‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 498 sur 593 · Les règles de la multiplication et de la · texte numérisé non relu

Les règles de la multiplication et de la

division des fractions démontrent que pour diviser

un nombre, enti",rou fracti tinaire, successivement

pur plusieurs fractions ou expressions fractvya-

naires, on peut le diviser far leur produit. Soit,

par exemple, à diviser ~ par |, et le quotient par | ;

si l'on divise d'abord - par - on aura ■; ■ : et si

l'on divise ce premier quotient par ï, on obtien-

dra . „ — r- Or si 1 on divise 7 par le produit

décimale

°" ïm °" ^'^'^-

effectué de - et de -■> c'est-à-dire par ? on

On verrait de même que les fractions

reviennent à

32. — Dans tout autre cas, une fraction ordinaire ne peut être convertie exactement en iraction décimale; mais on peut obtenir une fraction décimale, ou un nombre décimal, qui en diffère aussi peu qu'on le voudra. Soit proposée, par exemple, la fraction f . Cette fraction exprime, comme on l'a vu, le quotient de son numérateur par son déno ninateur. Cherchons à évaluer ce quotient en décimales :

CO

FRACTIONS

— 798 — FRANÇAISE (LANGUE

Le diviseur 7 n'étant pas contenu dans 4, on -cuve 0 pour le chiffre des unités du quotient, et il reste 4. Ces 4 unités valent 40 dixièmes, dont la 'i' partie est 5 dixièmes, que l'on peut écrire au quotient, et il reste :> dixièmes. Ces 5 dixièmes valent 50 centièmes, dont la 1" partie est 7 centièmes, que l'on peut écrire au quotient, et il reste 1 centième, qui vaut 10 millièmes, dont la 7'^ partie est 1 millième, qu'on écrira au quotient, et il restera 3 millièmes, etc. F.n continuant ainsi on obtiendra au quotient autant de chifTres décimaux qu'on voudra. ^lais l'opération ne se terminera pas, et l'on n'obtiendrai que la valeur approchée de â à 1 dixième, 1 centième, 1 millicmo près, etc., suivant qu'on aura calculé 1, 2, 'à décimales, etc.

33. C. S. — L'opération ne saurait se terminer ; car les restes étant nécessairement moindres que le diviseur 7, au bout de 7 opérations au plus, on retombera sur un des restes déjà obtenus; ce reste fournira un dividende partiel déjà obtenu; et, à partir de ce moment les opérations se reproduiront dans le même ordre indéfiniment. Le quotient sera donc illimité, et de plus il sera périoùiqio;. c'est-à-dire que les chiffres se reproduiront indéfiniment dans le même ordre. Dans l'exemple cidessus, la période se compose des chiffres .s:ii2S.

Si l'on opère de même pour les fractions ^ et ^, on trouvera

et 0,296296296.

Pour la première, la période est 54 ; pour la seconde c'est 296. Ces fractions sont ce que l'on appelle des fractions périodiques.

Mais si l'on opère de même pour les fractions -^^^ et ^, on trouvera

et 0,01297297297.,

se compose d'autant de 9 qu'il y a de chiffres dans la période.

Soit donnée, en second lieu, une fraction périodique mixte, par exemple

Transportons la virgule à gauche de la première période, ce qui revient à multiplier la fraction périodique par 100, nous obtiendrons

62,457457457 ou 62 -f —

ou, en réduisant l'entier en fraction

Mais, au lieu de 02 X 999, on „ peut écrire 62 X 1000 — 62 ; il vient donc

Ce sont encore des fractions périodiques, mais elles diffèrent des premières en ce que la période, au lieu de commencer immédiatement après la virgule, ne commence que quelques rangs après, en sorte que la première période est précédée de chiffres dits irréguliers, qui ne font point partie de la périodicité. On dit, dans le premier cas, que la fraction est périodique simple, et, dans le cas actuel, qu'elle est périodique mixte.

34. ('.. S. — La théorie complète et rigoureuse des fractions périodiques sort du cadre de l'enseignement primaire. Mais on peut au moins, par des considérations fort simples, obtenir la règle pour résoudre cette quesiion. Étant donnée une fraction périodique simple ou mixte, trouver la fraction ordinaire qui l'a produite et qu'on appelle sa fraction générah-ic-.'.

Constatons d'abord que si l'on réduit en décimales les fractions |, g*g, g-gg, etc , dont le dénominateur ne contient que le chiffre 9, on obtient les fractions périodiques

Cela posé, soit donnée d'abord une fraction périodique simple, par exemple

On peut la regarder comme le résultat do la multiplication de u,00100i00l ... . par^57; elle équivaut donc à |||.

On verrait de même que 0,737373... équivaut à II, c'est-à-dire qu'e<«e fraction pénodique simple a pour fraction génératrice une irattion dont le numérateur est la période et dont le dénominateur

Et comme ce résultat est 100 fois trop fort, puisqu'on a multiplié par 100, la valeur réelle de la fraction périodique proposée est

On verrait de même que 0,85 45454.... équi-

vaut à — — — — 5 d ou 1 on peut conclure qu une

fraction périodique mixte a pour fraction génératrice une fraction dont le numérateur tsi la différence entre la partie non périodique suivie de la période (d la partie non périodique, et don' le dénominateur se compose d'autant de 9 qu'il y a de chiffres dans la période, suivis d'autant de zéros qu'il y a de chiffres daJis la partie non périodique.

35. — On démontre qu'une fraction ordinaii-e réduite en décimales donne lieu à une fraction périodique simple lorsque, ramenée à sa plus simple expression, elle ne contient à son dénominateur ni le facteur 2 ni le facteur 5; et elle donne lieu à une fraction périodique mixte lorsque son dénominateur contient les facteurs 2 ou 5 avec d'autres facteurs étrangers à la base 10. Nous ne pouvons donner ici la démonstration de ce fait, qu'il est facile de vérifier. [H. Sonnet.]

FRAAÇAISE (Langue). — Littérature française, L — L'histoire de la langue française est devenue, de notre temps, une véritable science, qui souvent s'aide de Ihistoire politique, qui parfois aussi l'éclairé et l'explique, mais qui néanmoins a son existence propre et son domaine particulier.

Ce domaine est même fort étendu. Vhistoire de l 'a langue française se compose de deux parties : I l'une, chronolog qie, comprend son orrgine, sa \format'uin, son développement: l'autre, çéographi- I gue, embrasse l'énumération et l'histoire particulière de chacun de nos dialectes et patois français I •classés par anciennes provinces.

, Cette vaste histoire est loin d'être achevcn; elle se continue, se complète chaque jour, la seconde partie surtout présente encore de nmubreuses lacunes. Nous nous contenterons ici d'esquisser l'histoire chronologique de la langue française.

