‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 375 sur 593 · COMPOSEES · texte numérisé non relu

COMPOSEES

COxMPOSITlOxN

Usages des Composées. — Trihu des Cldcora- <:ées. — Dans la tribu des Chicoracées nous citerons :

10 Les laitues, laitue officinale, laitue vireuse, laitue romaine, laitue sauvage ou scarole ; toutes ■CCS laitues se mangent cuites ou en salade ; de la laitue vireuse et de la laitue officinale, on extrait par des incisions pratiquées à la tige un suc qu'on -appelle le lactucarium et qui est emploj'é comme succédané de l'opium ; il convient d'ajouter que, pour augmenter l'activité du lactucarium, les pharmaciens y ajoutent de l'opium.

2" La Scorzonère dEspague dont on mange la racine crue ou cuite ; les jeunes pousses fournissent une excellente salade.

3" Les Salsifis, qui sont employés de la même manière que la Scorzonère.

4° Le Pissenlit ou deyit de lion, mangé en salade.

5° Les Chicorées, chicorée sauvage, chicorée endive ; toutes se mangent en salade ou cuites. Avec la chicorée sauvage on fait un sirop amer très employé pour purger les jeunes enfants et comme fébrifuge. La racine de la chicorée sauvage recueillie en septembre, coupée en tranches, séchée, puis torréfiée et réduite en poudre, est vendue sous le nom de chicorée noire ; elle donne par décoction un breuvage désagréable et laxatif qu'on mêle au café, surtout dans les pays du Nord. C'est à tort qu'on l'a considéré comme succédané du café. L'abus de la chicorée donne au visage une couleur terreuse tout à fait caractéristique. La poudre de chicorée peut s'enflammer spontanément lorsqu'elle est emmagasinée en grande quantité.

Tribu des Cynarées. — Dans la tribu des Cyna- Tées, nous citerons : 1° la Bardant, dont les feuilles et les racines sont employées contre les mala- -dies chroniques de la peau soit en lotions, soit «omme dépuratifs ;

2° L'Artichaut cultivé, dont les jeunes inflorescences sont mangées crues ou cuites; sa racine très amère passe pour diurétique ;

3" \S Artichnui cardon, dont la côte médiane des feuilles attendrie par l'étiolement forme un mets facile à digérer, servi sur les tables sous le nom ■de cardes:

4° Le Carthame des teiîituri^.rs (ou Safrayium à cause de sa ressemblance avec le safran). On extrait de ses capitules, à l'aide d'un alcali et en précipitant par un acide végétal, une couleur rouge dont on se sert pour teindre la soie, et que les dames emploient sous forme de laque pour se teindre le visage et les lèvres.

5° Les Carlines, plantes qui tirent leur nom de Cbarlemagne parce que sous le règne de ce prince on les a employées contre la peste. Leur racine très odorante a comme caractère particulier d'être fendue dans toute sa longueur, et n'est plus employée aujourd'hui que pour son odeur très persis- "tante qui rappelle celle de la violette. Les racines des Costus, plantes originaires de l'Inde, voisines -des Carlines, se vendent comme rhizome d'iris de Florence.

Tritju des Sénécionidées. — Dans la tribu des Sénécionidées nous citerons: 1° V Arnica des tnontagnes, dont toutes les parties, très odorantes, "peuvent être employées soit comme poudre sternutatoirc, soit comme vomitif léger, soit en solution alcoolique contre les contusions, les plaies : employé à fortes doses, l'arnica peut devenir un poison. Ses contre-poisons sont l'opium et le tannin.

2° Les Immortelles, très employées comme plantes ornementales.

3° La Tanaisie vulgaire, employée comme ver- ■mifuge.

4° Les Armoises, parmi lesquelles nous cite-

rons : le Semen-confra d'Alep, dont les c-ipitules jouissent de propriétés vermifuges; on en exilait une matière blanche cristalline : la Santonine, plus active que le Semen-contra lui-môme ; la grande Ab.-iidhe, qui donne une essence verte fébrifuge donlla solution alcoolique est très employée comme boisson ; l'Estragon, usité pour parfumer la salade et le vinaigre; le Gén-'pi, qui fournit une liqueur verte succédanée de la chartreuse.

h° Le Pyrèlhre du Caucas», dont les capitules pulvérisés forment une poudre insecticide.

6° Les Cfimomilles, dont la Camomille romaine est la seule employée comme stomachique, mais est souvent falsifiée avec la camomille vulgaire.

7° Les Achillea ou Mille feuilles, dont les feuilles pilées sont appliquées sur les coupures pour arrêter l'écoulement du sang.

8» Le Cresson de Para, dont les capitules rubéfient la muqueuse de la bouche et sont employées comme succédanés du Cochlearia.

9° Le grand Soleil des jardins, dont les fruits fournissent une huile grasse propre à l'éclairage et à la fabrication des savons.

10° Le Topinambour, dont la souche vivace traçante donne des bourgeons monstrueux, tubéreux, fort employés pour nourrir les bestiaux pendant l'hiver.

11° Le Madi des Chinois, qui fournit une huile usitée pour la table en Abyssinie, mais qui ne sert en France qu'à falsifier l'huile d'arachide.

