EUPHORBIACÉES
EUPHORBIACEES
Ce pistil est formé de trois carpelles cohérents et verticiUés, surmontés d'une colonne centrale ou style, qui se divise en autant de brandies qu'il y a de carpelles. Les ovules, au nombre de un ou deux dans cliaque loge de l'ovaire, sont anatropes et bitégumentés, pourvus d'un riche réseau vasculaire dans la région commune à la secondine et au nucelle, à micropyle long et très sinueux. Le fruit
des euphorbiacées est une capsule dont chaque loge, à la maturité, s'ouvre par une fente longitudinale. Exceptionnellement, le fruit du mancenillier est une drupe comparable à une petite pomme.
Classification des Euphorbiacées- — M. Millier d'Argovie a classé les Euphorbiacées de la manière suivante :
coTTtÉDOXs sEsii-cTLixDRiQUES. — Sténolohées. Loges ovariennes biovulées ; calice à préfloraison valvaire 1 Calétie'es.
Loges ovariennes unioTU ées ....
Loges ovariennes biovulées
Li^es ovariennes uniovu lèes ....
Calice à préfloraison valvaire 2 Ampérées.
Calice à préfloraison quinconciale 3 Jiicinocarpées.
coTïLKDOss PLvxs. — Plat'jlobées,
Calice à préfloraison valvaire 4 EndoUées.
Calice à préfloraison quinconciale 5 Phyllanthées,
Calice à préfloraison valvaire 6 Acalyphées. . .
Anthères infléchies dans le bouton 7 Crotonées ....
Calice à préfloraison quinconciale .
8 Hippomanées . .
Anthères ^ involucre unisexuel.
dressées dans le
bouton. J Involucre l Fleurs mâles polyandres 9 Daléchampiées. bi-seiuel | Fleurs mâles monandres 10 Euphorbiëes,,,
Mercuriales, îlaurelle ou Tournesol, Ricin, Aleurites.
Croton.
Mancenillier, Sablier, Manioc, Arbre à suif, Siphonia ou Hévé.
Euphorbes.
Usages des Euphorbiacées. — 1° Genre Euphorbe. — A. Euphorbes grasses. — L' Euphorbe des ancieiis ^Afrique, Arabie, Inde), l'Euphorbe des Canaries, l'Euphorbe officinale (Ethiopie .donnent par incision de leur tige un suc emploj'é comme vésicant. — h'Euphorbe résinifère (montagnes avides du Maroc, Mogador) fournit la gomme-résine d'euphorbe. Cette substance est importée en Europe par la voie de Mogador ; elle se présente à l'état de larmes irrégulicres, jaunâtres, demitransparentes, friables, percées de deux trous, dans lesquels on retrouve les aiguillons géminés de la plante ; cette gomme-résine est un caustique ■violent, employé autrefois comme vésicant ; son activité surpasse celle de la cantharide. Réduite en poudre, elle provoque l'éternuement ; l'énergie avec laquelle elle agit l'a fait à peu près complètement abandonner.
B. Euphorbes à figes et feuilles normales. — Le suc de presque toutes nos euphorbes indigènes est purgatif. La partie corticale de la racine de beaucoup d'entre elles peut être employée comme yomitif . La plus connue et la plus usitée, VEpurge, fournit en outre, par compression de ses graines, une huile purgative délaissée aujourd'hui à cause des accidents fréquents de régurgitation qu'elle provoquait.
h3.V3iC\nQ Aal'Eup^iorbe ipecacuanha (Amérique septentrionale) ast très-employée comme vomitif. — h'Euphorbe à feuilles de thym est employée dans l'Inde comme vermifuge pour les enfants en bas âge. — V Euphorbe à feuilles de millepertuis (Amérique tropicale) est eniploj'ée efficacement contre la dyssenterie. — h'Euphorbe balsami lue fournit un suc très recherché des hnbitants des îles Canaries, qui l'emploient à la préparation d'une gelée alimentaire. — h'Euphorbe à feuilles cotonneuses laisse échapper de ses blessures un suc tellement vénéneux que les Caraïbes y plongent leurs flèches pour les empoisonner. — h'Euphorbe phosphorescente donne un suc phosphorescent dont les sorciers brésiliens se barbouillent le visage lorsqu'ils veulent en imposer dans les cérémonies nocturnes.
2" Genre Mercuriale.— ^ La Mercuriale annuelle ou foirole, qu'on rencontre fréquemment dans les jardins, autour des maisons, est employée en
lavements comme laxatif, en cataplasmes comme émoUient. Cuites dans l'eau légèrement salée et lavées à l'eau bouillante, les feuilles de la mercuriale annuelle sont mangées en Allemagne en guise d'épinards, la coction ayant suffi pour les débarrasser de leurs principes purgatifs.
La Mercuriale vivace est beaucoup plus active que la mercuriale annuelle ; elle croît dans les bois; on la distingue de sa congénère par sa tige moins élevée et légèrement velue. Introduite dans l'estomac, elle peut provoquer de graves accidents.
•3° Maurelle ou TOURNESOL. — Cette plante croît dans le midi de la France, en Espagne, en Italie et dans tout le Levant. De ses fruits et de ses rameaux fructifères, on extrait une matière colorante rouge. Cette matière, répandue sur des carrés de toile grossière, se vend sous le nom de tournesol en drapeaux. Pour fabriquer le tournesol en drapeaux, on récolte les rameaux fructifères avec leurs fruits ; le tout est écrasé, fortement pressé ; il s'en écoule un suc vert; les drapeaux y sont plongés, puis exposés dans des cuves de pierre à l'action de vapeurs ammoniacales diluées ; ils y deviennent rouges. On répète cette opération une seconde, puis une troisième fois; finalement, on fait sécher les drapeaux. Ce tournesol est employé pour colorer les fromages de Hollande, des pâtes, des conserves, et même des liqueurs.