Notre langue se rattache à la famille des la7iyues indo-airopéenncs, dont voici un tableau très sommaire :

FRANÇAISE (LANGUE

Sanscrit (ancienne langue de l'Inde).

Zend (persan).

Grec.

FRANÇAISE (LANGUE

Langues indogermaniques ou indoeuropéennes

langues romanes ou néo-latines (issues du latin après l'invasion

des Barbares)

italien, espagnol.

langage

parlé dans l'ancienne France.

lanfjue d'oc ou ancien provençal

au midi de la France.

langue d'oïl

au nord de la France

Langues germaniques

Langues slaves

Celtique

i allemand, danois, suédois, anglo-sason ou anglais.

! russe, polonais.

( parlé dans la Bretagne française, le < pays de Galles, quelques parties de 1 l'Irlande et de l'Ecosse.

Le français a été considéré comme formé de quatre éléments : i° l'élément celtique ; 1" l'élément grec; 3" l'élément latin ; 4" l'élément germanitjue.

1° Le celtique, dont les restes se retrouvent dans le bas-breton, ayant été l'idiome de la plus grande partie de la Gaule avant la domination romaine, a été longtemps regardé comme la source principale tant de notre vocabulaire que de notre système grammatical. Mais à mesure que la science étymologique est devenue plus rigoureuse, une part de moins en moins considérable a été faite à l'élément celtique. On ne le retrouve guère avec quelque apparence de certitude que dans des noms de plantes ou d'animaux indigènes {bruyère, alouelty., cormoran, goëland, pinson), de vents [galerne), d'ustensiles servant aux usages domestiques [banne* barrique, claie, cruche, râteau), de boissons [cervoise); certains termes, tels que dune, combe, relatifs à la configuration du sol, se sont conservés soit à l'état de mots isolés, soit comme partie intégrante de noms géographiques. On voit que le contingent fourni par le celtique est peu de chose ; encore l'aut-il remarquer que l'introduction de ces mots dans notre langue a souvent été indirecie. Plusieurs d'entre eux, latinisés par les Romains, nous sont revenus par cette voie détournée.

2° Le grec a passé, auprès de beaucoup de philologues des deux derniers siècles, pour avoir joué dans la formation de notre langue un rôle considérable. On pouvait croire en efl'et, en ne consultant que la vraisemblance, que le grec, parlé en Gaule bien avant le latin, dans les anciennes colonies du littoral de la Méditerranée, avait dû se répandre, se propager et laisser des traces assez profondes. Une observation attentive n'en a signalé aucune. Les mots grecs, fort nombreux d'ailleurs, qui se sont introduits dans notre langue dès l'origine, y sont entrés par l'intermédiaire du latin. Quant àceux quiontpénétré dansle français sans avoir d'abord été adoptés par les Romains, ils ne datent que de la Renaissance ; c'est alors aussi que les sciences et les ans ont commencé à former pour leur usage, à l'aide d'éléments grecs, des mots techniques, qui, en réalité, n'appartiennent à aucune langue.

3° Le latin est la principale, et même, bien peu s'en faut, l'unique source du français. Non seulement il nous a fourni la plus grande partie de notre vocabulaire, mais, ainsi que nous venons de le voir, la plupart des mots qui nous sont venus d'autres idiomes n'ont pénétré dans le nôtre que par son intermédiaire ; enfin, et c'est ce qui prn\ive le mieux notre étroite dépendance à son égard, nous lui devons tous les termes abstraits et Dure-

ment grammaticaux, tels que les articles, pronoms, adjectifs démonstratifs, possessifs, numéraux, qui sont pour ainsi dire l'outillage de toute langue.

Ce serait peu de savoir que le français vient du latin, si l'on ne savait aussi comment il en vient.

Le latin dont notre langue s'est formée n'est point celui de Cicéron et de Virgile. Ce langage littéraire, un peu artificiel, n'a jamais été parlé par le peuple. A côté, ou plutôt au-dessous, il y en avait un autre, celui des paysans et des soldats; l'existence en est connue avec certitude, mais les échantillons en sont rares. Néanmoins, quelques fragments d'anciens textes antérieurs à l'époque où l'étude de la littérature grecque a transformé la littérature latine, certains passages des comédies de Plante, et surtout bon nombre d'expressions et de tours tirés des inscriptions, peuvent nous en indiquer la iiature.

Quand une même idée se trouvait exprimée en latin par deux mots diff"érents, l'un littéraire, l'autre populaire, c'est toujours le mot populaire qui est entré dans notre langue, ainsi qu'on le voit par les exemples suivants :

LATIN LITTKUAIRB. LATIN POPCLAIRK. FRANÇAIS

Verberare. Batuere. Battre.

Equiis. Caballus. Cheval.

Hebdoraas. Septimana. Semaine.

Les mots du latin littéraire, appartenant h la première colonne, ont aussi apporté plus tard d'une manière indirecte leur contingent au français, '.'est ainsi que nous retrouvons verbera7'e dans réverbérer, equus dans équit'itwn, iicbdomas dans hebdomadaire ; mais il importe de bien remarquer que ces dérivés appartiennent, non à la période de formation de notre langue, mais à'celle de son développement.

En elTet, non seulement le français s'est formé du latin, mais il s'en est formé deux fois, et chaque fois par un procédé différent.

La première formation ou formation populaire, qui se distingue par un caractère instinctif, spontané, a été purement orale. Les mots latins, entendus par des oreilles peu délicates, répétés par des bouches inexpérimentées, ont par cela seul changé de nature, et ce latin, estropié, modifié, est devenu du roman. Nos mots français populaires ne sont donc en définitive que des mots latins mal prononcés.

Le centre des mots s'abrégeait, se contractait d'après des lois secrètes que la philologie moderne a su découvrir; mais l'accent tonique latin, persistant à travers tous ces changements, protégeait la syllabe qui en avait été aiïectée (V. Accent). C'est ainsi, par exemple, qu'epistola devenait épistre, apostolus, apostre (puis épitre, apôtre, dans le courant du xvii= siècle, quand on supprima les s qui ne se prononçaient point et qu'on y substitua des accents).

Cette formation populaire eut lieu au jour le jour, au hasard, suivant le besoin. Elle laissa dans notre vocabulaire bien des lacunes ; souvent, par exemple, elle créa un substantif, sans se préoccuper d'en tirer un adjectif, dont on pouvait à la rigueur se passer. Plus tard, ces vides furent en partie comblés, mais par un pi'océdé très différent du premier. On possédait épitre et apôtre, mais on manquait d'adjectifs qui permissent de caractériser le style des épîtres, la doctrine des apôtres. Le latin avait pour cela epistular/s, apostulicus ; on lui emprunta ces adjectifs, et pour les introduire dans notre langue, on se contenta de les transcrire sans rien modifier dans le corps du mot et en changeant seulement la terminaison.

