‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 369 sur 593 · COLONIES FRANÇAISES —443— COLONIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

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grandes calamités, d'autant plus qu'elle manquo absolument de port, et que les navires qui se trouvent sur ses côtes doivent alors fuir au large, pour éAiterune perte certaine.

Gomme tous les pays situés entre les tropiques, l'île traverse une saison pluvieuse ou d'hivernage et une saison sèche. La première dure de novembre à mai. C'est pendant ce temps qu'il tombe l^SO d'eau et que la température est le plus élevée. Les Européens vont alors chercher sur les plateaux un air plus frais et plus salubre.

Les productions de cette colonie varient avec l'altitude. Dans les terres chaudes et basses croissent la canne à sucre, qui est la plus importante de toutes les productions, le vanillier, le giroflier, le caféier.

Les pentes des plateaux offrent de belles forêts, et leurs sommets des cultures de manioc, de patates et de légumes qui ne suffisent pas à la nourriture des habitants. Ceux-ci tirent des bœufs de Madagascar; de la morue de Terre-Neuve ; du riz et des colonnades de l'Inde ; des meubles et des machines de France. Le sucre alimente à lui seul presque toute l'exportation ; le commerce total de l'île est de GO millions, dont plus de moitié avec la France. La Réunion communique avec la France par des services postaux réguliers qui suivent la voie de Marseille, Suez, Aden, et font le trajet en un mois environ.

L'île de la Réunion a 5500 kilomètres carrés de superficie et 183000 habitants, dont le tiers formé de coolies, travailleurs libres recrutés dans l'Inde ou en Afrique.

La colonie renferme trois villes importantes, toutes trois situées au bord de la mer : Saint-Denis, au nord, qui est le siège du gouvernement, d'une cour d'appel et d'un évèché, et renferme ;'.6000 habitants; au sud, Saint-Pierre (30000 hab.i, où les vaisseaux trouvent un meilleur abri, et entre les deux, à l'ouest, Saint-Paul (2ô000 hab.).

Iles voisines de Madagascar. — La France a cherché, à plusieurs reprises, à prendre pied dans la grande île de Madagascar. Elle occupe actuellement trois îles voisines :

Sainte-Marie (175 kil. car.), située sur la côte est de Madagascar, dont elle n'est séparée que par un canal de quelques kilomètres de largeur. Elle est par 17° de latitude S. et 47° 30' de longitude E. Sa population, de 7 000 habitants, ne comprend guère que des Malgaches.

Nossi-Bé, sur la côte N.-O., est située par 13° de latitude S. et 4Go de longitude E. Son sol est extrêmement fertile en canne à sucre, indigo, riz, patates, manioc, ignames, etc. ; sa population est de 7 600 habitants, sa superficie de 13(j kilomètres carrés. Elle dépend administrativement de l'île suivante.

Maijotte, située par 13° de latitude S. et 43° de longitude E., dans le canal de Mozambique qui sépare le continent africain de l'île de Madagascar, est à 30(1 kilomètres de celle-ci. Elle appartient au groupe des îles Comores. Son sol, d origine volcanique, est fertile et porte des cannas à sucre, des cocotiers, etc. La population de l'île est de 15ii00 habitants; sa superficie, de 3J6 kilomètres carrés.

Colonies françaises en Asie- — La France n'a plus dans l'Inde la suprématie dont elle y jouissait au siècle dernier sous l'habile gouvernement de Dupleix. L'Angleterre a pris le rang que cet homme de génie avait rêvé pour la France. Il ne nous reste plus dans la péninsule de l'Hindoustan que cinq villes : Malié, située sur la côte de Malabar; Karik'il et Pondichéry, sur la côte de Coromandel ; Yanaon. près de l'embouchure du Godavéry dans le golfe de Bengale; Chandernagor, sur l'Hougli, à 3.j kilomètres au nord de Calcutta. Avec le territoire qui entoure chacune d'elles, ces

villes couvrent une superficie de 490 kilomètres carrés et ont 270000 habiiants. La France possèd6 en outre quelques factoreries ou loges, à Surate, au nord de Bombay ; à Calicut, au sud de Mahé; à Mazulipatam, près de Yanaon. Pondichéry est le chef-lieu administratif et le siège d'une cour d'appel. Son territoire comprend à lui seul la moitié de toute la population soumise à l'autorité française. On y trouve près d'un millier d'Européens. Le reste est formé d'Indous musulmans ou brahmistes.

Le climat de ces différentes localités est généralement sain. Elles sont soumises à un hivernage (saison des pluies) de trois mois, entre juillet et octobre. A Chandernagor, la température moyenne de la journée s'élève jusqu'à 37° en été. Nillle part ailleurs le thermomètre ne monte aussi haut.

Les colonies françaises de l'Inde produisent du riz, qui forme la base de la nourriture des habitants, de l'indigo qui sert à teindre les guinées, principal objet de fabrication des indigènes, des noix de coco, et une grande quantité de fruits. L'indigo, le riz et les guinées forment les principaux produits exportés. Pondichéry et Karikal font presque tout le commerce extérieur qui s'élève ;\ un total de "20 millions.

Cochinchine française. — La Cochinchine, que la France occupe depuis une vingtaine d'années, est située dans la presqu'île Indo-Chinoise, à l'est du golfe de Siam, et au S.-O. de l'empire d'Annam. Elle est comprise entre 102° et i05° de long. E., depuis 11° 30' de lat. N., jusqu'à 8° 40' de lat. N. Sa superficie est de 56 000 kil. carrés et sa population actuelle de 1 600 000 habitants.

