C.icindèle champêtre
par l'anus, sont exclusivement coureurs et chassent, ainsi que leurs larves cuirassées, à la proie vivante; à introduire dans les jardins bien clos. Espèces: Carabus auratus (la jardinière), vert doré
Carabe doré [la Jardinière).
Larve de Carabe.
ou bronzé, à trois fortes côtes par élytre ; C. monilis, bronzé, noir ou violet, avec trois rangées de granulations par élytre ; C . purpurascens, fort allongé, noir, pourpré sur les bords. Dans un genre très voisin signalons le gros Procrusies coriaceus, noir et chagriné, grand destructeur de colimaçons et de limaces, sous les fagots, au pied des haies, dans les vignes. — Les calosomes ont des ailes sous les élytres élargies, grimpent aux arbres le soir et détruisent les chenilles, notamment les processionnaires dans leurs nids soyeux. Espèces: Calosoma sycopha7ita, à tète et corselet d'un noir bleuâtre, les élytres d'un rouge cuivreux mêlé de vert ; C. iîiquisitor, plus petit et d'un bronzé brillant. — Les brachins sont de petits carabiens, à corps roux, à élytres d'un bleu ardoisé, vivant sous les pierres et les débris végétaux, au pied des murs, souvent un peu enterrés ; ce sont les bombardiers, répandant parfois la nuit une faible lueur phosphorescente et lançant par l'anus une vapeur acre, avec de légères explosions. Espèces: Brachinus crepitans, explodens et sclopeta. — Les féronies sont des carnassiers principalement coureurs, plus aplatis que les carabes, ce qui leur permet de s'introduire à la recherche de la proie par d'étroites fissures, sous les pierres et les écorces. Une espèce très répandue et très utile, privée d'ailes, courant sans cesse par les chemins et les sentiers, est Fcronia vulgaris ou melanai'ia, d'un noir brillant, à élytres striées. — Les amarcs et les harpales sont des carnassiers de faible taille, attaquant surtout les petites espèces d'insectes qui sont d'ordinaire les plus nuisibles. Citons, dans les cours, dans les moindres jardinets, sur les places publiques, les Hnrpalus œîieus, de couleur bronzée verdàtre ; H. ruficoniis, noir, à antennes, palpes et pattes jaunâtres ; Amara trivialis, d'un doré étincelant.
Dytisciens. — Ces carnassiers dits hydrocanthares. à pattes aplaties et contournées en rames, habitent les eaux. Quand on les saisit ils répandent un fluide laiteux, d'odeur désagréable ; ils respirent en faisant sortir hors de l'eau la région anale, soulevant les oiytres et englobant une bulle d'air qui entre par les stigmates postérieurs. Les mâles ont les tarses de devant élargis en ventouses pour se crami)onner aux femelles. Les larves et les adultes des grandes espèces sont nuisibles au frai des poissons et détruisent les têtards de Batraciens, animaux utiles. Ex. : Dytiscus marginal is.
Tous les coléoptères qui vont suivre n'ont plus que quatre palpes, deux maxillaires, deux labiaux. Citons, pour ne pas quitter les eaux douces, les gyrins ou tourniquets, à très longues pattes anté-
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sieures, laissant suinter, quand on parvient à les saisir, un fluide laiteux féiide. Ils se tiennent à lu surface de Teau, tournoyant sans cesse avec vivacité, leurs yeux, divisés en deux, voyant à la fois dans l'air et dans l'eau ( Gijrinus nafator, d'un noir vernissé un peu bleuâtre) ; les hydrophiles ou palpicornes, dont les longs palpes maxillaires dépassent les antennes, et qui ramassent l'air respiratoire au moyen de certains articles des antennes excavés en godet. Le grand hydrophile brun {Hydrophilus piceus) est un de nos plus forts coléoptères, allongé et ovalaire, mangeant souvent des végétaux, tandis que sa larve, le ver assassin de Réaumur, très carnassière, ne vit que de larves aquatiques ou de mollusques dont elle brise la coquille. Les femelles des hydrophiles filent des cocons cornés autour de leurs œufs.
Staphylinieiis, — Ce sont des carabiens dégradés, n'ayant plus que des élytres très courtes, paraissant porter une veste. La plupart vivent dans los fumiers, les grandes espèces chassent aux proies vivantes ou s'abattent sur les charognes, surtout pour y chercher des larves de mouches (ainsi Emus hirtus, Creophi us maxillosus). Le staphylin le plus utile, à entourer d'une protection efficace, est celui si abondant en automne par les chemins et chassant aux chenilles et aux limaçons comme les carabes, rOcy/jMS olens qu'on nomme vulgaire-
Staphylin odorant {Ocypus olens) dit le Diable.
■ment le Diable, d'un noir terne, relevant son abdomen, d'où font saillie deux vésicules blanches à odeur d'éther nitreux.
Si/phiens. — Ce sont surtout des carnassiers de cadavres que leurs larves larges et noires fouillent en tous sens.
Les nécrophores enterrent avec rapidité les petits cadavres et y pondent leurs œufs, tels:
Neo'ophorus germa7iicus et humator, tous deux noirs, le second avec le bout en massue des antennes roux; plusieurs autres espèces sont bigarrées en zig-zag de fauve et de noir; ainsi iV • vespillo. — Les silphes ou boucliers sont noirs
Nécrophore fossoyeur.
Silphe lisse, larve et colimaçon dévoré.
pour la plupart et vivent de cadavres, certains, très utiles, de proie vivante : S. Isevigata , de coli-
maçons, ainsi que sa larve ; S. quarirtpundata, à élytres jaunes avec quatre points noirs, volant entre les arbres à la chasse des chenilles ; S. tho- I acica, à corselet roux, à élytres carénées, d'u'w noir mat, courant sur le sol après les chenilles et les limaces. — Les histers ou escarbots ont un grand nombre de petites espèces vivant d'excréments et de détritus, ainsi Hister quadrimaculatus, cadaverinus, stercorarius, etc.