4° Genre Excœcaria. — L'Excœcaria Agalloca, ou arbre aveuglant des îles Moluques, est un arbre de haute taille dont le bois est très recherché à cause de sa couleur brun-rougcâtre, tachetée de noir ; le suc de cet arbre est tellement vénéneux qu'une goutte suffit pour provoquer la cécité ; c'est à cette propriété que la plante doit son nom vulgaire.
5" Genre Mancexillier. — Le mancenillier de l'Amérique intertropicale est un arbre dont la tige laisse suinter un suc laiteux, tellement vénéneux que son contact sur la peau provoque des brûlures profondes. Le fruit du mancenillier rappelle de loin une petite pomme ; sa chair, tendre, est gorgée de principes vénéneux qui en font un poison violent. Les propriétés toxiques du suc et des fruits du mancenillcr ont été l'origine de fables encore aujourd'hui très répandues, bien qu'elles aient été démenties par Joseph Jacquin, C'est ainsi qu'on
EUPHORBIAGEES
EUPHORBIAGEES
prétendait que le voyageur imprudent qui s'endormait à l'ombre du manceniilier ne se réveillait plus, que la pluie ou la rosée qui en lavait les feuilles, venant à tomber sur la peau, produisait l'effet d'un vésicatoire.
6° Genre Hlra ou Sablier. — Le latex duSnblie)' élastique est encore plus vénéneux que celui du manceniilier^ son compatj-iote. Boussingault et Rivero, qui voulurent en faire l'analyse, rien que pour s'en être approchés, furent atteints d'crysipèle. Le fruit du Sablier est une capsule composée de douze à dix-huit coques renfermant chacune une graine de couleur brique, dont la grosseur et la forme rappellent celle d'une graine de courge. A la maturité, toutes ces coques se fendent longitudinalement en deux valves ; ces dernières se séparent avec fracas; le bruit produit équivaut à un coup de pistolet. Le fruit du Sablier, cueilli ai-ant sa maturité complète et bouilli dans l'huile, perd son élasticité; débarrassé de ses graines, qu'on extrait par un orifice qui se produit naturellement à la partie supérieure de chaque loge, autour de la colonne centrale, il sert de sablier. C'est de là qu'est venu le nom vulgaire de cette plante.
7° Genre Siphonie ou Hévé. — La Siphonie élastique ou Hévé de la Guyane est un arbre de 16 à 20 mètres de hauteur ; le diamètre de son tronc peut atteindre 0™80 centimètres. Son suc laiteux se concrète à l'air en une masse élastique nommée caoutchouc. Pour obtenir le caoutchouc, on pratique des incisions dans le tronc de l'hévé. Les Indiens ont l'habitude d'appliquer couche par couche, sur des moules en terre, le caoutchouc encore très fluide. Les moules les plus employés ont la forme d'une gourde ou d'un oiseau. Les Indiens n'appU(|uent une nouvelle couche de suc sur la forme que lorsque les couches précédentes sont complètement sèches. Quand ils jugent que l'épaisseur du caoutchouc est suffisante, ils cassent le moule intérieur et en font sortir les débris par un orifice pratiqué tout exprès. On fabrique avec le caoutchouc des tissus élastiques, des étoffes et des chaussures imperméables. "Tout le caoutchouc du commerce ne provient pas exclusivement de l'hévé de la Guyane ; diverses plantes, appartenant les unes à la famille des Morées ou à celle des Artocarpées, les autres à la famille des Apocynées, en fournissent des quantités notables.
8° Genre Manihot ou Manioc. — Parmi les nombreuses espèces du genre Manioc, deux seulement sont utilisées; ce sont le Manioc doux et le Manioc amer; tous deux sont cultivés dans toute la région intertropicale de l'Afrique et de l'Amérique. La racine du Manioc doux ne renferme aucun principe vénéneux : elle se mange cuite à l'eau ou sous la cendre. La racine du Manioc amer renferme un suc très vénéneux. Pour s'en débarrasser, on dépouille la racine de sa partie corticale, puis on la réduit en pulpe au moyen d'une râpe ; la pulpe est placée dans un sac de palmier, suspendu par une de ses extrémités à une forte traverse horizontale ; à l'autre extrémité du sac est suspendu un seau fort lourd. L'élongation du sac, aidée au besoin par une torsion, comprime la pulpe ; le liquide qui s'en échappe s'accumule dans le seau. Quand la pulpe a perdu tout le sue qu'elle renfermait, sans l'extraire du sac qui la contient, on la fait sécher en suspendant le sac dans la cheminée. Pulvérisée, elle fournit Xsl farine de manioc. Le liquide recueilli dans le seau a entraîné ce que l'on appelle la fécule de manioc; on la sépare du liquide en décantant ce dernier ; on la lave à plusieurs reprises, puis on la fait sécher. Ces deux produits, la farine et la fécule de manioc, sont employés l'un et l'autre comme aliments légers. La fécule, que les indigènes appellent Moussaci.e ou Cipipa, est viuidue en Europe comme arrow-root, lorsqu'elle n'a subi aucune préparation, et sous le
nom de tapioca, lorsqu'elle a été séchée préalablement sur des plaques métalliques fortement chauffées. La racine de manioc, râpée, pressée, séchée et tamisée, puis légèrement torréfiée, porte le nom de couaque et se mange en potage. Cette même racine râpée et pressée, puis étendue encore humide sur une plaque de fer chauffée, se cuit, et forme un biscuit nommé pain de cass'ive,
9° Genre Ricin. — Le Mirin commun est une plante annuelle de deux à trois mètres de hauteur, dont les belles feuilles paimatifides lui ont fait donner le nom de P(dma C/u-isti. Ses graines d'un brun noir, marbré de gris, renferment un albumen charnu dont on extrait, par simple expression à froid, une huile purgative très employée aujourd'hui; on la désignait autrefois sous le nom d'huile de Palma Chnsti. Les Chinois, en séparant soigneusement les embryons et les albumens des graines de ricin, retirent de l'albumen une huile douce comestible, nullement purgative, et de l'embryon une huile purgative extrêmement énergique. C'est cette dernière qui donne au mélange vendu dans notre pays sous le aom d'huile de ricin ses propriétés spéciales. L'huile de ricin du commerce provient en grande partie des ricins cultivés aux. environs de Nîmes; on en importe aussi de l'Amérique, du Sénégal et de l'Inde. Le nom de ricin vient de la caroncule qui surmonte le micropyle de la graine ; cette caroncule ressemble, en effet, à la tique des chiens vulgairement nommée ricin.
