a-6 + %ab^- -f 6^ a3 + 3a*è + 3aé2 + b
Conséquences. — \. Le cube d'un nombre composé de dizaines et d'unités est égal au cube des dizaines, + 3 fois le carré des dizaines X par les unités, -+- S fois les dizaines y, par le carré des unités, 4- le cube des unités.
{d + uY = rf3 + ^dhi + 3f7u2 + 2^3.
Cette propriété sert de base à l'extraction de la racine cubique.
2. La différence entre les cubes de deux nombres co7isécutifs est : 3 fois le carré du petit nombre 4- 3 fois ce nombre + 1.
Cette propriété peut servir à faire une table de cubes à l'aide de simples additions. En effet, la différence entre deux différences consécutives ou différence seconde, est égale à 6 fois le nombre moyen :
3h« 4- 3w + 1 — [3fn — l)-' 4- 3(n —1)4-1] = 6?j.
Et la différence entre ces différences secondes ou différence troisième est constante et égale à 6.
On pourra donc par de simples additions revenir de la différence troisième aux différences secondes, au.\ différences premières et aux cubes.
Le tableau suivant, qu'on peut prolonger indéfiniment, indique la marche du calcul. Un nombre
3. Le cube d'une fraction est une fraction qui a pour numérateur le cube du numérateur de la fraction donnée, et pour dénominateur le cube de son dénominateur.
C'est une conséquence évidente de la multiplication des fractions (V. Fractions).
4. Le cube d'un nombre décmial a trois fois autant de chiffres décimaux que le nombre luimême ; car, si on l'écrivait sous forme de fraction ordinaire, on devrait tripler le nombre des zéros au dénominateur.
Le calcul des carrés, des cubes, des racines carrées et cubiques se fait aisément à l'aide de la Règle à calcul ou de l'Abaque *. Ce sont les seules méthodes pratiques dans les applications ordinaires de l'industrie. Les calculs plus précis se font à l'aide des logarithmes. [P. Robin.]
CUBE. — Géométrie, XXllI. — V. Polyèdres.
CUBE. (Minéralogie). — V. Cristal. .
CUCURBITACÉES. — Botanique, " XIX. — yEtym. : du latin cucurbita, courge, citrouille.) Définition. — Les plantes dont l'ensemble forme la famille des Cucurbitacées appartiennent aux Phanérogames dicotylédonées angiospermes. On ne sait si on doit les considérer comme gamopétales, c'est-à-dire à corolle formée de pièces adhérentes, ou comme dialypétales, c'est-à-dire à corolle formée de pièces distinctes. Brongniart les rapportait à ce dernier groupe, et les plaçait à côté des Bégonias.
Caractères botaniques. — Les graines des Cucurbitacées sont aplaties ; leur tégument peu épais, dont la surface devient mucilagineuse au contact de l'eau liquide, protège un embryon volumineux à tigelle très courte, à cotylédons très développes, plans, foliacés. Leur albumen est fort peu développé. Certaines de ces graines sont employées comme vermifuges.
A la germination, la graine est fixée' au sol par la surface de son tégument devenue mucilagineuse au contact de l'eau ; l'embryon se gonfle, fait éclater le tégument qui s'ouvre comme une boîte ; sur le côté de la tige de l'embryon se forme un renflement nommé talon, qui écarte les deux parties de la coque de la graine ; en même temps la racine se développe et s'implante dans le sol ; alors l'embryon, tiré d'une part par la racine, s'appuyant d'autre part sur le tégument par l'intermédiaire de son talon, sort complètement de son enveloppe, se redresse, prend une direction verticale et étale dans l'air ses cotylédons qui eont épigcs. Ces cotylédons verdissent et se comportent comme des feuilles ordinaires.
La racine des Cucurbitacées est pivotante, charnue, ou fibreuse et à renflements charnus.
CUGURBITAGEES
CUGURBITAGEES
La tige des cucurbitacées est grimpante ou rampante, et pour cette raison peut atteindre une assez grande longueur, tout en conservant un diamètre relativement petit; elle est herbacée et annuelle, quelquefois sous-frutescente et vivace, couverte de poils rudes au toucher. Elle s'accroche aux plantes voisines, aux arbres, au moyen de ■vTilles simples ou rameuses qui naissent isolément au niveau des feuilles.
Les feuilles des cucurbitacées sont alternes, pétiolées, simples, à nervation palmée, dentées ou palmilobées ou même palmatifides ; de même que la tige, elles sont couvertes de poils rudes.
Les fleurs jaunes eu blanches, quelquefois violettes ou rouges, sont isolées sur la tige, ou groupées en panicules ou en grappes. Elles sont ordinairement unisexuées monoïques , quelquefois dioïques et très rarement hermaphrodites.
Les fleurs mâles ou fleurs ne présentant que des étamines sans pistil sont constituées comme il suit : 1° un calice campanule à cinq lobes. — 2° Une JoroUe gamopétale insérée au fond du calice; cette corolle est plus ou moins profondément divisée en cinq lobes. — 3° Les étamines insérées vers la partie inférieure de la corolle au nombre de deux et demie ou de cinq. Quand il y en a deux et demie, on remarque trois filets bien développés, gros et courts, dont deux portent chacun deux loges d'anthère et constituent deux étamines complètes, tandis que le troisième ne porte qu'une seule loge; il forme donc avec celle-ci une demi-étamine ; les anthères sont soudées entre elles, leurs loges sont sinueuses. Dans le cas où il y a cinq étamines normales, quatre sont soudées entre elles deux à deux, et la cinquième est libre. Les anthères sont toujours extrorses, c'est-à-dire que leur ligne de déhiscence regarde la corolle.