Cette seconde formation, qui s'exécute à l'aide du secours des yeux et la plume à la main, sans que l'oreille ni la voix y aient aucune part, est appelée, par opposition à la formation populaire, formati'ûi savante, parce qu'elle est particulière

FRANÇAISE (LANGUE

FRANÇAISE iLANGUE)

aux érudits et surtout aux traducteurs. Leur procédé n'a d'ailleurs rien de scientifique. Au contraire, tandis que l'instinct populaire, obéissant à une tradition constante, modifie les mots de façon •i conserver l'accent latin, les érudits n'en tiennent aucun compte dans leur calque informe, dont la fidélité n'est qu'apparente.

Souvent cette double formation, populaire et savante, s'est exercée tour à tour sur un seul et même mot latin. C'est ainsi, par exemple, que fragilis a donné d'abord frêle, puis fragile Dans un petit traité spécial, publié en 1683, un érudit obscur, Cathei'inot, appelait déjà ces doubles formes les doublets de In langue, nom que la science moderne leur a définitivement appliqué. — (V. Doublet.)

Il importe de bien remarquer que, contrairement à ce qu'on serait d'abord tenté de croire, la forme la plus ancienne frêle) est plus différente que la plus récente fragile] du latin fragilis.

Quoi qu'on trouve d^ très bonne heure quelques mots à forme savanie, c'est seulement au xiv"= siècle qu'ils commencent à devenir nombreux, et ils se multiplient tellement à la Renaissance qu'on s'explique l'erreur d:s critiques, qui ont longtemps cru qu'ils dataient tous de cette époque.

Quant aux mots de formation populaire, ils sont tous antérieurs au xii^ siècle.

Ces deux courants du langage sont du reste demeurés distincts à bien des égards. Le peuple continue, même de nos jours, à n'employer que li;s mots qu'il a faits ; à peine comprend-il les autres, jamais il ne s'en sert. Si, dans les grandes villes, il affecte parfois d'en prononcer quelquesuns, c'est avec une sorte d'' stentation, et presque toujours sans en sentir la véritable portée. Les instituteurs doivent donc être continuellement en éveil à l'égard de cette langue savante, et avoir soin d'expliquer tous les mots de ce genre qu'ils emploient. t>

4° Vêlement germanique est, après l'élément latin, celui qui a eu la plus grande part dans la formation de notre langue. D'après M. Brachet, il ne nous a pas fourni moins de 450 mots, mais, de même que pour le celtique et pour le grec, un grand nombre de ces termes ont passé par le latin avant d'entrer dans le français.

Le plus important, sans contredit, est celui de franc, signifiant au propre libre, qui est devenu le nom des Francs et des Français ; plusieurs autres ont aussi un grand intérêt historique ; les uns rappellent les institutions introduites par les Germains: fief, alleu, gabelle, ban; les autres, les titres des fonctions en usage parmi eux : maréchal, marquis, aénéchal, écheviu.

Du mélange, ou plutôt, suivant la pittoresque expression de Sainte-Beuve, du « broiement » de ces éléments divers, s'est formé Vancien français, qu'on a nommé langue d'oïl k cause du mot qui signifiait oui dans cette langue. C'est le même motif qui a fait donner à la langue méridionale le nom de langue d'oc, qui a servi à désigner une de nos anciennes provinces.

L'ancien français commence avec le serment prononcé par Louis le Germanique, en 842, et s'étend jusqu'au xiv"' siècle.

Son vocabulaire varie avec les localités où il est parlé. Il se divise en divers dialectes, jusqu'à ce que le langage de l'Ile de France devienne enfin le français moderne, et que les dialectes se trouvent réduits au rôle secondaire de patois.

Mais ce qui le caractérise plus encore que son vocabulaire, c'est sa constitution grammaticale, intermédiaire entre celle du latin et celle du français moderne. Nous en expliquerons la nature à l'article Grammaire Insforique.

Déjà dans celte première époque, notre langue, à cause de sa facilité, de sa clarté, était l'objet de

la prédilection des étrangers. On ne saurait passe sous silence le témoignage important, si souvent, mais, quelquefois, si iuexactement cité, deBrunetto Laiini, le maître de Dante, qui explique ainsi, dans la préface de sa vaste encyclopédie intitulée Il Livres don trésor, le motif qui lui a fait choisir la langue française : « Se aucuns demandoit por quoi cist livres est escriz en romans, selonc le langage des François, puisque nos somes Ytaliens, je diroie que ce est por .ij. raisons : l'une, car nos somes en France ; et l'autre, porce que la parleure est plus delitable et plus commune à toutes gens. »

L'étude de notre langue suffirait pour reconstituer l'histoire des passions, des goûts, de l'état moral de la nation. La large place qu'y tiennent les termes d'art militaire, de chasse, de fauconnerie, d'astrologie, nous instruisent de ses prédilections, de ses divertissements, de ses erreurs. Bien des mots qui appartenaient dans l'origine à un de ces vocabulaires techniques ont pris actuellement un sons tellement éloigné de leur point de départ, qu'il faut une étude assez attentive pour les y ramener. Qui devinerait du premier coup que niaii s'est dit d'abord de l'oiseau pris au nid, hagard du faucon de haie, et qu'ascendant a désigné anciennement le signe du zodiaque qui montait à l'horizon au moment où l'on faisait l'horoscope d'un enfant qui venait de naître?

Quant aux termes étrangers qui se superposent peu à peu aux mots anciens comme les alluvions au sol primitif, ils pourraient servir presque autant à l'histoire du pays qu'à celle de la langue.

P.'u nombreuses au moyen âge, où l'on n'a guère à citer que les mots orientaux rapportés des croisades, ces acquisitions se multiplient outre mesure à partir de la Renaissance.

Après les guerres d'Italie, les termes empruntés à ce pays se multiplient de telle sorte qu'Henri Estienne croit devoir protester contre cet engouement dans ses Deux dialogues du nouveau langage français italianizé et aiUrement desgwzé

Au xvn* siècle, à partir du mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche, on voit dominer les influences espagnoles auxquelles notre littérature doit le Cid.

Les guerres d'Allemagne introduisent un certain nombre de mots vulgaires tirés des langues germaniques. Il faut bien se garder de confondre ces importations récentes, accidentelles, avec celles que nous avons signalées à l'origine même de notre langue.

La Révolution, l'Empire, la Restauration, en modifiant très profondément notre ancienne constitution politique, ont introduit dans le gouvernement, dans l'administration, dans les finances, un grand nombre de mots anglais dont quelques-uns, tels que budget (ancien français boulgette, petite bourse), ne sont que des emprunts faits antérieurement à notre langue.

