‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 401 sur 593 · CRUCIFÈRES · texte numérisé non relu

CRUCIFÈRES

CRUCIFERES

3f sons-famille.

Orthoplocées.

Cotyléflons conduplifun's longitudinalement it embrassant la tigclle dorsale.

(Cotylédons incombants.)

/Chou cultivé.

— vert.

— pommé.

— chou-flonr.

— chou-rave.

— chou champêtre.

— colza.

— navet.

— tnrneps ou rabioule.

Xavette.

Roquette.

Moutarde.

Chou marin et crambe dos Tar-

tares.

Radis.

Radis noir.

Senebière pinnatifide.

— corne de cerf.

4» sous-famille.

Spirolobées.

Cotylédons linéaires, en-'-"='''=;^ .«^^ ^''''^''''' (^""'^^ '^'•"-

roulés transversalc-i '^''S"/-

ment sur eux-raèmos,

tigelle dorsale.

(Cotylédons incombants.)

5« sous-famille.

Diplécolohérs.

Cotylédons linéaires .

piiés deux fois en travers sur eux-mêmes, tigclle dorsale.

(Cotylédons incombants )

Usages des crucifères. — Les seules crucifères dont nous ayons à dire quelques mots ici sont les suivantes :

1° La fjiroflée des jardins, la quarantaine, le violier, la corbeille d'or, cultivées comme plantes d'ornement.

2° Cresson officinal ou cresson de fontaine. — Ce cresson croît naturellement dans les eaux courantes peu profondes; à Senlis et aux environs de Rouen, on le cultive dans des jardins à demi inondes nommes cresson7nères. Il est excitant, antiscorbutique ; c"est le- meilleur et le plus recherché de tous les cressons que l'on mange en salade.

3° Cochlearia officinal. — Le cochlearia est une herbe bisannuelle qui habite le littoral maritime et le rivage des lacs salés du nord de l'Europe ; elle est fort recherchée comme antiscorbutique. Ses congénères des Alpes européennes, de la région méditerranéenne, de l'Asie et de l'Amérique septentrionale, possèdent des vertus analogues, mais à un moindre degré.

4° Raifort. — Le raifort est vivace, on le cultive dans tous les jardins de l'Europe moyenne ; sa racine contient beaucoup de sucre, de fécule, d'huile grasse et d'albumine ; on la mange comme condiment. Le principe acre qu'elle renferme et qui se développe sous l'action de l'eau lui donne des propriétés antiscorbutiques.

5° Rose de Jcricho. — On donne ce nom à une petite plante annuelle, haute de 8 à 12 centimètres, qui croît dans les lieux sablonneux de l'Arabie, de l'Egypte et de la Syrie. Lorsque ses fruits sont miirs, les feuilles tombent, les rameaux s'endurcissent, se dessèchent, se courbent en dedans et se contractent en un peloton arrondi. Les vents déracinent la plante et l'emportent jusqu'au bord de la mer; c'est \h qu'on la recueille toute desséchée ; si, alors, on la place dans une atiuosphère humide, ou si or. plonge sa racine dans l'eau, ses rameaux s'étendent, la plante semble revivre, ses fruits s'ouvrent et les graines peuvent être disséminées.

C° AUiaire. — On donne ce nom à une crucifère vivace qui croît le long des haies et dont la racine et les feuilles ont l'odeur d'ail; elle a été employée comiue vermifuge, diuréti(iue et dépurative.

1° Erysimum officinal. — L'érysimum'ou vélar

est aiuiuel, il croît dans les lieux Incultes ; ses feuilles sont astringentes; on les emploie en infusion contre le catarrhe pulmonaire; elles forment la base du sirop d'érysimum.

8° Cameline cultivée. — Cette plante est cultivée dans le nord de la France ; on retire de ses graines une huile fixe propre à l'éclairage. On peut la semer depuis le printemps jusqu'au mois de juin ; elle a ainsi l'avantage de pouvoir remplacer le colza quand celui-ci a été détruit par les gelées tardives de mars et d'avril.