Les fleurs femelles ou fleurs pistillées, dépourvues d'étamines, diffèrent extérieurement de la fleur mâle, en ce qu'on aperçoit, au-dessous de leur calice, un renflement dû à la présence de l'ovaire. Le calice et la corolle des fleurs femelles ne diffèrent pas de ceux de la fleur mâle. Au centre de la fleur, on voit le pistil. Ce dernier se compose d'un ovaire dit mfère, parce qu'il est au-dessous du calice et de la corolle, et d'un style court, trifide, portant trois stigmates épais, lamelleux ou frangés. Il est formé par trois ou cinq carpelles dont les placentas pariétaux très développés portent de nombreux ovules. Ceux-ci sont anatropes et bitégumentés.
Le fruit des cucurbitacées est charnu, plus rarement sec; on le nomme pépon ou péponide. Celui des melons, des courges, des concombres, ne s'ouvre pas ; celui de leoballie, qui croît en Provence, se détache de son pédoncule et lance par sa partie inférieure toute la pulpe et toutes les graines qu'il renferme. Dans d'autres cas, le fruit s'ouvre au moyen d'un opercule, ou bien ses parois se brisent d'une façon irrégulière. .
Usages des cacurbitaeées. — 1° Bryone. — Les racines de nos bryones indigènes (bryone blanche, bryone dioîque) ont des propriétés purgatives qui les font employer en pharmacie . Cette plante se rencontre dans les endroits couverts de buissons. Les Abyssiniens recherchent à titre d'aliment la racine d'une autre bryone, qui croît spontanément dans leur pays, et qu'on nomme bryone abyssinienne.
2° EcbaUie. — Les fruits et les racines de cette plante ont aussi des propriétés purgatives. On ne la cultive plus guère aujourd'hui qu'à cause de la singularité qui caractérise la dissémination de ses graines. On appelle quelquefois ses fruits des pétards, bien que la matière projetée soit un liquide mucilagineux.
3» Coloquvtte. — Les fruits de cette plante sont 2e Pautie.
doués d'une très grande amertume. Les anciens s'en servaient comme purgatif ; aujourd'hui encore, dans les campagnes, les médecins font entrer la coloquinte dans plusieurs médicaments.
4° Luffa. — Les luffa sont originaires de l'Inde et de 1 Arabie. Avant leur maturité, leurs fruits sont comestibles ; après la maturité, ces fruits dépouillés de leur écorce, puis séchés et lavés à plusieurs reprises et blanchis au soleil, fournissent de très belles éponges fort employées dans l'Inde. Les graines des luffa sont purgatives.
5° Les cucwbites, qui tirent leur nom de la forme et du volume de leurs fruits, et qui ont fait donner ce nom à la famille tout entière, comprennent : la courge, la citrouille, le potiron, dont les fruits comestibles sont employés en marmelade pour faire des tartes ou des soupes. Les graines du potiron sont employées efficarement contre le taenia ou ver solitaire. Aux cucurbites se rattachent le pâtisson ou artichaut d'Espagne, les fausses oranges, les fausses polices ; ces dernières plantes sont cultivées comme plantes d'ornement. Dans les campagnes du midi de la France, on fait sécher leurs fruits sur les armoires où ils simulent des ornements de poterie grossière.
(j° Les gourdes, dont le nom est tiré de l'usage qu'on fait de leurs fruits. Une fois mûrs, ces fruits sont séchés, perforés par une ouverture pratiquée près de leur sommet ; on fait sortir leurs graines ; le réservoir obtenu se recommande, comme bouteille portative, par sa grande légèreté et aussi comme mauvais conducteur de la chaleur, ce qui permet aux liquides qui y sont enfermés de se tenir frais plus longtemps. Parmi les gourdes les plus connues, nous citerons la gourde du pèlerin, la gourde trompette, la gourde de Corse. Les gourdes ne mûrissent que dans le midi de la France ; on sème leurs graines au printemps et on récolle leurs fruits à la fin de l'été. Il se fait un commerce local assez considérable de ces sortes de bouteilles.
7° Les concombres. — On distingue deux variétés de concombres. L'une est jaune, elle s'en ploie quelquefois comme aliment, et ses fruits se mangent crus assaisonnés de sel et de vinaigre. Ces mêmes fruits fournissent un cosmétique très recherché^ qui se fait en mélangeant leur suc à de la graisse de veau. L'autre variété de concombres, de couleur verte ou jaunâtre, porte le nom vulgaire de cornichons . Leurs fruits, cueillis avant la maturité, et confits dans le vinaigre, sont employés comme condiment. Les concombres se sèment sur les couches à melon, de décembre à la lin de mars, et en place dans des trous recouverts de fumier et de terreau en avril et mai. Pour obtenir certaines variétés hâtives, on les taille d'une façon spéciale. Les cornichons se sèment en place en avril, mai et juin.