Sous le règne de Louis XVI, la France avait conclu un traité d'alliance avec l'empereur d'Annam,. par l'entremise de l'évêque d'Adran, Français d'origine, qui avait conquis une grande influence à la cour de ce souverain. Plusieurs places, Saigon entre autres, furent alors fortifiées par des ingénieurs français. Dans la suite, au contraire, les successeurs de Gia-Lor,g,àorït l'évêque d'Adran avait étéle conseiller, persécutèrent les missionnaires européens. Ce fut le prétexte de l'intervention française qui aboutit, en 1860, à la cession par l'empereur d'Annam à la France des trois provinces de Saigon,. Bien-Hoa et My-tho. Quelques années plus tard, pour assurer la colonie contre la révolte des mandarins restés hostiles, les troupes françaises durent occuper les trois autres provinces de Vin-Long, Chaudoc et Hatien, situées an S.-O. des premières. L'empereur d'Annam a définitivement renoncé à la possession de la Cochinchine par le traité qu'il a conclu avec la France en 1874.

Le Mékong a ses bouches comprises dans le territoire de la Cochinchine et l'a fertilisé de ses alluvions. Ce grand fleuve, dont la source n'est pas encore connue, ne peut malheureusement pas fournir de voie commerciale pour pénétrer à l'intérieur de la Chine, à cause des nombreuses cataractes qui en obstruent le cours, mais en revanche la rivière de Saigon, chef-lieu de la colonie, offre un chenal navigable de lO mètres de profondeur, et la Cochinchine est sillonnée de nombreux canaux par lesquels les transports se font très-facilement d'un point à un autre.

Le sol est partout tros fertile. Il produit une énorme quantité de riz, des noix d'arec et de coco, du sticre, du coton, du tabac, du poivre, des arachides. On y élève des vers à soie, et on y récolte de nombreuses plantes textiles, joncs ou autres. Les forêts fournissent des bois précieux, les cours d'eau une pèche abondante. Aussi ce pays semblet-il ofl'rir un grand avenir. Malheureusement^ son climat chaud et humide est très malsain pour les Européens qui n'y peuvent faire de longs séjours, et qui n'ont pas la ressource d'aller retrouver la santé sur les points élevés comme à la Réunion. Il

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n'y a encore dans la colonie qu'un millier d'Européens environ, en dehors des fonctionnaires et de la garnison. Les Chinois sont près de 50 000 ; les Annamites, 'IS 000, et les Cambodgiens un peu moins nombreux. Le reste est formé des Cochinchinois indigènes. Le commerce total de la colonie est évalué à 30 millions ; il comprend surtout, h l'exportation, le riz et le poisson salé.

Saïf/on est le siège du gouvernement, d'une cour d'appel et d'un évêché. La ville, dont la population est de 65 à 70 000 habitants, est régulièrement construite et animée par le commerce et la garnison. Les Français y ont déjà élevé plusieurs «difices remarquables. Son portest desservi par les navires français qui vont de Marseille à Shanghaï et qui font le trajet en 3.5 jours jusqu'à Saigon.

Protectorat du Cambodge. — Au Nord, la Cochinchine touche au royaume de Cambodge (30 OoO kil. carrés) dont le royaume de Siam et l'empire d'Annam se disputaient la suzeraineté, et qui s'est mis sous le protectorat de la France. Il renferme 900,000 habitants seulement. C'est dans ce royaume que se trouvent les ruines d'Angcor, d'où l'on a apporté à Compiègne tant de merveilleux restes de l'art des Kmers (nom de l'ancienne population indigène, qui avait atteint à un degré de civilisation plus élevé que les Cambodgiens actuels). Au nord de l'Annam, la France a récemment obtenu, par un traité conclu avec cet empire, le droit de naviguer sur le fleuve du Tonkin, qui semble être la meilleure voie pour pénétrer dans les riches provinces du S.-O. delà Chine.

Amérique. — En Amérique la France possédait au siècle dernier le Canada, ainsi que la Louisiane, qui comprenait alors tout le bassin du Mississipi. Par le traité d'Utrecht, en 1713, elle dut céder aux Anglais l'Acadie et Terre-Neuve. Au traité de Paris en 17G3, elle abandonna la Louisiane aux Espagnols, ses alliés, et le Canada aux Anglais, ses adversaires. Il ne lui reste plus aujourd'hui en Améiique que les îlots de Saint-Pierre et Miquelon, près de Terre-Neuve, quelques-unes des Antilles et la Guyane française.

Les deux îles de Siint-Pierre et de Miquelon sont situées au sud de Terre-Neuve ; Miquelon, la plus grande et la plus septentrional*', est traversée par le 't'i" degré de lat. N. et voisine du 59^ de long. E. Elle n'est qu'à 15 kilom. de la côte de Terre- Neuve, mais à plus de G 500 kil. de Brest, le port français le plus rapproché. Ces deux îles sont rocheuses et stériles, elles ne nourrissent que quelques bestiaux. Mais elles sont le centre de ravitaillement des bateaux français qui vont pêcher la morue dans ces parages. La population normale des îles n'est que de 5 000 individus pour 210 kil. carrés de superficie. Elle est considérablement augmentée pendant là saison d'été où se fait la pèche. La France a conservé le droit de pêcher et de préparer la morue sur une portion des côtes de Terre-Neuve. On estime à 12 millions les produits préparés par les pêcheurs français tant à Terre-Neuve qu'à Saint-Pierre et Miquelon.

La Guadeloupe et xcs dèpendam-es. — La France possède, dans les petites Antilles, une partie de la petite île Saint-Martin, la petite île Saint-Barthélémy, récemment abandonnée par la Suède, la Désirade, Marie-Galante et les Saintes groupées autour de !a Guadeloupe. Cette première série d'îles est considérée comme dépendance de la Guadeloupe : elles ont ensemble une superficie de 1G73 kil. carrés et une population de l-i5,00() habitants.

