CODES
COLEOPTERES
de 1791 avait, par un article spécial, décidé « qu'il serait *ait un Code de lois civiles communes à tout le royaume ». En i793, la Convention posa les bases du code civil ; au milieu de la plus efifroyable crise intérieure et des périls de l'invasion étrangère, elle consacra soixante séances à discuter le rapport que lui avait présenté Cambacérès; et trouvant que le projet élaboré par ce légiste sentait trop « l'homme du palais, » elle le renvoya à un comité de philosophes. Les événements politiques qui suivirent détournèrent les esprits de cette grande œuvre. Mais l'idée fut reprise sous le Consulat, et un arrêté des consuls du 24 thermidor an viii confia le soin de préparer un projet de Code civil à une commission composée de Tronchet, Bigot de Préameneu, Portahs et Malleville. Après que le travail de la commission eut été soumis aux observations du tribunal de cassation et des tribunaux d'appel, les divers projets de lois furent, conformément au mécanisme législatif de cette époque, discutés par le Conseil d"État et le Tribunal, puis successivement votés par le Corps législatif. Ces lois, au nombrb de trente-six, ont été réunies en un seul corps par une loi du 30 ventôse an xii (31 mars 1804} sous le nom de Code civil des Français. Le Code civil a pris en 1807 et en 1852 le nom de Code Napoléon ; depuis 1870 on est revenu à la dénomination originaire de Code civil.
4. Division du Code civil ; moiHfications qui y ont été apportées. — Le Code civil est divisé en trois livres traitant, le premier, des personnes; le second, des biens; le troisième, des différentes manières d'acquérir la propriété, des obligations et des contrats. Chaque livre est divisé en un certain nombre de titres, les titres en chapitres, les chapitres en sections ; enfin toutes les dispositions du Gode civil forment une seule série d'articles, au nombre de 2281. Cette division par articles rend les recherches et les indications simples et faciles. Le Code civil est considéré avec raison comme le monument le plus complet et le plus parfait de notre législation ; aussi les modifications qui y ont été apportées sont-elles peu nombreuses et relativement peu importantes. Nous citerons parmi les lois qui ont introduit certains changements dans les dispositions du Code civil : la loi du 8 mai 1816 qui a aboli le divorce; la loi du 14 juillet 1819, qui autorise les étrangers h succéder en France ; la loi du 16 avril 1832, qui permet au chef de l'État d"accordev des dispenses pour le mariage entre beaufrère et belle-sœur ; la loi du 31 mai 1854, abolitive do la mort civile.
h. Code de procédure. — La rédaction du Code civil a été suivie de la promulgation d'autres codes, dont nous devons maintenant parler. Le Code de procédure civile date de 1806; il règle les formes à suivre pour les instances devant les juridictions civiles : justices de paix, tribunaux de première instance, tribunaux de commerce, cours d'appel ; il détermine et réglemente les voies d'exécution, saisie des meubles et des immeubles, saisie-arrêt, et 'e mode de distribution des deniers entre les créanciers. Le Code de procédure a été l'objet de modifications beaucoup dIus considérables que le Code civil : toute la partie relative aux partages et aux ventes judiciaires, k la saisie immobilière et à la distribution du prix des immeubles entre les créanciers, a été complètement remaniée par les lois du 2 juin 1841 et du 21 mai 1858.
6. Code de commerce. — Le Code de commerce a été mis en vigueur en 1808; il réglemente les actes qualifiés actes de commerce, traite des obligations particulières aux personnes qui font du commerce leur profession habituelle, des rapports entre les commerçants ; il organise la juridiction spéciale des tribunaux de commerce. — L'imperfection de certaines dispositions et les progrès du 2^ Partie.
commerce et de l'industrie, les nécessités nouvelles qui en ont été la conséquence, ont amené le législateur à remanier certaines parties du Code de commerce. La matière des faillites a été complètement refondue par la loi du 28 mai 1838 ; les sociétés par actions, qui depuis la promulgation du Code de commerce ont pris un grand développement, ont été réglementées par plusieurs lois, dont la dernière porte la date du 24 juillet 1867.
7. Code péîial ; Code d'instruction criminelle. — Le Code civil, le Code de procédure civile et le Code de commerce traitent des matières du droit privé; le Code pénal et le Code d'instruction criminelle constituent la plus grande partie de la législation pénale : le premier de ces codes énumère et définit les faits punissables, crimes, délit» ou contraventions, et détermine les peines qui doivent leur être appliquées; le second traite de la procédure à suivre devant les diverses juridictions pénales, tribunaux de simple police, tribunaux correctionnels, cours d'assises. Le Code pénal et le Code d'instruction criminelle ont été l'un et l'autre mis en vigueur en 1811. — Le Code pénal a été profondément modifié par une loi du 18 aoiit 1832; cette loi a adouci un grand nombre de dispositions jugées trop rigoureuses, et, en introduisant d'une manière générale la faculté pour le jury ou le juge correctionnel d'admettre des circonstances atténuantes, elle a permis d'abaisser notablement la pénalité. Une autre loi du 13 mai 1863 a également abrogé ou remplacé un grand nombre de dispositions du Code pénal. Le Code d'instruction criminelle a été aussi l'objet de réformes importantes ; citons en particulier la loi du le' juin l863 sur l'instruction des flagrants délits devant les tribunaux correctionnels, la loi du 14 juillet 18G5 qui a adouci la rigueur de la détention préventive en facilitant la liberté provisoire, la loi du 21 novembre 1872 sur le jury.
