligne la plus directe de Paris à Milan, de Londres en Orient.
La septième ligne va de Mâcon au Mont-Cenis, par Bourg, Ambérieu, Culoz, Aix-les-Bains, Charabéry, avec un embranchement d' Aix-les-Bains à Annecy, et constitue actuellement la grande route de Paris en Italie.
Les trois lignes précédentes sont reliées entre elles par un chomifi qui va de Besançon à Bourg, par Mouchard et Lons-le-Saunier, et constitue la route la plus directe de Besançon ou de Strasbourg vers Lyon et Marseille.
La huitième ligne va de Lyon à Genève, en empruntant d'Ambérieu à Culoz la ligne de Mâcon aa Mont-Cenis.
La neuvième va de Lyon à Marseille p^r laTourdu-Pin, Rives, Moirans, Grenoble, Veynes, Sisteron, Saint-Auban, Manosque, Pcrtuis, Acx, et projette des embranchements de Veynes à Gap, dtt Saint-Auban à Digne.
CHEMINS DE FER
CHEMINS DE FER
Elle se relie avec la ligne du Mont-Cenis par l'embranchement de Grenoble à Chambéry et avec la ligne de Lyon à la Méditerranée par la vallée du Rhône, au moyen des chemins de Moirans à Valence par Saint-Marcellin, de Pertuis à Avignon par Cavaillon, d'Aix à Rognac.
La dixième ligne va de Marseille à Menton par Toulon, les Arcs, Cannes et Nice, en projetant des embranchements, sur Hyères, des Arcs h Draguignan et de Cannes à Grasse : elle se prolonge jusqu'à Gênes en Italie.
Compagnies secondaires enclavées dans le réseau de Paris- Lyon- Méditerranée. — Diverses compagnies secondaires possèdent la ligne de Chalonsur-Saône à Lyon par Bourg et les Bombes ; la ligne de Bourg à Nantua, qui doit être prolongée jusqu'à Bellegarde sur la ligne de Culoz à Genève.
Réseau de la compagnie de l'Est (2 710 kilomètres). — La compagnie de VEst possède ou exploite huit grandes lignes :
La première, de Paris à Avricoiirl, par Meaux, Epernay, Châlons -sur-Marne, Vitry-le-François, Blesme, Bar-le-Duc, Lérouville, Commercy, Pagnysur-Meuse, Toul, Frouard, Nancy, Blainville et Lunéville, et constitue une fraction de la grande route de Paris à Vienne, et dans toute l'Allemagne méridionale. Cette ligne projette un embranchement de Lunéville à Saini-Dié, par Baccarat.
La deuxième, de Pari': à Mulhouse, par Gretz, Romilly, Troyes, Bricon, Chaumont, Langres, Port d'Atelier, Vesoul, Lure et Belfort, projette des embranchements de Romilly à Oiry (près Épernay), de Troyes à Châtillon-sur-Seine, par Bar-sur-Seine ; de Bricon à Chàtillon-sur-Seine ; de Chalindrey (près Langres) à Is-sur-Tille ; de Chalindrey et de Vesoul à Gray; de Belfort à Délie.
La troisième, de Blesme à Chaumont, par Saint- Dizier et Bologne, constitue une des communications directes entre le nord et le sud -est de la France, sans passer par Paris. Elle projette un embranchement de Bologne à Pagny-sur-Meuse, par Neufchâteau.
La quatrième, de Blainville à Port d'Atelier, par Épinal, met le réseau des Vusges en communication avec Nancy d'une part, et Dijon de l'au're. Elle projette un embranchement d'Epinal à Remiremont.
La cinquième, à'Epernay à Givet et Namur, en Belgique, par Reims, Rethel et Mézières, projette des embranchements de Reims à Laon et de Mézières à Hirson.
La sixième, de C/iàlons à Reims, par Saint-Hilaire-au-Temple, dessert le camp de Châlons. C'est de Saint-Hilaire que part la ligne directe de Metz par Sainte-Menehould, Verdun et Conflans- Jarny.
La septième, de Frouard à Metz, par Pontà- Mousson et Pagny-sur-Moselle.
La huitième, de Pogny sur-Moselle à Mézières, suit la frontière et passe par Conflans-Jarny, Longuyon, Montmédy et Sedan. Elle projette des embranchements de Longuyon à Thionville, de Longuyon à Longwy et Arlon, de Longwy à Luxembourg.
Dans la banlieue de Paris, la compagnie de l'Est possède la ligne de Paris à Brie-Comte-Robert par Vincennes.