Dermestieiis. — Font partie des anciens clavicornes de Latreille, à cause de leurs antennes terminées en massue, très nuisibles, détruisant toutes les matières animales sèches, comme le lard et les peaux, fléaux des lainages, des pelleteries, des collections. Citons Dermesies lardarius, Attagenus
Attagène des pelleteries, sa nymphe et sa larve.
pdlio, Anthenus varius ou musœorum, attaquant les boîtes d'insectes dans le monde entier. Larve, poilues et très voraces. Employer contre eux le sulfure de carbone, la benzine phéniquée, la poudre de pyrèthre.
I.ucaniens. — Curieux par les énormes mandibmles des mâles. Espèce principale : Lucanus cervus, le cerf-volant. Larves perforant les arbres, nymphe dans une coque de débris ligneux.
Scarabéiens. — Sont appelés lamellicornes, à cause des lamelles de leurs antennes. — Scarabées de terre. Les uns sont des rouleurs de boules ou pilulaires, les femelles poussant entre leurs pattes de derrière une boulette de débris stercoraires, qui contient leur œuf, et l'enfouissant. Ai nsïAteuc'ius sacey,\Q scarabée sacré des Egyptiens, uniquement des plages sableuses de la Méditerranée, et deux espèces du même genre plus petites, remon tant jusqu'au centre de la France; en outre lesGi/mnopleurus flagellatu^i, pilularius, SisyphuSySc'iœfferi, suivant les troupeaux de moutons, recherchant les excréments humains. Les rouleurs de boule manquent dans le nord de la France. D'autres scarabées, noirs aussi, ne font pas de boules, mais vivent dans les crottins et les bouses, comme les Cop?'is et Onthophagus,lB& Aphodius, de petite taille, dispersant rapidement les déjections azotées ; les Geotrupes, sillonnant les bouses de leurs galeries et les enfouissant avec leurs œufs, insectes parfois verts ou violets en dessous : G. stercoruriuSy ver-
Vers blancs ou larves de hannf-on,
nalis, etc. — Scarabées de feuilles e; Je fleurs. Les plus nuisibles sont les hannetons, surtout le
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hanneton commun, Me'olontha vulgaris, à corselet noir, avec ses larves ou Vers blancs, vivant trois ans, détruisant les racines, d'abord des plantes basses des jardins, des prairies et des champs, puis des arbustes, les adultes dépouillant les arbres de leur feuillage. Le seul procédé efficace de diminution du nombre de cette terrible espèce est un hannttoiuiage avant la ponte, général et obligatoire. Bien moins nuisibles sont le hanneton du châtaignier, Jf. hippocastani, à corselet brun, et le foulon, PolyphijUa fullo, énorme hanneton marbré de blanc, de toutes nos dunes, les Rhizolrogus, petits hannetons blonds et poilus, volant le soir par mjTiados autour des arbustes et des haies, dont leurs larves dévorent les racines. Les cétoines volent très vivement au soleil, les élytres demeurant fermées ; telles sont Cclonia aurata (la cétoine do-
Cètoinc dorée volant.
rée) et movio (la cétoine noire'i, très nuisibles dans l'extrême midi aux abricotiers, aux pruniers, aux poiriers, dont elles font avorter les fleurs en rongeant le pollen, et des espèces plus petites, Oxythyrea stktica et hirtella, nuisibles aux roses et aux fleurs d'arbres à fruit.
Bupj'esticns. — Ces coléoptères, nommés richards à cause de leurs couleurs étincelantes, existant à peine dans le nord de la France, ont des larves presque sans pattes, renflées antérieurement, vivant dans les troncs et les branches d'arbres, souvent pendant plusieurs années. Citons Chalcophorn Mariana, grande espèce bronzée attaquant les pins, Lampra rutilam faisant périr les ormeaux, etc.
Elatéricîis. — On appelle ces insectes taupins ou maréchaux, car ils sautent, en se retournant,
Elatérien sautant.
avec un bruit sec comme un coup de marteau, quand ils sont placés sur le dos, et retombent sur leurs pattes. Leur régime est mixte ; il en est de carnassiers et utiles à ce titre, d'autres dévorant les feuilles pendant le jour ; ainsi les Agriotes, ofl'rant des espèces communes et nuisibles, noirà-
Lampyre noctiluque, mâle et femelle (ver luisant).
] cuirassées, munies de pattes, détruisent les racines des céréales et des prairies, au poiiu d'exiger parfois une alternance de culture, et aussi les racines des choux, des laitues, etc.
Lampi/ riens. — La mollesse des téguments deces coléoptères leur a valu la désignation de malacodermes. Les lampyres ont des femelles sans ailes, ressemblant à leurs larves, pourvues en dessous et au bout de l'abdomen d'une sécrétion phospliorescente qui les fait nommer Vers luisants : ainsi Lampyris noctiluca, de toute la France ; L. splaididula, du midi. 11 faut les ramasser dans les ])rés et sous les haies, et les apporter dans les jardins, car ce sont de grands mangeurs de limaces,, de colimaçons, de chenilles. Il est bon de recherciior de même la grosse femelle poilue et vermiforme, non phosphorescente, du Drilus flnvescens, qui vit exclusivement do colimaçons. Les mâles, ailés et volant bien, viennent d'eux-mêmes trouver les femelles.
Les téléphores volent dans les buissons e" les arbres au prin temps et sont à leurs deux états actifs très carnassiers ; les plus communs sont : Telephorus fuscu.'i, rusticus, iivi'ius, rufus, melanunis, le plus tardif. Les malachies, de petite taille et d'un vert brillant, ont des larves qui détruisent les insectes sous lesécorces; aln&i Malachius œneus,bipustu/atus, etc., faisant saillir sur les côtés, quand on les inquiète, des caroncules rouges, qui leur ont valu le nom decocardiers.
Clériens. — Ce sont encore des insectes A larves carnassières, tels les clairons {Trichode^ apiarius et alvearius), à corps poilu avec bandes rouges ou jaunes sur fond noir, les Thanasùmis formicarius et mutillarius, d'aspect de fourmi, chassant sous les écorces ; les Corynetes et Necrobia, dont certaines espèces vivent dans les maisons aux dépens des larves lignivores.
