Pagure ou Bernard-l'Hermite
CRUSTACES
CRUSTACES
scaber, des celliers et réduits obscurs et souterrains, rongeant les bouchons des bouteilles, les légumes conservés au frais.
Les Armnd'Ules sont les Cloportes des bois, se roulant complètement en boule comme moyen défensif. Ils ne sont pas nuisibles ; une espèce du midi de la France, Armadillo offlcinalis ou Cloporte des pharmacies, était autrefois employée comme remède dans les affections de l'appareil respiratoire.
Les Idotces sont de grands Cloportes marins, à corps allongé, qu'on voit courir à marée basse sur les rochers ruisselants d'eau salée.
Il y a des Isopodes de petite taille, à vie parasitaire : les Cymot/ioés, qu'on trouve sur les branchies des homards; les Bopyres, qui se fixent sous les flancs du céphalothorax des Palémons et forment ces bosselures d'un rouge noirâtre (après cuisson), bien connues de toutes les personnes qui ont mangé des crevettes rouges.
0)xh'e des Brwchiopodes. — Dans ces Crustacés, la plupart des eaux douces, les pattes, en nombreuses paires molles et membraneuses, servent à la fois à la nage et à la respiration.
Les plus fréquents sont les Apiis, atteignant la grandeur du pouce, dont la tête et le thorax sont cachés sous un grand bouclier, comme une valve de coquille que termine un abdomen en forme de queue avec une nageoire au bout fig. 4 et 5). Nous
Fig. 4. — Apus prodacLus Fig. 5. — Apus producius (en dessus), grandeur na- (eu dessous) , grîuideur turelle. naturelle.
en avons en France deux espèces d'un vert grisâtre foncé. Elles apparaissent tout d'un coup par multitudes dans des mares desséchées depuis longtemps et que remplit l'eau de pluie, ou dans les grandes flaques d'eau qui persistent quelque temps après le débordement des rivières. On reste ensuite bien des années sans revoir les Apus. 11 y en avait, il y a quelques années, un nombre immense près de Paris dans l'île de la Grande- Jatte et à Gennevilliers, et aussi dans des petits fossés des fortifications contre la porte d'Ivry. Les œufs des Apus se conservent très longtemps dans la vase desséchée, ce qui explique ces singulières et subites résurrections. Les mâles des Apus sont très peu nombreux comparativement aux innombrables légions des femelles ; ces Crustacés se dévorent entre eux quand ils ont consommé tous les détritus animaux ou les petites proies vivantes qui les entouraient.
Dans les derniers ordres des Crustacés, il faut mentionner de très petites et presque microscopiques espèces qui pullulent dans les eaux marines et surtout dans les eaux douces. Elles servent à nourrir les très jeunes poissons dès la résorption de la vésicule ombilicale de l'œuf ou vitellus ; c'est grâce h ces minuscules crustacés des eaux douces qu'on peut élever dans les aquariums de salon de jolies espèces de poissons exotiques qui sont une distraction amusante. Tels sont les Ci/clopes, n'ayant qu'un œil, à corps piriforme, à pattes natatoires non membraneuses: le» Cypris, aussi à un seul œil, à corps renfermé dans une mince coquille bivalve, comme un double bouclier ; les uaplmies, aussi à double bouclier bivalve et à pattes natatoires membraneuses qui fourmillent dans les eaux croupies et dans les tonneaux d'arrosage.
Ordre des Xypiioslres. — On commence à voir maintenant â l'état vivant, dans les aquariums d'eau de mer (ainsi au Jardin d'Acclimatation), de gigantesques Crustacés, les Limules ou Xi/p/iosures , dits Crabes des Mohiques, très abondants sur les côtes de la zone torride en Asie et en Amérique. La majeure partie de leur corps est sous un vaste bouclier très convexe, la bouche au milieu de six paires de pattes, dont le premier article hérissé d'épines fait fonction de mâchoires. Puis vient une longue et robuste queue en stylet. Les Limules restent couchés sur le sable au fond de l'eau, relevant sournoisement un des bords de ce large bouclier ; un poisson s'y glisse, comme sous une fente de rocher où il espère trouver une proie. La trappe perfide se referme aussitôt sur sa victime. (]es Limules ont de grandes analogies avec les Arachnides.
CiRRiPÈDES. — Les Cirripèdes, rangés autrefois parmi les Mollusques, et dont M. Milne-Edwards a fait un ordre des Crustacés, tandis que d'autres auteurs en ont formé une classe à part, tiennent aux Mollusques par certaines analogies avec les Mollusques Brachiopodes, mais présentent plus de rapports avec les Crustacés. Toutefois leurs affinités réelles sont masquées, à, Tétat adulte, par un de ces phénomènes de développement rétrograde comme en présentent souvent les animaux qui deviennent fixes lors de la phase de reproduction (ainsi les Crustacés suceurs parasites, les Eponges, etc.).
Les Cirripèdes sont exclusivement marins, et, à leur sortie de l'œuf, sont libres et nageurs, ressemblant beaucoup aux petits Crustacés d'eau douce si abondants dans les eaux stagnantes, les Cypris, les Daphnies, etc. Ensuite ils se fixent par la région dorsale sur des objets sous-rnarins, et leur corps, recourbé sur lui-même et plus ou moins piriforme, est renfermé dans une coquille à plusieurs pièces. Ils sont aveugles, des organes de vision étant inutiles vu leur station fixe. Leur face ventrale possède une double rangée de lobes charnus, portant chacun une paire de cirres ou longs appendices multi-articulés et ciliés, recourbés sur eux-mêmes, que l'animal fait constammeni sortir et rentrer par la fente de sa coquille multiple, et qui lui servent à saisir au passage les aliments cliarriés par les vagues. Ils respirent par des branchies.
Deux ordres bien naturels se partagent les èîres de ce petit groupe ; nous désignerons chacun par le nom de leur principal genre.
Les Anatifes ont la queue prolongée en un long tube cylindrique d'attache, qui se termine supérieurement par le corps de l'animal, protégé i l'extérieur par cinq valves dures et calcaires, dont les deux principales ressemblent assez Ji celles d'une moule. On trouve en abondance dans nos mors VAyiatifccO'iuniinc (fig. 6), dont les valves d'un blnnc de lait se détachent sur la couleur foncée des ]iarties cartilagineuses. La base immergée des rochers,