‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 446 sur 593 · Exercices et problèmes · texte numérisé non relu

Exercices et problèmes

Diviser 8543 par 9, le quotient est 949 et le reste 2

— 62-JlO — 8, — 7777 — 0

Partager 1242" entre 9 personnes. (Part de chacune : l:i."'f).

En 365 jours combien y a-t-il de semaines ? Rép. : 52, et il reste 1 jour.

hes porteurs portent respectivement 22 kilofj., 29 kilog., 31 kilog., 18 kiloy. et 25 kilo;/.; quelle serait la charge de chacun, si la charge totale était également iépartie? Rép. : La charge totale est 125 kilogrammes ; dans l'hypothèse d'une égale répartition, chacun porterait le cinquième de cette charge, c'est-à-dire 25 kilogrammes.

6. — Nous supposerons maintenant que le diviseur ait un nombre de chiffres quelconque, mais que le dividende soit moindre que 10 fois le diviseur, ce qu'on reconnaîtra sur-le- champ en

DIVISION

— GOo —

DIVISION

mettant par la pensée un zéro à la droite du diviseur. Et soit à diviser 3 345 par 459. Le quotient n'ayant qu'un chiffre, on pourrait l'obtenir par tâtonnement en multipliant successivement le diviseur par 1, 2, 3, 4. etc., jusqu'à ce qu'on obtienne deux produits consécutifs comprenant entre eux le dividende ; le multiplicateur ayant donné le plus petit de ces deux produits serait le quotient demandé. Ainsi, dans l'exemple actuel, on trouvera que le dividende 3 34ô est compris entre 3 213, produit du diviseur par ', et 3672, produit du diviseur par 8. Le quotient demandé est donc 7, et le reste de l'opération est la différence entre 3213 et 3 345, c'est-à-dire 132.

Mais on abrège le tâtonnement de la manière suivante. On considère les plus hautes unités du diviseur, ici 4 centaines, et les unités du même ordre du dividende, ici 33 centaines. On divise 33 par 4, le quotient 8 est le chiffre que l'on cherche, ou bien un chiffre trop fort.

Il ne peut pas être trop faible, car le produit des 4 centaines du diviseur par 9 serait plus grand à lui seul que le dividende ; mais il peut être trop fort à cause des centaines qui peuvent provenir de la multiplication des dizaines et des unités du diviseur pour le chiffre 8, et du reste de l'opération s'il y en a un.

Ici, on reconnaît que 8 est trop fort, on le diminue d'une unité, et le produit de 459 par 7 étant moindre que le dividende, on en conclut que 7 est le véritable chiffre du quotient. — On dispose l'opération comme plus haut :

7. — Supposons enfin que nous ayons à diviser l'un par l'autre deux nombres entiers quelconques, par exemple 2701S6 par 3(j5. La première chose à faire est de chercher combien le quotient aura de chiffres; pour cela on suit la règle suivante : on prend sur la gauche du dioidende assez de chiffres pour former un iiombre qui contienne le diviseur au moins une fois, et moins de dix; dans l'exemple actuel on voit qu'il faut en prendre quatre; le chiffre 1, auquel on s'arrête ai7isi,sera de l'ordre des plus hautes unités du quotient. En effet, le quotient aura des centaines, puisqu'en partageant 2 701 centaines en 365 parties égales on obtiendra au moins une centaine ; mais le quotient n'aura pas de mille, parce que '^70 mille partagés en 365 parties égales ne pourrait donner un mille pour chacune d'elles. Le quotient aura donc trois chiffres.

On divisera donc d'abord les 2 701 centaines du dividende en 365 parties égales : c'est le cas du n° 6 ; on trouve pour quotient 7 centaines, et il reste 146 centaines qui valent 1 460 dizaines ; en y ajoutant les 8 dizaines du dividende, on obtient 1 468 dizaines qui forment un second dividende partiel. On divisera donc 1468 par 365; on trouve pour quotient 4 dizaines, et pour reste 8 dizaines qui valent 80 unités ; en y aioutant les 6 unités du dividende, on obtient 86 unités qui forment le troisième dividende partiel. Ce dividende partiel étant moindre que le diviseur, cela indique que le quotient n'a pas d'unités simples ; on met donc un zéro au quotient pour en tenir la place. Le quotient cherché est donc 740, et le reste de l'opération est 86.