Ptiniens. — Par contre cette tribu renferme de très funestes coléoptères, les ptines, rongeant des» matières animales sèches comme les dermestes, notamment le Ptinus fur, vivant dans les aumoires à provisions, les greniers, les poulaillers, détruisant les étofl'es, les collections ; le LiiKCxylon navale, des chênes du nord-est de la France, perforant les bois dans les chantiers maritimes; les anobies ou vrillettes, ainsi appelées à cause des trous ronds, paraissant percés à la vrille,où vivent leurs larves nommées vers de bois, qui détruisent nos bois ouvrés, meubles, charpentes, frises de parquet, boiseries, et répandent des petits tas de poussière jaune qui les décèlent. Les adultes volent au printemps et s'appellent la nuit par des coups secs, qui leur ont valu le nom d'horloges de la mort. Les plus funestes espèces des maisons sont les A7iobium pei'tinax, striatum, tessellatum et paniceum ; ce dernier, outre les bois, dévorant les livres, les archives, les plantes sèches, les pains à cacheter, etc. Il faudrait passer tous les bois de consiructiou à l'étuve sèche à 90 degrés pour tuer toutes les larves des vrillettes et aussi celles d'un lignivore d'une tribu voisine, le Lictus canaliculatus, causant souvent de grands dommages aux charpentes du chêne .
Larve de l'Elatère marin.
très à puDescencc roussâtre: A. segetis, lineafus. striatus, gilvellm, sputator, etc. Leurs larves /T'cr.* nls de fer des Anglais) allongées et cylindriques.
2° HÉTÉROMÈRES.
Tcnébrionien^. — Les mélasomes, à corps généralement noir, présentent de nombreux genres des sols secs et des rivages, et ne se trouvent guère en France que dans l'extrême midi. Les blaps, privés d'ailes, dits bétes noires des caves, se traînent
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dans les caves et les celliers. Le plus commun est le Blaps mortisaga, qui a une petite utilité en mangeant les limaces des caves. Les tcncbrions ont pour espèce principale le Tenehrio molitor, des boulangeries , dont nous trouvons souvent les débris noirs dans le pain. Sa larve allongée et cuirassée, munie depa1tes,est le ver dit de farine, substance dont elle se nourrit. On s'en sert pour élever les rossignols, les lézards, etc.
Caiithori'Hens. — Les coléoptères de cette tribu vivent tous dans les nids d'hyménoptères, où ils sont apportés à l'état de premières larves par les femelles qui butinent sur les fleurs, et ils y subissent une série de transformations compliquées [hT/pennétamorphoses). Les Méloés, à suintement jaune, faisant enfler les bestiaux qui les avalent en raison de leur principe vésicant, traînent dans les prairies leur énorme corps gonflé, sans ailes, à élytres déhiscentes. Le plus commun, noir, est le Mcloe proscarabteiis ; le M. vanegafu<, à'unhronyA cuivreux, a sa première larve très nuisible aux abeilles, les faisant périr dans la i-age ou maladie
Blaps obtus.
Cantharide mâle volant et CanthariJe femelle.
de mai. Les cantharides [Cantharis vesicatoria) . d'un beau vert, s'abattent en juin par essaims sur les frênes et les lilas qu'elles dévorent, et s'emploient, séchées ou pilées, en raison de leur cajitharidine pour produire des vcsications ; cettp substance a une action irritante sur les organes urinaires et peut amener de graves empoisonnements. De même pour la substance vésicante des mylabres, ainsi du Mylahris voriabitis, noirâtre avec trois bandes fauves, du midi de la France.
3° TÉTR.\MÈRES.
Scohjtiens. — Les ravageurs des forêts, passant aux charansons par leur peiit rostre, h corps cylindroïde, dur, hérissé d'aspérités, de couleurs noirâtres ou ferrugineuses ; larves sans pattes, aveugles et courbées. Les femelles recherchent les arbres déjà vieux ou afTaiblis, pour que la sève n'obstrue pas les galeries de ponte qu'elles creusent entre l'ccorce et le bois et sur lesquelles les larves embranchent des galeries transversales qui vont en s'élargissant.
Les Scolijtus attaquent les ormes (S. destnictor) et les chênes (.''. pygmœus, intricatus) ; les Hylesinus le frêne, l'olivier, etc. , les [fijlurgiis les conifères [H. piniperda), les Tomicus tous les arbres {T. bi(/e7is, typographies, etc.). Le décortiquage et le goudronnage sont des moyens peu efficaces.
Il est mieux d'enlever et de brûler les premiers arbres atteints, ou de placer dans les allées des
arbres abattus, dits arbres-pièges, qu'on emporte au loin quand ils sont pleins de scolytiens. Los entomophagcs internes (Hyménoptères) et les
Ilylurge pinipei'do, très grossi.
Larve de Scolyte, très grossie.
agents atmosphériques sont les seuls destructeurs efficaces des scolytiens. Les ormes en avenues, les arbres des grandes villes, toujours plus ou moins malades, deviennent leur proie aisée ; ils respectent les essences exotiques (robinier, ailante) qu'il est bon de choisir pour les plantations urbaines, en ayant soin d'aérer et d'arroser les racines.
Curculio7iiens. — Ces coléoptères si nuisibles sont aussi nommés charansons (telle est l'orthographe adoptée par Geoffroy) ; leur tête est plus ou moins prolongée en bec bu rostre, avec des antennes terminées en massue serrée, ovalaire ou fusiforme. On les rencontre en général sur les plantes, herbes ou arbres, qui ont nourri leurs larves, parfois enterrés au pied, ou sous les pierres ou sur les sols sablonneux. Une partie de ces insectes, dits recticornes, ont les antennes droites. On y range les Bruches, à bec court et large, dont les femelles pondent dans les jeunes gousses des
Bruche du pois, grossi et de grandeur naturelle^ et pois percé.
légumineuses, pois, fèves, lentilles, pois chiches ou garvances, vesces ; la larve vit dans la graine mûre que l'adulte perce pour sortir d'un trou rond, et n'attaque pas en général l'embryon, mais seulement les cotylédons, de sorte que la graine peut encore germer, ce qui propage l'espèce. 11 faut rejeter comme semence les graines qui flottent sur l'eau. Les Rhyiiclntes, ennemis des arbres et arbustes, nommés lisefte, béclie, becmare, bécare, urbec, etc., roulent les feuilles, ou piquent les bourgeons, ou coupent à demi les petites branches, afin de diminuer la sève, ou percent les jeunes pommes et les jeunes poires. 11 faut enlever et brûler les parties attaquées. Le genre Apion renferme de très petits charansons, vivant en nombreuses colonies dans les fleurs et les bourgeons, sur les feuilles et les tiges, parfois produisant des galles.