Tribu des Astérdidées. — Dans la tribu des Astéroidées nous citerons : X' Y Année officinale, àoniXa. décoction est employée en lotions contre les démangeaisons dartreuses.

^° Le Dahlia, la Verge d'or, les Asters, les Reinesmarguei'ites, les Pâquerettes, connus de tout le monde comme plantes ornementales.

Tribu des Eupaioriacés. — Dans cette tribu nous citerons : I» le Pas tfâyie ou Tussilage, dont les capitules, d'une saveur douce et aromatique, sont employés contre la toux.

2° Les Eupatoires, dont les racines sont purgatives. L'Eupatoire aromatique de Cuba sert à parfumer les cigares de la Havane.

[CE. Bertrand.]

COMPOSITION. — Littérature et style, II. '— (Éti/m. : du même mot en latin.)

Sous ce titre nous essayons de résumer, non pas toutes les règles de l'art d'écrire, mais les notions qui nous paraissent les plus indispensables pour renseignement populaire.

Composer, écrire, rédiger, c'est toujours un double travail : c'est d'abord savoir penser, ensuite savoir s'exprimer. Celui qui veut écrire (et qui n'a pas à le faire en mainte occasion ?) a besoin :

r De bien choisir et de bien disposer ses idées;

2° De bien choisir et de bien disposer ses expressions.

Tel est le point de départ tout naturel de l'étude des règles de la composition.

Esfjuisse d'une leçon prélimîjiaire : nécessité de cette étude. — Rendre sensible aux' élèves non seulement des écoles normales, mais aussi des écoles primaires, cette nécessité d'apprendre à écrire, c'est leur donner la première leçon de « rhétorique », comme on disait autrefois, et ce n'est pas une tâche bien difficile.

Vous voulez parler, c'est que vous avez quelque chose à dire. Si vous n'aviez qu'une idée, qu'un sentiment h, exprimer, ce serait bientôt fait : un mot, un geste, un cri suffiraient souvent. Mais vous avez d'ordinaire plusieurs choses à dire, plusieurs faits à raconter, plusieurs raisons à donner, plusieurs sentiments h exprimer. Comment allezvous vous y prendre ? Que vous ayez à vous exprimer de vive voix ou par écrit, il faut savoir au juste ce que vous avez à dire et comment vous l'allez dire. De vive voix, on peut, à la rigueur, se per-

COMPOSITION

COMPOSITION

mettre de raconter un peu à tort et à travers. On commence, on s'arrête, on recommence, on est interrompu, on se reprend. Tant bien que mal, en y mettant plus ou moins de temps, tantôt en intéressant, tantôt en assommant ceux à qui Ton parle, on vient toujours à bout de s'en faire entendre.

Mais quand on écrit, la tâche devient plus ardue. La plume à la main, vous ne pouvez plus vous permettre tout le bavardage, toutes les redites, toutes les expressions incorrectes et obscures qui vous échappent dans la conversation. Un interlocuteur, s'il ne vous comprend pas, vous arrête, vous interroge, vous oblige à vous expliquer mieux : le regard, le geste, la physionomie, tout vous aide à fqire saisir votre pensée ou votre sentiment. Mais le lecteur n'a rien pour le guider, rien que la feuille de papier sur laquelle sont tracés des signes très clairs et très intéressants s'ils sont bien choisis et bien disposés, très obscurs et très ennuyeux dans le cas contraire. Vous n'avez pas le temps d'écrire, et il aurait encore moins celui de lire tout ce qui vous passe par la tête, tout ce que vous auriez dit peut-être dans quelques minutes d'un entretien familier. Il faut donc faire effort pour ne dire que le nécessaire, pour le dire en termes clairs, dans un ordre raison nable, d'une manière facilement intelligible, et propre à laisser enfin l'impression que vous désirez produire dans l'esprit de votre lecteur. — Tel est le fondement de l'art d'écrire, la raison d'être de la k rhétorique », la nécessité même, et surtout dans l'enseignement primaire, des « exercices de composition et de style ».

Règles essetiti^lles et parties principales de la composition. — On a divisé de plusieurs façons le sujet qui nous occupe, et il importe assez peu qu'on préfère telle division à telle autre. Nous avons indiqué en commençant celle qui nous semble le mieux convenir à l'enseignement populaire.

11 y a deux choses à considérer dans la composition : le fond et la. forme, la pensée et Vexpressio'i, les idées et les mots. Quelque sujet que vous ayez à traiter, la parole n'est faite que pour la pensée. Quelle est donc la pensée que vous avez à exprimer? Voilà la première question. Sous quelle forme, en quels termes, par quelles expressions allez-vous la communiquer à autrui ? Voilà la seconde.

Mais chacune de ces deux questions se subdivise à son tour. Vous n'avez pas seulement à choisir les idées, il faut les classer, les présenter dans «Il certain ordre, les enchaîner d'une façon qui satisfasse et votre esprit et celui du lecteur. De même vous n'avez pas seulement à choisir des expressions convenables, elles demandent à être disposées, arrangées, coordonnées de manière à plaire, à attacher, à intéresser, à persuader.

Ainsi on pourrait réduire l'art de la composition, pris dans ses éléments naturels, à quatre parties :

Quant au fond :

Page 1