On dispose l'opération comme ci-dessous :

1 365 ou simplement 270186

8. On peut énoncer de la manière suivante la règle générale de la division.

Ecrivez le diviseur à la droite du dividende en les séparant par un trait; tirez wi trait sous le diviseur pour le séparer du quotient. Prenez sur la gauche du dividende assez de chiffres pour former un nombre qui contienne le diviseur au moins une fois et moins de dix fois ; vous aurez ainsi wi premier divide?ide partiel. Divisez (par la méthode du deuxième cas, n" 6) ce dividende partiel par le diviseur; vous aurez le premier chiffre du quotient ; multipliez le diviseur par ce chiffre et retranchez le produit du dividende partiel. A côté du reste, abaissez le chiffre suivant du diviiJende; V'US aurez le second dividende partiel. Divisez ce second divi^en/e partiel par le diviseur; vous aurez le second chiffre du quotient. Multipliez le diviseur par ce second chiffre et retranchez le produit du second dividende partiel. A coté du reste, abaissez le chiffre suivaiit du dividende ; vous aurez le troisième dividende partiel. Opérez sur ce nouveau dividende partiel comme sur les précédents, et continuez ainsi jusqu'à ce que vous ayez épuisé les chiffres du dividende.

S'il an-ive qu'un dividende partiel soit moindre que le diviseur, mettez zéro au quotient, et abaissez le chiffre suivant du dividende pour former un nouveau dividende partiel.

9. — Pour faire la. preuve de la division, il sufSt de multiplier le di\iseur par le quotient, et d'ajouter à ce produit le reste de l'opération ; la somme obtenue doit être égale au dividende.

On peut aussi faire la preuve par 9. (V. l'article Diviseurs.) Exercices et problèmes :

Diviser 369 par 17 (le quotient est 21, le reste 12)

— 20000 — 97 ( — 206, — ISf

— 97273 — 239 ( — 407, sans reste^.

Partager une somme de 952 fr. entre 28 personnes. (Part de l'une d'elles : 34 fr.)

Combien 2856 heures font-elles de jours? (Rép.: 119.)

Sachant que 213 mètres d'une étoffe ont coûté 3 621 fr., calculer le prix du mètre. ^Rép. : 17.)

U?i voyageur a fait 713 kilomètres en 31 jours en marchant d'une manière uniforme; combien dt kilomètres a-t-il faits par jour? Rép. : 23;.

Da?is une expérience on a co?istaté que le son avait parcouru 15 oOO mètres en 45 secondes; quel espace a-t-il parcouru par seconde ? {B.ép. : 340 mètre.s).

Combien 56 625 tninutes font-elles de semaines, de jours et d'heures .'(Rép. : 5 semaines, 4 jours, 7 heures et 45 minutes).

On a recueilli 2500 fr., puis 850 fr..puis 4220 fr., puis encore 970 fr., puis enfin 1000 fr., à répartir entre 160 personnes; quelle sera la part de chacun ? ^Rép. : 90 fr.)

Un marchand qui avait 132 mit. d'un certain drap., en a vendu 30 met. à 18 fr., puis 45 met. à 16 fr., puis encore 54 met. à 15 fr., et enfin le reste à 14 fr. Quel est le prix moyen du mètre? (Rép. : 16 fr.)

10. — Remarques sur la divisio.v. — Lorsqu on augmente le dividende, sans changer le diviseur, le quotient augmente. Lorsqu'on augmente le diviseur, sans changer le dividende, le quotient diminue.

Si l'on multiplie à la fois le dividende et le divueur lar un même nombre, le quotient ne change pas, rnais le reste de la division est multipli'i par ce liOmbre. Soit, par exemple, à diviser 33 S99 par .-i29, ce qui donne pour quotient 64 et pour reste 43. On aura l'égalité

DIVISION

DRAINAGE

On ne troublera pas l'égalité si l'on multiplie les deux membres par un même nombre, par V2, par exemple, pour fixer les idées. Et si l'on remarque que pour multiplier une somme on peut multiplier séparément ses narties, et que pour multiplier un produit il suffit de multiplier l'un de ses facteurs, on pourra écrire

Or cette nouvelle égalité exprime que si l'on divisait 33 899 X 12 par buO X 12, on obtiendrait pour quotient 64 et pour reste 43 X 12; ce qui démontre la proposition.