Nos troupiers ont rapporté d'Algérie et accommodé à leur usage un assez grand nombre de mots arabes ; mais tout cela n'est rien à côté de cette multitude infinie de termes étrangers que les courses, le sport, comme on dit, les excursions, les voyages, les explorations géographiques amènent à chaque instant. Par bonheur, grâce au goût, de jour en jour plus développé, pour la fidélité historique, pour la couleur locale, ces mots conservent leur forme primitive, s'altèrent très peu, ne se francisent pas et passent dans la langue sans s'y acclimater et sans en changer sensiblement le caractère.

La liste d'ouvrages à consulter qui suit se di vise en trois parties : 1° histoire de la langue française; 2" glossaires de l'ancien français; 3" recueih de textes spéciatix. Peut-être sera-t-on tenté de croire que nous aurions pu nous en tenir à la

FRANGE

première partie de ces indications, qui paraissent «eules appartenir au sujet. Ce serait se méprendre ■sur le véritable caractère de l'étude historique de notre langue : elle doit surtout être pratique, elle doit être faite sur les textes. Les énumérer tous serait faire le tableau complet de notre littérature ; il en est beaucoup d'ailleurs qui ne sont pas accompagnés des secours nécessaires. Nous nous sommes doue borné à indiquer les recueils d'extraits en usage dans les classes, et quelques éditions d'ouvrages anciens accompagnées de lexiques. C'en est assez pour prendre une connaissance déjà très sérieuse de notre langue. — \. Gramtmire historique.

Ouvrages à consulter. — i° Histoires : J.-J. Ampère, Essai sur la formation de la langue française (édit. revue par P. Meyer); — F. Génin, Des variations du langage français depuis le xii* siècle; — Fr. Wey, Histoire des révolutions du langage en France; — Edelestand du Uéril, Essai philosophique sur la formation de la langue française; — E. Liltré, Histoire de la langue française, 2 Tol. ; — Hipp. Cocheris, Origine et formation de la langue française ; — Préfaces et introductions du Dictionnaire de Littré; de la Gran<maire historique et du Dictionnaire étymologique de Brachet.

2° Glossaiubs : Lacombe, Dictionnaire du vieux langage français, 1767-i774, 2 toI. in-8»; — Roquefort, Glossaire 4e la langue romane, 1808-1820, 3 vol. in-S"; — Glossaire français, (dans le tome Vil de l'édition du Glossaire de du ■Cange publiée à la librairie Didot) ; — Lacurne Sainte- Palaye, Dictionnaire historique de l'ancien langage français (en cours de publication).

3* Tkxtbs : La chanson de Roland, éd. classique de M. Léon Gautier; — La conquête de Constantinople, de Villehardouin, et la \ie de saint Louis, de Joinville, publiées par M. N. de Wailly, accompao:nées dun travail grammatical et d'un glossaire qui en rendent l'élude fort abordable. Pour les classes, on peut se servir des Recueils suivants : Gust. Merlet, Origines de la littérature française du IX* au xvii« siècle. 2 vol. in-S" ; — trois recueils de Moineaux des éa-ivaiiis du iw* siècle, publiés par MM. B achel, Darmesteter et HatzfeUI, Merlet; — enfin, dans la coUeclion <li'5 Grands écrivains de la France, publiée à la librairie H.i"''i'»tte , les écrivains du xvii' siècle, qui sont accompagnés de lexiques spéciaux.

[Ch. Marty-Laveaux.] FRANCE (Géographie). — Géographie de la France, I-VII, X. — I. Généralités. — Situation astronomique. Points extrêmes. Dimensions. Forme. Frontières. S"perficie. — Traversé par le 45' parallèle de lat N., notre pays, sur le globe, est situé à peu près à égale distance du pôle et de l'équateur. Entre Dwikerque. voisine du 51', sur la mer du Nord, et le ca/i Cerbère, qui termine les Pyrénées, du côté de la Méditerranée, par 42° 20' de lat., sa plus grande longueur, dans le «ens du méridien, esi de 975 kilom. Dans le sens de sa longitude, sa largeur entre la pointe :>aint- Mathieu, au nord de la rade de Brest, et le mont Donon où sa frontière nord-est se sépare des Vosges, est de 890 kilom. seulement.

La France est régulièrement orientée par rapport à ces deux lignes, qui se croisent dans le voisinage de Paris, sa capitale. En joignant, aux quatre points cités plus haut, r< mbouchure de la Bidussoa, dans le golfe de Gascogne, et celle de la Raya, dans la Méditerranée, auprès de Menton, on obtient les six sommets d'un hexagone qui circonscrit à peu piès entièrement le territoire français.

Sur trois côtés de cet hexagone, au nord-ouest, ' à l'ouest et au sud-est, la France baigne dans trois mers; la Manche, Vocéan Atlantique .et la Méditerranée. Sur deux autres côtés, les i'i/rénévs, au sud-ou'-st. les Alpes, le Jura et les l'ojges, à l'est, lui forment des frontières naturelles. Le côté nord-est seulement est une limite conventionnelle, ei la plaine de la Flandre, les plateaux du Hainaut ou di'S Ardennes se continuent indistinctement de chaque côté oe la frontière.

La diagonale de l'hexagone entre la pointe Saint- Mathieu et l'embouchure de la Roya, dirigée du 2e Partie.

nord-ouest au sud-est, forme la plus longue ligne , qu'on puisse tracer sur le territoire français. Elle mesure 1Û80 kil. A ses deux extrémités correspondent en même temps les points extrêmes de la France en longitude : 7° de long. 0. pour la pointe Saint-Mathieu; 5° "20' de long. E. pour le point le , plus à l'est du département des Alpes-Maritimes, un peu au nord-est de l'embouchure de la Roya.

La diagonale qui réunit l'embouchure de la Bidassoa au mont Donon jouit à son tour d'ur.e propriété remarquable. C'est au sud-est de cetti' Ugne que se trouvent tous les systèmes de montagnes, Vosges, Jura, Alpes, Cévennes, Plateau central et Pyrénées, tandis qu'au nord-ouest on ne remarque plus que le» chaînes peu élevées qui séparent entre eux l'-s bassins des dive.s affluents de la Manche et de l'Océan.

Comprise dans ces limites, la superficie de la France, avec l'ile de Corse, est d ô2.s 57:! kil. carrés, la 18* partie de l'Europe, la 255° partie des terres émergées du globe.

II. Orographie. — C'est au pourtour du territoire français que se trouvent les massifs de monj tagnes les plus considérables, avec les cimes les plus élevées, les Aipes et les Pyrénées.

Les Alpes ont été décrites à part dans ce dictionnaire (V. Alpes).