Le Ricin arborescent di'hhiqyïe est considéré, depuis Wildenow, comme une espèce différente de notre ricin commun.
10° Genre Jatropha. — Les graines du Jatropha Cunas (Amérique tropicale) fournissent une huile employée dans la fabrication des savons fins. Cette huile est purgative comme celle du ricin, mais ne peut être utilisée comme médicament, parce que les graines qui la fournissent sont rances quand elles arrivent en Europe.
11° Genre Croton. — Le Croton Tiglium est un arbuste des îles Moluques dont toutes les partiessont purgatives. Ses graines, appelées grains de Tilly, renferment une huile fixe très employée en pharmacie, soit comme purgatif, soit comme rubéfiant. Il suffit d'en frotter l'abdomen pour purger fortement; mais en même temps elle soulève à la surface de la peau une grande quantité de pustules pleines de sérosité. Cette action corrosive montre qu'il ne faut l'employer à l'intérieur qu'avec les plus grandes précautions.
L'écorce du Crotm Eliduria, arbrisseau des Antilles, vendue dans le commerce sous le nom d'écorce d-'. Ca^cardle, a des propriétés stimulantes, toniques, fébrifuges qui la font employer contre les vomissements et la dyssenterie.
Outre ces genres principaux, nous mentionnerons encore quelques espèces remarquables.
Varbre à suif de In Chine (Stiliàigia sebifera), aujourd'hui naturalisé dans la Caroline, a des graines recouvertes d'une substance cireuse, blanche, employée pour la fabrication des chandelles végétales.
Des graines de Varbre à Vhuile du Japon [Elœococca veiTucosa), on retire une huile propre h l'éclairage.
Les graines de Wilenrites triloba, désignées aux Moluques et à Ceylan sous le nom de noix de Bancoul, renferment une amande comestible dont on retire aujourd'hui de très grandes quantités d'huile.
L'écorce de YAndassu, grand arbre du Brésil, jetée dans un cours d'eau ou dans un étang, enivre les poissons, que les Indiens prennent alors à la main. A la cuisson, le principe vénéneux disparaît et les poissons peuvent être mangés sans aucun danger.
VEmblic, arbrisseau du Malabar, donne un fruit
EUROPE
EUROPE
•comestible, vendu autrefois en Europe sous le nom de Mirobalan Emblic, et employé aujourd'hui par l8S Indiens pour le tannage des cuirs.
Les fruits du Rottlera tinctoria sont recouverts -d'une poussière rouge utilisée dans l'Asie méridionale pour teindre la soie en rouge. Cette substance ■est nommée Kaniala.
Aux euphorbiacées, Brongniart rattachait les Buxœées. dont le type le plus connu est le huis. Le bois de buis est jaune, dur, compacte, susceptible d'un beau poli ; la finesse de son grain le fait employer pour la gravure sur bois.
' fC.-E. Bertrand.]
EUROPE. — Géographie générale, VII^ VIII, IX, XI\. — Configuration généi-ale, portion géographique. — Considérée dans sa configuration générale et au point de vue de sa position géographique sur le giobe, l'Europe n'est qu'un appendice de l'Asie : elle lient à cette partie du monde comme une presqu'île à un continent. L'isthme est formé par rOural, longue chaîne d'environ 2 000 kilom., d'unehauteur moyenne de! imh 1 C00m.,et d'une largeur de SO à lliO kilom. L'Europe est la plus grande (si on laisse on dehors l'Afrique) des péninsules rattachées à l'immense tronc asiatique.
Considérée en elle-même comme un continent à part. l'Europe reproduit, dans des proportions moindres, les formes essentielles de l'Asie. Comme cette partie du monde, elle a au centre une grande chaîne de montagnes, les Alpes, qui forme le noyau de presque tout son système orographique, et qui est, pour ainsi dire, son épine dorsale, son ossature centrale. C'est autour de cette ossature que le tronc se développe, et c'est autour d'elle que les membres s'étendent et viennent s'articuler au tronc principal : telles sont la Grèce, l'Italie, l'Espagne avec le Portugal, le Jutland et la Scandinavie. Mais tandis que le tronc asiatique est un quadrilatère qui ne présente à la mer que deux côtés, dont l'un appartient aux régions arctiques, le tronc européen forme un triangle qui de 1 Oural, sa base, au golfe de Biscaye, son sommet, va en diminuant de largeur, de telle sorte que la partie orientale seule, c'est-à-dire les plaines de la Russie, prolongement occidental des plaines asiatiques, présente une grande masse de terres. Il en résulte que les presqu'îles européennes sont mieux détachées que celles de l'Asie, découpées par des golfes plus nombreux et plus profonds, et que, par suite, le tronc lui-même est accessible par mer sur une étendue de côtes relativement plus grande. On peut dire de l'Europe ce que Montesquieu dit de la Grèce : « C'est une grande péninsule dont les caps semblent avoir fait reculer les mers, et les golfes s'ouvrir de tous côtés, comme pour les recevoir encore. » {Esp7^it des lois, XXI, 7.) L'Europe, en eff'et, offre un développement de côtes dont n'approche, proportion gardée, aucune autre partie du monde. Pour3 2ô8 kilom. carrés de terre ferme, elle a ' kilom. 1,2 de côtes; pour la même étendue de côtes, l'Amérique et l'Australie ont 4000 kilom. carrés de terre ferme, l'Asie 5 600, l'Afrique 8 400. Cette riche articulation, si favorable aux communications, à l'échange des idées et des produits, a puissamment contribué à multiplier et à développer les centres de culture et de commerce. C'est par là surtout que l'Europe est devenue et est destinée à rester le principal foyer -de la civilisation.
