‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 4 sur 593 · ABEILLE · texte numérisé non relu

ABEILLE

fallut une véritable contrainte pour l'y déterminer.

Six années après, Napoléon abdiquait à son tour. Après les inutiles efforts tentés par lui dans la campagne de France, voyant Paris occupé par les alliés, il résigna ses pouvoirs le 6 avril 1814 en faveur de son fils le roi de Rome. On ne tint aucun compte de cette condition suprême, et le trône des Bourbons fut restauré. Après le retour de l'île d'Elbe et la bataille de Waterloo, une seconde abdication, conçue à peu près dans les mêmes termes, eut les mêmes résultats. Cette fois encore Napoléon fut remplacé par Louis XVIII.

Napoléon avait abdiqué devant l'invasion. Charles X, le 2 août 183ii, Louis-Philippe, le 23 février 1848, abdiquèrent devant la révolution victorieuse. Tous deux désignèrent inutilement leur successeur : Charles X son petit-fils le duc de Bordeaux, Louis-Philippe son petit-fils le comte de Paris. Ni l'un ni l'autre de ces princes ne fut reconnu roi.

Deux autres souverains européens furent plus heureux dans des circonstances analogues. Le 2 décembre 1848 l'empereur d'Autriche, Ferdinand I", se sentant incapable de résister au mouvement révolutionnaire qui soulevait alors ses Etats, abdiqua ,en faveur de son neveu, François-Joseph, qui règne encore aujourd'hui. Le 23 mars 1849, le roi de Piémont, Charles-Albert, battu à Custozza, puis à Novare par les Autrichiens qu'il voulait chasser d'Italie, abdiqua en faveur de son fils Victor-Emmanuel.

IMaur.Wahl.]

ABEILLE.- Zoologie,XXIV.— Les abeilles appartiennent à la famille des Apididés, à laquelle elles ont donné leur nom [Apis], famille qui elle-même fait partie de l'ordre des Hyménoptères (sous-ordre des Aiguillonnés) : elles sont originaires des régions chaudes et tempérées de l'Ancien Continent.

Trois classes d'abeilles dans chaque espèce. — Ces insectes constituent plusieurs espèces distinctes,

Fig. 3.

qui comprennent chacune trois sortes d'individus : les mâles, appelés aussi faux bourdons (fig. 1), les femelles fécondes, nommées reines (fig. 2) et les neutres, désignées sous le nom d'ouvrières (fig. 3) ; ce sont des femelles dont les organes reproducteurs ont avorté.

Caractères communs à tous les individus. — Les abeilles ont quatre ailes, parcourues par un petit nombre de nervures ; les ailes constituant la paire postérieure sont les plus petites. Leur tête, bien distincte du thorax et réunie au corselet par un cou très-petit, porte de chaque côté un œil compose nssez grand ; on remarque, en outre, trois petits yeux simples, disposés en triangle et placés sur la région antérieure et supérieure du front. Les antennes sont filiformes et coudées. Les palpes maxillaires sont formées d'un seul article ; les mâchoires et la lèvre constituent une sorte de petite trompe se repliant au-dessous de la tête. Le corselet porte trois paires de pattes, dont la postérieure, chez les ouvrières, présente à la face externe de l'article appelé jambe une petite dépression lisse qu'on nomme corbeille, et dans laquelle est déposé le

pollen de» fleurs rassemblé par l'animal au moyen du duvet fin et soyeux placé sur la face externe du premier article des tarses de la même paire de pattes, organe que l'on désigne sous le nom de brosse. L'abdomen, bien distinct du corselet, est très-mobile et porte, chez les femelles et les neutres, un aiguillon redoutable, formé de deux stylets à l'aide desquels l'animal introduit dans la plaie qu'il produit le venin sécrété par deux glandes en tube situées à la partie postérieure du corps.

Caractères spéciaux à chaque sorte d'individus. — Les mâles sont généralement plus gros que les ouvrières, ils ont le corps velu, manquent d'aiguillon et n'ont ni brosses ni corbeilles.

Les reines sont plus petites que les mâles, mais elles possèdent un aiguillon plus long et plus fort que celui des ouvrières.

Enfin les ouvrières se reconnaissent à la conformation des pattes de la paire postérieure, qui leur permet de recueillir le pollen et le nectar des fleurs, ainsi que le propolis, sorte de substance résineuse (de couleur très-variable) qui se trouve sur les arbres verts, les peupliers, les marronniers, etc., et avec laquelle elles mastiquent les fentes de leur habitation.

Travail des abeilles. — Les abeilles ouvrières, après avoir recueilli le suc des plantes, le soumettent dans leur jabot à une élaboration particulière et le dégorgent ensuite sous forme de miel, qu'elles déposent dans les alvéoles de leur ruche pour servir plus tard soit à leur nourriture, soit à celle de leurs larves. Quant à la cire, elle suinte du corps de ces insectes par un certain nombre de pores glanduleux situés entre les articles de l'abdomen ; l'animal l'emploie à la construction des loges de sa ruche, dans lesquelles la reine doit déposer ses œufs.

Structure du rayon. — Ces loges forment des amas de cellules hexagonales, serrées les unes contre les autres, et opposées base à base sur deux rangs ; l'ensemble figure une sorte de gâteau. 11 y a des alvéoles pour les œufs destinés à fournir des femelles, d'autres pour ceux qui donneront de simples ouvrières. Les œufs qui produiront des reines sont les plus gros. Une seule reine peut pondre, au printemps et dans l'espace de vingt jours seulement, près de douze mille œufs ; elle fait plusieurs pontes par an. Le nombre d'alvéoles d'une ruche est considérable ; la reine ne dépose qu'un seul œuf dans chaque loge. Au bout de trois ou quatre jours les œufs éclosent et la nymphe qui en sort deviendra ouvrière, mâle ou reine, suivant la nourriture qu'on lui fournira. Les larves qui doivent donner des reines reçoivent une pâtée particulière, que les naturalistes nomment jarf/ee royale, mais dont la composition est inconnue. Si la larve de reine vient à mourir, les ouvrières choisissent une larve de neutre, dont elles agrandissent la cellule, lui donnent de la pâtée royale, et la rendent ainsi féconde.

Mœurs et organisation en société. — Lorsque de nouvelles femelles, c'est-à-dire des reines, naissent dans une ruche, une grande agitation ne tarde pas à se produire ; celle qui avait précédemment l'autorité s'éloigne, suivie de faux bourdons et d'un nombre considérable d'ouvrières. Cette colonie va s'établir ailleurs ; elle constitue ce qu'on nomme un es5ai??i, réunion d'environ 25 000 ouvrières et 700 bourdons. Les jeunes abeilles s'emparent alors de la ruche. Il peut se produire de la sorte trois ou quatre émigrations par an.

Les abeilles, à l'état sauvage, confectionnent leur ruche dans les fentes dos rochers ou les cavités des vieux troncs d'arbre, mais elles s'établissent sans difficulté dans les ruches artificielles préparées par les soins des apiculteurs.

Espèces principales. — On connaît une douzaine d'espèces d'abeilles, que l'on distingue aux couleurs de leur écusson et de leur corselet. L'abeille com-

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