Les Pyrénées. — Les Pyrénées se développent sur une longueur de 450 kilom. environ entre l'océan Atlantique et la Méditerranée. Elles ne forment pas une chaîne unique, mais semblent être les deux morceaux d'une chaîne, dirig'e de louestnord-ouest à l'est-sud-est, qui aurait été disloquée , dans son milieu. A l'est, les Pyrénées orientales j vont du val d'Aran, où la Garonne prend sa I source, jusqu'à la Méditerranée, sur laquelle elles se terminent par le cap Creus. A l'ouest, les Pyrénées occidentales commencent au sud du val d'Aran. et se relient aux Cantabres espagnols.

Par leur altitude, qui est en moyenne de 1500 mètres, mais dépasse rarement 3000 mètres, les Pyrénées sont un des systèmes de montagnes les plus considérables de l'Europe. Leurs contreforts, régulièrement distribués au nurd et au sud de l'arête principale, comme les foiiûles d'une feuille, couvrent en largeur une vingtaine de lieues. De même que U plupart des montagnes de notre hémisphère, elles tournent vers le midi, du cùié de rEsp<igne, leurs pentes les plus abruptes. La neige n'y séjourne pas longtemps pendant l'été, et on ne trouve pas dans les Pyrénées de vastes et superbes glacier?, comme dans les Alpes.

Ce n'est pas sur l'arête principale, mais dans le voisinage et en dehors de celle-ci, que s'élèvent les principales sommités des Pyrénées. Le Mont Perdu (3:^50 m.), à la source du gave de Pau, le pic de Néthou {'iiOO m.) qui est la plus hauto cime du groupe de la Maladetta et de toutes les Pyrénées, le pic Pusets (3365 m.), qui en est voisin, s'élève.it tous trois sur le territoire espagnol, au sud de la grande chaîne. Au nord de celle-ci et du côté français, on trouve le pic du MlH d'Ossau (2900 m.) au sud de i'au ; le pic du Midi de Bigorre (287 5 m. j, où s'élève maintenant un observatoire météorologique; le mont Canigou (2785 m.), dans les Pyrénées orientales.

S'il est relativement facile de traverser les Pyrénées vers leurs deux extrémités, entre Bayonne et Pampelune, ou entre Perpign :;n et Barcelone, on ne trouve au contraire dans le centre de la chaîne, entre le pic du Midi d'Ossau et le Val d'Andorre, que cimes et ports fort élevés (on nomme po7-t, dans les Pyrénées, les cols ou passages). Aucune route carrossable n'y a encore été ouverte. C'est dans cette partie de la chaîne qu'on visite le Vignemide, la plus haute cime des Pyrénées françaises (3300 m.), au fond de la vallée de Cauterets; le magnifique cirque de Gavarnie, où

FRANGE

FRANCE

Be forme le gave de Pau, et la brèche de Roland, qui en est voisine.

Parmi les contreforts que les Pyrénées occidentales projettent sur le territoire français, il faut signaler, autour du pic du Midi de Bigorre, le cône d'éboulement que limitent la Garonne à l'est et le gave de Pau à l'ouest, et où les rivières de la Gascogne et du Béarn creusent leurs vallées divergentes.

Les Pyrénées orientales projettent entre l'Ariège et l'Aude un chaînon peu élevé, mais qui forme l'origine de la ligne de partage des eaux entre le bassm de l'Océan et celui de la Méditerranée.

A l'est de ce chaînon, les Corbières couvrent de leurs ramiflcationsle pays entre l'Aude et l'Aglv; le Canigou domine sur ses versants opposés les vallées de la Tet et de la Tech ; tandis qu'au sud de ce dernier cours d'eau, la chaîne principale se prolonge sous le nom d.4/6éres jusqu'au bord de la Méditerranée.

Les Cévennes. — C'est près de Castelnaudary, au col de Naurouze, dépression remarquable, où le bassin de la Garonne et celui de l'Aude ne sont séparés que par un faîte de moins de lOi» mètres d'altitude, que les Pyrénées se rattachent aux Cévennes et à la grande ligne de partage des eaux.

Depuis le col de Naurouze jusqu'à la source de l'Hérault, cette ligne porte les noms de Montagnes Noires, monts de l'Éspiriouse, monts (ia7Tigues. Leur altitude va en s'élevant de 500 à un millier de mètres. Leur direction générale est de l'ouest à l'est. Leurs pentes tournées au sud sont raides et généralement déboisées. Au nord, au contraire, s'étendent les plateaux auxquels on donne le nom de causses, et qui sont séparés entre eux par les vallées profondes où roulent le Tarn et ses affluents.

Les Cévennes proprement dites ne commencent qu'à la source de l'Hérault, pour finir à la source de la Loire. Leur direc ion est du sud au nordnord-est, leur altitude de lôdO à 18U0 mètres. Leur point le plus remarquable est le mont Luzère (17(i(» m.), où se touchent presque les sources du Tarn et du Lot, affluents de la Garonne, de l'Allier, affluent de la Loire, du Chassezac, de l'Allier et du Gardon, tributaires du Riiùne. Au nonl-ouest, entre le Lot et l'Allier, les monts de la Margeride {\b()^ m. . rattachent la Lozère au Cantal et au système des monts d'Auvergne. Au nord, les monts du Velaii projettent leurs carieux soulèvements volcaniques entre l'Allier et la Loire. A l'est, les Cévennes s'abaissent en pentes raides vers le Rhône, dont les tributaires (Ardèche, etc.) ont un cours rendu torrentiel par la rapidité de leur chute.

Au ii,07it Mézenc, d'où descend la I-oire, commencent les monts du Vivarais, (|ui se terminent par le mont Pilât, près de Saint-Éiienne. La ligne de faîte s'abaisse alors considci-ablcment pour laisser passer la route de Saint-Éiienne à Lyon. De l'autre côté de cette dépression, les monts du Lyorinais n'ont plus que quelques centaines de mètres d'élévation. Il en est de même des monts du Beaujolais et du Chai-olai^ qui leur font suite. Ce sont des collines couvertes de vignobles, plutôt que de vraies muntagnes. An passage du canal du Centre, près de Montchanin, leur altitude n'est que de 3l ) mètres.

Au delà commence la Côte-d'Or, si célèbre par ses grands crus. Le point culminant, le mont Tasselot, entre Dijon et la source de la Seine, dépasse à peine tiOU mètres.

Depuis la source de la Seine jusqu'à celle de la Meuse, le plateau de Lnngres, où l'Aube et la Marne naissent au milieu des forêts, ne dépasse pas iOO mètres.

La ligne de faîte se recourbe alors à l'est avec ses monts FaMcà7e5, qui séparent les sources oppojées 'de la Saône et de la Moselle et de leurs

premiers tributaires. Les monts Faucilles n'on que de 400 à ôOO mètres d'altitude, et seront bientôt franchis, près d'Épinal, par le nouveau canal de l'Est, qui doit relier la Meuse, la Moselle et la Saône.