Compagnies secondaires enclavées dans le t'éseau de VEst. — La ligne de Lérouville à Sedan suit le cours de la Meuse par Saint-Mihiel et Verdun ; la ligne des Vosges relie Saint-Dié à Remiremont.
Réseau de la compagnie du Noi-d (2250 kilomètres;. — Ce réseau met Paris en communication avec les ports les plus rapprochés de l'Angleterre, la Belgique et l'Allemagne du Nord.
Il comprend deux grandes lignes et un grand nombre d'embrancliements importnnts à cause des grandes villes et des régions très riches par l'in-
dustrie, le commerce et l'agriculture que ces chemins de fer traversent.
La première de Paris à Ca'ais, par Saint-Denis, Chantilly, Creil, Clermont, Amiens, Abbeville, Etaples et Boulogne, projette un grand embranchement d'Amiens à Mouscron (entre Lille et Gand) par Arras, Douai, Lille, Roubaix et Tourcoing, et un sous-embranchement de Douai à Mons en Belgique par Valenciennes.
Entre ces deux branches, Arras est relié à Dunkerque par Lens, Béthune et Hazebrouck; et Calais avec Lille par Saint-Omer et Hazebrouck. Ce dernier chemin, continué vers Tournay, en Belgique, constitue une des routes de Bruxelles en Angleterre. La seconde grande ligne va de Creil à H i utmont, près de Maubeuge, où elle se bifurque en deux tronçons : l'un se dirige vers Mons et Bruxelles, c'est la route la plus directe de Paris à Bruxelles; le second suit la Sambre et passe par Erquelines, Charleroi, Namur et Liège. C'est la grande route de Paris à Cologne, Berlin et Saint- Pétersbourg. Cette ligne, de Paris à Erquelines, traverse Compiégne, Tcrgnier, Saint-Quentin.
La troisième grande ligne va de Paris à Hirson, sur la frontière de Belgique, par Soissons, Laon, Vervins, et projette un embranchement de Soissons à Reims.
Il y a une seconde route de Paris à Creil par Saint-Denis, Pontoise, Beaumont, et une seconde route de Paris à Amiens par Epinay, Beaumont et Beauvais.
De Laon part un chemin, circulant autour de Paris, qui passe à laFcre, Tergnier, Amiens, Abancourt, Serqueux (ligne de Paris à Dieppe par Pontoise), Buchyoùil se divise en deux tronçons. L'un d'eux gagne Rouen par Darnetal, l'autre se dirige vers le Havre par Clères (ligne de Rouen à Dieppe) et Motteville (ligne de Rouen au Havre).
Beauvais est un grand centre de chemins de fer qui rayonnent de là sur Creil, Abancourt, Gournay, Gisors. Dans la Somme, Doullens est relié
I à Amiens et à Béthune par Saint-Pol. Dans
I le Pas-de-Calais, Arras est relié à Etaples, par Saint-Pol et Montreuil, Saint-Omer avec Boulogne. Dans le Nord, il part do Lille une ligne qui par Orchies , Saint-Amand , Valenciennes , Aulnoye , Avesnes, Hirson, suit presque constamment la frontière belge. Lille est relié à Saint-Quentin par Orchies, Somain, Bouchain, Cambrai et Bu-
i signy.
Le long de la mer du Nord, une ligne va de
j Calais à Furnes, en Belgique, par Gravelines et Dunkerque. Saint-Omer est relié à Gravelines par l'embranchement de Watten (entre Saint-Omer et Calais) à Gravelines, qui suit l'Aa.
I Compagnies secondaires enclavées dans le réseau du Nord. — La compagnie Picardie et Flandres
I possède une ligne qui de Saint-Just 'Oise, entre
j Clermont et Amiensj croise à Chaulnes la ligne de Tergnier à Amiens, passe à Péronne et aboutit à Cambrai. Dans le Nord la ligne de Somain à Pé-
I ruwelz, par Denain et Anzin, relie entre eux les divers centres d'exploitation de la compagnie houillère d' Anzin.
La compagnie du Tréport possède la ligne du
I Tréport à Abancourt (sur la ligne de Rouen à Amiens) qui suit la Bresle, etla ligne du Tréport à Doullens qui traverse à Longpré le chemin d'Amiens à Abbeville.
Enfin les grandes compagnies du Nord, de l'Est, de Paris-Lyon-Méditerrannée, d'Orléans, et de l'Ouest possèdent les deux chemins de fer de ceinture de Paris, le premier compris tout entier dans l'enceinte des fortifications. Le deuxième, dit de grande ceinture, n'est encore qu'en partie construit ; ses points principaux doivent être Saint- Denis, Nogcnt-sur-Marne, Villeneuve Saint-Georges, Versailles, Argenteuil.
CHÉNIER