La Guadeloupe, la plus considérable de ces îles, se compose de deux îles séparées par un étroit canal que l'on appelle la Rivière Salée. La Guadeloupe proprement dite, dirigée du N. au S., est traversée par leGi' degré de long. E. et le IC^ de lat. N. C'est une île d'origine volcanique, sillonnée de montagnes, dont le point culminant, le

volran de la Soufrière, atteintprès de 1500 mètres d'aliitude, et est encore en activité. Ces montagnes sont couvertes de forêts. La Grande-Terre, située à l'Est de la Rivière Salée et au N.-E. de la Guadeloupe, est au contraire peu accidentée, déboisée et soumise à des chaleurs rigoureuses, mais très fertile. C'est sur la Grande-Terre, au bord de la Rivière Salée, dontia largeur ne dépasse pas eOmètres, que se trouve la Puinte-à-Pitre (15,0u0 habitants), la principale place de commerce de l'île. A l'extrémité S.-O. delà Guadeloupe se trouve la Basse-Terre (10 000 habitants), siège du gouvernement, d'une cour d'appel et d'un évêché

La princioale production de la Guadeloupe est la canne à sucre ; on y récolte aussi du café, qui se vend sous le nom de café de la Martinique, et du manioc. Le commerce total s'élève à une cinquantaine de millions et se fait presque exclusivement avec !a France.

La Martinique. — La Martinique est traversée par U» 30' de latitude N. et par 63° 30' de longitude E. Elle est d'origine volcanique comme la plupart des Antilles, et couverte d'anciensvolcans ; le plus élevé, la montagne Pelée, a 1,350 mètres d'altitude. Les montagnes sont couvertes d'épaisses forêts et sillonnées de ravins. Ceux-ci sont parcourus par des torrents furieux au moment des pluies de la saison d'hivernage, qui versent 2 mètres d'eau sur le sol.

La Martinique couvre une superficie de 987 kilomètres carrés et a une population de 160,000 habitants, dont les deux tiers de nègres ou de mulâtres. Pour suppléer au travail des anciens esclaves, on introduit aujourd'hui dans l'île des coolies indous, africains ou chinois.

C'est sur la côte occidentale de l'île que se trouvent les meilleurs ports : Saint-Pierre (25 000 hab.), le principal centre du commerce et le siège d'un évêché, et Fort-de-France (15 000 hab.), le si^ge du gouvernement et d'une cour d'appel. Son port est situé sur une baie qui offre une excellente rade, et où relâchent les transatlantiques qui de Saint-Nazaire se dirigent sur l'isthme do Panama.

La Martinique produit surtout de la canne, qui sert à fabriquer du sucre, du rhum, du tafia, de la mélasse; du cacao, base de la composition du chocolat. Les forêts de la Martinique et de la Guadeloupe sont riches en bois précieux. Le commerce de la Martinique atteint une valeur de 60 millions, dont les deux tiers avec la France.

La Gui/ane. — La Guyane, où les Français ont commencé à s'établir sous Richelieu, est située sur la côte de l'Amérique Méridionale, entre l'embouchure de l'Amazone et celle de l'Orénoque, depuis 4° de latitude N. jusqu'à 6°, et depuis 54° de longitude E. jusqu'à 56°. Deux rivières moins considérables en forment les limites : au nord, le Maroni la sépare de la Guyane hollandaise ; au sud, l'Oyapok la sépare du Brésil. Cependant la France prétend avoir le droit de s'étendre plus au sud de ce côté. C'est pourquoi on évalue approximativement seulement la superficie de la Guyane française à OOOuO kilomètres carrés.

La Guyane comprend un littoral composé de terres basses, marécageuses, et des plateaux couverts de superbes forêts. La température y est très élevée durant toute l'année (25 à 35° centigrades) : la saison pluvieuse dure de sept à huit mois, de décembre à juillet, avec une courte interruption en mars. Il tombe pendant ce temps près de 3 mètres et demi d'eau. C'est ce qui rend le climat de la Guyane si dangereux pour les Européens. La fièvre jaune y fait de terribles ravages et l'on a renoncé à y déporter les criminels comme on le faisait autrefois. Le pénitencier de Cayenne e comprend plus que des noirs ou des Arabes.

La population de la Guyane française ne s'élève

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qu'à une trentaine de mille habitants, groupés principalement vers l'embouchure des rivières. Ils récoltent du riz, du mais, des ignames et du manioc, qui font la base de leur nourriture, du café, de la canne à sucre, du rocou, qui sert à teindre en rouge, et surtout des bois précieux dans les forêts. On a commencé aussi à y exploiter des mines d'or. Le commerce ne s'élève encore qu'à une dizaine de millions. Cayenne, le siège du gouvernement et d'une cour d'appel, n'a que 8 OOO habitants.

Océanie. — La Nouvelle-Calédonie. — La France a pris possession en 1853 de l'île de Nouvelle-Calédonie, située dans l'Océan Austral, entre 20* et 22° de latitude S., 1G2° et Inô" de longitude E., à 25n lieues à l'est de l'Australie, à 1 000 au S.-E. de la Cochinchine. Cette île, orientée du N.-O. au S.-E., a 3U0 kilomètres de longueur et est enveloppée par une ceinture de récifs madréporiques (ou de coraux) qui en interdisent l'accès aux navires, sauf par un petit nombre de passes.

A 50 kilomètres au S.-E. de la pointe méridionale de l'île se trouve l'île des Pins ; le groupe des îles Loyalty est situé à une distance double h l'est de la Nouvelle-Calédonie. L'archipel tout entier a 19 '00 kilomètres de superficie et une population de soixante-dix mille âmes.