Si l'on divise à lu fois le dividende et le diviseur par un même >. ombre, le quotient ne chançje pas, mais le reste est divisé par ce nombre. Soit à diviser 22G4par 6i, ce qui donne pour quotient 35 et pour reste 2i ; on aura l'égalité

On ne troublera pas l'égalité en divisant les deux membres par un nombre moindre, par 8, par exemple. Et si l'on remarque que pour diviser une somme par 8 on peut diviser par 8 chacune de ses parties, et que pour rendre un produit 8 fois moindre il suffit de rendre l'un de ses facteurs 8 fois moindre, on trouvera

Or cette égalité exprime que si l'on divise 283 par 8, on obtient pour quotient 35 et pour reste 3. Ceci démontre la proposition.

11. — On se sert de cette propriété pour simplifier la division quand le dividende et le diviseur sont terminés par des zéros. On peut, en effet, en supprimer un même nombre au dividende et au diviseur, ce qui revient à les diviser par une môme puissance de 10 ; le quotient ne change pas ; mais le reste est divisé par cette puissance de 10.

Soit^ par exemple, à diviser 3640000 par 850(i0; on pourra diviser ces deux nombres par 1 000, et opérer la division sur les nombres 3640 et 85, le quotient, qui est 42, n'aura pas changé. Mais on trouvera pour reste 70 au lieu de 70 000 qu'on aurait eu en opérant sur les nombres proposés.

Exercices et problèmes :

Diviser 2*700 par 600 ;

Une locomotive a parcouru 72 kilomètres en une heure, quel chemin a-t-elle parcouru en une seconde? [En divisant 72 000 met. par 3600, on trouve 20 met.)

La distance de la terre au soleil est de 153048000 000 ?«è^, et le rai/on moyen du globe terrestre est de 6306000 met ; combien de fois ce rayon est-il contenu dayis la distance de la terreau 5o/e//.^(Rép. : 24 041 fois, avecunrestede9;i60nièt.)

i2. — On indique la division par le signe : placé entre le dividende et le diviseur. Ainsi 35 ; 5 indique le quotient de 'Ah par 5, c'est-à-dire 7.

La même opération s'indique encore d'une autre manière ; on écrit le diviseur au-dessous du dividende en les séparant par un trait horizontal. Ainsi |5 a la même signification que 35 : 5.

Cetteseconde manière d'écrire le quotient est la seule en usage lorsqu'il s'agit d'opérations combinées. Si, par exemple, on veut diviser par 8 tous les termes de l'égalité considérée ci-dessus :

ce qui revient à

comme ci-dessus.

[H. Sonnet.]

DOUBLETS. — Grammaire, VIII. — On appelle doublets les doubles dérivations d'un même mot qui répondent d'ordinaire à deux âges différents dans l'histoire de notre langue. On les a classés comme suit :

1° Un radical latin donne en français un doublet, si ce radical a produit dans notre langue deux mots, l'un populaire et l'autre savant ; ainsi, de porticus, le peuple fit porche et les savants portique ; fragilis, frêle et fragile ; rigidus, raide et rigide; fiospiiale, hôtel et hôpital; separare, sevrer et séparer; dotare, douer ei doter; nativus, naïf et natif; poUonem, poison et potion ; acris, aigre et acre; capfivus, chéiif et captif; cattsa, chose et cause; pensare, peser et penser, etc. En général, le dérivé savant a un sens plus précis et plus spécial que le dérivé populaire, par exemple lét^al comparé à l"yal, l'un et l'autre venant de legalis.

2° Il y a encore doublet lorsque à côté d'un mot français d'origine populaire vient se placer un mot d'importation étrangère, provenant du même radical ; ainsi cadentia a donné chance et cadence, qui nous est venu de l'italien cadenza au xvi* siècle.

3° Enfin, il y a encore doublet lorsqu'un même radical donne en français deux dérivés d'origine populaire, qui, pour l'ordinaire, appartenaient dans l'origine à des dialectes différents, comme campus, champ et camp; capsa, châsse et caisse; caput, chef et cap; credentia, croyance et créance; gabata, jatte et joue ; plicare, ployer et plier, etc.

