‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 5 sur 593 · ABRAHAM · texte numérisé non relu

ABRAHAM

mune, Apis mellifica, a été acclimatée sur différents points du globe*

L'espèce qui se rapproche le plus de notre abeille domestique est l'abeille italienne, Apis Ligurica, dont le miel était autrefois très-recherché.

Avant l'introduction de nos abeilles de l'Ancien Continent, le Nouveau Monde possédait déjà des animaux d'un genre voisin, les Mélipones, dont les nombreuses espèces produisent, comme nos abeilles d'Europe, un miel de très-bonne qualité. Ces insectes se distinguent principalement des abeilles de l'Ancien Continent par une taille inférieure et par l'absence d'aiguillon chez les ouvrières.

Ces espèces sont donc inoffensives, mais Auguste de Saint-Hilaire a signalé un Mélipone qui laisse échapper par l'anus une liqueur brûlante.

Produits de la ruche : cire et miel. — Les produits de la ruche (outre le propolis, quelquefois employé en médecine comme vésicant) sont : 1° la cire, dont tout le monde connaît les usages variés et la composition ; 2° le miel, dont la qualité et la couleur dépendent des végétaux sur lesquels il a été recueilli ; ces derniers lui communiquent quelquefois des propriétés vénéneuses. — V. Apiculture.

[H. Gervais.]

Lectures et dictées ; Manuel général, 1853, p. 401 et 409. — Science pour tous, 1877, p. 94 et t878, p. 39. — Achille Comte, article Abeilles dans l'Encyclopédie moderne. — Frarière, Les abeilles et l'apiculture, 1855. — Blanchard, Métamorphoses des insectes, 1868. — Rendu, Les abeilles, 1873. — P. Gervais, Éléments de zoologie, p. 532, 1877. 3" édition —M. Girard, Les Abeilles, 1878.

ABRÉVIATIONS. — Connaissances usuelles, I. — Les exercices auxquels les abréviations donneront lieu dans l'école primaire, tantôt à l'occasion d'une lecture, tantôt dans le cours d'une causerie, tantôt en réponse à une question faite par l'élève ou provoquée par le maître, oeuvent se grouper comme suit.

Mais il est bien entendu qu'il ne s'agit pas d'en faire tout exprès l'objet d'une ou de plusieurs leçons. Ce sont des explications incidentes que les circonstances feront naître, dont l'à-propos fera le charme et par conséquent le succès.

1. Abréviations d'un usage général. — Inscriptions, écriteaux, affiches : par exemple les mots C'« pour compagnie ; succ^, successeur ; 52icc»'«, succursale ; — les plaques des compagnies d'assurances : A. M. (Assurances Mutuelles); M. A. C. L. (Maison assurée contre l'incendie) ; A«* G'" (Compagnie d'assurances générales), etc. ; — les initiales des chemins de fer (quel instituteur voudrait laisser dire que ses élèves voient passer tous les jours des wagons de la ligne de Paris-Lyon-Méditerranée sans pouvoir déchiffrer les majuscules P.-L.-M ?) ; celles des grandes sociétés industrielles, commerciales, agricoles, maritimes dont les noms se rencontrent dans la région.

Points cardinaux et collatéraux. — N. nord ; S. sud; E. est; O. ouest (il est bon de noter que O dans les documents allemands signifie précisément le contraire, l'est se nommant Ôst en allemand et YocçXAQniWest) ; N.-E. nord-est; S.-O. sud-ouest, etc., S.-S.-E. sud-sud-est ; O.- N.-O. ouest-nord-ouest, etc.

13° 25' lat. N. ou long.-O. se lira : 13 degrés 25 minutes de latitude nord, ou longitude ouest.

Titres. — On peut avoir à expliquer les titres princiers ou nobles, comme S. M., ou LL. MM. (Sa Majesté, Leurs Majestés); S. A. R. ouL.Son Altesse Royale ou Impériale ; S. M. B. ou C, Sa Majesté Britannique (roi ou reine d'Angleterre) ou Catholique (d'Espagne) ; S. H.. Sa Hautesse (l'empereur de Turquie); S. E. (Son Excellence), titre qu'on donne encore quelquefois aux ministres; S. S. (Sa Sainteté le Pape); S. Em. (Son Eminence, un cardinal), Mgr (Monseigneur), etc. ; B»" pour baron , C" pour

t — ABRÉVIATIONS

comte, Mi« pour marquis, etc. ; d'autres titres plus modestes, mais aussi plus nécessaires à connaître : D"' (docteur), M« (maître) qu'il ne faut pas confondre avec M°" (madame), V^e pour veuve, etc.