8. Code forestier. — Les bois appartenant à l'Etat, aux communes et aux établissements publics sont soumis à un régime particulier. La législation spéciale applicable à ces bois se trouve dans le Code forestier, qui a été promulgué le 31 juillet 1827. — Le Code forestier est le dernier des recueils législatifs auquel ait été donnée officiellement la dénomination de code. [Delacourtie-l
COEUR. — V. Circulation.
COLÉOPTÈRES (Étym. : de deux mots grecs signifiant ailes à étui, parce que leurs ailes inférieures membraneuses sont protégées par deux ailes supérieures appelées élytres, qui forment comme une gaine cornée) . — Zoologie,XXlII. — Ordre.de la classe des insectes.
Les coléoptères sont les insectes les mieux connus, en raison surtout de leur facile conservation en collections, ce qui fait qu'un nombre considérable d'amateurs s'en occupent. Nous leur consacrons à ce titre, ainsi qu'aux lépidoptères ou papillons *, un article spécial.
On trouvera au mot Insectes l'énumération des caractères généraux de cette classe d'êtres orgauisés, ce qui nous dispense d'y revenir ici.
Les coléoptères ont des métamorpnoses complètes ; entre les deux états actifs de larve et d'aduite se trouve un état de repos et d'abstinence de nourriture, celui de nymphe, à peau assez dure enveloppant les organes de l'adulte bien visibles, les pièces buccales, les antennes et les pattes repliées, les ailes en moignons, entourées de fourreaux.
Les mœurs des coléoptères sont des plus variées. Les uns volent sur les fleurs et sur les feuilles, d'autres nagent au sein des eaux qui sont leur principale station, et même quelques espèces vivent aux bords de la mer, dans les fissures des rochers, et sont submergées par le flot à marée haute. Beaucoup de coléoptères ne peuvent que
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courir sur le sol, souvent privés d'ailes, ayant même parfois les élytres soudées ; il en est qui se cachent sous les pierres, dans les mousses, d'autres qui parcourent les sables à l'ardeur du soleil. De nombreuses espèces ont des larves se nourrissant de racines ou perforant de leurs galeries rintcrieur des tiges des végétaux ; beaucoup de coléoptères, à l'état de larves ou d'adultes, mangent les feuilles des plantes, et certains le pollen des fleurs. Les détritus animaux ou végétaux de toute sorte, les cadavres à divers degrés de décomposition, les matières stercoraires, les fumiers, servent d'aliments à un grand nombre d'espèces, utiles agents de la salubrité atmosphérique ; d'autres sont malheureusement de grands destructeurs des matières animales ou végétales sèches, ils causent de graves préjudices à nos provisions, à nos vêtements, aux bois de construction. Quelques coléoptères habitent principalement le terreau et le sol arable, et il en est, objets de la curiosité ardente des collectionneurs, qui ont pour séjour exclusif l'horreur de la profonde nuit des cavernes, ou bien qui habitent, soit en ennemis, soit à titre de commensaux affectionnés, les fourmilières, les termitières, les guêpiers, les nids de divers insectes creusés dans le bois ou dans la terre.
Nous dirons, pour la préparation des petites collections scolaires, que les coléoptères récoltés se placent dans des flacons remplis de rognures de papier ou de grosse sciure de bois de sapin, imprégnées de quelques gouttes d'essence de térébenthine. On doit les piquer tous à la même hauteur, au milieu de la partie supérieure de l'élytre droite ; les trop minimes espèces se collent à la gomme arabique un peu sucrée sur un petit rectangle de carton ou sur une paillette de mica, qu'on pique à l'épingle dans la collection. Les trèsgrands seuls se mettent à l'étaloir pour ranger contre le corps les antennes et les pattes. Il ne faut placer les coléoptères en boîte fermée qu'après leur complète dessiccation à l'air.
Classification, indication des espèces de France les plus importantes. — La méthode tarsale, de Geoffroy, est la plus commode pour une étude très élémentaire des coléoptères , bien qu'elle offre, dans diverses tribus, des exceptions de détail. Selon qu'ils ont à tous les tarses cinq, quatre ou trois articles, on les nomme pentamères, tétram.ère-< ettrimères; ils sonl dits hétéromères, quand ils offrent cinq articles aux tarses antérieurs et intermédiaires et quatre seulement aux postérieurs.
1" Pentamères. — Les trois premières tribus qui suivent ont six palpes, deux labiaux, quatre maxillaires , l'interne de ceux-ci étant le lobe externe de la mâchoire modifié et divisé en articles.
Cicindéliens. — Formes élancées et longues pattes, un crochet articulé h l'extrémité de la mâchoire ; odeur de tubéreuse ou de rose ; volent en général au soleil, mais à peu de distance; carnassiers d'insectes vivants, ainsi que leurs larves, qui se tiennent à laffût dans des trous verticaux des terrains sablonneux.
Espèces : Cicindela ca>npestris, werte h taches blanches; C. hybrida. bronzée à taches d'un blanc jaunâtre ; C. gennanica, petite espèce verte, ne volant pas, courant dans les chaumes.
Carabi''ns. — Les carabes, à corselet en cœur, souvent sans ailes, dégageant de l'acide butyrique