Les Faucilles se rattachent, du côté de l'est, aux Vosges, dont le Ballon d'Alsace (1.50 m.), au-dessus de Belfort, forme, le saillant le plus prononcé. Tandis que les Vosges s'étendent au. nord entre le Rhin et la Moselle, la ligne de partage des eaux descend au sud pour rejoindre le Jura. On donne le nom de trouée de Belfort au plateau qui relie les Vosges et le Jura, et où les eaux se divisent entre l'Ill, affluent du Rhin, et le Doubs, tributaire du Rhône. C'est là que passe aujourd'hui la nouvelle frontière entre la France et l'Allemagne.

Le Jura. — Le Jura ne se compose pas de groupes étoiles comme les Alpes, ou d'une chaîne unique comme les Pyrénées. Il est formé de bourrelets parallèles les uns aux autres, qui s'abaissent par gradins du côte de la plaine de la Bourgogne, tandis que la chaîne la plus élevée tombe presque à pic sur les lacs de la Suisse occidentale et la. vallée de l'Aar, qui leur sert de débouché du côté du Rhin. Ses sommets les plus élevés sont au sud,, au-dessus du lac de Genève, où la Dôle et le Reculet atteignent de 1600 à 1700 mètres. Le Jura estcouveit de pâturages, où l'on fabrique des fromages excellents, et de superbes forêts de sapins. La masse de la chaîne est constituée par un calcaire blanc grisâtre, appelé calcaire jurassique. Les eaux qui y tombent coulent dans des vallées parallèles aux chaînes principales, jusqu'à ce qu'elles trouvent pour s'échapper un point de rupture, qui porte le nom particulier de cluse. La direction du Jura est du sud-ouest au nord-est. Il sépare le bassin du Rhône de celui du Rhin, et appartient par conséquent à la grande ligne de partage des eaux de l'Europe. Il forme aussi en partie la frontière entre la France et la Suisse.

Au sud du lac de Genève, ce sont les Alpes qui séparent la France de la Suisse, puis de l'Italie. Au nord de Belfort, la frontière entre la France et l'Allemagne est formée par les Vosges.

Les Vosges. — Ce sont des ballons aux formes arrondies, boisés et couverts de pâturages comme le Jura, mais constitués par des granits et des grès rouges, dits vosgiens, qui leur donnent un aspect plus grandiose. Cependant leur cime la plus élevée, le Hallon de GuebwU/er, sur le territoire alsacien, dépasse à peine 1 400 mètres. La direction des Vosges est au nord-nord-est. Leur pente la plus inclinée est à l'est, du côté de la plaine de l'Alsace. Elles forment la frontière depuis le 6a/lon d'Alsace iusqn au mont Donon (looO m. environ}, à la source de la Sarre. Mais les eaux qui s'écoulent par leurs versants opposés vont toutes regagner le Rhin, soit directement, soit par son affluent la Moselle.

Le plateau rentrai. — Entre la Loire et le Lot, affluent de la Garonne, la France centrale forme un plateau élevé que dominent quelques groupes de montagnes remarquables. Les monts <l'Auvergne, dont le Puy-de-Dôme, le Moid Dore, elle Plomb du Caillai constituent les principaux noyaux, sont d'origine volcani(|ue et se dressent du nord au sud entie le bassin de la Loire et celui de la Dordogne. Le Mont Dore, avec ses 1886 mètres d'altitude, est la cime la plus hante d ■ l'intérieur de notre pays. Le Plomb du Cantal est presque aussi élevé.

A l'ouest, la ligne de faîte entre les deux bassins de la Loire et de la Garonne se continue par les monts de la Marche et du Limousin (80(i m.), si bien nommés plateau de Millevaches, à cause des troupeaux qui y pâturent. Puis, au delà de la dépression c|ui laisse passer la route de Tours à Bordeaux, la ligue de faite a une nouvelle saillie pro-

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noncce dans le plateau de Gatine (280 m.), entre la Sèvre nantaise et la Vendée.

Au sud des monts d'Auvergne, le plateau central porte les monts d'Aubrac (1500 m.), couverts de troupeaux de moutons, sur la rive dmite du Lot. Puis, au delà des monts de la Margeride et du Velay, dont nous avons déjà parlé, les monts du Forez forment, entre la Loire et l'Allier, une cliaîne de partage, dont quelques sommets s élèvent jusqu'à 1300 mètres.

Le Morvan. — Entre la Loire et la Seine se dresse l'important massif granitique du Mot van, tout couvert de forèis et rempli de gracieux ruisseaux aux eaux murmurantes. Le Morvan se rattaclie du côté de l'est à la Côte-d'Or et à la ligne de partage des eaux. Son point culminant, entre Autun et Château-Chinon, atteint 850 mètres.

Mais le sol s'abaisse rapidement entre l'Yonne et la Loire. Les deux bassins de la Seine et de la Loire ont été facilement reliés dans cette région par les canaux du Nivernais, de Briare et d'Orléans. Le plateau d'Orléans est une plaine et non pas un système montagneux.

Le Perche. — Au delà du plateau d'Orléans, on retrouve dans le Perche, entre les sources opposées de l'Eure, affluent de la Seine, du Loir et de l'Huisne, tributaires de la Loire, un terrain très mouvementé. Entre les sources de l'Orne et de la Mayenne, l'altitude de quelques sommets dépasse 400 mètres.

La Bretagne. — Ce soulèvement se prolonge au nord-ouest pour former le noyau de la presqu'île de Cotentin, et à l'ouest pour former les montagnes de la Bretagne. Au delà de la dépression où passe le canal dllle-et Rance, entre Rennes et Saint-Malo, les monts granitiques de Men»', au sud de Saint-Brieuc, atteignent 35U mèires. Les m magnes d Arrée, qui vont finir sur la rade de Brest, et les montagnes Noires, qui dominent la baie de Douarnenez de leurs rudes escarpements, ont aussi plus de oOO mètres. Ce sont des plateaux sauvages couverts de landes, de bruyères et de mauvais pâturages.

L'Argonne et les Ardennes. — Entre la Meuse et l'Aisne et autres tributaires de la Seine, la ligne défaite est peu élevée. Mais VArgonne, entre Verdun et Sainte-Menehould, mérite d'être citée k cause de son importance comme ligne de défense en cas d'invasion. Au nord, l'Argonne se continue par les plateaux froids et boisés des Ardennes, qui s'étendent jusqu'en Belgique.

in. Hydrographie. — Le Rhône, la Loire et la Garonne ont chacun un bassin nettement circonscrit. On n'en pourrait dire autant de la Seine, qui a été facilement relice aux fleuves voisins. De plus, les principaux affluents de ce fleuve, au lieu de le grossir successivement en divers points de son cours, viennent converger vers Paris, qui se trouve ainsi mis en communication naturelle et directe avec la Flandre et la Belgique, la Champagne et la Lorraine, la Bourgogne et le bassin de la Loire, la Normandie et la mer. C'est celte position exceptionnelle qui a fait de Paris un centre d'attraction et lui a valu le rôle de capitale A ce pôle d'attraction on peut, au contraire, opposer le pôle de répulsion du plateau central, où la rudesse du climat rend la vie pénible aux hommes, et où les vallées, qui en descendent vers les divers points de l'horizon, les invitent à aller chercher forxune dans des pays plus favorisés du ciel.