Noms de baptême. — Quelques-uns seulement doivent se déchiffrer par les seules initiales : il ne faut pas qu'un de nos élèves reste bouche béante devant le nom de J.-J. Rousseau ou de J .-B. Rousseau, ni même devant les initiales P-P, Pierre-Paul. Il y a aussi des prénoms de personnages historiques qu'il faut savoir lire couramment sans qu'ils soient écrits tout au long : P (aul)- L (ouis) Courier; B (enjamin) Constant ; V (ictor) Hugo ; A (dolphe) 'J'hiers, etc. Les lettres L ou H ou N sur les monuments publics doivent l'aider à retrouver le nom de Louis XIV, de Henri IV ou de Napoléon.

On peut aussi avoir occasion d'expliquer quelques-unes des abréviations chères aux Anglais : Tom (pour Thomas), Bob (Robert), Ben (Benjamin), Dick (Richard), Kûte (Catherine), etc.

Monnaies. — Une des surprises qui amusent le plus les enfants est de leur faire découvrir que toutes les pièces de monnaie portent une lettre qu'ils n'ont presque jamais remarquée d'eux-mêmes. Cette lettre est la marque de l'hôtel des monnies qui a fabriqué la pièce. En voici la clef (en se bornant aux sept hôtels des monnaies qui subsistaient en 1852) :A Paris; B Rouen; BB. Strasbourg ; D Lyon : K Bordeaux ; W Lille ; AM. Marseille (M avec un A figuré entre les branches).

Correspondance et langage courant. — Au bas d'une page, T. S. V. P., tournez, s'il vous plaît (raconter aux élèves l'embarras de ces deux conscrits qui, lisant à l'entrée des bureaux de l'intendance : Fermez l'i porte, s. v.p., se disputent sur le sens, l'un traduisant : Fermez la porte si vous pouvez, l'autre : sans vous presser). — N. B., Nota benè, notez bien; etc., et caetera, et ainsi de suite; — P.-S.» Post-scriptum (écrit après la signature) ; — c.-à.fj. pour c'est-à-dire ; — n» pour numéro; — 7'>"'. 8br«, gbre^ Xhre pour los quatrc derniers mois de l'année.

Eglise. — Tout enfant doit savoir lire couramment verset, quand il voit %■ ; répons quand il trouve Ri ; Notre-Seigneur ou Notre-Dame s'il rencontre N.-S. ou N.-D. ; et s'il passe devant un calvaire, il doit savoir que INRI signifie : Jésus de Nazareth Roi des Juifs (lesus Nazarœnus Rex ludasorum).

2. Abréviations techniques. — On se bornera à celles que les élèves peuvent avoir à rencontrer :

Mathématiques. — C. Q. F. D. ou Q. E. D., ce qu'il fallait démontrer ou quod erat demonstrandum ;

— log., logarithme; — m. q., mètres carrés; 771. c. mètres cubes ; ./ racine de ; p. g. c. d., plus grand commun diviseur ;/). p. c. d., plus petit commun diviseur, etc.

Comptabilité. — B. P. F. ; bon pour francs. — C. 0.; compte ouvert ; — S/C ou V/C, son compte ou votre compte.

Médecine. — Sans avoir besoin de déchiffrer une ordonnance, chacun peut être bien aise, une fois où l'autre, de savoir traduire les abréviations les plus ordinaires : BM pour bain-marie ; F. S. A. (fac secundum arteml, faites selon l'art : R. prenez (en latin recipe, d'où le mot recette); P. E. parties égales; Q. S. quantité suffisante, etc.