La grande majorité des charansons sont fractricornes, offrant l'antenne coudée au second article. Le premier article très long prend alors le nom de scape et se loge en partie dans un scrohe ou sillou latéral du rostre, le reste de l'antenne formant le fanicule. Nous citerons seulement les genres Hylobiiis
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et Pissor7es, très nuisibles aux arbres résineux, Polydrosus formé de charansons verts et assez mous, dangereux pour les arbres fruitiers ; Otioi hynclnis.
Charançon du pin, Pissodes nolafus.
constitué au contraire par des charansons nocturnes et sans ailes, à téguments très durs. Il faut recuoillir les adultes pendant la nuit et les tuer, ou bien les chercher le jour, cachés au pied des arbustes : ainsi 0. ligiistici, gros charanson gris, nuisible à tous les arbres d'espaliers ; 0. raucus et picipes, faisant beaucoup de tort aux vignes. Les Anthonomiis pomorian et piri pondent leurs œufs, donnant les larves dites vers d'hiver, dans les bourgeons à fruit des pommiers et des poiriers ; couper et brûler. Le ver des noisettes est la larve du Balaiiinus nucum, le ver des châtaignes du B. eleptias, espèces à bec très grêle et très long. Il faut ramasser et brûler les noisettes, avelines et marrons attaqués. Les Baridius ont des larves rongeant les tiges des choux, celles des Ceuthorhynclius produisent des galles sur les tiges des navets, des choux, des colzas ; arracher et brûler les tiges atteintes. Deux très petits charansons, bruns, sans ailes, sont les fléaux des réserves de
Calandre du blé, très grossie, et grain attaqué.
grains de blé et de riz [Sitopldlus granarius et orizœ). Ces calandres lucifuges vivent à l'intérieur des tas de grains amoncelés. On a recommandé contre elles le pellctage des grains, l'emploi des tarares à choc qui, par la force centrifuge, tuent les insectes, séparés ensuite, par la ventilation, des grains sains plus lourds, le chaufournage ou usage du four et bien mieux des étuves h air chauffé à la vapeur d'eau, à température constariti-, trop basse pour altérer la farine, les silos en maçonnerie bien secs avec la vapeur de sulfure de carbone. Les dégâts sont très diminués aujourd'hui, car la facilité des transports rend court l'emmagasinage des grains.
Femelle de l'Astynome édile longicorne attaquant les pins et sapins.
Cérambyciens. — Appelés aussi longicornes, en raison de l'extrême longueurdeleurs antennes, égalant et souvent dépassant celle du corps ; ils sont tous plus ou moins nuisibles, car leurs larves vivent à l'intérieur des tiges des végétaux qu'elles percent de leurs galeries. La plupart de ces larves ont six petites pattes tout à fait rudimentaires. Il y a d'abord à citer deux espèces d'un brun noir : le grand capricorne [Ceramijyx héros) vivant dans les chênes, le petit capricorne (C. cerdn) dans les pommiers et les cerisiers ; YArornia moschata, d'un beau vert et à odeur de rose, attaquant les saules ; les Clytus, noirs à bandes sinueuses jaunes ; le Callidium s'mguineum, d'un rouge velouté, qu'on voit sortir au printemps de tous nos bois de chauffage, etc. Dans le groupe des lamies les larves sont absolument sans pattes , à citer : Astynomus edilis, d'un gris cendré, avec les antennes du mâle dépassant plusieurs fois le corps, dont la larve fait beaucoup de dégâts dans les pins et sapins ; Lamin textor, d'un brun noir, attaquant les saules ; Saperda carcliarias, couvert d'une fine villosité d'un jaune roux, dévastant les plantations de peupliers, ainsi que S. populnea, espèce plus petite, à élytres annelées, piquetée de fauve ; S. scalaris, à grandes taches jaunes ou vcrdâtres, des bouleaux, des cerisiers, etc. Il faut tuer les longicornes adultes, qui sont toujours d'assez grande taille, car il n'est pas possible d'atteindre les larves.
Chrysoméliens. — Cette dernière tribu de tétramères formait les phytophages de Latreille, leurs larves, à pattes développées, vivant d'ordinaire à découvert sur les feuilles qu'elles dévorent ainsi que les adultes. Les Cassida ont l'aspect de petites tortues plates, comme C. viri-'is, vert ou rougeâtre, sur les feuilles des artichauts, C. nebulosa , d'un gris nébuleux, sur celles de la betterave rouge. Les larves des cassides portent en dessus de leur corps un paquet d'excréments, retenu sur une fourche anale, comme un parasol protecteur. Il faut écraser les larves et les adultes; de même pour les Crioceris, dont les larves se recouvrent d'un manteau d'excréments : ainsi C. merdigera, d'un beau rouge, vivant sur les lis : C. asporayi et duodecimpunctata, détruisant les plants d'asperges portegraines. Bien plus nuisible encore est VAdoxiis ou Broniivs tij'iî^, petit coléoptère noir, à élytres rousses, connu sous le nom d'Eumolpe de (a vigne, d'Ecrivai?ï, car ses morsures sur les feuilles de vigne ressemblent à des réglures de musi(iue ; la larve ronge sous terre les racines des vignes et peut les faire périr. Il faut ramasser ce fléau des vignobles dans de grandes poches de toile attachées à un cercle de fer et le brûler. Le colaspe des luzernes, tout noir, dit leNégril (Cotaspidema (driim ou barbarum) dévaste les luzernes dans le midi de la France. Il faut le ramasser dans des poches de toile, engourdi par la fraîcheur du matin, on avec une faulx en bois, derrière laquelle est une grande poche flottante. Ce ramassage sera
Criocère du !i
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le meilleur moyen à employer contre le chrysomélien des pommes de terre ou doryphore {Leptinotars-a decemlineata), si ce funeste insecte, importé d'Amérique, fait son apparition en France. Les peupliers et les trembles sont attaqués par deux chrysoméliens à corselet bronzé et à élytres
rouges {Lina populi et tremulx), dont les larves ont des suintements visqueux propres à dégoûter les oiseaux. Les galéruques et les adimonies, à téguments mous, à femelles gonflées d'œufs, sont très nuisibles à divers arbres, notamment la galéruque de l'orme, qui découpe les feuilles de cet
Colaspe des luzernes, 1 mâle. 2 femelle, 3 larve.