Cette civilisation rayonne sur le monde «ntier autant par la position géographique de l'Europe que par l'activité expansive de ses peuples. Elle €st, en effet, le véritable centre de l'univers. En contact avec l'Asie par sa frontière orientale, elle communique encore avec elle par la mer intérieure qui la rapproche au sud plutôt qu'elle ne la sépare de l'Afrique, qu'elle touche presque par ses trois presqu'îles méridionales ; à l'ouest, l'océan Atlan-
tique ne forme entre elle et l'Amérique qu'un étroit canal, si on le compare au Pacifique dont l'immensité présente, entre l'Amérique et l'Asie, comme un abîme qui va s'élargissant à partir du détroit de Behring, où les deux continents ne se rapprochent que par leurs extrémités les plus incultes et les moins peuplées.
Latitudes et lon,itu'les ; dimensions; bo>nes.-» Le point le plus septentrional de l'Europe est le cap Nord, par 71° latitude: le point le plus méridional est le cap Matapan, par 36" latitude ; le plus occidentalest le cap Roca par 12° longitude ouest ; le plus oriental, l'Oural, près de la source de la rivière Kara, par 6-3° longitude est. Elle s'étend donc sur 35 degrés de latitude et sur 75 de longitude. Sa plus grande longueur, du cap Saint-Vincent à l'embouchure de la Kara, est de 5ÔGÔ kilom.; sa plus grande largeur, du cap Xord au cap Matapan. de -3 860 kilom. De ce dernier cap elle est encore éloignée de 1 450 kilom. de la zone torride, et par le cap Nord, elle ne s'étend que de 495 kilom. dans la zone glaciale arctique : elle est donc située presque tout entière dans la zone tempérée du nord. Elle est bornée au nord par l'océan Glacial arctique, à l'ouest par l'océan Atlantique, au sud par la Méditerranée, l'Archipel, le détroit des Dardanelles, la mer de Marmara, le Bosphore ou détroit de Constantinoplo, la mer Noire et le Caucase; à l'est, par la mer Caspienne, le fleuve et les monts Oural, et ia Kara. De ce côté, les anciens plaçaient la limite de l'Europe et de l'Asie au Don [Tanais). La ligne de démarcation moderne a l'avantage de marquer plus complètement et plus nettement la séparation des deux parties du monde. Toutefois il convient de remarquer que des deux côtés le sol offre les mêmes caractères : au nord, ce sont les toundras, immenses marécages glacés qui, par les plus fortes chaleurs d'été, ne dégèlent qu'à un demi-pied de profondeur; au sud, ce sont les steppes. Dans ces plaines désolées, où errent les Samoyèdes et les Kirghiz, l'Europe et l'Asie semblent se confondre.
Mers, golfes, détroits. — Des cinq océans, deux seulement baignent l'Europe : l'océan Glacial arctique et l'océan Atlantique.
L'océan Glacial pénètre par la mer Blanche et ses golfes (golfe de Dvina, d'Onega, de Kandalaskaia) dans l'intérieur aes terres et forme, avec elle, les presqu'îles de Kanin et de Kola.
L'océan Atlantique baigne toute la côte occidentale de l'Europe depuis le cercle polaire arctique jusqu'au détroit de Gibraltar. Il forme quatre mors ouyertes et trois mers intérieures. Les quatre mers ouvertes sont : l» la mer du Nord avec les golfes de Murray et de Wash sur la côte de la Grande-Bretagne ; du Zuyderzée, de DoUart et de Jahde sur les côtes de Hollande et d'Allemagne; le Skager- Rack et le Cattégat entre le Jutland et la Scandinavie ; 2° la mer a'Irlande, avec le canal du Nord et le canal de Saint-Georges ; a° la Manche ou le Canal, avec le détroit du Pas-de-Calais ; 4° le golfe de Gascogne ou de Biscaye. Les trois mers intérieures sont : 1° la mer Baltique, ouverte à l'ouest par trois détroits : le Sund, le grand et le petit Belt ; puis enfermée entre la Suède, le Danemark, la Russie et l'Allemagne, où elle forme les golfes de Bothnie, de Finlande, de Ri.ça ou de Livonie, et de Dantzig. et les lagunes de Stettin, du Frische- Haff et du Kurische-Haff: 2° la mer Méditerranée, qui communique avec l'océan Atlantique par le détroit de Gibraltar. Elle se divise^ en deux grands bassins, séparés par une ligne tirée du cap Bon, sur la côte de la régence de Tunis, au cap Boco à l'extrémité sud-otiest de la Sicile. Dans le bassin occidental, elle forme les golfes de Valence (canal des Baléares), du Lion et de Gènes, le détroit de Bonifacio entre la Corse et la Sardaigne, la mer Tyrrhénienne entre ces îles et l'Italie, et le détroit de
EUROPE
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Messine entre l'Italie et la Sicile. Dans le bassin oriental, elle forme le golfe de Tarente, la mer Ionienne avec les çiolfes de Patras, de Lépante (ou de Corinthe), d'Arta; le canal d'Otrante; la mer Adriatique, avec les golfes de Manfrédonia, de Venise, de Trieste et de Fiume; la mer Egée ou l'Archipel, avec les golfes de Nauplie, d'Egine, de Volo,de Salonique, de Contessa ou de Rendina, et d'Enos; la mer du Levant, qui baigne la côte asiatique entre les îles de Rhodes et de Chypre ; 3° la mer Noire, avec les Dardanelles, la mer de Marmara, le Bosphore ou détroit de Constantinople, le détroit d'Iénikalé ou de Kertch, la mer d'Azof et la mer Putride.