Les indigènes, dont une partie sont anthropophages, n'ont aucune espèce d'industrie. Le climat de l'île convient admirablement aux Européens. La température ne s'élève pas au-dessus de ;j2" et ne descend pas au-dessous de lu". L'hivernage, qui est en même temps la saison des pluies et celle des chaleurs, se passe de janvier à avril.

Mais le territoire n'est qu'en partie fertile. Les cultures tropicales, canne à sucre, café, coton, ignames, patates, les céréales d'Europe, le tabac réussissent bien sur un certain nombre de points. Les troupeaux prospèrent. Les forets fournissent du bois de sandal et les produits du cocotier. On pèche sur la côte des tortues recherchées pour leur écaille. La Nouvelle-Calédonie possède des mines d'or, de fer, de nickel et un peu de houille.

Chacun sait qu'on y transporte les criminels condamnés aux travaux forcés et les condamnés politiques.

Nouméa, au S.-O., est le chef-lieu de la colonie. Kanala, sur la côte orientale, offre un bcn port. Le commerce de la Nouvelle-Calédonie n'atteint encore que quelques millions.

Autres possessions océaniennes. — La France possède encore en Océanie les îles Marquises, siluées par 10° de latitude S. et 140° à l'O. de Paris, et elle exerce son protectorat sur deux archipels voisins, celui dos îles Basses ou Toitatnotou, situé ù quelques degrés au sud, et celui de Tahiti ou des îles de la Société, à quelques degrés au S.-O. des Marquises.

Les îles Basses sont formées par les constructions des coraux, et peu élevées au-dessus du niveau de l'océan ; elles renferment généralement dans leur intérieur un lac communiquant avec la mer. Elles sont couvertes de cocotiers.

Les Tahiti et les Marquises sont au contraire d'origine volcanique, montagneuses et boisées. Le poini culminant de l'île Tahiti dépasse 2,000 mètres d'altitude.

Ces îles jouissent d'un climat délicieux. Pendant huit mois de l'année, d'avril en décembre, le ciel est toujours serein. Pendant l'hivernage, qui occupe le reste de l'année, la température ne dépasse pas 31°. Le sol est fertile et produit en abondance des fruits. L'arbre à pain, l'igname, le manioc, forment la base de la nourriture des habitants, qui vendent en outre de la nacre, de l'écaille, des perles, de l'huile de coco, de l'arrow-root.

Les Marquises ont 1 ■.:40 kilomètres carrus de '

[ superficie et 10 000 habitants : les îles de la Société avec les Touamotou, 8000 kilomètres carrés et 20 000 habitants. Les îles de la Société ont seules un commerce de quelque importance, mais qui n'atteint pas encore 10 millions.

Conclusion — En résumé, la France possède en dehors do l'Algérie, qui est une seconde France, un empire colonial de 200 00 J kilomètres carrés, peuplé de près de 3 millions d'habitants, et elle exerce son protectorat sur des pays dont l'ensemble a une superficie de 40000 kilomètres carrés peuplée d'un million d'habitants.

Les colonies, qui durant tout l'empire n'ont pas eu de représentants élus, envoient maintenant des députés et des sénateurs au Parlement de la métropole. Il y a trois députés et trois sénateurs pour l'Algérie. L'Inde française, la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe nomment chacune un député et un sénateur. Les autres colonies n'ont pas de représentants dans les Chambres.

Comparée aux autres puissances européennes qui ont des colonies, l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et le Portugal, la France est certainement dépassée par les trois premières. Le Portugal possède des territoires plus étendus que les siens, mais moins peuplés que l'ensemble des colonies françaises, en y comprenant l'Algérie, et où la domination de la métropole est moins effective que dans nos possessions d'ouire-mer.

[G. Meissas.J

COLOR.irs'TES (Matières). — Chimie, XXVI. — Co.NsiDÉKATio.Ns GÉ.NÉR.ALES. — On donue spécialement dans l'industrie le nom de matières colorantes aux substances colorées ou non, employées à communiquer des couleurs variées aux différents tissus. La plupart des matières colorantes sont d'origine végétale. La cocheiiille et le kermès sont des insectes, la pourpre des anciens provenait de certains coquillages. Il ne faut pas confondre avec les matières colorantes les nombreux produits employés en peinture sous le nom de couleurs, et qui sont toujours des oxydes ou des sels. (V. Oxydes et Sels.j Quelques-uns cependant sont employés dans la teinture; tels sont : l'arsénite de cuivre ou vert de Scheele, le bleu de Prusse, le chromate de plomb, les sulfures d'arsenic.

Caractères des matières colorajites. — La plupart des matières colorantes sont des principes immédiats formés de carbone, d'hydrogène et d'oxygène (V. Chimie organique) ; quelques-unes contiennent de l'azote, Yorcéine par exemple, Yindigotine, l'aniline et ses dérivés. Les matières colorantes sont plus solubles dans l'alcool, l'éther, les alcalis étendus, que dans l'eau. Elles sont quelquefois formées de plusieurs principes colorants, ou associées à des substances incolores.

On les sépare en traitant l'hifusion dans l'eau de la matière colorante par de l'oxyde de plomb qui s'}' combine en formant ce qu'on appelle une laque; on décompose ensuite ce produit par l'acide sulfhydrique, qui précipite le plomb à l'état de sulfure. Par l'évaporation, le principe colorant se dépose à l'état de cristaux incolores qui reprennent leur coloration à l'air.

