‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 374 sur 593 · COMPOSEES · texte numérisé non relu

COMPOSEES

COMPARATIF. — V. Degrés de comparaison.

COSirOSÉES.— Botanique, XXIX.— Définition — Les composées appartiennentaux Phanérogames Dicotylédones Angiospermes, et parmi celles-ci aux Gamopétales Périgj'nes. Dans la classification de Brongniart, elles constituent la dix-septième classe, dite des Astéroidées. C'est la famille la plus vaste du règne végétal ; elle renferme environ la dixième partie des Phanérogames.

Caractères botaniques. — ï. Graine. — La graine des composées n'est jamais libre, mais bien enfermée dans un fruit sec unicarpellé indéhiscent qu'on nomme achnine. L'embryon volumineux rectiligne a deux cotylédons linéaires. L'albumen qui entoure cet embryon est souvent fort peu développé; il est oléagineux, rarement amylacé.

Les graines de plusieurs composées sont employées dans la fabrication des huiles ; telles sont celles du tournesol ou grand soleil des jardins, du Madi des Chinois, du Guizotia oleifera des Abyssiniens et des Indiens. On importe actuellement de grandes quantités de graines de Guizotia dans le port de Dunkerque, et l'huile qu'on en extrait sert à falsifier l'huile d'arachide.

II. Racine. — Les composées n'étant jamais des plantes de grande culture, mais seulement des plantes ornementales, médicinales ou maraîchères, nous ne parlerons pas de leur germination et passerons tout de suite aux caractères de leurs racines.

Un grand nombre de composées ont des racines pivotantes qui s'enfoncent veriicalement dans le sol. Ce pivoi peut prendre un certain développement et constituer pour la plante un réservoir nutritif pour le temps de l'hibernation. La substance mise en réserve dans cet organe s'appelle iiiuline ; elle appartient au groupe des matières amylacées. Comme exemple de ces pivots tubérifiés nous citerons les tubercules de dahlia.

Plusieurs composées remplacent le pivot par nne tige souterraine ; dans ce cas, leurs racines sont grêles et couvrent toute la partie inférieure de cette tige.

Les racines des composées renferment un suc laiteux ou latex qui en fait employer un grand nombre en médecine. Quelques-unes sont charnues et comestibles, telles sont celles de la scorzonère d'Espagne (salsifis noir), et celles de notre salsifis indigène (salsifis blanc).

III. Tige. — La tige des composées est souvent extrêmement courte, presque nulle ; alors les feuilles semblent former une rosace à la surface du sol, et c'est du sein de cette toufl'e que partent les pédoncules floraux dont la longueur est très variable. D'autres fois, la tige prend une certaine longueur et alors, selon les espèces, reste souterraine en formant un rhizome vivace, ou bien forme une sorte de toufl'e rameuse qui s'épanouit dans l'air. Plus rarement cette tige devient ligneuse, dressée ou grimpante. Cette tige est presque sans usages, sauf cependant quand ce sont des rhizomes tuberculeux comme ceux du topinambour.

IV. Feuilles. — Les feuilles des composées sont simples, profondément découpées, exceptionnellement dentées, sans stipules, rarement pétiolées, souvent épineuses, recouvertes de poils parfois très développés, de consistance variable. Toutes contiennent de nombreuses glandes dont les produits donnent aux difl'érents genres les propriétés médicinales qui les font employer en pharmacie.

Ces feuilles sont alternes, rarement opposées, souvent polymorphes, c'est-à-dire que celles des pédoncules floraux n'ont pas la même forme que celles qui recouvrent la tige.

V. Appareil floral. — Les pédoncules qui portent les fleurs sont tantôt terminaux, tantôt latéraux ; chacun d'eux peut porter une ou plusieurs inflorescences qu'on appelle capitules.

Chaque capitule comprend un pédoncule terminé

par une surface aplatie qu'on nomme réceptacle, i la surface duquel sont insérées les fleurs. La périphérie de ce réceptacle est couverte d'écaillés disposées sur un ou plusieurs rangs, et dont l'ensemble est désigné sous le nom d'involucre.

Selon les genres, et suivant la position qu'ellesoccupent sur le réceptacle, les fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées ; plus rarement les fleurs mâles et les fleurs femelles sont localisées dansdes capitules difl'érents.

Chaque fleur, quand elle est hermaphrodite, comprend : 1° un calice décomposé en poils ou soies dont le nombre, la forme, la dimension, la persistance varient d'une espèce à l'autre ; 2° une corolle régulière ou uriilabiée ou encore bilabiée ; quelle que soit sa forme, le bord de cette corolle présentetoujours cinq dents et, sauf dans lesfleurs femelles, les organes mâles (étamines) viennent s'insérer sur sa région médiane; lorsque toutes lesfleurs d'un capitule ont une corolle entière et régulière, le capitule est dit flosculeux; lorsque les fleurs de la périphérie du capitule ont une corolle unilabiée ou bilabiée, celles du centre aj'ant une corolle entière, le capitule est dit rarfié; lorsque toutes les fleurs du capitule sont labiées ou ligulées, le capitule est dit semi- flosculeux; 3° cinqétamines à filets courts, adhérentes les unes aux autres par les loges de leurs anthères ; les anthères sont articulées sur leur filet, et leur connectif dépasse supérieurement les loges à la manière d'une petite languette ; les étamines tombent avec la corolle qui est souvent caduque ; 4° un ovaire de dimensions considérables, surmonté d'un style très long. Les grains de pollen sont simples et germent très rapidement sur le stigmate. La pollinisation se fait par les insectes.

Les fleurs unisexuées ne diffèrent des fleurshermaphrodites que par l'arrêt de développement des étamines ; dans certains capitules les fleurs de la circonférence n'ont ni organes mâles, ni organes femelles.

M. Hœckel de Marseille avait attribué une certaine sensibilité aux étamines des composées. Mis en demeure de répéter les expériences sur lesquelles il prétendait s'appuyer pour démontrer cette sensibilité, il n'a pu le faire.

Certaines inflorescences de composées sont comestibles avant la floraison : exemple, les artichauts ; beaucoup d'autres sont employées en pharmacie à cause des sucs qu'elles contiennent. '

VI. Findts. — Les fruits des composées sont des achaines. c'est-à-dire des fruits secs unicarpellés, indéhiscents, monospermes ; ils sont chargés de disséminer la graine. A cet effet, un très grand nombre d'entre eux transforment le calice qui les surmonte en une aigrette plumeuse ou soyeuse qui leur sert de parachute. D'autres fruits se couvrent d'épines ou de crochets et, grâce à ces. organes, s'attachent aux toisons des animaux et sontainsi entraînés au loin.

Habitat. — Les composées habitent toutes les régions du globe.

Classification des Composées. — De Candolle divise les composées de la manière suivante :

1 . Liguliflores, comprenant la tribu des Chicoracées. . -L j Kilulisiacées.

t. Labiati flores, — ^^^ ^'^^^^^ ^'^^\ Xassamiacées.

É Cynarées.

ySénéciom'dées.

— ^Astfifoîdées.

IEupatoriacées^ Vernoniacées.

Les caractères sur lesquels est basée cette division en tribus sont trop spéciaux pour que nous les énumérions ici ; nous nous bornerons à indiquer dans chacune de ces tribus les plantes les plus utiles.

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