[G. Aycr.l

DRAINAGE. — Agriculture, IV. — L'expression drainage est empruntée à la langue anglaise ; elle dérive du mot drain, rigole, tranchée. C'est de l'Angleterre, en effet, que vient la pratique du drainage.

Le drainage a pour but de débarrasser les terres cultivées des eaux surabondantes, et de leur donner un écoulement régulier par des conduits souterrains, sans rien enlever à la quantité de surface productive. Autrefois, dans les terres qui avaient besoin d'être débarrassées d'eaux en excès, on creusait des fossés plus ou moins nombreux pour y faire écouler les eaux. Outre que ces fossés enlevaient souvent une proportion notable de terre bonne à cultiver, ils avaient l'inconvénient de rendre difficiles l'accès et le travail des champs. Plus tard, on eut l'idée de placer au fond de ces fossés de grosses pierres laissant un espace vide, ou des fascines remplissant le même but, et on recouvrit ces fosses. Mais ces méthodes n'ont donné que des résultats le plus souvent imparfaits; l'assainissement des terres humides n'a pu devenir économique en général que depuis les perfectionnements apportés, d'abord en Angleterre, aux méthodes adoptées jusqu'alors, par l'emploi des tuiles et des tuyaux en terre cuite ^

Quel est le but du drainage? Pour répondre à cette question, il suffit de reproduire quelques phrases des instructions pratiques sur le drainage publiées en 1855 par le ministre de l'agriculture : « Le drainage exerce sur les phénomènes de la végétation et sur les travaux de la culture l'influence la plus avantageuse et les effets les plus remarquables. Le rapide écoulement des eaux de pluie à travers le sol, et l'abaissement des eaux stagnantes, quelle qu'en soit l'origine, à une prolondeur suffisante pour ne plus nuire au développement des racines, sont les deux résultats directs et immédiats d'un drainage bien fait. De ces deux premiers effets résultent, pour les terres auxquelles le drainage peut s'appliquer avantageusement,

DRAINAGE

DRAINAGE

une moindre évaporation à la surface de la terre, un accroissement notable de la chaleur du sol, une modilication profonde de la constitution de la couche arable, qui a moins de tendance à se fendre, et conserve, par suite, plus de fraîcheur pendant l'été ; une augmentation énorme de la fertilité^ par l'introduction, dans la terre, des gaz et des substances les plus nécessaires au développement de toutes les récoltes; et enfin une amélioration considérable dans l'état sanitaire et le régime des eaux des contrées où les travaux de cette espèce s'exécutent sur une certaine échelle. Les eaux de pluie, étant rapidement absorbées par les terrains drainés, ne peuvent plus se réunir, dégrader la surface des champs et délaver les fumiers, en entraînant au loin leurs principes les plus précieux. C'est pour le cultivateur une économie de chaque jour, dont on n'apprécie pas assez généralement toute l'importance.

» L^application du drainage aux terres humides permet de les labourer presque en toute saison, avantage que les agriculteurs sauront apprécier. La santé des bestiaux s'améliore rapidement sur les terrains drainés. La pourriture, en particulier, cesse d'attaquer les moutons : aussi voit-on toujours les animaux se réunir de préférence sur les parties drainées de la pièce qu'ils pâturent. L'eau qui imbibe le sol et qui est entraînée par les tuyaux est immédiatement remplacée par de l'air atmosphérique, que chasse ensuite une nouvelle pluie. Ce nouveau volume d'eau est ensuite remplacé par de l'air, et ainsi de suite successivement. Ce renouvellement, autour des racines, des principes les plus nécessaires h l'alimentation des végétaux, permet aux plantes de se développer dans les meilleures conditions. L'époque de la maturité des récoltes est notablement avancée par l'accroissement de chaleur qui résulte, pour le sol, d'un drainage bien exécuté. Quant à l'influence du drainage sur la salubrité publique, elle est manifeste. On a vu, dans beaucoup de localités, les fièvres intermittentes épidémiques disparaître après l'exécution de grandes opérations de cette espèce. Souvent les brouillards cessent de se manifester sur les terres assainies. »