La Seine. — Le bassin de la Seine couvre "800 kil. carrés, la septième partie de la France environ, entre les bassins de la Loire, du Rhône, de la Meuse, de l'Escaut, de la Somme et de l'Orne, ou autres fleuves secondaires. Depuis sa source, située dans les montagnes et le département do la Côte-dOr, jusqu'à son embouchure dans la Manche entre le Havre etHonfleur, le fleuve par

court 800 kil. et descend de 470 mètres. Sa direction générale est du sud-est au nord-onest ; mais les hauteurs de la Brie lui font décrire une grande courbe vers le sud, entre le confluent de l'Aube et Paris ; et depuis cette ville jusqu'à la mer, la Seine parcourt de nombreux méandres entre les collines qui la bordent à droite et à gauche.

Par la régularité de son débit, qui ne descend jamais trop bas (à Paris, 250 m. c. par seconde pour le débit moyen, 75 m. c. àl'étiage, 45 m. c. au minimum), par la nature de son lit, débarrassé de roches ou obstacles gênant la navigation, par la faiblesse de son courant, que les bateaux remontent sans grandes difficultés, la Seine se prête admirablement aux besoins du commerce. Elle est navigable sur plus de 650 kil., depuis Bar-sur-Seine, au moyen du canal de la Haute-Seine; les navires de fort tonnage remontent maintenant depuis la mer jusqu'à Rouen ; et on se propose , au moyen de nouveaux travaux, d'obtenir un tirant d'eau de 3 mètres jusqu'à Paris, pour permettre à cette ville de recevoir directement ses approvisionnements venant d'outre mer. De plus, un canal commençant à Tancarville, en amont de l'estuaire maritime, conduira directement dans le port du Havre les bateaux de rivière venus de tous les points du réseau de la navigation intérieure et auxquels leur construction ne permettrait pas d'affronier les dangers de l'embouchure du fleuve.

Paris, Rouen et le Havre formeront alors effectivement « une seule ville dont la Seine sera la grande rue ».

(les trois villes sont les trois principaux centres de commerce et de population bâtis sur les bords de la Seine. En amont de Paris, celle-ci arrose Troyes ; Montereau-fault- Yonne, au confluent de l'Yonne ; Moret. où aboutit le Loing et le canal qui conduit à Briare et Orléans sur la Loire ; Melun; Corbeil, où aboutit l'Essonne ; Charenton, où arrive la Marne. Entre Paris et Rouen, la Seine dessert les usines de Saint-Denis et d'Argenteuil, passe au pied de Saint-Germain, à Poissy, Mantes, Vernon, Élbeuf.

Affluents île la Seine. — Les principaux affluents de la rive droite sont l'Aube, qui aboutit entre Méry et Nogent-sur-Seine; la Marne; ïOise (grossie de \ Aisne), qui tombe entre Saint-Germain et Poissy ; VEpte, qui baigne Gournay et Gisors. A gauchr", la Seine reçoit : VVo7nie, le Loing, VEssonne qui descend du plateau d'Orléans ; l'Kure, qui descend du Perche et arrose Chartres et Louviers ; la Hille, qui passe à Laigle et Pont-Audemer et aboutit dans Testuaire du fleuve à Quillebœuf.

La Marne, le plus long des affluents de la Seine (nOO kil.), coule du sud au nord par Langres, Chaumont, Saint-Dizior ; puis à l'ouest par Vitry, où aboutissent la Saulr grossie de VOrnam et le can.il de la Marne au Rhin qu'ils alimentent, Chàlons-sur-Marne, Epernay, Meaux. La Marne reçoit, par sa droite, VOurcq en amont de Meaux, et par sa gauche le Morin venant de Coulommiers, entre Meaux et Lagny.

LOise n'a que 300 kil. de parcours. Mais, pour [ la navigation, c'tst le plus important des affluents lie la Seine. Elle naît en Belgique, près de la frontière française , coule à l'ouest jusqu'à G lise, puis an sud-ouest jusqu'à son confluent. Elle passe par la Fère, Tergnier, où aboutit le canal d'^ Crozat venant de la Somme, Chauny, Compiègne, où elle reçoit, par la gauche, l'Aisne, le plus important de ses tributaires, Creil et Poiitoise.

L'^isrie,presque aussi longue que l'Oise (280kil.), conle au nord-nord-ouest depuis sa source jusqu'au point de réunion avec le canal des Ardennes, entre Vouziers et Attigny. Elle se dirige en-

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suite à l'ouest par Rethel, Berry-au-Bac, où aboutit le canal de l'Aisne à la Marne, et Soissons, au-dessus duquel elle se grossit de la Vesle, la rivière de Reims.

L'Yonne, un peu moins longue que l'Aisne, se forme dans les monts du Morvan, descend au nordnord-oucst par Clamecy, où arrive le canal du Nivernais ; Gravant, où elle reçoit par sa droite la Cure, rivière d'Avallon ; Auxerre; la Roche, où débouche VA7'monçon avec le canal de Bourgogne. Un peu en amont de la Roche, l'Yonne reçoit, toujours par sa droite, le Serein, qui passe à Chablis. Toutes ces rivières grossissent rapidement lorsque des pluies tombent sur le sol granitique et imperméable du Morvan. L'Yonne, après avoir passé encore à Joigny et à Sens, apporte à la Seine une masse deau plus considérable que celle du fleuve lui-môme. C'est aussi du côté de l'Yonne que se trouve la ligne de navigation la plus suivie, le canal de Bourgogne.

Le Loing, qui vient de Montargis, tire son importance des canaux qui joignent la Loire, à Briare et à Orléans.

Bassins secondaires au nord de la Seine. — Tributaires de la Manche. — Au nord de la Seine, les principaux cours d'eau que reçoit la Manche, sont : V Arques, qui tombe dans le port de Dieppe ; lu Brede, qui aboutit au Trcport, après avoir formé la séparation entre les deux départements de la Seine-Inférieure et de la Somme ; la Somme, qui naît près de la grande ville industrielle de Saint- Quentin, où convergent les canaux réunissant la Somme, l'Oise et l'Escaut; puis coule à travers une vallée remplie de tourbières, où sont la place -forte de Péronne, la grande ville d'Amiens, et enfin Abbeville, d'où un canal maritime aboutit à la large baie qui se découvre au loin à marée basse.

Au nord de la Somme, ÏAuthie forme la limite entre les deux départements de la Somme et du Pas-de-Calais ; la Canche passe à Montreuil, la Liane à Boulogne.