arbre en dentelle. Les altises ou puces de jardin {genres Altica et Phyllotreta) sont de très petits chrysoméliens sauteurs, criblant de trous les feuilles des crucifères, radis, navet, navette ; certains très nuisibles aux colzas, rendant les siliques difformes et stériles, d'autres aux lins, une espèce ravageant les vignes dans l'extrême midi de la
France et en Algérie. On emploie contre les altises des appareils secoueurs, qui les font tomber dans des auges où elles s'amassent contre des regards vitrés, en cherchant à sortir. Il faut les brûler et non les noyer, car elles résistent k la submersion comme presque tous les insectes. Comme moyen préventif, on projette dans les
Altise de la vigne et sa iaivc. — Feuille attaquée et appareil ramasseur.
champs et les potagers un mélange de sable et de naphtaline ou de goudron de houille, afin d'écarter les altises par l'odeur.
4° Trimères.
Coccinelliens. — La plupart sont très utiles, dévorant les pucerons et les cochenilles ; nos auxiliaires sont surtout les larves munies de pattes des coccinelles, avec taches blanches, rouges ou jaunes, qui saisissent les pucerops entre leurs pattes de devant et les dévorent. Les adultes, ap-
pelés bêtes à bon Dieu, sont très bombés, rouges ou jaunes avec taches noires, ou parfois à l'inverse, noirs, tachés de rouge ou de jaune. Ils laissent suinter, à l'articulation de la jambe et de la cuisse, des gouttelettes jaunes et fétides, cette mauvaise odeur étant un caractère de tous les mangeurs de pucerons. Il ne faut jamais détruire les coccinelles, qui passent souvent l'hiver dans les greniers et les granges ; il est bon d'introduire ces précieux insectes sous les châssis et dans les serres. Les espèces les plus communes sont Coccinella septempunctata à sept points noirs, et 4da/ia bi-punctata,
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& deux points noirs. Par inversion de régime quelques coccinelliens sont nuisibles et dévorent des végétaux. Les Epilachna attaouent les cucur-
Coccinelle à sept points et sa larve grossie.
bitacées et les lasia [L. globoso, de forme très globuleuse) détruisent les trèfles, les luzernes et les vesces.
Les coléoptères, qui comptent en France environ dix mille espèces, ne peuvent être étudiés complètement dans cet article. Nous recommandons aux instituteurs, pour les collections scolairos, un petit ouvrage d'un prix peu élevé : Faune élémentaire des Coléoptères de France, par Léon Fairmaire, 1 vol. in-12, 4* édit., Paris, E. DeyroUe. [Maurice Girard.]
COLO>IES. — Histoire générale, XXI, XXXVI; Histoire de France, XXXVIII-XL. — Différentes sortes de colonies. — Le mot de colonie, dans son acception la plus générale, désigne un établissement formé par un peuple en dehors du pays qu'il occupe ordinairement.
Il y a eu et il peut y avoir encore plusieurs sortes de colonies : la colonie militaire créée pour surveiller une région ou pour garder une route importante ; la colonie commerciale, composée de quelques comptoirs où viennent s'établir des Iraflcants ; la colonie proprement dite, où les éniigrants s'installent tout à fait, transportent ou fondent des familles et sont ainsi à la mère-patrie comme un prolongement lointain.
Colonies dans l'antiquité. — Dans l'antiquité, trois peuples surtout ont établi des colonies : les Phéniciens, les Grecs et les Romains.
Colonies des Phéniciens. — Les Phéniciens habitaient un pays étroit, resserré entre les montagnes et la mer ; leur sol présentait en abondance le bois, le cuivre, le chanvre, c'est-à-dire les matériaux nécessaires à la construction des navires. Ils devinrent de bonne heure des marins habiles et les premiers commerçants du monde. Pour fournir des points de relâche à leurs navires, des entrepôts à leurs marchandises, ils songèrent à former de tous côtés des établissements durables. La plupart de leurs colonies ne furent guère, surtout à l'origine, que de simples comptoirs. Ils les échelonnaient le long des routes maritimes qu'ils suivaient de préférence : dans les îles de Chypre et de Rhodes, dans les Cyclades, à Thasos pour aller vers la mer Noire ; en Crète, en Sicile, sur la côte d'Afrique et d'Espagne, pour aller vers l'Océan et les contrées occidentales. Quelques-uns de ces comptoirs devinrent des villes plus puissantes que leurs métropoles. Adrumète, Leptis, Utique, Cartilage formèrent comme une Phénicie africaine. Carthage surtout, enrichie par le commerce et la navigation, maltresse d'un vaste empire continental et maritime, surpassa en prospérité et en puissance les grandes cités de Tyr et de Sidon.
Colonies des Grecs. — Les colonies grecques n'eurent ni la même origine, ni le môme caractère. Les émigrants par lesquels elles étaient fondées avaient abandonné leur pays devant l'invasion d'autres peuplades ou s'étaient exilés à la suite de querelles intestines. Ils emportaient les traditions, les lois, le culte de leur cite natale, avec laquelle ils continuaient d'entretenir des rapports suivis.