Ces considérations, dont l'expérience a partout justifié tous les termes, permettent d'indiquer quelles sont les terres qu'il convient particulièrement de drainer. Ce sont celles généralement désignées sous la dénomination de terres froides et fortes, les sols argileux, et en général tous les terrains plus ou moins imperméables ou reposant sur un sous-sol imperméable. Il peut arriver, en efi'et, que des sols sablonneux, c'est-à-dire ne retenant pas l'eau par eux-mêmes, aient besoin d'être drainés. Le cas se présente quand des terrains de cette nature reposent sur un sous-sol d'argile ou ne se laissant pas pénétrer par l'eau. Dans ce cas, à mesure que l'action du soleil fait évaporer l'eau qui est à la surface du sol, d'autre eau vient remplacer celle qui a disparu ; de telle sorte que le sol est toujours froid et mouillé, et qu'.au lieu d'un courant d'air continu de l'extérieur dans l'intérieur du sol, il y a un courant d'eau de bas en haut. Les racines des plantes cultivées sont ainsi privées de l'action bienfaisante de l'air.

Il est inutile d'insister sur l'avantage que présente le drainage des terrains tourbeux et marécageux de leur nature. Mais il est certains caractères qui permettent de juger si un terrain non marécageux a besoin d'être drainé. Les terres qui ont besoin d'être drainées conservent encore des flaques d'eau plusieurs jours après la pluie. Quand on y creuse des trous, même après une longue sécheresse, leurs parois présentent des suintements d'eau. Au printemps, quelques parties du sol présentent une teinte plus foncée que le reste de la pièce. Les caractères tirés de la végétation

sont aussi faciles à reconnaître. Les plantes y sont généralement languissantes et poussent lentement ; les tiges jaunissent, à partir du pied, longtemps avant la maturité. Si le sol est en jachère, il se couvre rapidement d'une petite mousse. Enfin parmi les plantes de la végétation spontanée des terres qui demandent le drainage, il convient de citer les renoncules, les prêles, les joncs, les carex, les colchiques d'automne, etc., toutes plantes d'ailleurs que le drainage tend à faire disparaître plus ou moins rapidement suivant leur abondance et d'après la manière dont il a été pratiqué. D'une manière générale, tout caractère extérieur qui indique un excès d'eau dans la couche arable, est un signe qui suffit pour appeler l'attention sur l'opportunité de drainer le sol ; avec un peu d'observation, ces caractères deviennent promptemcnt familiers.

Il faut maintenant donner des indications sur les principales phases de l'exécution du drainage. Ces phases sont : le tracé du travail et l'exécution des opérations.

Tracé du drainage. — Lorsqu'un terrain d'une certaine étendue doit être soumis au drainage, il faut commencer par en lever le plan et par en opérer le nivellement. Cette double opération doit être faite suivant les règles ordinaires de l'arpentage, et il estinutile d'y insister davantage. Ce travail préliminaire peut être fait ou par l'agriculteur ou par un arpenteur ; la i'aible dépense qu'il occasionne est couverte, et au delà, par la facilité qu'on en retire pour opérer régulièrement le tracé du drainage.

Pour indiquer la direction à donner aux fosses de drainage, il faut se rappeler que c'est sa pesanteur qui y détermine l'écoulement de l'eau. Les tranchées doivent donc être faites suivant l'inclinaison du sol ; la règle la plus simple est de les tracer suivant la ligne de plus grande pente. Cette règle doit être considérée comme absolue, pourvu que la pente du terrain ne soit pas excessive et ne dépasse pas 15 à 20 centimètres par mètre. En effet, le canal placé au fond d'une tranchée dirigée suivant la ligne de plus grande pente se trouve symétriquement placé par rapport à la surface du sol, et si celui-ci est homogène il fait sentir son action à égale distance à droite et à gauche. Dans le cas où le tracé ne suit pas cette ligne de plus grande pente, le drainage agit entièrement du côté où le terrain s'élève, et n'exerce presque aucune action du côté où il descend. Si donc, dans un champ, plusieurs parties présentent des pentes difl'érentes, il sera bon de le diviser eu autant de parties, et de tracer dans chacune lestranchées de drainage suivant la ligne de plus grande pente.