Action de l'oxygène, du chlore et des corps riches en oxygène; actions des corps réductews. — Quelques matières colorantes sont produites par l'action de l'oxygène de l'air sur des principes végétatix incolores. Ainsi ri;ïd/^o<i«e ou indigo pur se produit par l'action de l'air sur un principe incolore contenu dans les feuilles de l'indigofera, et qu'on a appelé Indican. Le produit des racines de garance ne se fonce également qu'au contact de l'air. Inversement un excès d'oxygène décolore toutes ces substances ; le blanchiment des toiles par l'exposition à la rosée est une application de C8 fait général.

Les acides oxygénés du chlore, de l'azote, du

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chrome, détruisent également les couleurs végétales en les oxydant. Aucune, sans exception, ne résiste au chlore humide, qui, en se combinant à leur hydrogène, produit une véritable action oxydante (V. Clilore). L'acide sulfureux (V. Soufre: a aussi un grand pouvoir décolorant, par suite de son pouvoir désoxydant; quelquefois la décoloration est le résultat de sa combinaison avec le principe colorant : dans ce cas on peut faire reparaître la couleur en neutralisant l'acide par une Uqueur alcaline ou en l'exposant à des vapeurs ammoniacales. On peut faire cette double expérience avec un bouquet de violettes exposé aux vapeurs d'une allumette soufrée. Tous les corps énergiquement réducteurs ( capables d'enlever l'oxygène aux autres) détruisent, comme l'acide sulfureux, les substances colorantes; tels sont : l'hydrogène naissant, le protoxyde de fer, les sulfures alcalins.

Actioti du soleil, action de la chaleur. — Le soleil tend à détruire avec le temps toutes les matières colorantes ; quelques-unes, comme le rose de carlliame, disparaissent presque instantanément sous l'action des rayons solaires. Comme tous les principes organiques, les matières colorajites se décomposent à une température plus ou moins élevée ; cependant il en est qui peuvent être obtenues par distillation sèche : telle est l'indigotine. qu'on obtient cristallisée par la distillation de l'indigo du commerce.

Couleurs solides, couleurs faux teint. — On a dor-né le nom de couleurs soli/les, bon teint, ou couleur de granit teint, à celles qui résistent longtemps au soleil, à l'air, à l'eau, à l'eau de javelle ei au savon ; rappelons ici que toutes peuvent être rapidement détruites par une action trop énergique de l'eau de javelle (V. Chlore] ; c'est ce qu'on ne constate que trop souvent. Les couleurs fugaces, qui ne suppportent que quelques soleils, et que deux ou trois blanchissages font disparaître, sont •appelées couleurs de faux teint ou de petit teint. Dans les premières, nous rangerons la garance, h'indigo, la gaude, le ta/mate de fer, etc , dans les secondes, le curcuma, le rocou, le cartiame.

Notions sur quelques matières colorantes. — Cochenille, kermès. — Ces deux produ'its tinctoriaux sont des insectes desséchés, appartenant à l'ordre des Hémiptères. La cochenille vit sur les feuilles de cactus; on la cultive aujourd'hui au Mexique, aux Antilles, aux Indes, en Espagne et pu Algérie. D'après Humboldt, le Mexique, au commencemeutde ce siècle, eu récoltait environ 400 000 kil. Le kermès est la cochenille du chêne vert, qui se trouve dans l'Europe méridionale ; on s'en servait pour teindre en cramoisi, mais on ne l'emploie plus guère aujourd'hui.

La cochenille desséchée peut se conserver pen- •dant très longtemps. On a donné le nom de carmiyie à son principe colorant. Le carmin n'est autre chose qu'une laque obtenue en traitant une décoction de cochenille par de l'alun et de la crème de tartre. On sait que le carmin est très employé par les fabricants de fleurs artificielles ; on s'en sert aussi pour colorer les bonbons ; enfin les peintres en miniature en font un très grand usage.

Garance. — Parmi les couleurs rouges, citons encore la garance, extraite de la lacine de garance, plante de la famille des Rubiacées. Elle croît dans Je midi de l'Europe, dans l'Afrique septentrionale ; elle était en grand usage chez les anciens. En France elle était cultivée en grand daus le département de Vaucluse, dont elle formait une des richesses. La garance donne plusieurs produits différents : la giiranidiie, Valizarine et la fleur de garance, tous les trois employés daus la teinture.

On fabrique aujourd'hui de l'alizarine artificielle, ce quia fait perdre à la cultui-e de la garance son importance au point do vue industriel.

B(jis de C'imjtêche ou bois d'Inde, bois du Brésil. — Ces produits nous arrivent en bûches; on les pulvérise, et pour en extraire la matière colorante on les traite par l'eau bouillante ; on évapore, et le résidu, traité par l'alcool, donne un produit cristallin qu'on appelle Vhématine.

Carthame. — Une infusion de fleurs de carthame dans l'eau froide, traitée par du carbonate de soude, donne une liqueur rouge.

En neutralisant la liqueur alcaline par l'acide acétique, on obtient la carthamine, qui peut se précipiter sur du coton plongé dans la liqueur. La carthamine, traitée par l'acide citrique, donne une couleur cramoisie qu'on applique sur la soie et le coton, et qui leur donne les plus belles nuances, rose, cerise, ponceau, couleur chair.

Orseille. — L'orseille est une pâte d'un violet foncé qui provient de la putréfaction de certains lichens en présence de l'ammoniaque ou de l'urine en putréfaction.

Le principe colorant de l'orseille s'appelle orcine ou 07\éine.

Ce principe colorant fut isolé en 1828 par Robiquet. On l'obtient en prismes incolores solubles dans l'eau et l'alcool ; traitée par l'ammoniaque, l'orcine se colore eu violet, puis en brun sous l'action oxydante de l'air. Nous pouvons ici faire remarquer une propriété très générale qu'ont la plupart des principes colorants végétaux de changer de nuances sous l'influence des alcalis ou des acides étendus. Ainsi le bois de Brésil, dont nous avons parlé, vire au jaune par l'action des acides et au pourpre par celle des alcalis, tandis que le campêche devient bleu par les alcalis et rouge par les acides.