9° Pastel des teinturiers. — La guède ou pastel est commune dans toute la France; ses feuilles fournissent une matière colorante bleue analogue à l'indigo, mais d'une qualité inférieure. Les Pietés et les Celtes l'employaient pour se poindre le corps en bleu ; depuis, le bleu est resté la couleur nationale du manteau des rois de France. Le pastel a souvent été proposé comme plante fourragère, parce (ju'il pousse sur tous les sols, et que, résistant aux froids les plus intenses, il peut donner un fourrage vert à une époque de l'année où l'on en manque constamment, c'est-à-dire en février et en mars.

10° Choux. — Les choux pommés, le chou de Bruxelles, le chou-fleur, le chou brocoli, sont comestibles et connus de tout le monde. Dans les deux derniers, on mange les jeunes inflorescences ; dans les premiers, on mange les feuilles non encore développées et étalées, mais réunies en une masse arrondie ou bourgeon. La culture de ces choux varie un peu de l'un à l'autre. Les choux pommés sont d'abord semés en pépinière ou sur couclie, ou en pleine terre (quand les gelées ne sont plus à craindre), puis on les replante quand ils sont âgés d'un mois environ, en lignes suffisamment espacées (de 1 mètre à l^jGô) dans un terrain convenablement préparé. L'époque des semis varie avec les variétés de choux. Ainsi le chou de Vaugirard se sème exclusivement k la fin de juin, et se met en place du 8 au 15 août. Le chou d'York, qui est très hâtif, se sème à la lin d'août ou au comiuencement de septembre, et se replante en octobre ou novembre. On peut aussi le semer en février ou en mars, mais alors sur couche, en prenant soin de l'abriter contre les gelées tardives. Les autres choux pommée se sèment à la fin de juillet ou dans le courant d'août. Le plus souvent alors on replante le jeune chou en pépinière et on ne le met en place qu'en février ou en mars. Si le sol n'est pas humide et exposé ù geler, il est beaucoup plus avantageux de mettre en place avant l'hiver. Les semis d'aaùt sont les plus fréquents ; cependant on peut faire encore plusieurs semis, surtout en mars et en avril ; dans ce dernier cas, les jeunes plants sont mis en place dès qu'ils ont atteint la force nécessaire. Les jeunes plantsde printemps et d'étéontàredouter la sécheresse, et certains insectes tels que le tiquet, contre lequel on les protège en les saupoudrant de cendre. Leur pivot, à la naissance des racines, est aussi quelquefois piqué par un insecte qui y dépose sa larve et occasionne une tumeur. Quand on replante le chou, on ouvre cette tumeur et on tue la larve qui l'habite.

Le cltou de Bruxelles se sème du 15 avril au 15 juin. On fait d'ordinaire des semis successifs, et, comme ce chou résiste fort bien aux gelées, on le cueille depuis l'automne jusqu'à la fin de l'hiver.

Le chou-fleur se semé en trois saisons, de façon que les diftérentes récoltes se succèdent du printemps à l'automne. On le sème en automne, en hiver et en été. Les semis d'automne se font dans le courant de septembre sur couche; quand les jeunes plants sont âgés de 15 jours environ, on les replante sur une autre couche abritée par un mur ei on les hiverne sous cloches en recouvrant ces dernières de paillassons et même de litière peu-

CRUCIFERES

CRUSTACES

dant les gelées, en ayant soin d'aérer pendant le jour toutes les fois que le temps le permet. Les plants sont mis en place en mars et produisent en mai, juin et quelquefois juillet. Les semis d'hiver se font de la fin de janvier au l5 février; les soins sont les mêmes que pour les semis d'automne, seulement les semis eux-mêmes se font sous cloches. On les met en place en mars ou en avril : ils donnent en juin et juillet. Les semis d'été se font dans le courant de juin sur une plate-bande formée de terreau ; on les met en place en juillet. Dans cette culture, qui est fort simple, on a à redouter la sécheresse : aussi a-t-on soin de semer à l'ombre et d'arroser fréquemment quand on a replanté. Ces semis produisent depuis la fin d'août jusqu'en novembre.

Le cliou brocoli n'est qu'une variété du choufleur; il en dilTère surtout par ses feuilles qui sont ondulées, tandis que celles du chou-fleur sont lisses.

