‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 439 sur 593 · États-Unis · texte numérisé non relu

États-Unis

Au premier aperçu, on notera combien les chiffres sont différents et combien ils ont varié. Si nous considérons le plus grand nombre des États, nous constatons que la dette a une tendance marquée à s'accroître, et cependant dans deux États des plus riches, en Angleterre et dans les Pays-Bas, elle a diminué; le maximum qui avait été atteint en 1820 a toujours baissé depuis. 11 n'en a pas été de même en France, car la dette, après avoir suivi une progression croissante jusqu'en 1848, a plus que triplé en ls70, et nous trouvons ce dernier chiffre doublé en 1877 et s'élevant à "26 milliards ! La dette anglaise n'a pas dépassé 22 milliards. Ces chiffres, si on s'en tenait à eux seuls, étonnent l'imagination, et on se demande comment les populations ont pu supporter de pareilles charges. Pour en trouver l'explication, il faut observer le milieu dans lequel ces transformations ont eu lieu, tenir compte du nombre des habitants, de leur richesse, de la valeur relative de l'or et de l'argent, du taux auquel les emprunts ont été conclus.

Ainsi la densité plus grande de la population,

DETTE

DICOTYLEDONES

•n répartissant la charge sur un plus grand nom- Dre de têtes, en rendra le poids plus léger, quoique la masse soit plus lourde.

Il en sera de môme si la richesse marche du même pas que la decte : la part qu"on en retire pour le paiement des intérêts, quoique plus grande, ne fera pas une brèche proportionnellement plus grande aux revenus de la nation.

En Angleterre, si on estime le revenu de la nation en 1784 et en 1870, on constatera qu'une dette de 9000(00, dans le premier cas, absorbait 6 0/0, tandis qu'une dette de 24000000000, dans le second cas, ne prélève que 2 0/0 !

Comme dans la plupart des phénomènes économiques, les chiffres, les sommes que l'on constate n'ont toujours qu'une importance relative, et on se tromperait si on voulait conclure sans tenir compte des circonstances dans lesquelles on les observe.

En France, malgré l'accroissement inouï de la dette (26 milliards de francs), pour un revenu national qu'on estime de 24 à 26 milliards, le prélèvement annuel pour payer les intérêts dépasse à peine 5 0/0 !

La répartition par tête de la dette de chaque nation ne donne pas une idée aussi juste de la charge qui en résulte. Le tableau ci-dessus établit que pour l'Angleterre, en 1870, la proportion par tête était de 19'',6.S, alors qu'elle n'était que de 12'',15 en France. Eh bien, la différence des deux sommes indique sans doute là. où on perçoit la plus forte, mais ne peut faire sentir le poids dont elle pèse sur les épaules des contribuables, parce que ces deux chiffres n'indiquent pas la richesse de ces derniers et la proportion qu'on retire sur leur avoir.

Pour rendre le problème moins complexe et se rendre un compte immédiat du poids de la dette, il est plus simple de comparer le chiff're de la dette à celui du budget et de rechercher pour quelle part elle entre dans les dépenses publiques.

La proportion que l'on observe indique tout de suite si les contribuables peuvent supporter le sacrifice qu'on leur demande sans compromettre les services publics indispensables à la marche des affaires.

Si nous étudions la question à ce point de vue, voici ce que l'observation nous apprend :

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