Orcanet/e. — C'est une espèce de résine qui sert à teindre en violet ; son principe colorant, insoluble dans l'eau, se dissout dans l'alcool.

Gaude. — Matière colorante jaune assez employée dans la teinture : on l'extrait des feuilles d'une espèce de réséda. C'est une couleur assez solide.

Indigo. — L'indigo est une couleur bleue extrêmement employée ; on l'extrait de l'indigotier ou Indigofera et du pastel. L'indigofera est une plante de la famille des Légumineuses, genre des Papilionacées. On le rencontre dans les pays intertropicaux. Le principe colorant, qui se trouve exclusivement dans les feuilles, est d'abord complètement incolore; c'est pendant la fermentation des feuilles coupées que se produit la matière colorante bleue.

Dans le commerce on rencontre l'indigo sous forme de morceaux cubiques ou ronds resse.iiblant à des boulettes de farine bleuie, et dont la couleur varie du violet au bleu foncé.

En chauffant l'indigo, on en extrait un principe immédiat, cristallisable, azoté, d'un violet pourpré, et qu'on appelle ïindigoti7ie. Ce principe est complètement insoluble.

En écrasant l'indigo bleu dans de l'eau contenant de la couperose verte (sulfate de protoxyde de fer, corps désoxydant), l'indigo perd une partie de -on oxygène, redevient de 1 indigo incolore soluble dans l'eau ; on conserve la masse dans un flacon bouché : c'est ce qu'on appelle une cuve d'indigo. Si on y plonge un tissu préparé, l'indigotine blanche s'y hxe, et l'exposition du tissu à l'air laisse par oxydation apparaître la couleur bleue.

Préparation pratique d'une cuve d'indigo : on place dans un tonneau de IrO litres 500 grammes d'indigo, I kilogramme de sulfate ferreux, 1^,5 de chaux éteinte, on achève de remplir avec de l'eau chaude et on ferme hermétiquement (Dumas).

L'indiso se dissout dans l'acide sulfurique de Saxe (,S03,'2HO),et forme le sulfate d'indigo, qui sert à donner à la laine la couleur bleu de Saxe.

ïeintwc en noir et en brun, acide tannique, a<:tde gallique. — Ces couleurs résultent toutes de

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l'action des acides tannique et galltque sur les sels de fer et quelques autres sels métalliques. La noix de galle avec les sels de fer donne du noir, et avec les sels de cuivre du gris. Le bichromate de potasse donne des rouges plus ou moms bruns avec l'écorce de saule.

L'acide tannique existe dans l'écorce de cheno, de saule, de bouleau, etc. ; on l'extrait principalement de la noix de galle. Pour cela on place la noix concassée dans une allonge plantée dans le col dune carafe, on y verse de letlier ordinaire, on abandonne lappareil après 1 avoir bouclie, et le lendemain une couche aqueuse formée au fond de la carafe contient la plus grande partie du tannin.

L'acide tannique est une substance jaunâtre, amorphe, très légère, soluble dans Teau, insoluble dans Téther pur, très fortement astringente ; c'est le principe du tannage des peaux (V. Cuir). Sa dissolution dans l'eau produit dans les sels de sesquioxyde de fer un précipité noir bleuâtre : c'est l'encre ordinaire; dans les sels de protoxydo, !a couleur noire ne se forme que par Texposition à l'air. C'est grâce au tannin que la sciure de chêne humide noircit les outils des bûcherons et des scieurs de long, que les artichauts noircissent les couteaux de table.

La solution aqueuse d'acide tannique fermente à l'air en donnant de l'acide galliqun.

Acide picrique. — L'acide picrique est une matière colorante azotée, découverte à la fin du siècle dernier, et étudiée depuis par Dumas : c'est le résultat de l'action de l'acide azotique sur Talcool phénique, l'aloès. l'indigo, la résine de benjoin, la soie. etc. On l'obtient principalement en traitant l'alcool phénique par l'acide azotique fumant. On l'obtient aussi par l'action de l'acide azotique sur les huiles lourdes de goudron. C'est une substance peu soluble, cristallisant en larmes brillantes jaune citron. Sa saveur est amère, aussi l'appelle-t-on jaune amer de Welter. L'acide picrique se sublime sans s'altérer (Wiirtz). On l'emploie principalement pour teindre la soie en jaune. Un kilogramme de cette substance peut teindre en jaune lOOc kilogrammes de soie. li forme avec les bases des sels jaunes susceptibles de violentes explosions lorsqu'on les chautïe, principalement le picrate de potasse.

Aniline et ses dérivés principaux. — L'aniline est un principe colorant artiiiriel, azoté, qui a été ■découvert en 1826 par Unverdorben dans les produits de la distillation sèche de l'indigo. Son importance dans l'industrie des couleurs dépasse aujourd'hui de beaucoup celle de toutes les substances colorantes connues. L'emploi de l aniline et de ses dérivés se substitue successivement à celui d'un grand nombre d'autres couleurs dont •elle ruinera les industries dans un temps plus ou moins rapproché. 11 est donc indispensable que uous donnions ici quelques détails sur cette sub- ■stance si riche en couleurs. C'est à Lyon, dans le laboratoire des frères Renard, qu'on i'a préparée industriellement, avec les produits de la distillation du goudron, il y a une vingtaine d'années.