Répandues en Asie ^lineure, en Sicile, dans l'Italie méridionale et sur les côtes de l'Afrique, ces colonies contribuèrent pour une large part au développement et à l'éclat de la civilisation hellénique. Les hommes qui les premiers donnèrent à la Grèce une poésie, une histoire, une philosophie, une science, étaient presque tous originaires de l'Asie- Mineure ou des îles voisines : « Hérodote naquit à Halicarnasse, Hippocrate à Cos, Thaïes h Milet, Pythagore à Samos, Anacréon à Téos, Anaxagore à Clazomène, Homère partout. »
Colonies des Romains. — Les colonies romaines étaient essentiellement militaires. Dans les pays nouvellement conquis on installait des familles d'émigrants auxquelles on distribuait en partie le territoire des vaincus. C'étaient comme des garnisons permanentes qui se renouvelaient d'ellesmêmes : leur fidélité était certaine, leur vigilance était garantie par le soin de leur propre sécurité. Ces colonies n'étaient point placées au hasard ; elles gardaient de distance en distance les grandes voies stratégiques, comme la voie Appienne qui menait de Rome à l'extrême sud de l'Italie. Rome leur dut souvent ses succès, quelquefois son salut. Lors de l'invasion d'Annibal, par exemple, elles tinrent en respect les populations les plus mal disposées, et l'élan victorieux du général carthaginois se brisa contre leur résistance.
Colonies dans les temps modernes. — Pendant toute la durée du moyen âge, où les peuples de l'Occident vécurent repliés sur eux-mêmes, on ne s'occupa guère de coloniser. Il faut noter cependant la fondation par les marins Scandinaves d'établissements en Islande, au Groenland et dans le nord de l'Amérique actuelle. A la fin du xv« siècle seulement, la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, celle de la route maritime des Indes par Vasco de Gama, déterminèrent un mouvement qui dure encore aujourd'hui.
Cinq nations européennes ont possédé et possèdent encore d'importantes colonies : le Portugal, l'Espagne, la Hollande, l'Angleterre, et enfin la France.'
Colonies des Portugais. — Comme autrefois les Phéniciens, les Portugais furent poussés aux expéditions maritimes par la nature même de leur pays. Ils commencèrent par longer timidement la côte occidentale de l'Afrique, gagnant de proche en proche sur le domaine de l'inconnu. Il y avait dix ans que le cap de Bonne-Espérance avait été découvert quand Vasco de Gama, en 1498, se risqua dans l'Océan Indien. Il aborda à Calicut, et commença la conquête de l'Hindoustan. Ses successeurs, Alméida et Albuquerque, continuèrent son oeuvre. L'empire colonial des Portugais s'étendit bientôt sur un espace immense. Le centre principal était à Goa, sur la côte du Malabar ; les dépendances comprenaient Ceylan, Malacca, les Moluques, Macao, à l'est; et à l'ouest Socotora, Ormuz, le Mozambique, la Guinée. Le tout offrait un développement de 5000 lieues de côtes.
Les Portugais ne colonisèrent jamais sérieusement ces immenses territoires. Ils se bornèrent à établir sur le littoral des comptoirs. Leurs gouverneurs et leurs marchands venaient y faire une fortune rapide, sans se préoccuper de l'intérêt général ni de l'avenir. Leur avidité et leur barbarie les firent détester des peuples indigènes. Déjà la décadence avait commencé quand se produisit en 1580 la réunion du Portugal à l'Espagne. L'Espagne, qui avait peine à se protéger elle-même, laissa tomber en ruines l'empire colonial des Portugais .
Aujourd'hui il ne reste plus au Portugal que des débris de ses vastes possessions, le Brésil, sa dernière grande colonie, s'étant déclaré indépendant en 18 -'l. Goa et Diu dans l'Inde, Macao sur les côtes de la Chine, quelques points dans l'île de
COLONIES
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Timor, en Afrique les établissements de Mozambique et du Congo, les îles du Cap-Vert, de Madère et des Açores, rappellent les grandeurs du passé. (V. Découvertes).
Colonies des Espagnols. — La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb avait donné l'essor à la colonisation espagnole. Etablis d'abord dans les Antilles, à Saint-Doniingue, à Cuba, à Porto-Rico, à la Jamaïque, les Espagnols se répandirent ensuite sur le continent voisin. Ponce de Léon leur donna la Floride, Cortez le Mexique, Balboa l'Amérique centrale, Pizarre le Pérou. En 1564 ils se rendirent maîtres aussi dans l'extrême Orient des îles Philippines et Mariannes qu'avait découvertes Magellan. (V. Découvertes, Mexique, Pérou.)
Les conquistadores ou conquérants du Nouveau- Monde firent preuve d'une éclatante bravoure; mais ils déshonorèrent leurs exploits à force de cruauté et d'avarice . Accablée par eux de mauvais traitements, la population indigène diminua rapidement et en certaines contrées disparut tout à fait. Le gouvernement royal ne fut guère plus humain ni plus habile. Il n'eut d'autre préoccupalion que d'extorquer le plus d'or possible à ses lointaines colonies. Les Indiens et, plus tard, les nègres amenés d'Afrique par l'infâme commerce de la traite, étaient employés au travail des mines Tous les ans le convoi régulier des galions apportait dans les ports de la métropole l'or américain qu'on devait convertir en monnaie. Ces mêmes navires partaient d'Europe chargés des marchandises que les négociants espagnols de Cadix avaient seuls le droit d'expédier. Il était sévèrement interdit aux indigènes et même aux colons d'origine espagnole de commercer avec les autres pays; la production des articles les plus essentiels, tels que le vin, le sel, le chanvre, le lin, ne leur était pas permise. Pas plus de liberté religieuse ou politique que de liberté commerciale. L'inquisition avait été importée d'Europe dès les premiers temps ; les deux vice-rois, celui de Lima et celui de Mexico, que n'inquiétait pas beaucoup le contrôle lointain d'un conseil des Indes résidant à Madrid, pouvaient se permettre impunément tous les abus.
Ce régime inintelligent ne profita à personne et nuisit également à tout le monde. L'Espagne se désaccoutuma du travail et se ruina en comptant toujours sur les galions; les Indiens souffrirent et périrent en grand nombre; les colons prirent en haine la mère-patrie. Dès le commencement du XIX' siècle, ils se soulevèrent, et presque partout se constituèrent en États indépendants. L'Espagne n'a pu conserver que ses colonies d'Océanie, quelques stations sur les côtes nord et ouest de l'A- Irique, et en Amérique les deux îles de Cuba et de Porto-Rico.