Le chou-rave et le chou-fiavef: ont une racine charnue, riche en sucre et en albumine, comestible ; leurs graines contiennent une huile fixe employée pour l'éclairage.

Le colza est cultivé dans le nord de la France et en Belgique ; on retire de ses graines une huile propre à l'éclairage. Quand on le cultive pour ses graines, on le sème du 15 juillet à la fin du mois d'août ; les semis doivent être sarclés et bien entretenus pendant un mois et demi ou deux mois, puis on les replante en lignes espacées de 32 centimètres ; il faut ensuite rechausser les plants. Les graines sont mûres l'été suivant ; on fait la récolte avant la maturité complète, quand les siliques sont jaunes, parce que, ces dernières s'ouvrant avec la plus grande facilité, on risquerait de perdre une bonne partie des graines. Lorsqu'on cultive le colza comme plante fourragère, on le sème aussitôt après la moisson, sur un chaume de blé que l'on retourne à cet effet. Ce semis donne quelquefois en hiver, mais surtout au printemps, un fourrage vert que l'on fait manger sur place ou que l'on coupe pour l'étable.

La 7iavette, de même que le colza, est cultivée soit pour ses graines, soit comme fourrage. Dans le premier cas, on peut la semer de la fin de juillet au commencement de septembre ; le semis est fait tout de suite en place et à la volée ; on bine, on sarcle, on éclaircit les plants et on récolte l'été suivant quand les siliques sont jaunes. Sa culture comme fourrage est la même que celle du colza.

Il» Moutardes. — Sénevé noir ou moutarde noire. Sa graine pulvérisée est employée comme condiment ou appliquée sur la peau comme médicament rubéfiant (sinapismes). Ses vertus excitantes sont dues à l'huile volatile très acre qu'elle renferme, huile qui n'est mise en liberté que sous l'action de l'eau. Il en résulte que, quand on veut employer la farine de moutarde pour faire des sinapismes, on doit la délayer dans l'eau.. La moutarde noire se sème au printemps et se récolte en été avant la maturité complète des graines.

La moutarde blanche a des propriétés analogues à celles de la moutarde noire, mais moins actives; sa graine entière peut être administrée pour exciter les fonctions digestives. Dans certains pays, on l'appelle la plante au beurre, parce qu'on la cultive surtout pour fournir du fourrage vert aux vaches depuis la fin de l'été jusqu'aux gelées. On la sème alors après les moissons sur les chaumes labourés.

12° Chou marin. — Il habite le littoral de l'océan Atlantique et de la Manche ; il est cultivé comme plante potagère : on mange ses jeunes pousses qu'on fait blanchir au printemps en les privant de la lumière. Nous avons déjà parlé du crambe des Tartures, qui est une plante voisine du

chou marin; elle habite les champs sableux de la Hongrie et de la Moravie.

13° Radis. — On cultive deux espèces de radis, l'une à racine noire en dehors et blanche en de dans, l'autre à racine blanche ou rose ou violette ; toutes deux sont originaires de la Chine et employées comme condiment. Le radis noir (appelé aussi raifort cultivé) se sème à la fin de mai; on doit l'arroser fréquemment; on le récolte en hiver. Le radis rose, ou blanc ou violet se sème presque toute l'année; en hiver sur couche, en été, en pleine terre; il aime l'ombre et l'iiumidité.

[C.-E. Bertrand.!

CRUSTACES. — Zoologie, XXVL — Dernière classe du sous-embranchement des Articulés.

Nous avons indiqué, au mot Articulés, les caractères généraux des Crustacés.

Le nom de ces animaux vient de la dureté de leur système tégumentaire, due à ce que leur peau s'incruste fortement de carbonate de chaux. De là, la nécessité de mues fréquentes pour permettre l'accroissement du corps, renfermé dans une gaîne inflexible.

Les Crustacés sont presque tous marins; quelques-uns pourtant habitent les eaux douces. Une seule famille, celle des cloportes, est terrestre.

Une particularité à signaler, c'est que, lorsqu'un crustacé vient à perdre une patte par un accident quelconque, le membre ainsi perdu repousse ; tout le monde a pu voir des crabes, des homards, des écrevisses ayant une de leurs grosses pinces antérieures beaucoup plus petite que l'autre : la petite pince est un membre nouveau qui a repoussé pour en remplacer un autre, et qui n'est pas encore arrivé à croissance complète.