Presqu'îles, îles, caps. — Nous avons déjà mentionné les principales presqu'îles de l'Europe, dont elles formentenviron la cinquième partie. Partout, à l'aide de ces nombreuses articulations, la mer alterne avec la terre ferme. Dans l'océan Glacial se détachent les presqu'îles de Kanin et de Kola, entre lesquelles pénètre la mer Blanche; entre l'océan Atlantique, la mer du Nord et la mer Baltique, la Scandinavie avec les caps Nord, Lindesness et Falsterbo, et le Jutland avec le cap Skagen ; dans la Manche, les presqu'îles de Normandie (Cotentin), avec le cap de la Hague, et de Bretagne avec la pointe Saint-Matthieu ; entre l'Atlantique et la Méditerranée, la presqu'île des Pyrénées avec les caps Finistère, Roca, Saint-Vincent, Trafalgar, Palos et Creuz; entre la mer Tyrrhénienne et l'Adriatique, la presqu'île de l'Apennin avec les caps Spartivento et Leuca, et l'Istrie avec le cap Promontore; entre l'Adriatique, la mer Ionienne et l'Archipel, la presqu'île des Balkans et du Pinde, terminée par le cap Matapan ; entre la mer Noire et la mer d'Azof, la Crimée.
L'Europe n'est pas moins riche en îles (495,000 k. c). Dans l'océan Glacial : les îles Lofoden, Kalgouef, Vaigatch, Nouvelle-Zemble, et Spitzberg, qui porte sa limite septentrionale au 80° latitude. Dans l'océan Atlantique : les îles Farôer, l'Islande sous le cercle polaire arctique et sur le chemin de l'Amérique; les îles Britanniques (Shetland, Orcades, Hébrides, Grande-Bretagne, Irlande, Scilly). Dans la mer d'Irlande : Man et Anglesey. Dans la mer du Nord : Texel, Helgoland. Dans la mer Baltique : Seeland, Fionie, Laaland . Bornholm ; OEland,Gothland; Oesel, Dago, Aland;Rugen, Usedom, Wollin. Dans la Manche : Wight, Aurigny, Guernesey, Jersey. Dans le golfe de Gascogne : Ouessant, Sein, Belle-Ile, Noirmoutiers, île d'Yeu, Ré, Oléron.Dans la Méditerranée : Baléares, Corse, Sardaigne, Elbe, Sicile, Lipari, Egades, Malte. Dans l'Adriatique et la mer Ionienne : îles Dalmates ou Illyriennes, îles Ioniennes. Dans l'Archipel : Candie, Cyclades, Négrepont, Lemno, Imbro, Tasso.
Le relief du sol, montarpies, plateaux, plaines, volcans, lacs. — Une ligne droite, tirée des bords de l'Ems au cap Apcheron sur la mer Caspienne, partage le tronc continental en deux régions distinctes : au nord sont les pays de plaines, au sud les pays de montagnes.
Les plaines occupent deux tiers du continent. Au nord-ouest, elles s'étendent jusqu'à la mer, et même au delà. De ce côté, jusqu'à une assez grande distance, la mer est moins profonde que les lacs de la Suisse, et les côtes qu'elle baigne sont si basses qu'il faut les protéger par des digues. Les plaines qui s'abaissent vers la mer Baltique sont bordées d'un côté de lagunes (lagunes de Stettin, des Frische et Kurische-Haflf), de l'autre d'innombrables lacs (Ladoga, Onega, Saîma, Peipous, etc.). Celles de l'est, qui vont se confondre au nord de la mer Caspienne avec les steppes de l'Asie, se terminent sur l'Océan Glacial et la mer Noire par des côtes plus élevées de quelques centaines de pieds que l'intérieur.
Les montagnes de l'Europe a'ont pas l'aspect
imposant, gigantesque de celles de l'Asie ou de lAmcrique. L'altitude du Mont-Blanc, point culminant df's Alpes (4 810 m.), ne dépasse guère que la moitié de celle du mont Everest (8 840 m.) dans l'Himalaya, et n'atteint pas aux deux tiers du Sorata (7 500 m.) dans les Andes ; en Afrique même, sous l'équateur, le Kilimandjaro dresse sa cime plus haut dans la région des neiges éternelles (6115 m.). Mais dans aucune des parties du monde les montagnes n'alternent aussi régulièrement avec les plaines, et n'exercent, par suite, une aussi salutaire influence sur le climat, en formant de véritables lignes de partage des courants atmosphériques.
Nous avons dit que les Alpes forment le noyau du système orographique de l'Europe. Du haut du Mont-Blanc on voit l'arête se développer avec ses ramifications depuis la Méditerranée et la vallée du Rhône à l'ouest jusqu'à l'Adriatique et aux plaines du Danube à l'est, sur une superficie de plus de 264 000 kilom. carres. D'un côté elle se lie à l'Apennin qui traverse la péninsule italienne, de l'autre aux Balkans et au Pinde qui traversent la péninsule gréco-turque. Sous la même latitude à peu près s'élèvent aux extrémités de l'Europe deux chaînes qui présentent cette analogie de s'étendre entre deux mers : dans l'est, le Caucase, dont le plus haut sommet, l'Elbrouz (5660 m.), appartient au versant asiatique; dans l'ouest, les Pyrénées, qui culminent au mont Maladetta (pic Nethou, 3 482 m.). Elles se lient parles monts Cantabre8,leur prolongement occidental, à la chaîne Ibérique dont les contre-forts constituent les plateaux des deux Castilles et dépassent au sud, avec la Sierra Nevada (Cumbre de Mulhacen, 3 570 m.), l'altitude des Pyrénées.
Les plaines du Danube et les vallées du Rhin et du Rhône séparent les montagnes de l'Europe méridionale de celles de l'Europe centrale. Ces dernières forment de l'est à l'ouest les groupes suivants : 1° les Karpathes, qui décrivent un grand arc de cercle replié sur le Danube entre Orsova et Presbourg, se liant d'une part au système des Balkans par les Alpes et le plateau de Transylvanie, au défilé des Portes-de-Fer ; de l'autre au plateau de Bohême par les monts Beskides et Sudètes ; 2° le quadrilatère des montagnes qui bordent ce dernier plateau : hauteurs de Moravie, Forêt de Bohême, Erzgebirge et monts des Géants ; 3° les montagnes de l'Allemagne centrale, d'un côté entre le Danube, le Main et le Rhin : le Fichtelgebirge, le Jura Franconien, les Alpes de Souabe et la Forêt-Noire ; de l'autre, entre le Main, la Saale et le Rhin : le Frankenwald, le Thuringerwald et le Harz; 4° le Jura, entre l'Aar et le Rhône; 5" les Vosges, entre le Rhin et la Moselle; 6° les monts Faucilles, le plateau de Langres et la Côte-d'Or, avec la forêt de l'Argonne et des Ardennes, les monts du Morvan et le plateau d'Orléans, entre les vallées de la Seine et de la Loire ; 7° les Cévennes et les monts d'Auvergne, principal relief du plateau central de la France, avec le Plomb de Cantal, le Puy-de-Sancy et le Puy-de- Dôme.