Chimie. — Ag. argent; — Al, aluminium; — As. arsenic ; —Au 'du latin aurum) , or ; — Az ou N, azote ;

— Bi, bismuth ; — C, carbone ; — Ca, calcium ; — Cl, chlore; — Cu, cuivre; — Fe, fer; — FI, fluor :

— H, hydrogène ; — Hg {hydrargyrum, vif-argent), mercure; — lo, iode; — K (kalium), potassium;— Mg, magnésium; — Mn, Manganèse; — Na (natron), sodium ; — Ni, nickel ; — O, oxygène ;

— Pb, plomb. — Ph. phosphate; — Pt, platine;

— S. soufre ; — Si, silicium ; — Sn, étain ; — Zn, zinc, etc.

Musique. — Arp., arpeggio; — B, basso; —

ABSORPTION

Cresc, crescendo ; — F, forte ; — FF, fortissimo. — DG, da capo ; — Dim., diminuendo ; — P, piano. — PP, pianissimo ; — Rinf., rinforzando. etc.

ABSOKfTlON. — Physique, Vil;Cliiraie,I; Zoologie, XXXII et Botanique.V et VllL— Dans le langage usuel on se sert du mot absorption pour indiquer la pénétration d'une substance liquide ou gazeuze dans la masse d'une autre substance solide, gazeuse ou liquide. C'est ainsi que l'on dit communément : le fer absorbe l'oxygène, le plâtre absorbe l'eau, le charbon absorbe les gaz, etc., etc. Le langage scientifique exige plus de précision : chaque science, tout en gardant le même mot usuel, lui donne une définition spéciale qui en délimite l'emploi.

Ainsi, en phi/sique, lorsqu'on dit que le charbon récemment éteint, la pierre ponce calcinée, l'éponge de platine, etc., absorbent les gaz, on entend que les gaz pénètrent dans les interstices, dans les pores de ces substances. D'autre part, ce que l'on exprime en disant que la craie absorbe l'eau, c'estqu'en vertu de la capillarilé * l'eau qui se trouve en contact avec un morceau de craie y chemine dans toutes les directions, y monte en dépit de la pesanteur, jusqu'à ce qu'elle en ait comblé tous les pores.

En chimie le mot absorption implique le plus souvent pénétration intime, accompagnée de véritable combinaison : si nous disons que du fer, en s'oxydant, a absorbé de l'oxygène, nous entendons que les molécules du gaz et du métal se sont combinées pour former de l'oxyde de fer, de la rouille. • Enfin la physiologie ne s'occupant que des phénomènes qui s'accomplissent dans les êtres vivants, nomme absorption un mode de pénétration des liquides et des gaz à l'intérieur des tissus vivants, que les définitions de l'absorption physique ou chimique ne suffiraient pas à expliquer.

1. Absorption dans les corps inorganiques. — Absorption simple ou absorption physique. — 1° Abso}'ption d'un gaz ou d'un liquide par un solide. — Le charbon absorbe les gaz, surtout ceux qui sont les plus solubles dans l'eau, avec une énergie d'autant plus grande qu'il est plus poreux. On s'en assure facilement en agitant, avec du charbon de bois en poudre, une eau de mare qui dégage une forte odeur d'œufs pourris ; si on filtre après quelques instants de contact, on obtient un liquide incolore et dépourvu de toute odeur. Cette propriété décolorante et désinfectante du charbon explique son emploi dans les filtres pour les eaux bourbeuses ou pour les eaux de citerne, elle rend compte de l'emploi des tonneaux carbonisés intérieurement pour la conservation de l'eau dans les longs voyages. C'est le charbon de bois de sapin qui absorbe le mieux les gaz, notamment la vapeur d'eau de l'atmosphère ; aussi augmente-t-il rapidement de poids à l'humidité. Le charbon d'os ou noir d'ivoire, en grains, possède une grande puissance d'absorption pour les matière colorantes, sans doute parce qu'il est très-poreux. Qu'on agite du vin avec ce charbon et qu'on filtre, le liquide passe incolore. Cette propriété est utilisée dans les sucreries pour débarrasser les jus sucrés des principes colorés qui les souillent.

L'absorption d'un liquide par un solide est un phénomène aussi commun. Tout le monde sait que la terre argileuse, dite terre forte, arrête l'eau et s'en imprègne ; et il y a bien longtemps que l'on utilise cette propriété absorbante pour débarrasser presque sans frais les tissus de laine, notamment les draps, de l'huile dont on les a imprégnés pendant leur fabrication.

