ETAIN
l'Allemagne rééditent de nos jours et qui sont aussi, en France, l'objet des études les plus intéressantes. [J. G. Magnabal.]
ESPÈCES. — Zoologie, III; Botanique, XIV. — L'espèce est l'unité dans le classement en histoire naturelle. Au-dessous il n'y a que des variétés ; audessus, il y a des genres, des familles, des ordres. Le genre est l'assemblage de plusieurs espèces présentant quelques points de contact; la famille, l'assemblage de plusieurs genres, et ainsi de suite. Entre le genre et l'espèce, on admet quelquefois des sousgenres ; entre le genre et la famille, la tribu au besoin ; entre la famille et l'ordre, le sous-ordre, etc. Le nombre de genres dans une famille ou d'espèces dans un genre est indéterminé. Les naturalistes ont donné de nombreuses définitions du mot espèce. Cuvier dit : « L'espèce est la collection de tous les êtres organisés, nés les uns des autres ou de parents communs et de ceux qui leur ressemblent autant qu'ils se ressemblent entre eux. » « L'espèce, dit Geoffroy Saint-Hilaire, est une collection ou une suite d'individus caractérisés par un ensemble de traits distinctifs dont la transmission est naturelle, régulière et indéfinie dans l'état actuel des choses. » « L'espèce, suivant Lamarck, est la collection des individus semblables que la génération perpétue dans le même état, tant que les circonstances de la situation ne changent pas assez pour varier leurs habitudes, leurs caractères et leurs formes. » « L'espèce, dit d'autre part Agassiz, est le dernier terme de classification auquel s'arrêtent les naturalistes, et cette dernière division est fondée sur les caractères les moins importants, comme la taille, la couleur et les proportions. »
On voit combien ces définitions, que nous pourrions multiplier, varient entre elles. C'est qu'en effet la définition de l'espèce est la base même des diverses théories monogéniste ou polygéniste sur l'origine et l'évolution des êtres organisés ; tandis que les uns considèrent 1 espèce comme une chose formée, créée de toute pièce, immuable, les autres la considèrent comme la résultante momentanée d'une série de modifications, de transformations toujours actives. C'est ainsi que la difficulté de distinguer entre les espèces et les variétés, la gradation si parfaite des formes dans certains groupes, et l'analogie des productions domestiques ont conduit Lamarck et ses successeurs à leurs conclusions sur les cliangemonts graduels des espèces. Nous avons exposé ces théories dans nos articles Darwinisme et Transformisme. Voyons quels sont les principaux arguments mis en avant par les monogénistes pour soutenir l'unité et l'immutabilité de l'espèce. « Lorsque, dans une espèce, un trait individuel s'exagère et franchit une limite d'ailleurs assez mal déterminée, il constitue un caractère exceptionnel distinguant nettement de tous ses plus proches voisins l'individu qui le présente. Cet individu constitue une variété... Celle-ci peut donc être définie : un individu ou un ensemble d'individus appartenant à la même génération sexuelle qui se distingue des autres représentants de la même espèce par un ou plusieurs caractères exceptionnels... Lorsque les caractères propres à une variété deviennent héréditaires, c'est-à-dire lorsqu'ils se transmettent de génération en génération aux descendants du premier individu modifié, il se forme une race. Celle-ci sera donc l'ensemble des individus semblables appartenant à une même espèce, ayant reçu et transmettant par voie de génération sexuelle les caractères d'une variété primitive. Ainsi ["espèce est le point de départ; an miliou ■des individus qui la composent apparaît la variété; quand les caractères de cette variété deviennent héréditaires, il se forme une race... Les unions sexuelles chez les plantes comme. chez les animaux peuvent avoir lieu entre individus de même espèce
et de même race, ou bien de même espèce, mais de races différentes, ou bien enfin d'espèces différentes. Dans les deux derniers cas, il y a ce qu'on appelle un croisement. Ce croisement lui-même prend des noms différents selon qu'il a lieu entre races ou entre espèces différentes. Dans le premier cas il constitue un métissage; dans le second cas une hybridation. »
Dans les deux règnes, le métissage peut s'accomplir en dehors de toute intervention de l'homme ou être dirigé par lui ; il est par conséquent naturel ou artificiel. Les résultats en sont aussi certains que ceux de l'union entre individus de même race; bien plus, dans certains cas, la fécondité s'accroît ou reparaît sous l'iniluence de ce croisement. Dans l'hybridation les résultats sont bien différents. « L'homme, en détournant, en trompant des instincts supérieurs, a pu multiplier les croisements entre espèces. Mais il n'a pu reculer les limites fort étroites auxquelles s'arrête ce phénomène. Pas une union féconde n'a eu lieu d'une famille aune autre ; de genre à genre elles sont extrêmement rares ; d'espèce h, espèce même elles sont loin d'être nombreuses, fait d'autant plus remarquable que l'hybridation animale date de loin. Le mulet était connu des Hébreux antérieurement au temps de David, et des Grecs à l'époque d'Homère ; les titires et les musmo7is, produit du croisement du bouc avec la brebis et du bélier avec la chèvre, ont reçu leurs noms distinctifs des Romains.
« L'infécondité, ou si l'on veut la fécondité restreinte et très rapidement bornée entre espèces, l'impossibilité pour les forces naturelles livrées à elles-mêmes de produire des séries d'êtres intermédiaires entre deux types spécifiques donnés, est un de ces faits généraux que nous appelons une loi. Ce fait a dans le monde organique une valeur égale à celle que l'on attribue avec raison à l'attraction dans le monde sidéral. C'est grâce à cette dernière que les corps célestes gardent leurs distances respectives et suivent leurs orbites dant; l'ordre admirable qu'a révélé l'astronomie.
« La loi d'infécondité des espèces produitle même résultat et maintient entre les espèces, entre les groupes divers, chez les animaux et les plantes, tous ces rapports qui, aux âges paléontoiogiqucs aussi bien qu'à, notre époque, font un si merveilleux ensemble de l'empire organique. Supprimez par la pensée dans le ciel les lois qui régissent l'attraction et voyez aussitôt quel chaos ' Supprimez sur la terre les lois du croisement et voyez quelle confusion! Je ne sais guère où elle s'arrêterait. Après quelques générations, les groupes que nous appelons genres, familles, ordres et classes auraient à coup hûr disparu ; les embranchements ne sauraient tarder à être atteints. Il ne faudrait certainement pas un grand nombre de siècles pour que le règne animal, le règne végétal présentassent le plus complet désordre. Or l'ordre existe dans l'un et dans l'autre depuis l'époque où les premiers êtres organisés sont venus peupler les solitudes de notre globe ; il n'a pu s'établir et durer que grâce à l'impossibilité où sont les espèjes de se fusionner les unes dans les autres par des croisements indifféremment et indéfiniment féconds. » (A. de Qu trefages, l'Espèce humaine.)
Si l'on compare cet éloquent plaidoyer à celui dont Darwin a accompagné l'exposé de ses théories, on verra que les deux partis défendent leur cause avec la même hauteur d'idées et une égale appareijce de vérité. [Louis Rousselet.l
ESTOMAC. — V. Digestion.
ÉTAIiN. — Chimie, \IX. — (Etym : du latin stannum ; en grec, l'étain s'appelle kassitéros). Formule chimique : Sn ; équivalent rapporté à l'hydrogène = 59. (V. Nomenclature.)
Ce métal était connu dès la plus haute antiquité. On ne l'a jusqu'ici trouvé à l'état natif que dans