‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 355 sur 593 · II. Le christianisme de Constantin a létablisse · texte numérisé non relu

II. Le christianisme de Constantin a létablisse

ilENT DC POUVOIR TEMPOREL DES PAPES. — DunS l'Em- !

cî>e romain. — Au commencement du quatrième 1 siècle, six empereurs se disputaient l'Empire ro- ' main. Constantin, le plus habile, le plus actif, le plus hardi d'eux tous, comprit le premier que « se , déclarer pour les chrétiens, c'était mettre de son ' côté une force immense : il mit la crois sur ses j étendards et se fit dresser une statue à Rome tenant la croix à la main. En 313, il donna à Milan un édit de tolérance et restitua aux chrétiens leurs biens, tout en évitant de promulguer contre les païens ] des édits menaçants; si ses monnaies portaient i d'un côté le monogramme da Christ, de l'autre on y voyait une divinité païenne. La même année où ; il ordonna de célébrer le repos religieux du dimanche, il publia une loi sur la consultation des arus- | pices. Et lorsqu'il eut fondé Constantinople, pour j donner à l'empire une capitale chrétienne, chaque année il fit porter dans le cirque sa statue ayant 1 en main une image de la Fortune. » (Duruy.)

Peu à peu cependant la religion chrétienne de- ] vint exclusivement la religion de i'Etat. Si Cons- ] tantin lui-même oublia plus d'une fois qu'il était chrétien, avec lui cependant, et après lui, l'influence de la doctrine et de la morale chrétiennes se fit sentir dans la législation, dans le gouvernement, dans les mœurs et dans les institutions sociales. iV. Esclavage, Femmes, et dans la I" Partie l'article Pères de l'Eglise, et ceux auxquels il renvoie.

Quant à l'Eglise elle-même, elle constituait son unité dogmatique et hiérarchique, d'abord par les décisions théologiques des conciles, puis par l'exclusion, et, il faut bien le dire, par la persécution des hérétiques ; enfin, dans l'Eglise latine du moins, par la souveraineté spirituelle conférée au pape. Y. Eglise, Conciles, Hérésies, Papauté.

Chez les Barbares. — En Germanie. — L'Empire romain était à peine conquis à la religion nouvelle que celle-ci était déjà portée par de courageux et ardents missionnaires jusque chez les peuples, alors confondus sous le nom de Barbares, qui s'échelonnaient le long des frontières de l'Empire. Dès le quatrième siècle, les Goths, les Suèves, les Vandales, les Burgundes, les Lombards connurent le christianisme, mais ceux qui les y convertirent étaient des prêtres ariens : ces peuplades ne reçurent donc pas la pure doctrine catholique, et ce fut une des raisons qui contribuèrent plus tard à leur assujettissement aux Francs. (V. Clovis.)

En '-aule. — La Gaule étant une province romaine, les premiers apôtres du christianisme qui en furent aussi les martyrs, y avaient prêché la foi nouvelle dès le deuxième siècle. Après l'invasion des Francs, et ieur conversion en masse j'y. Clovis], elle fit de rapides progrès, bien que les crimes dont est pleine l'histoire de ces premiers siècles témoignent assez combien la doctrine chrétienne était loin d'avoir pénétré les cœurs et les caractères.

Quant au rôle social et politique du christianisme ainsi implanté chez les Barbares, M. Guizot, cherchant à l'apprécier en quelques traits, le résume ainsi dans son Histoire de la civilisation en France : « Trois résultats étaient consommés au cinquième s.ècle :

« lo La séparation de la société relisieuse (les fidèle, le peuple) de la société écdésiastioue clergé, monasières), et ladominaiioa de la société

ecclésiastique sur la société religieuse ; résultat dû surtout à l'extrême inégalité intellectuelle et sociale qui existait entre le peuple et le clergé chrétien ;

« 2° La prédominance du système aristocratique dans l'organisation intérieure de la société ecclésiastique: l'intervention des simples prêtres dans le gouvernement de l'Eglise devient de jour en jour plus rare et plus faible, le pouvoir sn concentre de plus en plus entre les mains des évêques;

« 3" Enfin, quant aux rapports de la société religieuse avec la société civile, de l'Eglise avec l'Etat, le système qui prévaut est celui de l'alliance, de la transaction entre des puissances distinctes, mais en contact perpétuel. »

En Angleterre et en Irlande. — D'après la tradition, saint Patrick porta la foi chrétienne en Irlande vers 430. Mais les conquérants germains de la Grande-Bretagne, les Anglo-Saxons, ignorant la langue erse que parlaient les Irlandais, étaient encore païens îi la fin du sixième siècle; ce fut le pape saint Grégoire \°' qui envoya, pour les convertir, le moine Augustin avec quarante missionnaires (596) : il avait remarqué, dit-on, dans un marché de Rome, des esclaves à vendre, Angles de nation. « S'ils étaient chrétiens, avait-il dit en admirant leur noble maintien, ce ne seraient plus des Angles, mais des anges. » En 627, le Witenagemot ou « assemblée des sages » du Northumberland décida l'adoption de la foi nouvelle ; les autres provinces l'imitèrent. En Ecosse, aussi à la fin du sixième siècle, Columban, qui avait fondé un monastère sur un rocher des îles Hébrides, traversant sur son bateau d'osier les détroits de la Bretagne septentrionale, avait prêché trente ans l'Evangile aux Pietés et aux Scots.

Dernières missions en Germanie. — Les dernières missions accomplies dans l'Europe centrale et septentrionale eurent pour objet la conversion des Bataves, des Bavarois, des Alamans, des Frisons, des Thuringiens, des Saxons. Les Irlandais Kilian et Columban, l'Anglais Willebrord et surtout son disciple saint Winfrid ou saint Boniface, « l'apôtre de la Germanie », en furent les principaux auteurs. Boniface, soutenu par Charles-Martel, avait installé des évêques et était lui-même placé à la tète de la métropole, Alayence (746) ; malgré son grand âge, il résigna ses fonctions pour retourner dans les bois de la Frise païenne comme simple missionnaire. Dn jour oîi il devait confirmer un certain nombre de néophytes, il fut assailli par une troupe de païens et égorgé avec ses compagnons sur les bords du Zuyderzée (755). Pépin vengea sa mort, et Charlemagne acheva au prix de nombreuses campagnes et de sanglantes exécutions la soumission des Saxons au christianisme.

Le christianisme hors de l'Europe. — En Orient, le christianisme fit des conquêtes moins sûres et moins étendues : il ne se maintint qu'eu Arménie, où il subsiste encore ; il fut presque anéanti en Perse par la persécution; les succès rapides et merveilleux de 1 islamisme arrêtèrent la propagation de la foi chrétienne en Asie et en Egypte. L'expansion du mahoméiisme fut telle qu'il ne fallut rien moins qu'un efi"ort général de la chrétienté pour en arrêter l'invasion : de là les Croisades *.

La découverte du nouveau monde lui valut un nouvel empire. (V. Colonies.)

Pouvoir temporel des pnpes. — V. Papauté.

III. Le christianisme uepcis la fondation do POUVOIR temporel jusqu'à la riIforme. — V. Eglise. V. aussi Papauté, conciles, Schismes, Hérésies, Réforme.

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