2° Absorption d'un gaz par un liquide. — Les phénomènes naturels nous en offrent beaucoup d'exemples. L'eau de pluie, dont l'origine est la vapeur qui s'élève des mers, contient de l'air quana elle arrive sur le sol ; elle a pris ce gaz à l'atmosphère qu'elle a traversée ; elle lui doit de pouvoir servir à l'alimentation et de n'être pas fade

i — ABSORPTION

et lourde comme l'eau distillée de nos laboratoires.

La pression augmente beaucoup cette puissance d'absorption : témoin la manière dont nous faisons sur nos tables l'eau de Seltz artificielle.

Absorption- AVEC combinaison ou absorption chimique. — Quand le gaz peut se combiner avec le liquide qu'on lui offre (V. Comémawon), l'absorption est immcdiaie et complète. Ainsi, l'eau limpide de chaux, qu'on expose à l'air sur une soucoupe, absorbe l'acide carbonique que l'air contient et en accuse nettement la présence en le fixant à la chaux sous la forme d'une pellicule blanche qui tombe au fond du vase. [C. Haraucourt. '

2. Absorption dans les corps organiques et dans les organismes vivants. — L Car actèris G ÉxÉR A ux DE l'absorption physiologique. — L'absorption dans les tissus vivants ne saurait se ramener ni à l'absorption physique, ni à l'absorption chimique. Si je dis : l'intestin absorbe l'eau, la peau absorbe l'hydrogène sulfuré, les radicelles des plantes absorbent l'humidité du sol, faudra-t-il entendre par là que l'eau passe au travers de l'intestin comme elle traverserait un morceau de craie ? que l'hydrogène sulfuré trouve dans la peau des interstices analogues à ceux du charbon ? que l'humidité du sol passe dans les radicelles comme eile s'infiltrerait dans de l'amidon? — La preuve qu'il se produit ici plus qu'une absorption physique, c'est que, dans les tissus vivants, l'absorption a lieu au travers de membranes qui ne sont pas poreuses; et la preuve que ce n'est pas non plus l'absorption chimique ordinaire, c'est qu'elle n'est pas accompagnée de combinaison chimique changeant la composition ou des corps absorbés ou des corps absorbants.

Imbibitio?i. — Si nous laissons séjourner dans de l'eau pendant quelque temps une membrane desséchée, comme un morceau de vessie de porc, nous constatons qu'elle s'imprègne de liquide, se gonfle et s'assouplit. L'eau à l'état de vapeur pénètre également dans la substance des membranes c'est sur cette propriété qu'est fondée la constrution de Vhygt'omètre*. Or l'intestin de mouton, qui sert à fabriquer les cordes des hygromètres communs, pas plus que la vessie de porc, ne laisse apercevoir au microscope les plus petits pores par lesquels puisse s'infiltrer un liquide ou un gaz. Ce n'est donc point par une action capillaire que l'eau entre dans la membrane. Ce qui l'y attire et l'y fait pénétrer, c'est une affinité de la matière môme du tissu. Aussi, après son imprégnation, le liquide ne se distingue plus du solide : c'est la substance des fibres, des cellules qui se l'est approprié de proche en proche jusqu'à ce que toute la masse en eût reçu sa part ; il n'y a pas eu combinaison chimique, mais combiiiaison physiologique, bien moins stable, puisqu'elle n'est entretenue, dans les tissus morts, que par des moyens artificiels.

Mais dans les organismes vivants, plantes ou animaux, les tissus n'accomplissent leurs fonctions qu'autant qu'ils retiennent une certaine quantité d'eau à l'état de combinaison physiologique, qu'ils en sont imprégnés, imbibés : le mot J»i6t/jJ</o« désigne la pénétration d'un liquide dans la matière môme d'un tissu organique non poreux. Ce n'est point encore l'absorption, mais c'est une condition indispensable à son accomplissement.