Colonies des Hollandais. — La Hollande est une terre conquise sur la mer ; ses habitants ont dû de bonne heure se familiariser avec l'Océan. Longtemps cependant ils naviguèrent et commercèrent sans bruit. Vers la fin du xvi° siècle seulement ils se hasardèrent à poursuivre dans l'Océan Indien les Espagnols centre lesquels ils soutenaient une lutte acharnée. Telle fut l'origine de leur puissance maritime. Les établissements portugais passés sous la domination des rois d'Espagne étaient négligés par ceux-ci; les Hollandais les ravagèrent d'abord, s'en emparèrent ensuite. En Asie et en Océanie ils créèrent cinq gouvernements dont les sièges étaient à Java, à Amboine, à Ternate, h. Macassar et à Ceylan; en Afrique ils colonisèrent le Cap; en Amérique ils s'établirent à Tabago, à Curaçao, dans la Guyane, dans le Brésil. De puissantes compagnies administraient et exploitaient en même temps ces lointaines possessions.
Grâce à leurs colonies, les Hollandais recueillirent l'héritage maritime de l'Espagne épuisée et du Portugal asservi. Ils furent, dès les premières
années du xvii* siècle, a les rouliers des mers ». Leurs flottes et leurs richesses leur valaient en même temps une importance politique égale à celle des plus grands Etats. Ils curent la gloire de tenir en échec Louis XIV et sa fortune.
La décadence commença avec le xvni* siècle. La Hollande s'effaça devant la supériorité navale de l'Angleterre. Mais si son empire colonial fut diminué, il ne fut pas détruit. La Hollande a perdu le Brésil, le Cap, Ceylan et le continent australien découvert par ses navigateurs; mais elle conserve en Amérique Saint-Eustache, Curaçao, une partie de la Guyane; elle conserve surtout ses magnifiques possessions d'Océanie, Java, Sumatra, Célèbes, Bornéo, les Moluques, Timor, ses « Indes néerlandaises », administrées avec une véritable habileté qui semble devoir y perpétuer sa domination.
Colonies des Anglais. — Longtemps distancés par l'Espagne, le Portugal et la Hollande, les Anglais durent à leurs discordes civiles et religieuses leurs premières grandes colonies. Les puritains, bannis par les Stuarts, allèrent chercher pour leurs croyances un asile sur la terre d'Amérique. Ils y fondèrent les établissements de la Nouvelle- Angleterre, dont le voisinage favorisa l'occupation de plusieurs points importants aux Antilles. A la fin du xviii* siècle, la Nouvelle-Angleterre se détacha de la métropole pour former la république des Etats-Unis; mais déjà les Anglais s'étaient rendus maîtres du Canada et de l'espace compris entre le Saint-Laurent et les régions polaires. En même temps, en Asie, ils s'assuraient la possession des Indes. Les voyages de leurs navigateurs et surtout du capitaine Cook attirèrent leur attention sur les terres australes, et la colonisation de l'Australie fut commencée. Les guerres de la Révolution et de l'Empire leur fournirent une occasion pour ruiner tous leurs rivaux et s'agrandir aux dépens mêmes de leurs alliés. C'est ainsi qu'ils prirent Sainte-Lucie et Maurice à la France Ceylan et le Cap aux Hollandais.
L'Angleterre possède actuellement quatre grandes colonies : l'Inde en Asie, l'Australie en Océanie, le Canada en Amérique et le Cap en Afrique. Beaucoup parmi les autres ont par elles-mêmes une valeur intrinsèque considérable, telles la Jamaïque avec ses 508 000 habitants, Maurice en Afrique (340000 hab.), la Nouvelle-Zélande en Océanie. Mais le plus souvent elles sont surfout des positions stratégiques destinées à surveiller ces mers et à garder les communications. Ainsi, en Europe même, Héligoland observe l'Allemagne ; Gibraltar, Malte, Chypre tiennent le milieu et les extrémités de la Méditerranée.
L'Inde avec son immense population (191 000000 hab. pour les pays directement soumis), composée en grande majorité d'indigènes, a son organisation à part. Elle est administrée par un gouverneur général qui porte le titre de vice-roi, et auquel sont adjoints un conseil d'état et un conseil du gouverneur général. La reine d'Angleterre porte le titre d'impératrice des Indes ; un ministre des Indes figure parmi les membres du cabinet anglais.
Les trois autres grandes colonies, Australie, Cap, Canada, où domine une population européenne, possèdent des institutions libres. Un gouverneur y représente la métropole, mais il ne peut exercer le pouvoir exécutif qu'avec le concours de ministres responsables pris dans le pays. Les lois et le budget sont votés par des Parlements électifs. La domination anglaise, en se restreignant ainsi elle-même à un simple protectorat où elle trouve des avantages commerciaux et politiques, s'est rendue supportable et durable.
Colonies françaises. — On reproche h tort aux Français de n'être pas colonisateurs. Il est seulement vrai de dire qu'ils ne sont point portés à
COLONIES FRANÇAISES
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émigrer. S'ils se décident à le faire, ils déploient dans la fondation d'établissements lointains des qualités de premier ordre. Ils ont, comme tant d'autres peuples, l'amour du travail et l'esprit d'entreprise, ils ont de plus ce qui manque aux autres, la sympathie. Presque partout ils ont su lier avec les populations indigènes des relations d'amitié; au Canada la race mélisse des Bois-Brùlés est résultée de leurs alliances avec les tribus indiennes.
Les insuccès de la France dans ses entreprises coloniales sont dus, non pas à une infériorité nationiile, mais à des circonstances malheureuses ou à. des fautes politiques.
Les marins français semblent avoir précédé dans les voyages à la côte d'Afrique les navigateurs portugais. Le dieppois Jean de Béthencourt, contemporain de Charles VI, fut roi aux Canaries ; pendant le seizième siècle, .lacques Cartier découvrit le Canada, et Coligny s'efforça de fonder en Amérique des établissements de calvinistes. Plus tard, Champlain créa la ville de Québec, et les voyages de Cuvelier de la Salle agrandirent en Amérique le domaine de la géographie et celui de la France. Les compagnies commerciales et maritimes organisées par Colbert et surtout l'immense mouvement imprimé aux affaires par le système de Law, favorisèrent à la fin du dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième le développement des colonies françaises.