8" Le melon, plante voisine des concombres, dont les fruits sont mangés crus soit après le potage, soit au commencement du dessert. Le melon est très indigeste ; aussi convient-il d'absorber une petite quantité de vin riche en alcool après l'ingestion de cet aliment. Chez quelques personnes le melon provoque des vomissements et détermine quelquefois tous les caractères d'un empoisonnement. La culture des melons n'est facile et productive que dans les pays méridionaux. Dans les pays du Nord, on les élève sous châssis et sous cloche presque jusqu'à la maturité ; les soins nécessaires pour mener à bien les quelques fruits obtenus font de ceux-ci un mets de luxe. Nous ne pouvons indiquer ici le détail des opérations de la taille, du renouage, du repiquage, qui constituent cette culture.
9° Le pastèque ou melon d'eau a des fruits analogues à ceux du melon, verts à l'extérieur, roses à l'intérieur; cette chair rose très aqueuse et très
CUIR
CUIR
rafraîchissante ne peut être appréciée que dans les pays chauds. [C.-E, Bertrand.]
CUIR. — Chimie, XXVII. — On appelle cuir, d'une façon générale, toute peau rendue imputrescible. Quelquefois, dans le langage ordinaire, on appelle aussi cuir la peau épaisse naturelle du bœuf, du cheval, du rhinocéros, etc. ; on dit même le cuir chevelu pour désigner la peau du crâne de l'homme.
Les préparations des diverses espèces de cuirs constituent plusieurs industries de la plus grande importance: la tannerie en tête, la mégisserie, la chamoiserie, la maroquinerie, etc. L'ensemble de ces diverses industries représente en France un produit annuel dépassant aoO millions de francs.
Cuirs crus; peaux conservées. — On donne le nom de cuirs c?-wv ou cuirs verts aux peaux fraîches qui viennent directement de l'abattoir, et celui de peaux sèches ou penux salées aux peaux qui nous sont fournies par l'Amérique du Sud et qu'on a desséchées ou salées pour qu'elles puissent se conserver pendant la traversée. Buenos- Ayres, Bahia, Fernambouc nous expédient aujourd'hui des quantités considérables de peaux salées et de peaux sèches ; elles sont principalement employées à faire des cui7-s forts, utilisés dans la fabrication des semelles de chaussures, des courroies et de tout ce qui, dans la carrosserie et la sellerie, exige un cuir dur et épais.
iTannage. — Le tannage a pour but principal de former une véritable combinaison de la peau avec le tannin ou acide tannique. Une peau ainsi pénétrée de cette substance est dite tannée : elle est imputrescible, et peut supporter l'humidité sans s'altérer. Le tannin est fourni par l'écorce du chêne principalement ; celle-ci est séchée, puis réduite en poudre dans des moulins dits moulins à écorce. Les Ardennes, la Nièvre et quelques contrées de la Bourgogne font un grand commerce d'écorces de chêne destinées à la tannerie. On tanne aussi avec l'écorce de saule, de bouleau (cuirs de Russie), avec le sumac, l'écorce de cliàtaignier, et enfin nous avons vu à l'Exposition universelle des cuirs parfaitement tannés, quoiqu'un peu pâles de couleur, avec le bois d'Amérique dit le Quebraco. La poussière d'écorce s'appelle tan, et on donne le nom de tannée au tan en partie épuisé. La dissolution roussâtre de la tannée dans l'eau est une liqueur acide (acide tannique et acide gallique), dans laquelle on plonge les peaux avant de les soumettre à l'action du tan neuf.
Le tannage proprement dit est précédé et suivi de diverses opérations que nous allons successivement décrire.
1° Le pelanage on plainage ou plamage. — On débarrasse d'abord les peaux des parties inutiles, telles que la queue, les cornes, les oreilles, qu'on appelle Vémouche' ; puis on les lave à l'eau courante pendant plusieurs jours ; on les étire au chevalet, et enfin on les place dans des cuves contenant de l'eau de chaux. Cette opération dure à peu près un mois. Tous les huit jours on les sort de la cuve, et on les retrempe dans de l'eau de chaux de plus en plus concentrée.
Epilage ou débourrage. — Les peaux qui ont été passées à la chaux sont gonflées, ramollies, et le poil peut en être facilement arraché; on l'enlève alors en les raclant à rebrousse-poil avec un couteau rond émoussé, puis avec un morceau de grès qui les rend unies. Quand on a préalablement traité les peaux par la soude, l'épilage se fait très facilement. Les peaux ne sont pas encore soumises au tannage; elles doivent cire d'abord gonflées, afin que le tannin puisse les pénétrer complètement. Pour produire le gonflement nécessaire, on les met pendant une quinzaine de jours dans de la t'ijinéf, où elles subissent en même temps un premier tannage.
Tannage proprement dit. — Le tannage se fait dans des cuves cylindriques de 2 à3 mètres de diamètre, et autant de profondeur; on y dispose les peaux horizontalement, par couches séparées par du tan ; elles restent ainsi pendant un temps variable, de deux à six mois; on renouvelle alors le tan et on retourne les peaux, puis on les laisse ainsi de nouveau pendant un temps qui varie de trois à quatre mois.