Classification des Crustacés. Espèces de France les plus importantes. — Les Crustacés se divisent en une dizaine d'ordres, auxquels on peut encore rattacher le groupe des Cirripèdcs, dont quelques naturalistes font une classe à part.

Ordre des Décapodes. — Cet ordre comprend des crustacés munis de dix pattes, d'où leur nom. Leurs yeux sont portés sur des pédoncules mobiles ; les branchies sont placées à la base des pattes, dans deux chambres internes. On subdivise les Décapodes en deux sections, suivant la grandeur et la forme de l'abdomen. Ceux qui ont l'abdomen très court, replié sous le céphalo-thorax, de telle façon qu'il ne se voit que si l'on renverse l'animal sur le dos, forment la section des Brachijures, c'est-à-dire courtes queues (t}'pe : le crabe) ; ceux dont l'abdomen est long et développé s'appellent les Macroures, c'est-à-dire grandes queues (type : l'écrevisse).

A. Bracliyures. — Là plupart des Brachyures ou Crabes sont marcheurs, et le dernier article de leurs pattes postérieures se termine en stylet, tandis que la première paire est munie de pinces souvent très grosses. Citons parmi ceux-là le Tourteau ou Crabe poupart i Platijcarcinus paguines, fig. 1), de très grande taille, ovalaire, d'un brun rouge en dessus, devenu rare tant on le recherche pour la table à cause du goût délicat de la chair de ses grosses pinces et surtout de son foie jaunâtre (/"«rce), qui remplit presque tout l'intérieur du corps et que l'on estime beaucoup pour faire la sauce du homard ou de la langouste ; le Crabe enragé {Carci7ius mœnos), courant de côté et assez vite, s'enfouissant dans le sable à marée basse, de couleur verdàtre, de chair médiocre ; le Maia squinado, dit arcngnée de mer, à longues pattes grêles, à carapace ovoïde et allongée, rétrécie en avant, hérissée d'épines, se vendant sur les marchés de toutes nos côtes dé l'Ouest. D'autres Crabes sont nageurs et ont les pattes postérieures terminées par un article aplati en rame, élargi, cilié sur les bords. Tels sont les Partîmes, qui ne vienn Mit pas sur la côte contre terre, mais nagent à distance, par-

CRUSTACES

CRUSTACES

fois assez loin, libres ou soutenus sur des algues flottantes. On estime beaucoup, pour le goût fin de sa chair et de son foie, ï Etrille {Portu7ius puber), d'un gi'is brunâtre, qui se cuit au courtbouiilon, comme l'ccrevisse. On va chercher ce crabe, à la marée basse, sous les rocliers et sous les pierres, qu'on fouille avec des crocs. Sur les côtes de la Méditerranée on mange les Calappes (Calappa grayiuhtta), à bouche triangulaire sur laquelle s'appliquent les pattes antérieures comprimées en largos crêtes trancliantes. Citons encore des petits Crabes de la grosseur d'un pois, à contour circulaire, les Pinnothères, qui vivent dans les moules, dont les anciens les regardaient comme les gardiens. Ordinairement la moule renferme à la fois le mâle et la femelle^ celle-ci plus grosse, à carapace plus bombée, moins consistante. Ces Crabes épuisent le mollusque par leurs morsures, le font beaucoup maigrir, et rendent sa chair peu savoureuse. Les Crabes ont pour la plupart des métamorphoses. En sortant de l'œuf, ils ont une forme très différente de celle de l'adulte, avec des pattes Inniollouses et de grandes épines courbées à la tête et au tlierax ; on y avait ' , vu longtemps des Crustacés particuliers qu'on appelait des Zoés.

B. Macroures.

— L'abdomen est muni d'appendices servant soit à la natation, soit à, retenir les œufs, qui restent quelque temps attachés en grappes sous le ventre après la ponte.

Cet abdomen à muscles puissants constitue dans diverses espèces une importante ressource alimentaire pour l'homme. Les Macroures sont des nageurs, ne marchant que peu au fond de l'eau, mais se lançant en arrière dans l'eau avec une grande vitesse par les mouvements puissants de leur addomen, que termine une large nageoire à cinq lamelles étalées.