En dehors de ces différents systèmes qui se lient les uns aux autres, à l'extrémité orientale des vastes plaines de la Russie, au delà de la mer Baltique et de la Manche, s'élèvent trois groupes isolés : l'Oural, aux confins de l'Asie ; les monts Kiôlen, entre la Norvège et la Suède ; les monts Grampians, Pennins et Cambriques, dans la Grande-Bretagne.
Le sol de l'Europe ne recèle plus de foyer de feux souterrains qu'aux deux extrémités du continent. Dans le midi une traînée de volcans s'étend à travers la Méditerranée : les principaux sont le Vésuve (1 150m.), près de Naples, et l'Etna (3 340 m.) en Sicile. L'île Stromboli, la plus septentrionale des Lipari, et l'île Santorin, une des plus méridio-
EUROPE
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nales des Cyclades, sont également volcaniques. Dans le nord, aux confins des régions arctiques, l'Islande est couverte de volcans' en activité, dont le plus considérable est l'Hékla fl560 m.). Cette île renferme aussi des sources d"eau bouillante, dont l'une, le grand Geyser, jaillit à une hauteur de 29 mètres. Un grand nombre de volcans éteints ont laissé leurs traces dans les montagnes du centre de l'Allemagne et de la France (monts d'Auvergne).
L'Europe n'a qu'un grand lac qui puisse être considéré comme une mer intérieure, et elle le partage avec l'Asie : c'est la mer Caspienne (46 3250 kilom. carrés), dont les eaux sont salées. Les autres peuvent se partager en quatre groupes : 1° ceux de Russie : lac Ladoga, le plus grand du continent (18 270 kil. c), Onega, Peîpous, Ilmen, Bielo,etles nombreux lacs répandus entre la mer Blanche et les golfes de Bothnie et de Finlande ; 2° ceux de Suède : lacs Wener (5 215 kil. c), Melar,Wetter, Hielmar ; 3° ceux d'Ecosse et d'Irlande : Loch Lomond, Lough Neagh ; 4" ceux de la région des Alpes : lacs Balaton (G60 kil. c), Neusiedl (Hongrie) ; Léman ou de Genève, le plus grand de la Suisse (578 kil. c), de Constance, des Quatre- Cantons, de Zurich, de Neuchàtel (Suisse), de Garde (360 kil. c), de Côme, Majeur (Haute-Italie).
Ligne de partage des eaux; versants, bassins ; fleuves et rivières. — Une suite de hauteurs, traversant transversalement l'Europe de la pointe de Tarifa à la mer de Kara, forme sa ligne de partage des eaux. Elle se compose de la Sierra Nevada, de la chaîne Ibérique, des monts Cantabres depuis la source de l'Ebre, des Pyrénées occidendentales et centrales jusqu'au pic de Carlitte, des Corbières occidentales, des Cévcnnes, de la Côted'Or. du plateau de Langres, des monts Faucilles, du Ballon d'Alsace, du Jura septentrional et central , du Jorat , des Alpes Bernoises , Lépontiennes, Grises, Algaviennes, des hauteurs qui couronnent le lac de Constance, de la Forêt- Noire jusqu'à la source du Danube, des Alpes de Souabe, du Jura Franconien, du Fichtelgebirge, de la Forêt de Bohême, des hauteurs de Moravie, des Sudètes et des Karpathes occidentales jusqu'à la source du Dniester, des collines de Pologne, du plateau de Valdai, des monts Uvvalli et de l'Oural septentrional.
Cette ligne de faite partage l'Europe en deux grands versants, abaissés, l'un vers les mers qui la baignent au nord et à l'ouest, l'autre vers celles qui la baignent au sud et à l'est. Chacun de ces versants est subdivisé par des arêtes hydrographiques, qui se rattachent à l'arête principale, en un certain nombre de versants secondaires et de bassins entre lesquels ces montagnes distribuent les eaux dont elles sont les réservoirs.
L'Europe est admirablement arrosée. Découpée de tous les côtés par de nombreuses mers intérieures et par des golfes profonds, elle n'a pas de fleuve qui approche, pour la longueur de son cours, du Mississipi (6 600 kil.), du Nil (6 380 kil.), de l'Amazone (5 710 kil.), du Yang-tse-Kiang (5 200 kil.). Son système fluvial, comme son système orographique, est loin d'avoir les vastes dimensions de ceux des autres continents. Mais dansaucunepartie du monde les eaux ne sont aussi également distribuées dans toutes les directions ; aucune n'a un aussi grand nombre de fleuves et de rivières navigables.
Ceux dont le cours est le plus long appartienjient au versant de l'est, où le tronc a son principal développement. A l'exception d'un seul, tous le parcourent dans le sens de sa plus grande largeur, c'està-dire du nord au sud, et arrosent les vastes plaines qui s'étendent au nord de la mer (îaspienne et de la mer Noire ; ce sont : le "Volga, le plus grand fleuve de l'Europe (3 190 kil.), l'Oural (1 710 kil.), qui se jettent dans la mer Caspienne ; le Don
(1 200 kil.), dans la merd'Azof ; le Dniepr (1 780 kil.), le Dniestr (800 kil.), dans la mer Noire. Le Danube est le seul fleuve de ce versant qui coule dans le sens de la plus grande longueur du tronc, dont il forme la grande artère méridionale (2 820 kil.).