Depuis cette époque, un nombre considérable de chimistes en ont fait l'objet de leurs études. Elle coûtait autrefois 50 francs le kilogramme,elle se vend aujourd'hui moins de 3 francs. On en fabrique peut-ôire aujourd'hui plus de l.b,00i> kilogrammes par jour en Europe. C'est là une preuve des plus frappantes de la puissance ^Taiment supérieure et •créatrice de la chimie, des sources de richesses que l'humanité a trouvées et trouvera dans les applications de cette partie des sciences.

L'aniline est le résultat de l'action de l'acide acétique et du fer sur la nitrobenzine ; ce dernier produit est lui-même obtenu par l'aciion de l'acide azotique sur la benzine. On chauffe des parties

égales de nitrobenzine et d'acide acétique, et on y mélange successivement de la limaille de fer très fine ; quand la masse a pris une consistance épaisse, on la mélange à de la chaux et on distille au rouge sombre ; l'aniline se dégage et se condense dans un récipient refroidi : elle est alors impure ; on la purifie par une ou deux distillations successives.

L'aniline est un liquide incolore très réfringent, d'une odeur désagréable et dune saveur acre ; sa densité est un peu plus grande que celle de l'eau.

A — 20" elle s'épaissit; elle bout à 18^°,8; exposée à l'air elle brunit cl finit par se résinifier; elle est insoluble dans l'eau, mais se mélange en toutes proportions à l'alcool, à l'éthor, aux huiles grasses, aux huiles volatiles; elle ne bleuit pas le tournesol rouge; elle précipite les sels d'alumine, de zinc et de fer en se substituant à leurs oxydes; elle se combine 5. la plupart des acides en formant de véritables sels.

En présence d'un azotate et de l'acide sulfurique elle donne une coloration rouge; chauffée avec de l'acide sulfurique et du bichromate de potasse en poudre, elle donne une coloration bleue, qui devient violette en présence de l'eau. En présence du chlorure de chaux, elle donne également une coloration violette.

L'aniline, au point de vue chimique, est considérée comme un alcaloïde *. C'est un poison qui se rapproche de la nicotine (WurtZj.

Traitée par le chlore, l'aniline donne une série de produits chlorés, par substitution du chlore à l'hvdrogène : l'aniline monochlorée, l'aniline bichiorée, l'aniline trichlorée, dans lesquels le caractère basique s'affaiblit au fur et à mesure que la quantité de chlore augmente.

Dérivés de l'aniline. — Les couleurs diverses qui ont pour base l'aniline sont excessivement nombreuses; elles sont toutes d'une richesse et d'une splendeur incomparables ; nous indiquerons seulement quelques-uns de ces produits.

liosaniline. — La rosaniline s'obtient en oxydant l'aniline par l'acide arsénique ; les résidus de la préparation, toujours arsenicaux, sont une source d'embarras et de dangers. La fw-hilm, malheureusement trop employée aujourd'hui dans la coloration des vins, est un sel à base de rosaniline ; le solferino. le magenta sont également des composés de rosaniline.

En soumettant l'arséniate de rosaniUne à l'action du chlorure de sodium, on obtient le chlorhydrate de rosamline, qui esi une couleur rouge magnifique très à la mode. En traitant ce dernier sel par l'acide hypophosphoreux, on obtient le jaune de rosaniline; le violt et le bleu résultent de l'action de la rosaniline sur laniline.

Pour les détails relatifs à la manière d'employer les matières colorantes h. la teinture des tissus, voyez Teinture. [A. Jacquemart.]

C03IB1>A1S0>'. — Chimie, II. — En chimie, le mot combinaison a deux sens que nous allons successivement définir. Dans un cas c'est le phénomène de l'union intime, chimique, de deux corps différents qui en constituent ensemble un troisième. Par ex. si on chauffe de la tournure de cuivre avec de la fleur de soufre, la nia-se devient subitement incandescente : c'est la combinaison de ces deux corps simples qui s'effectue, et il en résulte un corps nouveau, du sulfure de cuivre. La flamme d'un bec de gaz est le résultat d'une combinaison qui s'opère entre l'oxygène de l'air et les éléments combustibles du gaz, hydrogène et carbone. La rouille du fer à l'air humide est le résultat dune combinaison entre le fer et l'oxygène de l'air et quelquefois aussi l'o-xygène de l'eau. Tous les phénomènes chimiques sont des combinaisons ou des décompositions.

Dans le second sens, on entend çdiV combinaison

COMBINAISON

COMBINAISON

la substance même qui est produite par la combinaison de deux corps.

Ainsi on dira : les combinaisons du chlore et de l'oxygène sont peu stables ; les combinaisons de l'hydrogène et du carbone sont très nombreuses. On voit que, dans ce sens, combinaison est à peu près synonyme de corps composé.

Caractères d'un phénomène de combinaison. — Affinité. — Quand deux corps se combinent facilement, directement, c'est-à-dire par le seul fait de leur contact, on dit qu'ils ont de ïaffinitéïan pour l'autre. Ainsi le soufre a de l'affinité pour presque tous les métaux; il en est de même du chlore et de l'oxygène. On peut dire, dune façon très générale, que deux corps ne peuvent se combiner que quand ils sont liquides ou gazeux; c'est ce qu'exprime l'adage ancien : Corpora no7i agunt nisi soluta. La chaleur, l'électricité favorisent un grand nombre de combinaisons et en détruisent d'autres. Un mélange d'hydrogène et d'oxygène ou d'air fait explosion à l'approche d'une allumette ou sous l'action d'une seule étincelle électrique ; les deux gaz se combinent ainsi et forment de l'eau. M. Deville a constaté qu'à une température très élevée l'eau pouvait être décomposée en l'absence de tout agent chimique étranger.