La tribu des Astaciens (Ecrevisses et Homards) comprend des espèces sans métamorphoses. Les pattes antérieures sont fortes et terminées par une énorme pince de préhension, les pattes de la seconde et de la troisième paire également avec pince, mais grêles ; celles des deux dernières paires terminées par un seul ongle en stylet. Les Astaciens deviennent d'un beau rouge après la cuisson.

Les Ecrevisses habitent les eaux douces, vivant sous les pierres. Elles sont omnivores ; on les nourrit très bien dans les vivieri avec des ronds do carotte ou des orties hachées ; elles aiment beaucoup les chairs un peu avancées dont on munit les balances ou filets tendus sur un cercle de fer avec lesquels on les pêche la nuit ; le jour on les recherche sous les pierres. Il est très important d'interdire aux enfants la pêche des ecrevisses trop jeunes. Ce précieux crustacé, qui a de fréquentes mues, est de croissance fort lente ; il faut huit h dix ans pour former une belle écre-

visse, et leurs œufs sphériques, très gros eu égard à la taille de la femelle^nc sont qu'en petit nombre. Les cours d'eau de la France, si riches autrefois en ecrevisses, en sont bien dépeuplés aujourd'hui ; le marché parisien n'est guère approvisionné que par la Meuse, le Rhin et les exportations de la Silésie.

L'écrevisse la plus estimée {Astacus fluviatilis) est de couleur brun verdàtre, avec des pattes rougeâtres au bout; il y a des variétés bleues et certaines rougeâtres, peut-être par suite d'une insolation. UÀstacus pallipes, à pattes blanchâtres, a la chair bien moins savoureuse et se vend à moindre prix sur les marchés.

Les Homards, qui atteignent une grande taille, sont marins. A l'état vivant, leur test offre des nuances variées d'un bleu sombre. Chaque femelle produit un nombre immense de très petits œufs, jusqu'à 12 millions, dit-on ; mais beaucoup sont perdus. Cette fécondité prodigieuse retarde la dispariiion sur nos côtes de cette précieuse espèce, qui atteint un prix élevé. UHomarus marinus ou vulgaris se plaît sur nos côtes rocheuses, ^^ surtout sur cel- ^ les de Bretagne.

^ On le pêche avec — ^£^j2 des amorces de >__ viande avancée,

dans des paniers d'osierimmergés, ayant une ouverture en nasse, ou sous des. caisses de bois, retenues par de fortes pierres et que le flot de la marée montante soulève, de sorte que le crustacé se glisse en dessous et reste prisonnier quand la mer se retire.

On va aussi chercher les homards à marée basse, en fouillant avec des crocs sous les grosses pierres et à la base immergée des rochers.

Les Anglais font une consommation énorme de homards. Ils abondent sur les côtes d'Ecosse et d'Irlande ; ce sont surtout les côtes de Norvège, celles des îles Shetland et Orcades qui les fournissent au commerce britannique. Les navires de pêche ont des réservoirs annexés à la carène où on les garde vivants. Ils sont ensuite emmagasinés par milliers dans des viviers qu'alimente l'eau de mer.

La tribu des Palémoniens offre sur nos côtes des petites espèces en nombre immense, connues sous le nom général de Crevettes (fig. 2). On les pèche dans un grand filet en demi-cercle qu'on pousse devant soi, avec un manche, à travers le sable, quand la mer monte. Il faut recommander aux enfants de ne pas enlever les crevettes trop petites, car nos côtes se dépeuplent rapidement. Ces Crustacés nagent contre la côte. Leur test à demi transparent laisse voir les viscères internes.

Les Palémons proprement dits {Palemon serratus) ont en avant un long rostre denté en scie, et les deux premières paires de pattes munies d'une pince grêle. Ce sont les Chevrettes, Bouquets, Salicoques ou Crevettes rouges (après cuisson), à chair fort estimée. Les Crangons [Crangon vulgaris) ou Crevettes grises, deviennent

Platycarcinus pagunis (tourteau).

Page 1