Cuirs forts. — Avant l'épilage des cuirs forts, on soumet les peaux pendant un ou deux jours à une température de .30° dans des chambres spéciales, ou bien on fait agir sur elles de la vapeur chaude; il s'y produit un commencement de putréfaction qui rend l'épilage très facile. On les plonge ensuite dans un bain de tannée acidulé par de l'acide sulfurique, puis enfin dans les cuves à tannin où elles restent pendant près de deux ans.
A leur sortie des cuves, les cuirs sont séchés lentement, puis frottés avec du tannin sec, et soumis au martelage ou à une grande pression sous des planches chargées de pierres, de manière à les rendre lisses et unis. Les cuirs bien tannés ne doivent pas offrir, quand on les coupe, la raie blanche qui indique qu'ils n'ont pas été assez nourris, ce qu'on désigne par crudité des cuirs.
Divers procédés de tannage. — La longue durée du tannage des peaux, qui exige par conséquent de la part du tanneur une grande avance de capitaux, a souvent tenté les inventeurs, et de nombreux procédés de tannage rapide ont été essayés, mais sans grand succès; nous indiquerons seulement les principaux, en faisant remarquer toutefois que l'action du tannin sur les peaux paraît devoir exiger un temps assez long pour que l'ancien procédé que nous venons de décrire et qui est encore presque exclusivement employé, soit considéré comme de beaucoup le meilleur.
Depuis longtemps déjà on a essayé de transformer les peaux en cuir par l'action de l'acide sulfurique étendu d'eau ; aujourd'hui l'usage de cet acide corrosif n'est pas complètement abandonné, quoique les résultats qu'il donne soient en général très mauvais; il ne faut pas confondre l'emploi de l'acide sulfurique comme moyen de tannage rapide, avec l'usage qu'on en fait pour faciliter l'épilage et le gonflement des peaux.
On appelle tannage au sippage un moyen de tannage assez rapide qui vient, paraît-il, du Danemark, et qui consiste à comprimer la dissolution concentrée du tan dans des sacs formés des peaux que l'on veut tanner.
Un autre procédé consiste à suspendre les peaux dans des caisses où on a mis du tan et où on fait le vide. Dans le procédé Gibbon, on introduit le tan sous une forte pression dans les peaux cousues en forme de sacs. Enfin on a même essayé d'acti- • ver le tann.Tge en soumettant les peaux à l'action de courants électriques dispersés.
Corroierie. — En sortant du tannage, les cuirs qui ne sont pas destinés à faire des semelles sont ramollis avec de l'eau, puis assouplis par un battage au moyen d'une bigorne en bois; ensuite on leur donne une épaisseur uniforme en les raclant du côté de la chair avec un butoir ou couteau émoussé, puis du côté des poils avec un couteau à revers ; on les fait ensuite sécher; enfin on tes tire à la paumelle, opération qui consiste à les frotter fortement sur l'une et l'autre des laces avec un outil de bois appelé paumelle.
Les cuirs subissent ensuite différents traitements variables selon les usages auxquels on les destine, et dans les détails desquels nous ne pouvons pas entrer ici. Nous d'rons seulement que les cuirs en suif, qui sont principalement employés par les bourreliers, sont des cuirs imbibés de suif par les deux faces ; les cuirs de vaches çjrises sont des cuirs en suif préparés avec soin ; les cuirs en huile
CUIR
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sont préparés comme les précédents, seulement on a remplacé le suif par de l'huile de poisson. Les cuirs dits vaches de cire sont les cuirs fins du bourrelier ; les cuirs façon d'Angleterre, qui servent aux harnais, ont conservé la nuance fauve naturelle.
Mégisserie. — Le mégissier prépare les peaux non pelées qui servent à faire des fourrures, les peaux blanches de la ganterie et les doublures de chaussures. Ce ne sont pas à proprement parler des peaux tannées. On les traite par un mélange d'alun et de sel qui donne du chlorure d'aluminium. Les peaux qui doivent perdre leur poil sont, avant toute autre préparation, traitées par un mélange de chaux et de sulfure d'arsenic.
Chamoiserie. — Cette industrie prépare spécialement les peaux destinées aux vêtements. Elle utilise principalement les peaux de chamois, de daim, de bouc, de chèvre, d'agneau ; elles ne sont nullement tannées, mais assouplies par une absorption d'huile.
Maroquinerie. — Autrefois tous les maroquins nous venaient de l'Orient ou du nord de l'Afrique ; on ne les fabrique en France que depuis cent ans.
Les maroquins sont des peaux de chèvre ou des peaux de mouton , qu'on appelle alors moutons maroquinéSf qui, après avoir été tannées à la noix de galle ou au sumac, sont ensuite colorées en jaune, en bleu, en violet ou en rouge: ces dernières sont les plus belles. On a aussi des maroquins noirs. La couleur rouge est due à la cochenille. Le jaune est obtenu par l'épine- vinette, le noir par un mélange de rouille et de vinaigre faible, le bleu par l'indigo. Le violet s'obtient en passant successivement les peaux dans du bleu et dans de la cochenille.