Vers 1750, la France possédait aux Antilles Saint- Domingue, la Martinique, la Guadeloupe, Sainte- Lucie ; sur le continent, le Canada et la Louisiane, que reliait l'occupation de la vallée de l'Ohio. En Afrique, sans compter l'établissement tout commercial du Sénégal, l'ile Bourbon et lile de France rivalisaient de prospérité avec les Antilles, promettaient pour l'avenir la conquête de Madagascar, et, en attendant, gardaient la grande route des Indes. Aux Indes, le génie de Dupleix rêvait et préparait la conquête de toute la péninsule ; ce fut le temps de la grandeur coloniale de la France. L'indifférence et l'incapacité du gouvernement royal et les désastres de la guerre de sept ans ruinèrent cet empire maritime. Au traité de Paris, en 1763, Louis XV abandonna le Canada, la Louisiane, une partie des Antilles et toutes nos chances de succès dans l'Inde. Sous Louis XVI, la guerre d'Amérique (l778-l78:^) rétablit la réputation de la marine, mais non la prospérité des colonies françaises. Plus tard la révolte de Saint- Domingue, les guerres de la Révolution et de l'Empire où l'Angleterre garda constamment une écrasante supériorité navale, portèrent les derniers coups à nos établissements d'Amérique.
Pour la géographie des possessions actuelles de la France, voir l'article ci-dessous.
[Maurice VVahl.] COLOMES FRANÇAISES. — Géographie de la France, IX. — Possessions en Afrique- — Le Sénégal. — Outre l'Algérie, qui a fait l'objet d'un article spécial, la France possède encore en Afrique : le Sénégal et quelques postes sur le golfe de Guinée, du côté de l'Océan Atlantique; l'île de la Réunion et plusieurs petites îles voisines de Madagascar, dans la mer des Indes.
Sénégnl. — C'est sous le IG"" degré de latitude N. que le Sénégal, fleuve long de 40u lieues, débouche dans l'Océan Atlantique. Les premiers établissements français dans cette région remontent aux navigateurs dieppois du quatorzième siècle. Aujourd'hui la colonie française comprend nominalement le cours du fleuve et le littoral depuis le cap Blanc, situé par •21° de latitude l\., jusqu'à la baie de Sierra Leone, voisine du !)" degré de latitude N. "200 000 indigènes environ reconnaissent l'autorité de notre drapeau ; ce sont tous des nègres. Les Européens, y compris les militaires et
fonctionnaires, ne sont pas au nombre de 2000. Saiiit-L'iuis, le chef-lieu de la colonie, bâti sur le Sénégal, à LS kilomètres au-dessus de son embouchure, n'est séparé de la mer que par une étroite bande de terrain sablonneux, et, comme la barre du fleuve ferme souvent l'accès de la ville aux navires venant du large, c'est par terre que Saint-Louis communique dans ce cas avec TOcéan. Cette ville, dont la population n'est que de 15 000 habitants, est le siège d'une Cour d'appel.
La petite île de Gorée, qui fait face au cap Vert, dont elle n'est distante que de 2 kilomètres, est à une cinquantaine de lieues au S. 0. de Saint-Louis. Très forte par sa position insulaire, elle jouit en outre de l'avantage d'une excellente rade. C'est à Dakar, situé sur le continent, en face de Gorée, que relâchent les grands transatlantiques qui font la traversée de France au Brésil, en partant de Bordeaux.
Les autres établissements situés sur le bord dn Sénégal sont des postes où les noirs apportent leurs marchandises pendant la saison sèche, et dont les communications régulières avec le bas du fleuve se font au contraire au moment des pluies qui gonflent ses eaux. C'est pendant notre été, de juin à novembre, qu'a lieu au Sénégal la saison' des pluies, dite hivernage, tandis que, durant notre hiver, le temps est sec et la température souvent très élevée. Ces chaleurs, plus fatigantes encore par leur continuité que par leur élévation, les miasmes qui se développent à la suite des inondations, rendent le climat du Sénégal très meurtrier pour les Européens et expliquent le peu de développements de la colonie, malgré sa situation relativement voisine de la France (4500 kil. de Marseille).
Médine, sur le Sénégal, à 260 lieues de Saint- Louis, est le point extrême de notre occupation.
Les principaux objets d'exportation du pays sont les arachides, graines oléagineuses, et les gommes, plus estimées que celles d'Arabie. L'importation fournit aux indigènes des cotonnades et spécialement celles qui sont teintes en bleu à Rouen ou dans l'Inde et fiui ont reçu le nom de guinées, du p.iys auquel elles sont destinées. Le commerce total de la colonie s'élève à 40 millions environ, dont moitié avec la France.
Côte de Guinée. — Sur la côte de .Guinée, la France possède les postes de Grand-Bassam, Dabou et Assinie, qui ne sont même plus occupés par une garnison. Là on échange surtout des guinées, des liqueurs, des armes, des verroteries, contre des arachides, de l'huile de palme, de l'ivoire.
Le poste du Gaho7i, sur l'équateur, est plus important à cause du voisinage de l'embouchure du grand fleuve Ogououé. On en tire beaucoup de caoutchouc. Les populations noires qu'on y rencontre sont entièrement adonnées au fétichisme le plus grossier.
La Réunion. — C'est encore à un Dieppois que la France doit le premier établissement fondé à la Réunion en 163.S. Longtemps 1 île s'est appelée Bourbon. Traversée par le 21' degré de latitude S. et le .So' de longitude E. de Paris, elle est située à 600 kilomètres à l'est de la côte de Madagascar. Elle appartient au groupe des îles Mascareignes, comme lile la plus voisine, l'île de France ou Maurice, qui a longtemps été une possession française, et a été perdue par la France en 1810 sous l'empire.
Lile est d'origine volcanique ; au S.-E. le piton de la Fournaise (2 625"") est encore en activité; au centre le piton îles Neiges, volcan éteint aujourd'hui, forme le point culminant de la Réunioa (3000 "■). De là descendent des ravins qui, se remplissant rapidement avec les orages, produisent de grands ravages.
La Réunion est, en effet, exposée aux typhons, aux ras do marée, qui y amènent trop souvent de