On donne le nom de drains aux tuyaux en terre cuite qu'on place au fond des tranchées pour recueillir les eaux. On appelle drains ordinaires, ceux des tranchées dont le tracé vient d'être indiqué ; drains collecteurs ou drains principaux de premier ordre, ceux dans lesquels débouchent les drains ordinaires; drains collecteurs de deuxième ordre, ceux qui reçoivent les eaux des précédents et qui les emmènent dans un canal de décharge.

Les drains collecteurs occupent ordinairement les parties basses du terrain; le nivellement fait d'avance permet de déterminer facilement la direction qui doit leur être donnée. Aux points d'intersection des drains collecteurs, il convient d'établir des regards qui permettent de constater la régularité avec laquelle se fait l'écoulement des eaux. Les raccordements des drains ordinaires sur ceux d'un degré supérieur doivent être faits à .uigle aigu, de manière à faciliter la marche de l'eau ; une inclinaison de 60 degrés est celle que la pratique a consacrée comme la plus favorable. En outre, il est indispensable que les drains collecteurs soient placés à un niveau inférieur de quelques

DRAINAGE

DRAINAGE

centimètres à celui des drains dont il reçoivent les €aux. Les bouches des derniers drains dans le canal de décharge doivent être aussi rares que possible; elles sont faites en maçonnerie et munies de petites grilles pour empêcher l'introduction des animaux et des mauvaises herbes.

Les drains ordinaires ont trois centimètres à f:;)is centimètres et demi de diamètre; la longueur de chaque partie de drain est de 30 à 40 centimètres. Dans la plupart des cas, il faut limiter de 300 à 350 mètres, suivant la pente du terrain, la longueur d'une tranchée de cet ordre. Quant aux drains collecteurs, ils ont un diamètre plus considérable, qui varie suivant la quantité d'eau qu'ils sont appelés à débiter.

On a longtemps discuté sur la proportion suivant laquelle les drains devaient être écartés. Les uns conseillaient de rapprocher les tranchées, en les creusant à une faible profondeur; les autres voulaient qu'on fît des tranchées très profondes et très écartées. Voici comment s'expriment à ce sujet les instructions déjà citées : « La profondeur la plus convenable à donner aux drains pour qu'ils enlèvent toute l'eau surabondante^ et abaissent en même temps assez le plan de l'eau stagnante pour qu'elle ne puisse pas remonter jusqu'aux racines, ou même à la surface du sol, par l'action de la capillarité, est comprise entre 0°',90 et 1°',50; elle suffit, dans les cas ordinaires, pour atteindre ce ûo uble but. En principe, on adopte pour les petits drains une profondeur de 1°',20; mais il doit être bien entendu que cette règle n'est pas absolue. Il ne faut point, évidemment, vouloir l'appliquer au centimètre près, et tenir compte des petites inégalités du terrain, en faisant suivre exactement au fond de la tranchée une ligne parallèle à toutes les ondulations de la surface. Au contraire, la pente du terrain doit être uniforme, ce qui implique nécessairement, en général, des profondeurs un peu variables. La profondeur de I'°,20 est donc une moyenne dans la longueur de chaque drain, dont il convient de s'écarter le moins possible, et dont, en effet, on ne s'écarte pas sensiblement dans les terrains réguliers et égalisés par une longue culture. » Dans quelques cas exceptionnels, la profondeur de certains drains doit être augmentée beaucoup, quand il s'agit de franchir des parties hautes ou d'atteindre des points d'écoulement; de même, dans les tourbières, il faut descendre les drains jusqu'à ce qu'on atteigne le sol solide, si elles sont peu profondes, ou dans tous les cas, à une profondeur assez considérable pour éviter les inconvénients du tassement du sol quand il se dessèche. Des tranchées d'essai peuvent toujours servir de guide pour régler la profondeur à donner aux drains suivant la nature du sol.

Quant à l'écartement des drains, c'est une question plus compliquée et dont la solution dépend surtout de la nature du sol. Le drainage agit, en effet, d'une manière assez inégale sur les diverses sories de terres. Toutefois on peut dire que l'écartement des tranchées creusées à une profondeur de l^jSO doit varier entre les limites extrêmes de 6 mètres à 20 mètres. Il est rare que l'assainissement du sol soit parfait, sauf dans les sols très poreux, quand l'écartement dépasse 15 à 16 mètres. Dans la plupart des terres fortes de la partie septentrionale de la France, l'écartement qui paraît le plus convenable est celui de 10 à II mètres. Il faut toutefois rappeler qu'il est nécessaire de rapprocher davantage les tranchées quand on est obligé, par quelque raison que ce soit, de réduire leur profondeur; ces chiffres sont donnés pour la profondeur normale de l'',20.