Cuirs préparés d'une façon spéciale. Basanes. — Les basanes sont des peaux de mouton d'assez faible valeur, employées cependant à de nombreux usages. On en fait des dessus de tables, des portefeuilles, des fauteuils, des étuis, des garnitures de chapeaux, des tapisseries. Les reliures de livres se font avec des basanes préparées à l'alun.
Chagrin. — On appelle ainsi un cuir tanné, solide et gi-enu, qu'on prépare en Orient avec de la croupe de cheval ou d'âne. Les petits mamelons qui caractérisent le chagrin s'obtiennent en faisant sécher les peaux après les avoir saupoudrées de graine de moutarde. En Europe on fabrique des imitations de chagrin en comprimant des peaux de mouton avec des planches mamelonnées artificiellement.
Cuî;'5 de Russie. — On appelle ainsi des cuirs préparés à la façon ordinaire, puis plongés pendant plusieurs jours dans une décoction d'écorce de saule et de bouleau. Les bons rui)-s de Russie ont une assez grande valeur ; ils se conservent très bien, et ont une odeur caractéristique.
Cuirs de Hongrie. — Ce sont des cuirs non épilés, mais rasés et préparcs au chlorure d'aluminium ; ils sont généralement très forts, et sont surtout utilisés dans la sellerie.
Cuir bouilli. — Le cuir bouilli sert à fabriquer des casques militaires, des tabatières, des bouteilles, des chapeaux, etc. ; on l'obtient en soumettant le cuir à l'action d'un mélange bouillant de cire et de résine.
Cuirs vernis. — Les cuirs vernis sont très employés dans la sellerie, la carrosserie et la fabrication des chaussures ; pour les préparer on soumet la peau, qui a été soigneusement tannée, à un ponçage répété, qui a pour but de la rendre propre à recevoir Vappi-ét. On la recouvre • ensuite par les deux faces d'un mélange de minium, d'huile de lin, de craie et d'ocre. Quand celui-ci est bien sec, on la recouvre d'un nouveau mélange de minium, d'huile et de bleu de Prusse (V. Cyanogène). La
peau est alors prête à recevoir le vernis. Les ver« nis sont de différentes couleurs ; le noir, qui est le plus employé, consiste en un mélange de minium, d'huile, de bleu de Prusse, de bitume de Judée et de vernis au copal. La fabrication des cuirs vernis, qui est connue en Angleterre depuis cent ans, a été introduite en France dans les premières années de ce siècle par Plummer de Pont- Audemer ; cette fabrication a été depuis perfectionnée par Nys et par M. Chapman de Pont-Audemer.
Statistique. — Nous avons dit au commencement de cet article que la tannerie était une industrie des plus importantes; nous pouvons ajouter que la tannerie française ne le cède à aucune autre, surtout au point de vue de la qualité et de la beauté de ses produits. L'Exposition de 1S78, où elle était représentée par 800 exposants de cuirs, de peaux, de matières tannantes et de matériel se rattachant à l'industrie des cuirs, a comfirmé cette supériorité d'une manière éclatante. « Pour les gros cuirs, la véritable raison de cette supériorité, dit un homme compétent en ces matières, M. J.-B. Moulin, pourrait bien être dans ce fait, que la plupart de nos tanneurs français se sont appliqués à conserver le vieux principe du tan et du temps. Les cuirs qui attiraient dans la section française l'attention des connaisseurs, et qui étaient incontestablement supérieurs aux cuirs étrangers, étaient des cuirs tannés à l'écorce de chêne et restés longtemps en tannerie. » Ceci correspond parfaitement à ce que nous disions plus haut des autres procédés.
Voicf quelques chiffres que nous extrayons du journal la Halle aux Cuirs, et qui donneront au lecteur une idée assez exacte, sinon complète, de l'importance de la tannerie en France.
Ils ont été pris sur les états de douane de 1876.
Importations. Exportations. Totaux
Peaux brutes 157 272 351' 35 167 339' 192 439 690
Pelleteries 11336 162 4 222 849 15 579 011
Peaui préparées . 35 579 609 77 595 824 lU 175 433 Ouvrages en peaux
et en cuirs 2 870 627 157 491235 160 361862
On estime le nombre des animaux abattus annuellement en France à l,SOO,0(iO; Paris seul livre à la consommation les cuirs de 2li>,000 animaux, et ces chiffres ne font que s'accroître.
Tableau des animaux abattus à Paris en 1877 :
Bœufs 145 087
Vaches (il 552
Taureaux 13 189
Nous recevons annuellement de l'étranger environ deux millions de cuirs représentant un poids de 38,592,838 kilog. Les pays d'où nous tirons principalement les cuirs bruts nécessaires à notre industrie sont: le Chili, le Pérou, les Etats-Unis du Nord, le Brésil, l'Uruguay et le Rio de la Plata. En dehors de l'Amérique, les autres parties du monde nous envoient peu de cuirs ; ceux du Maroc et du Sénégal arrivent surtout à Marseille.
C'est principalement à Londres qu'arrivent les cuirs des Indes, de la Chine, dos colonies anglaises, du Cap, d'Australie, etc.
