SUPERFICIE
POPULATION
DEXSITÉ de la
population.
Russie (ayec la Fin-
kil. carrés.
habit.
7 100 000 5 400 0it0 4 000 000 1 83 0 000 1 450 000
4 oOO 000
h. par kil. c.
Suède et Norvèj^e..
Autriche-Hongrie. .
Allemagne
Grande Bretagne et
Italie
Turquie avec la Rouniélio orientale . .
Pays-Bas
Monténégro
Liechtenstein
San Jlarino
Monaco
[Félix Oger.] ÉV.4PORATIOX — Physique, XVII. — L'évaporation est le passage d'un liquide à l'état gazeux, s'efifectuant lentement à la température ordinaire, par la surface du liquide seulement, c'est-à-dire sans aucune agitation de la masse. La plupart des liquides et même quelques corps solides s'évaporent, passent spontanément à l'état de vapeurs, à une température inférieure à leur point d'ébuUition. Ce passage est très facile pour quelques-uns que l'on dit volatils, comme l'éther, la solution d'ammoniaque, le sulfure de carbone. D'autres n'émettent des vapeurs qu'en très faible quantité et très lentement: tel est le mercure. D'autres enfin ne paraissent pas en émettre du tout à la température ordinaire, comme l'acide sulfurique concentré et les huiles grasses. Parmi les corps solides qui se réduisent très facilement en vapeurs se rangent l'iode et le camphre.
Ce phénomène de l'évaporation d'un liquide à l'air est facile à mettre en évidence pour l'éther et pour l'eau. Si on verse dans une soucoupe ou une assiette l'un de ces deux liquides, il disparaît promptement en vapeurs invisibles ; pour l'éther, ces vapeurs révèlent l^ur présence par l'odeur qu'elles répandent; pour l'eau, en petite quantité, elles sont insensibles ; mais dans la nature, celles qui s'élèvent des immenses nappes liquides qui constituent les mers forment les brouillards et les nuages, retombent en neige ou en pluie sur la terre ferme, alimentent constamment les sources et entretiennent la dépense des eaux continentales. Plusieurs circonstances favorisent l'évaporation. La première est Vétendue de la surface du liquide. Puisque la vapeur ne se forme spontanément qu'à la surface, il est évident que pour une même quantité de liquide, la vapeur produite sera d'autant plus grande dans le même temps que le liquide sera étalé sur une plus large surface. On sait fort bien que pour faire sécher du linge, c'està-dire pour faire évaporer l'eau qu'il retient, il faut l'étendre sur un cordon plutôt que de le laisser en tas. Et quand on veut retirer économi-
quement le sel des eaux de la mer, on les amène dans des bassins peu profonds, mais très vastes, où l'évaporation les concentre rapidement et finit par leur faire déposer le sel qu'elles renferment.
Une deuxième condition favorable à l'évaporation, c'est Vélévation de la température du liquide. Plus celui-ci est chaud, plus est grande la force élastique de sa vapeur*, plus il se forme de vapeur dans le même temps. C'est pour cette raison qu'on fait chauffer les liquides dans des vases larges, lorsqu'on veut achever promptement leur cvaporation et faire déposer le solide qu'ils retenaient en dissolution. L'été, pendant les chaleurs, le sol et les plantes se dessèchent sous les rajons ardents du soleil; l'évaporation à la surface des feuilles est si active que les plantes se fanent si on ne les abrite pas ou si on ne leur rend pas par l'arrosage l'eau dont elles sont privées et qu'elles ne trouvent pas dans le sol en quantité suffisante pour réparer leurs pertes.
Enfin la sécheresse de l'air et son renouvellement sont deux causes qui activent puissamment l'évaporation. Si l'air était parfaitement calme, la couche qui recouvre la surface du liquide à évaporer arriverait bientôt à saturation, et toute évaporation cesserait. Au contraire, si l'air est agité, il emporte avec lui la vapeur qui se forme, et le liquide se trouve toujours en contact avec de l'air d'autant plus propre à en recevoir une nouvelle quantité qu'il est plus sec. L'expérience de chaque jour confirme ces faits ; le linge ne sèche pas vite dans un grenier fermé, ni les jours où l'air est humide, tandis que les vents secs et chauds le sèchent très rapidement Quand l'air est chargé de vapeur d'eau, la transpiration cutanée, qui n'est qu'une évaporation constante dont la peau de notre corps est le siège, s'effectue difficilement ; on en éprouve un malaise que l'on attribue à tort au poids de l'air en disant que le temps est lourd.
Un corps liquide ne peut passer à l'état de gaz qu'à la faveur d'une certaine quantité de chaleur employée à effectuer le travail du changement d'état. Quand on le chauff'e et qu'on l'amène à Yébullition*, toute la chaleur qu'on lui fournit une fois qu'il bout est insensible au thermomètre; elle est tout entière employée à vaporiser le liquide. La vapeur, pour se former et se maintenir, a donc besoin dune assez grande quantité de chaleur qui n'accroît pas sa température. 11 en résulte que toutes les fois qu'un liquide s'évapore sans recevoir directement d'un foyer la chaleur nécessaire, la vapeur qui se forme emprunte cette chaleur ou aux corps voisins ou aux couches liquides qui restent, et détermine ainsi un abaissement de température. L'évaporation est donc une cause de ref'oidisseme7it. Qu'on verse sur le dos de la main quelques gouttes d'éther, on sent de suite un froid assez vif, en même temps que le liquide disparaît; c'est la rapide évaporation qui est la cause du refroidissement. L'huile ordinaire n'occasionne pas cette impression, parce qu'elle n'est pas volatile ; mais des liquides qui s'évaporent encore plus rapidement que l'éther, comme l'acide sulfureux, produisent un froid considérable.
On utilise ce froid produit par l'évaporation pour congeler l'eau. Leslie a réalisé la congélation de l'eau dans le vide de la machine pneumatique. Aujourd'hui on fait la glace en grand en profitant du refroidissement produit par l'évaporation rapide de l'acide sulfureux liquide ou de l'ammoniaque, et on glace les carafes à l'aide d'une petite pompe pneumatique, provoquant par le vide une évaporation extrêmement active qui entraîne un refroidissement vif et rapide.
Dans le midi, on maintient le vin frais en été en le mettant dans des vases en terre poreuse que l'on appelle alcarazas; le liquide suinte légèrement à travers les pores de la terre, en sorte qu'à la