En deliors des systèmes de drains qui viennent d'être décrits, et qui servent directement à l'assainissement du sol, on peut être conduit à en établir d'autres, dirigés, non plus dans le sens de la

plus grande pente, mais en suivant le périmètr® des parties drainées. Ces drains, qu'on appelle drains de ceinture, ont pour fonction spéciale d'arrêter les eaux provenant d'infiltrations de terres placées à un niveau supérieur. Il suftii, la plupart du temps, d'une ligne de petits drains pour atteindre ce but; parfois même des tranchées d'une profondeur suffisante arrêtent ces inlikrations.

Les différentes parties des opérations qui viennent d'être indi(|uées doivent être figurées avec soin, au moyen de signes conventionnels, sur le plan de chaque champ qui doit être drainé, afin que les travaux puissent être exécutés sur le terrain avec régularité et sans tâtonnements. Ce plan est d'ailleurs d'une grande utilité pour établir à l'avance le prix de l'opération, qui dépend à la fois de la longueur des drains, de leur profondeur et de leur écai'tement.

Exécution des travaux. — Pour la bonne exécution des travaux de drainage, il importe d'avoir des ouvriers exercés à ces opérations qui, quoique peu difficiles en elles-mêmes, demandent beaucoup de soins et d'attention.

Il faut d'abord établir, sur le terrain, à l'aide de piquets, la direction des tranchées dont les proportions ont été fixées par le travail préliminaire déjà décrit. Ce tracé exécuté, il convient de procéder à l'ouverture des tranchées. Le profil adopté pour les tranchées est la forme triangulaire. On a dit que leur profondeur varie généralement de 'JO centimètres à 1™,50. Dans ce cas, elles ont au sommet, c'est-à-dire à la surface du sol, 30 à 70 centimètres de largeur suivant la nature des terres, et au fond 6 à 7 centimètres seulement. 11 importe que les ouvriers ne dépassent pas les dimensions voulues, car c'est un excès de travail tout à fait inutile. Pour ouvrir et creuser les tranchées, on emploie des instruments spéciaux, dont les principaux sont la bêche à découper le gazon à la surface, des bêches spéciales à fer long et étroit, des dragues à fer creux. Généralement, des brigades de trois ouvriers suffisent pour creuser une tranchée : le premier trace la tranchée et fait la première levée de terre, le deuxième ouvrier fait les levées suivantes, et le troisième achève l'opération. Il importe que les parois des tranchées soient toujours lisses et les talus bien droits. Dans les terrains qui présentent des pierres, ou qni sont difficiles à travailler, on a recours à des pics qui, pour une partie du travail, remplacent les bêches. Les terres enlevées de la tranchée sont placées avec soin de chaque côté de celle-ci : la terre végétale d'un côté, les couches plus profondes de l'autre côté.

Une opération indispensable est de bien régler la profondeur et la pente dos tranchées. Sans cette précaution, le di'ainage serait imparfait. A cet effet, à mesure qu'une tranchée est creusée, le contremaître en vérifie la pente à l'aide de cordeaux, de petites mires, de niveaux à fil à plomb, etc. Cette vérification faite, on pose les tuyaux au fond des tranchées. Les tuyaux à peu près exclusivement employés sont en terre cuite et cylindriques; leur diamètre varie suivant qu'ils sont destinés à des collecteurs de premier ou de deuxième ordre. On les place dans la tranchée à la suite les uns des autres ; quelquefois leurs extrémités sont munies de colliers qui permettent de les emmancher les uns dans les autres. Pour les raccordements, une ouverture circulaire est préparée dans le plus gros tuyau, et le plus petit pénètre dans cette ouverture. La pose des tuyaux exige beaucoup de soins ; il importe que les extrémités soient bien assujetties pour qu'il n'y ait pas de solution de continuité. On se sert, pour la [)osc, d'un instrument spécial auquel on donne le nom de broche, et qui consiste en un fer long recourbé à angle droit et fixé à l'extrémité d'un long manche. Quand on s'est assuré de

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