Nous recevons d'Europe une grande quantité de cuirs bruts d'Allemagne, de Hollande, de Suisse. Les peaux de buffle se rencontrent sur les marchés d'Amsterdam et de Rotterdam. On tanne aussi maintenant des peaux de crocodile et de serpent.
L'industrie de la préparation des peaux est extrêmement ancienne. De tout temps les hommes se sont servis de la peau des animaux pour se vêtir. Ils l'ont d'abord employée à l'état brut et
CUIVRE
CUIVRE
simplement séchée ; puis ils ont appris à lui donner plus de solidité et à la rendre imputrescible, d'abord par l'enfumage, ensuite en l'imprégnant de solutions astringentes et tannantes. Il y a bien peu de villages aujourd'hui en Europe qui ne possèdent pas au moins une tannerie. Les centres les plus importants de cette fabrication en France sont : Givet, Pont-Audemer, Saint-Saens, Romans, Cliâteau-Renault, Sanlieu, Hemicliemont, Levroux. Grenoble est le centre d'un grand commerce de pelleterie ; la petite ville de Saint-Junien (Haute- Vienne) compte trente établissements de mégisserie qui préparent annuellement plus de 500,000 peaux de mouton représentant une valeur de :2, 000,000 de francs. Annonay,qui depuis longtemps est en France à la tête de la mégisserie, emploie à cette industrie plus de 2n(i0 ouvriers préparant chaque année de 12 à 15 millions de peaux.
[Alfred Jacquemart.]
CUIVRE. — Chimie, XIX. — (Etym. : du latin Cuprum; du grec Kypros, Cliypre, île où il paraît avoir été exploité dès la plus haute antiquité). Formule chimique : Cu; équivalent rapporté à l'hydrogène, 31.
Etats du cuivre dans la nature. — Le cuivre se rencontre assez fréquemment à l'état libre (natif), ce qui explique comment il a été probablement le métal le plus anciennement exploité. On le trouve ainsi dans les sables, en Bolivie, aux Etats- Unis, en Espagne. On le trouve aussi en dendrites, en lamelles et en masses arrondies plus ou moins grosses, dans les roches qui avoisinent les dépôts de sulfures, de carbonates et d'oxydes de cuivre ; on cite une masse de cuivre natif trouvée au Canada et qui pesait 3000 kilogrammes. Mais ce sont les minerais d'oxyde (cwàve oxydulé),de cai'bonate {cuivre carbo7iaté vert, vert de montagne ou malachite; cuivre carbonate àleH,Cî(ivre azuré ouazurite), et surtout le sulfure de cuivre et de fer {cuivre pijriieux, cuivre jaune ou chalkopyrite), que l'on exploite le plus en grand. On les rencontre principalement en filons dans les Cornouailles, en Norvège, en Hongrie, en Allemagne. Dans le Harz, au Mexique, dans les Pyrénées, et à Sainte-Marie dans les Vosges, on exploite un sulfure à base de cuivre, de zinc, d'arsenic, de fer et d'argent ; ce dernier métal en est souvent la principale richesse.
Métallurgie. — Pour séparer le cuivre du fer et du soufre, on soumet le minerai à des opérations trop longues et trop compliquées pour être décrites ici ; qu'il nous suffise de dire qu'après un premier traitement on obtient un produit appelé 7natte qui contient beaucoup de matériaux étrangers; en poursuivant le traitement, la matte se débarrasse du fer et du soufre, et produit le cuivre noir, très riche en cuivre (95 p. 100). En projetant sur le métal en fusion un peu d'eau froide, on obtient une plaque solide à contour irrégulier, appelée cuivre rosette. Ce cuivre est cassant; on le fond enfin sous une couche de charbon, et il devient le cuivre rouge ductile qu'on livre au commerce. On obtient du cuivre très pur, dit cuivre de cément, en précipitant par le feu le cuivre des eaux qui ont servi au lavage des minerais.
Propriétés du cuivre. — Le cui\Te écroui a pour densité 8,9; sa couleur rouge permet facilement de le reconnaître ; c'est après le fer le métal le plus tenace. Un fil de cuivre de 2""" de diamètre supporte sans se rompre un poids de 135 kilogrammes. Frotté entre les doigts, le cuivre dégage une odeur spéciale désagréable ; il fond vers 1150°, et en se refroidissant il cristallise en cube. Chauffé au blanc, il donne des vapeurs qui brù'ent avec une flamme verte caractéristique. Un fil de cuivre introduit dans la flamme de la lampe à alcool la verdit immédiatement. Le cuivre se conserve parfaitement à l'air sec, mais, dans l'air humide, il se recouvre de vert-de-gris (hydrocarbo-
natc de cuivre). L'acide sulfurique l'attaque à ciiaud en donnant du sulfate de cuivre (vitriol bleu) et de l'acide sulfureux. Il se dissout dans l'acide azotique, en donnant de l'azotate de cuivre et du bioxyde dazote. Quand on chauffe du cuivre avec du soufre, la combinaison s'opère vivement avec incandescence. Enfin le cuivre chauff'é brûle dans le chlore (V. Combustion et Chlore). Le cuivre est très ductile et très malléable ; on en fait des feuilles assez minces pour être faiblement translucides et laisser passer la couleur verte.
