CIRCULATION
qui so place au point de vue de l'iiistoire générale et surtout de l'histoire de la civilisation, quel a été le rôle, quelle a été la fonction sociale du christianisme ?
En Europe, c'est le christianisme qui a été le grand agent de l'éducation et de la civilisation des peuples barbares dont sont issues les nations modernes. C'est lui qui a recueilli en les transformant les précieux restes de la civilisation gréco-romaine; c'est lui, pendant la première époque du moyen âge, après la désorganisation de l'empire et avant l'organisation de la féodalité, qui fut presque le seul représentant des idées morales au sein d'une société qui n'avait plus de bases, plus de règles, plus de loi commune, le seul défenseur des faibles, le seul consolateur des affligés, le seul prédicateur des idées généreuses, le seul organe de la conscience publique, la seule force qui piît tenir tête alors à la force brutale. Plus tard, quand, grâce à tant de services rendus à l'humanité, il eut fait reconnaître et en quelque sorte matérialiser sa toute-puissance, d'abord purement spirituelle, des abus purent se glisser dans son organisation; ses rapports avec les puissances séculières, tantôt alliance trop intime, tantôt rivalité trop ardente, tintôt suprématie trop absolue, purent nuire à son prestige moral et social. Mais, même après la grande division du seizième siècle^ qui sépara les chrétiens en catholiques et protestants, le christianisme conserve aux yeux de l'histoire sa grande mission civilisatrice. Cette mission prend un éclat plus pur encore quand le christianisme, dans ses différentes communions, renonce définitivement à un droit que catholiques et protestants n'avaient que trop longtemps revendiqué et exercé, le droit de persécuter et de mettre à mort les hérétiques.
Au dehors, il continue à se répandre avec la même force d'expansion : catholiques et protestants rivalisent de zèle pour convertir et pour civiliser jusqu'aux extrémités de la terre les peuplades sauvages, mais sans prétendre les soumettre par la force.
Aujourd'hui le christianisme possède toute l'Europe, moins la Turquie, toute l'Amérique et l'Australie, sauf les peuplades indigènes, et il entame l'Afrique et l'Asie par tous les points où les colonies européennes se sont établies.
Sous les formes diverses que lui donnent les différentes communions, dans la phase nouvelle où l'ont fait entrer les profonds changements apportés depuis un siècle à la constitution de la société civile cliez toutes les nations de l'Europe, le christianisme prouve d'autant mieux sa sublimité et répand d'autant plus sûrement ses bienfaits qu'il ne sort plus de la sphère de l'action morale et spirituelle, ne conteste plus ni à l'État son autorité, ni à l'individu sa liberté, ne revendique enfin d'autre empire que celui des consciences volontairement venues à lui, d'autre pouvoir que celui de la persuasion, d'autres privilèges que ceux de l'abnégation et du dévouement, d'autre honneur que celui d'offrir aux individus et aux sociétés la consolation de ses doctrines, l'exemple de sa foi et le modèle de toutes les vertus. — V. aussi- Religions.
CIIIVOMQUES, CHRONIQUEURS. — V. Histo- 7'iens.
CHRONOLOGIE. — V. Dates.
CHUTE DES CORPS. —V. Pesanteur.
CHYLE. — Zoologie, XXXIV. — Après que les aliments ont subi dans l'estomac et dans l'intestin les modifications nécessaires pour les rendre absorbables, c'est-à-dire capables de passer au travers de membranes non poreuses (V. Ahsor)ition), ils constituent un liquide trouble dans lequel se trouvent tous les éléments nutritifs et aussi les parties qui seront rejetées à l'état de résidu pres-
que solide. Ce liquide complexe s'appelle chyle (da grec chylos, suc).
Dans les parois de l'intestin rampent des vaitseaux lymphatiques, sortes de veines très ténuesqui existent dans tous les organes et contiennent un liquide limpide nommé lymphe. De même que les veines des parois de l'estomac absorbent les boissons, les lymphatiques de l'intestin absorbent le liquide produit final de la digestion. Une fois filtré par l'absorption, ce liquide trouble prend l'apparence de lait plus ou moins mêlé d'eau. Les petits vaisseaux qui l'absorbent pour le porter dans le sang s'appellent vaisseaux chylifères.
Le chyle pur exposé à l'air se dédouble en un liquide transparent un peu rosé et une sorte de caillot blanchâtre. A mesure qu'il chemine dans ses conduits, il se mêle à la lymphe récoltée dans tout le corps, commence à s'organiser, à prendre vie pour ainsi dire, de sorte qu'en arrivant dans le sang, il participe déjà de sa nature. (V. Digestion.) [Y)' Saffray.]
CIRCULATION. — 1- Circulation chez les végétaux. — Botanique, III. — Le liquide qu'absorbent les racines s'appelle sève. Ce liquide nourricier, comparable au sang des animaux, monte tout d'abord le long de la tige ; ce n'est qu'après avoir subi l'action de la fonction respiratoire dans les feuilles (comme le sang veineux dos animaux), qu'il pourra se diriger vers toutes les parties et les nourrir (comme le sang artériel); et comme toutes les régions de la plante sont plus ou moins bas par rapport aux feuilles, on l'appelle alorssève descendante, bien que le mouvement de ce liquide soit plutôt un mouvement de diffusion; par opposition on appelle sève ascendaiite la sève qui circule des racines vers les feuilles. — Des expériences nombreuses ont prouvé que, au début de la période végétative, la sève monte par toutes les parties du végétal, sauf l'ccorce ; peut-être ce mouvement ascendant est-il général. Une sonde introduite dans les troncs d'arbres en végétation n'est pourtant mouillée qu'à son extrémité. Il y a deux époques de l'année pendant lesquelles la montée de la sève est le plus énergique : la première montée , printanière, a surtout comme mission l'accroissement du végétal en hauteur; la seconde, automnale (sève d'août), fournit des matériaux nutritifs aux bourgeons. C'est pendant ce dernier mouvement de la sève que, par suite d'une douce température à la fin de la saison, des bourgeons éclosent accidentellement à l'époque où tombent déjà les feuilles de l'année.
Après avoir subi l'action de l'air, la sève est épaisse et dite élaborée; elle est capable de nourrir, ainsi que le prouve la formation abondante de tissus, se manifestant sous forme d'un bourrelet saDlant au-dessus d'une ligature pratiquée à une branche.
C'est à la sève descendante qu'est dévolue la. fonction d'élaborer chaque année, sous forme de cambium, une couche nouvelle à la périphérie du bois (aubier), et une couche nouvelle à la profondeur du liber précédemment formé, ainsi que la nutrition générale de toutes les parties de la plante. Une étude plus approfondie de la fonction circulatoire chez les végétaux se trouve à l'article Végétal, p. 2270. „ X., .,.
[G. Philippon.]
2. Circulation du sang. — Zoologie, XXXIV. — La cavité de la poitrine abrite, chez les animaui. supérieurs et chez l'homme, les deux organes le? plus importants, ceux de la respiration et de la circulation.
Le cœur est un muscle creux, divisé en compartiments, qui se contracte et se dilate alternativement ; là commencent et viennent aboutir les vaisseaux sanguins, artères et veines, dans lesquels