Le même chimiste, par de nombreuses expériences, a mis en évidence ce fait qui semble assez général, qu'à des températures très élevées toutes les combinaisons peuvent être défaites ; c'est ce qu'on a appelé avec M. Deville la dissociation des corps composés. Il y a des combinaisons, qu'on appelle instables, qui se défont avec une extrême facilité ; le moindre choc, le plus léger contact suffit pour provoquer la séparation de leurs éléments : tels sont l'iodure et le chlorure d'azote, qui se décomposent brusquement avec explosion quand on les touche, fût-ce avec une barbe de plume.

Les explosions parfois si terribles et dont quelques-unes sont restées célèbres par les épouvantables désastres qu'elles causèrent, sont des pliénomènes de décompositions brusques dont la cause reste quelquefois inexplicable. Nous rappellerons ici les explosions de fulminate de mercure de la '•ue Béranger, en 1878, f-t de picrate de potasse, place de la Sorbonne, eu 1869. Les phénomènes de dissociation dont nous avons parlé plus haut jouent un rôle important dans l'explication d'un grand nombre d'observations ijt^ologiques et asironomiques qui avaient été jusqu'aiorâ un probleiaâ obscur pour les savants.

Action déconiposajite de l'électricité sur les comhinaisons. — Le gaz ammoniac se décompose en liydrogène et azote sous l'influence d'une série d'étincelles électriques. Depuis l'invention de la pile voltaïque, on a soumis la plupart des substances connues à l'action d'un courant électrique, et les combinaisons les plus stables ont été détruites. C'est ainsi que le grand chimiste anglais Davy a pu découvrir le potassium et le sodium en décomposant les combinaisons de ces métaux avec l'oxygène ; c'est aussi par la pile que Carlisle et Nicholson décomposèrent l'eau en hydrogène et oxygène en 1800.

Action de la lumière sur les combinaisons chimiques. — La lumière est aussi un agent chimique. Elle défait et forme des combinaisons. C'est le grand chimiste suédois Scheele qui le premier a constaté son action décomposante sur le chlorure d'argent, qu'elle noircit en mettant le métal en liberté {"V. Photographie). C'est là le fait important qui a été le point de départ des merveilleux travaux de Daguerre et de Niepce de Saint-Victor, les inventeurs du daguerréotype.

Un mélange de chlore et d'hydrogène détone immédiatement sous l'action directe des rayons solaires : il se forme de l'acide chlorhydrique (V. Chlore). Cette combinaison ne se produit jamais

dans l'obscurité complète, mais se produit lentement et sans détonation dans la lumière diffuse. La puissance chimique réside principalement dans les rayons violets du spectre.

Electro-chimie. — A partir du commencement de ce siècle, des expériences faites par un grand nombre de physiciens et de chimistes démontrèrent que toutes les combinaisons minérales, au moins, dégagent de l'électricité au moment où elles s'accomplissent.

Expériences. — Deux lames de platine séparées communiquent avec un galvanomètre par un fil de cuivre ; on interpose entre les deux lames un liquide n'attaquant pas le platine, acide azotique ou chlorhydrique purs, par exemple : le galvanomètre n'indique rien ; si au contraire, le liquide interposé est de l'eau régale (V. Chlore), ou si on y met un mélange capable de former une combinaison, de la potasse et de l'acide sulfurique, par exemple, l'aiguille du galvanomètre indiquera toujours la présence d'un courant. Par contre, quand on détruit une combinaison par un courant électrique, les éléments séparés se trouvent dans des états électriques contraires ; ce sont là quelques-uns des nombreux faits qui ont constitué la théorie électro-chimique.

Actio7i de certains corps sur les combinaisons chimiques. — Certaines substances favorisent diverses combinaisons sans y entrer pour rien. Ainsi un peu de jnousse de platine projeté dans un mélange d'air et d'hydrogène produit instantanément l'explosion qui caractérise la combinaison de ce» deux gaz.

Si on fait tomber goutte à goutte de l'alcool sur de la mousse de platine exposée à l'air, on sent immédiatement une odeur d'aldéhyde (V. Alcool) qui indique que l'alcool s'est oxydé aux dépens de l'oxygène de l'air; on sent en même temps une odeur d'acide acétique, corps dérivant également de l'alcool par oxydation (V. Acétique). Autrefois, ne pouvant expliquer cette action de la 7?iousse de platine, les chimistes l'appelaient action catabjtique. On s'en rend assez bien compte aujourd'hui que l'on sait que ce corps léger et poreux peut condenser dans ses pores des quantités considérables de gaz, jusqu'à en arriver à l'incandescence.

Lois des combinaisons clihniques. — Les combinaisons diffèrent essentiellement de ce qu'on appelle un mélange, si intime qu'il soit, ou une dissolution.

Les combinaisons de deux corps simples ou composés sont toujours formées de proportions précises, constantes pour une même combinaison. Les analyses qui ont établi cette loi fondamentale de la chimie ont été assez nombreuses pour qu'on puisse dire qu'elle est aussi certaine qu'importante.

Dans les combinaisons chimiques le poids du composé est toujours égal à la somme du poids des corps qui se combinent, et les rapports de ceux-ci, constants pour ies mêmes corps, changent avec leur nature, tandis que dans les mélanges et dans les dissolutions les proportions des diverses substances peuvent varier indéfiniment. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet si vaste, mais nous renvoyons le lecteur aux articles suivants : Chimie, Chimie organique, Equivalents^ Nomeficlature.

Classification des combinaisons chimiques. — La classification des combinaisons minérales se fait conformément à la nomenclature (V. Chimie et Nomenclature], c'est-à-dire qu'elle repose entièrement sur le nombre des éléments qui les constituent. Nous ne ferons ici qu'en rappeler les noms ; pour plus de détails le lecteur se reportera aux articles Aadei, Bases, Sels, etc. Les combinaisons les plus simples sont celles qui sont

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