La forme péninsulaire du versant du sud ne permet pas un développement considérable aux cours d'eau qui l'arrosent : la Maritza (475 kil.), la Stronma ou Karasou, le Vardar, la Vistritza, la Salambria, dans l'Archipel; le Pô (653 kil.), l'Adige (445 kil.), dans l'Adriatique ; le Tibre (370 kil.), l'Arno, dans la mer TjTrhénienne. Seul le Rhône, dont le bassin appartient au tronc continental, approche de 1 000 kil. (810 kil.). L'Ebre, le plus grand fleuve de la presqu'île des Pyrénées sur ce versant, n'a que 616 kil.
Le versant occidental, dont l'extrémité sud-ouest appartient seule àlaformation péninsulaire, va s'élargissant depuis la pointe de Tarifa jusqu'aux montagnes d'où descend l'Elbe : le Guadalquivir (5-20 kil.), le Guadiana (780 kil.), le Tage (883 kil.), le Duero ("172 kil.), la Garonne (594 kil.), la Loire (1 100 kil.), dans lOcéan ; la Seine (683 kil.), dans la Manche ; la Meuse (053 kil.), le Rhin (1 300 kil.), le Wescr (520 kil.). l'Elbe (1 195 kil.), dans la mer du Nord. A ces grandsbassins fluviaux il faut ajouter les bassins secondaires: l'Adour, la Charente, la Vilaine, la Somme, l'Escaut, l'Ems, et les cours d'eau do la Grande-Bretagne et de l'Irlande : la Tamise, l'Ouse, l'Humber, le Forth, dans la mer du Nord; la Severn, la Clyde et le Shannon, dans TOcéan.
A partir de la source de l'Elbe, la ligne de faîte s'infléchit vers le nord-est jusqu'au plateau de Valdaî, puis à l'est jusqu'à l'Oural septentrional, parallèlement à la mer Baltique et à l'océan Glacial, qui, pénétrant dans le tronc continental par le golfe de Finlande et par la mer Blanche, ne permettent pas un grand développement au système fluvial du versant du nord. Les principaux fleuves sont: l'Oder (890 kil.), la Visiulc (I 040 kil.), le Niémen (853 kil.), la Duna (1 040 kil.), la Neva (66 kil.), qui sert d'écoulement au lac Ladoga, la Dvina (1 190 kil.), la Petchora (965 kil.).
Quant aux cours d'eau de la péninsule Scandinave, ils forment un groupe à part, partagé entre le versant du Skager-Rak. auquel appartiennent le Glommen et la Gotha-Elf, et celui du golfe de Bothnie, où se jettent la "Tornéa. la Lulea, la Pitéa, rUméa, l'Angermann-Elf, la Liusna-Elf etla Dal-Elf.
Climat; flore et faune. — L'Europe est la seule partie du monde qui ne touche sur aucun point à la zone torride, dont la pointe de Tarifa, par 30° lat., est éloignée de 12 1/2 degrés ; et elle n'a dans la zone glaciale que son extrémité septentrionale, 6 à 7 degrés. Elle est donc située presque tout entière dans la zone tempérée du nord. Les 7/9"°" du continent sont au-dessous de 100 mètres d'altitude et 1/30"°* seulement s'élève au-dessus de 1 000 mètres. Ces conditions générales de température, relatives à l'altitude et à la latitude, sont modifiées par difi'érentes influences particulières. La principale est celle de la mer qui touche l'Europe et la pénètre sur une si grande étendue de côtes. La mer s'échauffe plus lentement que la terre sous l'action des rayons du soleil, mais elle conserve plus longtemps la chaleur emmagasinée. La différence y est moins grande entre la chaleur du jour et celle de la nuit, entre l'été et l'hiver. Le climat maritime, par suite, est relativement chaud en hiver, froid en été. La température des deux saisons est ainsi adoucie par le voisinage de l'Océan. Les îles Britanniques ont rarement de la neige en hiver, et le froid n'y descend guère au-dessous de 12". Dans les îles Fârôer, il gèle à peine en hiver, par contre l'été est si froid qu'il y tombe parfois de la neige. L'Atlantique communique, en outre, aux
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contrées qu'il baigne, la chaleur que le Gulfstream, auquel ses eaux servent de lit, apporte des régions incertropicales, où il a sa source, et dont l'influf^nce se fait sentir jusque sous les latitudes boréales. Il suit de là qu'à mesure qu'on s'éloigne de la mer, c'est-à-dire qu'on s'avance dans la direction de l'est, la température va s'abaissant. Les vents de l'ouest, qui arrivent d'une mer chaude sur les côtes de l'Europe, exercent la même influence. En s'élevant sur les monts Scandinaves, ils se refroidissent ; l'humidité dont ils se sont chargés, en passant sur l'immense bassin de l'Atlantique, se résout en pluie et en neige. Arrivés à Test de ces montagnes, ils ont perdu ce quils contenaient d'eau : cest pourquoi les pluies diminuent en Europe à mesure qu'on s'éloigne de la mer, c'est-à-dire dans la direction de l'ouest à l'est. Or la pluie tempère les froids de l'hiver ainsi que les chaleurs de l'été : pour cette raison encore, les uns et les autres augmentent de l'ouest à l'est.
L'éloignement des grandes masses d'eau de la zone tempérée n'est pas la seule cause des rigoureux froids d'hiver et des chaleurs sèches d'été qui régnent dans les plaines du nord-est. Les uns et les autres y sont apportés encore par le vent d'est oui souffle de la Sibérie. De ce côté l'Europe subit l'influence du contact de l'Asip. Elle subit de même au sud celle du voisinage de l'Afrique. Mais la Méditerranée tempère l'ardeur des vents brûlants qui soufflent de ce continent, et qui se font sentir, par moments, en Espagne, la plus chaude des trois péninsules méridionales, et en Italie, où ils passent même quelquefois par-dessus les Alpes. Toutefois les montagnes qui séparent ces péninsules du tronc continental sont d'importantes lignes de partage de climats entre le versant méridional et le versant septentrional.