Diffusion, osmose. — . Au lieu d'une imbibition directe par contact immédiat, il se produit un phénomène plus complexe si l'on place, par exemple, entre deux liquides ou entre deux gaz différents une membrane organique, telle qu'un morceau de vessie de porc; bien que cette membrane semble imperméable, les deux fluides qu'elle sépare se mêlent plus ou moins vite par une sorte de transfusion réciproque ou de diffusion qu'on appelle osmose * et que nous étudions à ce mot.

L'absorption physiologique est une forme particulière de l'osmose, une sorte d'osmose continuelle

ABSORPTION

ABSORPTION

et naturelle, qui est la propriété distinctive la plus générale des tissus vivants.

il. Absohption dans les végétaux. Botanique, V, VIII. — Dans les végétaux que nous observons le plus Bouvent, l'absorption se fait principalement par les feuilles et par les racines. Les feuilles absorbent surtout les gaz, tandis que les racines sont l'agent spécial d'absorption des liquides. Cependant les feuilles peuvent absorber des quantités considérables d'eau à l'état de liquide ou de vapeur, et suppléer ainsi à l'absorption insuffisante d'humidité par les racines. Prenez une branche d'arbre divisée en plusieurs petits rameaux et plongez l'un d'eux dans un vase plein d'eau, laissant au dehors le reste de la branche. L'eau absorbée par les feuilles immergées se répandra dans les rameaux voisins et entretiendra leur fraîcheur. — Pour le mécanisme de l'opération, pour le rôle des divers organes qui y concourent, V. les articles Feuilles et Racines. — D'autres parties de la plante peuvent absorber les liquides : tels sont les grains de pollen pendant la floraison et les graines lors de la germination. La quantité d'eau qui pénètre dans un grain poUinique est assez grande pour remplir les longs tubes qu'il développe et en déterminer la rupture ; et le volume de ces tubes est énorme, si on le compare à celui du grain qui les produit. De même, les semences qui vont germer absorbent assez d'eau pour se gonfler et faire éclater les enveloppes, parfois très-résistantes, qui les contiennent.

Essayons maintenant d'expliquer un des phénomènes les plus merveilleux de l'absorption dans les végétaux, le choix que semblent faire les tissus végétaux, les racines par exemple, parmi les substances absorbables qui leur sont offertes.

En vertu des lois de l'osmose, si deux liquides semblables tenant le même sel en dissolution sont séparés par une membrane, il n'y aura diffusion que si l'une des solutions est plus concentrée que l'autre : la diffusion cessera lorsque l'équilibre de dissolution sera établi. Mais si l'on ajoute à l'une des solutions un nouveau sel, celui-ci diffusera à son tour.

Supposons que deux solutions séparées par une membrane contiennent de la silice, de la soude et de la potasse, et que, l'équilibre de diffusion étant établi, il n'y ait plus absorption d'un côté ni de l'autre. Si nous plongeons d'un côté une substance capable de s'approprier la silice par exemple et non les deux autres corps, il est évident que cette substance introduite dans un des deux récipients va déterminer un nouveau courant d'osmose et attirer en quelque sorte une certaine quantité de silice sans que le même courant entraîne ni soude ni potasse.

Or, voici ce qui a lieu dans les plantes. La matière qui compose le squelette de leurs tissus, la cellulose, tout en offrant toujours la même composition chimique, offre des variétés nombreuses dans les différents végétaux quant à la disposition moléculaire et aux affinités. Ainsi la cellulose du blé possède la propriété de fixer la silice, de sorte que la sève, graduellement épuisée de ce minéral, peut en recevoir de nouvelles quantités par absorption osmotique. De même, la pomme de terre fixe et s'assimile la potasse en la combinant avec sa cellulose qui, différente de celle du blé, a de l'affinité pour la potasse et non pour la silice. C'est donc grâce à une légère variété dans les affinités chimiques de leur cellulose que des végétaux de composition trèsdiverse prospèrent dans un terrain qui baigne toutes les racines d'une solution identique. Les racines absorbent d'abord cette solution minérale telle qu'elle se présente, puis chaque espèce de cellulose fixant l'élément capable de s'y incorporer en appelle, pourainsidire,unequantiténouvelle, à mesure que l'équilibre de dissolution se trouve rompu entre la sève et le liquide qui baigne les racines.

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