Usages. — On se sert du cuivre pour fabriquer un grand nombre d'ustensiles de cuisine. Dans ce cas il doit être étnmé, car le vinaigre, les corps gras attaquent le cuivre, et forment avec lui des combinaisons verdàtres, dont l'absorption par les organes digestifs peut présenter de grands dangers. Nous ajouterons cependant que quelques médecins et chimistes soutiennent absolument que les composés du cuivre sont inoffensifs. Le cuivre est employé au doublage des navires ; il sert à la fabrication des fils électriques; il est aussi extrêmement employé à l'état d'alliage {S. Alliages). Les alliages du cuivre et de l'étain sont : le bronze des canons jaunes ; le chrysocale, h; tombac qui contiennent en outre du zinc ; le laiton ou cuivre jaune, le plus employé peut-être, d'une composition qui varie avec les usages auxquels on le destine ; mais il est toujours principalement formé de cuivre et de zinc ; quand il doit être martelé, il contient 70 p. 100 de cuivre, 30 de zinc.
Les épingles ordinaires sont du laiton étamé ; le maillecliort, très employé dans la fabrication des services de table, est formé de cuivre, de zinc et de nickel. Enfin le cuivre est employé à la fabrication des monnaies d'une valeur inférieure à 0 fr. 50.
Principaux composés du cuivre. — Sulfate de cuivre, ou couperose bleue, ou vitriol bleu. — Le sulfate- de cuivre a pour formule CuO,S03,5HO. C'est un beau sel bleu qu'on rencontre dans le commerce sous forme de gros cristaux parallélipipédiques obliques, qui s'efûeurissent à l'air sec. Vers 100° ils deviennent blancs en perdant les quatre cinquièmes de leur eau ; plongés alors dans une liqueur qui contient de l'eau, ils reprennent la forme cristalUne et rebleuissent. Ils ont une saveur métallique, styptique et désagréable. Au blanc le sulfate de cuivre se décompose, et donne comme résidu de l'oxyde de cuivre ; à é' les cristaux se dissolvent dans trois parties d'eau, à 100° dans 0,55 d'eau. La dissolution bleue donne avec l'ammoniaque un précipité blanc qui se redissout dans un excès en donnant une belle liqueur bleu foncé qu'on voit souvent à la vitrine des pharmaciens et qu'on appelle \'eau céleste. Une lame de fer qu'on y plonge se recouvre immédiatement d'une couche de cuivre rouge qui permet de reconnaître j5^j^ de cuivre (Wurtz).
Préparation du vitriol bleu. — On l'obtient en grand dans les arts en grillant le sulfure de cuivre ; on lessive ensuite la masse avec de l'eau chaude. Le sulfate de cuivre ainsi obtenu contient du sulfate de fer dont on le débarrasse ensuite.
Usages. — Le vitriol bleu est fort employé dans la galvanoplastie, dans la teinturerie, etdans la fabrication des couleurs ; il sert en outre à chauler le blé.
Carbonate de cuivre. — Le carbonate de cuivre existe dans la nature malachite et azurite), mais celui qu'on emploie dans la peinture à l'huile sous le nom de vert minéral est préparé en versant du carbonate de potasse ou de soude dans un sel de cuivre. La patine verte qui se forme à l'air à la surface du cuivre et des bronzes, et qui est connue sous le nom de vert de gris, est un carbonate de cuivre hydraté.
CUIVRE
CUNEIFORME
Acétate de cuivre. — Ce sol est connu dans le commerce sous le nom de verdet cristallise ; on le rencontre sous forme de beaux cristaux verts ayant pour formule CuO, OHSQ', HO, et résultant de la combinaison de l'oxyde de cuivre avec l'acide acétique*.
Chauffé à l'air, il brûle avec une flamme verte. Dans le midi de la France, on le prépare en plaçant dans des pots de grès des lames de cuivre alternant avec des couches de marc de raisin. Ce sel est employé en grand dans la fabrication d'un grand nombre de couleurs, et principalement du vei^t de Schweinfurt (mélange d'arsénite et d'acétate de cuivre \
Usages médicaux des sels de cuivre. — Plusieurs sels de cuivre sont employés en médecine ; à l'extérieur ce sont des stimulants et des corrosifs. Les pilules dites de Gerbier, employées contre les cancers, contiennent du sous-acétate de cuivre. En Angleterre le sulfate de cuivre est employé comme vomitif ; il est aussi en usage dans le traitement de certains ulcères fongueux; à l'intérieur il stimule et irrite les muqueuses.
Action torique des sels de cuivre. — On a constaté que 30 à 40 grammes de sulfate ou d'acétate de cuivre introduits dans l'économie peuvent mettre la vie en danger. Dans d'autres cas des doses beaucoup plus fortes n'ont pas occasionné la mort. Le cuivre se rend principalement dans le foie et les reins. Après la mort on constate que la muqueuse du canal digestif est rouge, épaissie, érodée, quelquefois perforée. Les symptômes d'empoisonnement par le cuivre sont ceux des poisons irritants: saveur cuivreuse, acre, langue sèche, soif excessive; l'abdomen est ballonné et douloureux, le pouls est petit, irrégulier, rapide. Le malade a des selles abondantes et sanguinolentes, des crachotements continuels; des mouvements convulsifs, des tremblements tétaniques, ou bien une insensibilité complète précèdent la mort.