La flore et la faune de l'Europe sont en harmonie avec sa géographie physique, et ne présentent, comme elles, que des types moyens, adoucis par la nature du sol et l'influence du climat. Les espèces aux formes giiiantcsques manquent dans le règne végétal comme dans le règne animal. La terre n'a pas la fertilité exubérante des contrées intertropicales ; elle ne produit pas ces plantes au jet puissant, aux couleurs éclatantes, aux parfums pénétrants, et elle ne recèle dans son sein qu'une très petite quantité de métaux précieux. L'espèce des bêtes féroces n'y est représentée que par l'ours, le lynx et le loup, dont le domaine est assez restreint. Mais elle produit en abondance les plantes, les animaux et les métaux utiles. Tous les genres de céréales s'y récoltent : l'orge, le seigle et l'avoine jusque vers la limite de la zone glaciale, le blé jusqu'au &!" degré, le maïs et le riz jusqu'au 42'. La vigne réussit jusqu'au 5'2«, dans des conditions spéciales Enfin le palmier, cet arbre tropical, le dattier, le giroflier, le figuier, l'olivier, le citronnier, l'oranger trouvent la chaleur qui leur est nécessaire dans les trois péninsules méridionales et sur les côtes de la Méditerranée.
Superficie; population; co>nparaison avec les autres parties au monde. — La superficie de l'Europe est de 9868 842 kilom. carrés. Elle est quatre fois et demie plus petite que l'Asie, quatre fois plus petite que l'Amérique, trois fois plus petite que l'Afrique, et elle n'a guère qu'un million de kilom. carrés de plus que l'Australie. Elle est donc la plus petite des parties du monde, cette dernière exceptée.
Sa population est de 312 millions et demi d'habitants, soit 32 par kil. carré. Mais elle est très inégalement répartie ; la Belgique, où la densité de la population est la plus forte, en compte I8I ; la Scandinavie, où elle est la moindre, 8 par kilom. carré. Au quatrième rang des parties du monde pour la superficie, l'Europe est au deuxième rang pour la population : après l'Asie, qui a 800
millions d'habitants, mais avant l'Afrique, qui en a environ 200 millions, l'Amérique, qui n'en a que 85 millions, et l'Australie qui en a 4 1/2.
Races et religions. — Trois races principales peuplent l'Europe : I' la race latine, à l'ouest et au sud (France, Espagne, Portugal, Italie, Roumanie, partie de la Suisse et de la Belgique) : 98 millions; 2» la race germanique, au centre et an nord-ouest (Allemagne, partie de l'Autriche, de la Suisse et de la Belgique, Pays-Bas, États Scandinaves, Angleterre) : 94 millions; 3° la race slave, à l'est (Russes, Polonais. Tchèques, Wendes, Moraves, Serbes, Croates, Slovènes, Dalmates, Monténégrins, Bulgares) : 82 millions.
A ces trois grandes familles de la race caucasique il faut ajouter : 4° les Grecs (partie méridionale de la péninsule des Balkans et du Pindci Candie, Cyclades) : 2 millions et demi; 5" les Albanais ou Arnautes (Albanie, Epire) : 1 million et demi ; 6° les Celtes (Bretagne, pays de Galles, Irlande, Haute-Écosse) : 10 millions; 7° les Letton» ou Lithuaniens, sur les golfes de Finlande et de Riga : 2 millions.
Ces sept peuples, qui forment les 16/17""" de la population européenne, appartiennent à la race caucasique, et parlent des idiomes qui se rattachent à la grande langue indo-européenne.
Viennent ensuite: S" les Basques ouEuskariens, dans les Pyrénées occidentales : 1 million ; 9° les Finnois (Magyares ou Hongrois, Finnois, Livoniens, Esthoniens, Lapons, Samoyèdes) : 12 millions et demi ; 10° les "Tatars-Mongols (Turcs, Tatars, Kalmouks), dans la presqu'île des Balkans et dans la Russie méridionale : environ 4 millions et demi; 11" les Juifs, dispersés dans toute l'Europe: 5 millions ; 12" les Tziganes, d'origine hindoue (Hongrie, Turquie, Espagne) : un demi-million.
Le christianisme domine presque universellement en Europe. Il se divise en trois grandes communions : l°le catholicisme romain, dans le sud et le sud-ouest, parmi les peuples de race latine : 148 millions ; v° le protestantisme, au centre et dans le nord, parmi les peuples de race germanique : 72 millions : 3° le catholicisme grec, dans l'est, parmi les peuples de race grecque et slave : 69 millions. Le reste appartient au judaïsme : 5 millions, à l'islamisme : 7 millions, et à des sectes diverses.
Les États; formes de gouver7iemrnt; superficie, population, densité de la population. — L'Europe est divisée en 23 États, savoir : 1° quatre empires : la Russie avec le grand-duché de Finlande, monarchie absolue; l'Allemagne, empire fédératif et constitutionnel, composé de 25 États confédérés, dont trois villes libres, et de la province d'Alsace- Lorraine; l'Autriche-Hongrie, empire constitutionnel ; la Turquie, monarchie absolue, avec la Roumélie orientale , province autonome ; 2* onze royaumes constitutionnels ; dans le nord : Suède avec Norvège, Danemark; dans l'ouest : Belgique, Pays-Bas ou Hollande avec le grand-duché de Luxembourg, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande ; au sud : Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Roumanie, Serbie ; 3° quatre républiques : France, Confédération suisse, république d'Andorre, enclavée entre la France et l'Espagne, république de San Marino, enclave de l'Italie ; 4" quatre principautés : Monténégro, Bulgarie, Liechtenstein, Monaco.
Chacun de ces Etats est, dans ce dictionnaire, l'objet d'un article géographique spécial. Toutefois, le Danemark, la Suède ei la Norvège forment un seul article : Scandinaves (Etats) ; le Portugal est réuni, pour la géographie, à VEspng?ie ; la Grande- Bretagne et l'Irlande sont décrites au mot Angleteit'e, qui entre davantage dans l'usage courant ; la Belgique, par un accident de mise en p.iges, a dû être renvoyée au supplément ; tous les Etats de la Péninsule des Balkans, Roumanie, Serbie, Bulgarie et Monténégro, font avec la Turquie l'objet d'un