La saveur styptique ainsi que la coloration bleue des sels de cuivre peuvent souvent mettre en garde contre leur présence dans les aliments.
Mais les ouvi-iers qui les manient journellement peuvent être sujets à un empoisonnement chronique qui, il faut le dire, est cependant assez rare ou plutôt assez bénin quand il se produit. La colique de cuivre , qui est bien moins dangereuse que la colique de plomb, est accompagnée de vomissements bilieux et de diarrhée.
Contre-poisoni. — On administre' au malade la plus grande quantité possible de blancs d'oeufs délayés dans de l'eau, puis on provoque les vomissements. Si le poison est déjà dans les intestins, on administre un purgatif; on traite les coliques par les boissons émollientes et les potions huileuses. On ordonne aussi le lait, le sucre, la limaille de fer qui agit en précipitant le cuivre (Wurtz).
Circonstances particulières dans lesquelles on peut être empoisonné par le cuivre. — Le cuivre est très employé soit à l'état métallique, soit à l'état de combinaison ; il n'est donc pas rare qu'il donne lieu à des accidents plus ou moins graves. Li's plus nombreux résultent d'aliments préparés dans des vases en cuivre et dont la nature provoque l'oxydation du métal ; car, chose à retenir, les confiseurs se servent constamment de vases en cuivre sans le moindre inconvénient, parce que le sucre qu'ils emploient agit comme désoxydant.
Certaines espèces de thé vert ne doivent leur belle couleur qu'à la présence du carbonate de cuivre, qui est un poison. Le vert de Schecle et le vert de Schweinfurt, qui sont également toxiques, entrent souvent dans la coloration des bonbons et quelquefois dans celle des conserves.
Le sulfate de cuivre a trop souvent servi à voiler l'aspect anormal des farines avariées.
[Alfred Jacquemart.]
CULTURE. — Agriculture, l. — On comprend sous le nom générique de culture l'ensemble des travaux par lesquels l'homme tire du sol les produits végétaux dont l'obtention est le but de l'agriculture. Les labours, les semailles et plantations, les travaux de récolte, etc., sont autant d'opérations de culture. Suivant que ces opérations ont pour but telle ou telle nature de produits, elles forment un ensemble déterminé: ainsi, on dit culture du blé, culture des arbres fruitiers, culture des légumes, etc.
A côté de cette signification générique, le mot culture a trouvé plusieurs autres applications. La principale est celle dans laquelle cette expression est employée pour désigner l'étendue relative d'une exploitation agricole. Ainsi on dit : petite culture, moyenne culture, grande culture, comme synonymes de petites exploitations, exploitations d'une étendue moyenne, et exploitations d'une étendue considérable. En France, dans le langage ordinaire, une exploitation appartient à la petite culture, quand son étendue ne dépasse pas 20 hectares ; jusqu'à KiO hectares, une exploitation appartient à la moyenne culture ; au delà de 100 hectares, elle entre dans la grande culture. On a beaucoup discuté sur les avantages et les inconvénients de la petite culture ; en fait, la production du sol a augmenté presque toujours à mesure que l'étendue des exploitations est devenue plus restreinte. Mais il ne faut pas confondre la division de la propriété avec le morcellement ou parcellement, qui consiste dans la division des héritages en parcelles séparées et souvent éloignées les unes des autres. Le parcellement ofl're, au contraire, de graves inconvénients que la réforme de la loi sur les partages pourrait seule faire disparaître.
On dit encore : système de culture, pour désigner l'ensemble des métliodes adoptées dans l'exploit ition d'un domaine. On trouve sur ce sujet des détails suffisants aux mots Assolements et Exploitations rurales.
Les deux expressions culture intensive et culture extensive sont souvent employées, par opposition l'une à l'autre. On doit entendre par culture extensive celle qui se contente des moyens d'exploitation tirés du sol même du domaine et de ses produits. La culture intensive est, au contraire, celle qui, pour entretenir et. accroître la production du sol, a recours aux engrais commerciaux. Cette ligne de démarcation est la seule qui puisse logiquement séparer ces deux systèmes d'exploitation.
Le mot cidture entre dans la composition de mots qui désignent les différentes branches de l'exploitation du sol. Ainsi : agriculture, ou culture des champs ; arboriculture ou culture des arbres ; horticulture ou culture des jardins ; praticulture, ou culture des prairies ; sylviculture, ou culture des forêts ; sériciculture, ou exploitation des vers à soie; viticulture, ou culture de la vigne, etc.
[Henry Sagnier.]
CULTURE (Instruments de). — V. Instruments aratoires.
CUNÉIFORME (Écriture). — Histoire générale, n. — (Etym. : en forme de com.) On devrait plutôt dire en forme de clou, d'après l'aspect général du principal élément T qui entre dans la composition de cette écriture. Les Anglais ont parfois substitué à l'épithète cunéiforme ou cunéatique, employée d'ordinaire, l'épithète arrow-headed (à tête de flèche), qui n'a pas été adoptée dans l'usage commun.
L'écriture cunéiforme se compose actuellement de trois éléments, dont la combinaison donne naissance à une foule innombrable de caractères :;