Tributaires de la mer du No>d. — VAa. —Dans la mer du Nord tombe VAa, qui passe à Saint- Omer et sépare les deux départements du Pas-de- Calais et du Nord jusqu'à son embouchure à Gravelines. L'importance de l'Aa vient des communications navigables qu'il établit entre les ports de Calais, Gravelines et Dunkerque, d'une part, avec les canaux du Nord et du Pas-de-Calais, qui conduisent à Paris ou en Belgique.

L'Escaut. — L'Escaut, qui n'appartient à la France que par une petite partie de son cours, naît dans le département de l'Aisne, au nord de Saint-Quentin, et se dirige au nord par Cambrai et Valenciennes, avant d'entrer en Belgique. Il se g!OSsit h gauche de la Sensée et, sur la frontière de la Belgique, de la Scaipe, qui passe à Arras, à Douai et à Saint-Amand. L'affluent le plus considérable de l'Escaut, la Lys, a aussi sa source en France, au-dessus d'Aire dans le Pas-de-Calais. Elle reçoit à droite la Deule, et forme, sur une partie de son cours, la frontière entre le département français du Nord et la province belge de Flandre occidentale.

L'Escaut, la Sensée, la Scarpe, la Lys et la Deule sont tous canalisés.

La Meuse. — Le bassin de la Meuse n'occupe, en France, que la dixième partie de celui de la Seine. Le fleuve, qui se forme au nord du plateau de Langres, coule entre deux chaînes de hauteurs voisines et parallèles entre elles, qui le séparent, à droite, du bassin de la Moselle, et, à gauche, de ceux de la Marne et de l'Aisne. Sa direction générale estau nord-nord-ouest; la longueur de son parcours en France est de 4.0 kil. environ, dont la moitié navigable. Il passe à Neufchâleau, Domrémy, Vaucouleurs , célèbres dans notre histoire nationale, à Pagny, où il se sépare du nouveau canal de l'Est

et traverse celui de la Marne au Rhin, à Cora mercy, Verdun, où le lit de la Meuse commence à devenir naturellement navigable, à Bazeilles, en amont duquel il reçoit, par la droite, le Chiers, qui vient des plateaux boisés du Luxembourg; k Sedan, de triste mémoire ; à Mézières, Charleville, et Givet, où il entre en Belgique. La vallée qu'il parcourt entre ces deux dernières villes est réputée pour les sites pittoresques qu'elle offre. Entre Sedan et Mézières aboutit le canal des Ardenncs, qui se joint à l'Aisne. Le nouveau canal de l'Est, suivant ou absorbant la Meuse depuis Pagny jusqu'en Belgique, établira bientôt une communication facile entre cet État et les départements de l'est de la France.

La Sambre. — Le plus grand affluent de la Meuse, la Sambre, prend sa source en France, sur la limite des départements de l'Aisne et du Pas-de- Calais, et baigne Landrecies et Maubeuge en France, avant d'entrer en Belgique. C'est un important élément de notre réseau navigable.

Bassins secondaires de la Manche a l'ouest de LA Seine. — Parmi les fleuves secondaires qui tombent dans la Manche, à l'ouest de la Seine, il faut citer : la Touques, qui parcourt la fertile vallée d'Auge, passe à Lisieux et aboutit dans la mer entre Trouville et Deauville; la Dites, à l'embouchure de laquelle Guillaume le Conquérant réunit la flotte qui le conduisit faire la conquête de l'Angleterr'e, en 1066; VOme, qui prend sa source au nord d'Alençon, passe à Séez, Argentan et Caen, d'où un canal conduit les navires dans la Manche; la \l7'e, qui parcourt de gracieuses campagnes et de fertiles herbages, passe à Saint-Lô, et tombe dans la mer à Isigny; la Douve, qui passe à Carentan. De l'autre côté du Cotentin, la baie du Mont Saint- Micliel reçoit la Sée, qui vient d'Avranches, la Sélune, le Couesnon, qui passe à Fougères et Pontorson, et sépare le département de la Manche de celui d'Ille-et-Vilaine.

La Rance. — La Rance, le cours d'eau le plus important du versant septentrional de la Bretagne, descend des monts de Mené dans les Côtes-du-Nord, coule à l'est, puis au nord, se relie par un canal avec l'ille et la Vilaine, passe à Dinan, et forme un estuaire large et profond avant de tomber dans la mer entre Saint-Servan et Saint-Malo, sur sa rive droite, et Dinard, sur sa rive gauche.

Au delà de la Rance, il n'y a plus, jusqu'à l'océan Atlantique, que de petits cours d'eau ; l'Jrguenoji, qui tombe dans la baie de la Fresnaye, le Trieux, qui passe à Guingamp, les petites rivières de Saint-Brieuc, de Lannion, de Morlaix, qui mettent ces villes en communication avec la mer.

Bassins secondaires de l'Atlantique. — Du côté de l'océan Atlantique, la rade de Brest reçoit l'Aune ou rivière de Châteaulin, qui vient des montagnes d'Arrée. Les montagnes Noires alimentent VUdet, qui passe à Quimper, et le Scorff, qui tombe dans la mer à Lorient, à la droite du Blacet. Celui-ci naît dans le département des Côtes-du- Nord, forme, de même que l'Aulne, lOust et l'Isac, affluents de la Vilaine, et l'Erdre, tributaire de la Loire, une partie du canal de Nantes à Brest, passe à Pontivy et tombe dans l'Océan entre Lorient et son annexe Port-Louis.

La Vilaine. — La Vilaiiie, le plus long fleuve de la Bretagne (220 kilom.), prend sa source dans le département de la Mayenne, coule à l'ouest par Vitré et Rennes, où elle reçoit, sur sa droite, Yllle, descend au sud jusqu'à Redon, où elle se grossit à droite de VOust, reçoit un peu plus loin, sur la rive opposée, VIsuc, tourne à l'ouest, et tombe dans l'Océan, au-dessous de la Roche-Bernard, où elle est franchie par un magnifique pont.

La Loire. — La Loire occupe le centre de la France ; c'est le plus long de nos fleuves (près de 1000 kilom.), et son bassin couvre plus de la cin-

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quième partie de notre pays. Mais rirrégularité de son dùbit,les caprices de son cours, le peu de profondeur de son large lit, l'erepêchent de former la plus importante artère fluviale de la France, conime la carte pourrait le faire croire à première vue.

La Loire naît dans les Cévennes, près du Mczenc, au pied du Gerbier-des-Joncs, ancien volcan qui fait partie des monts du Vivarais. Sa source est à liOO m. d'altitude. La Loire descend rapidement, entre les monts du Vivarais et du Velay qui la poussent au sud, à louest, et enfin au nord, et près du Puy elle n'est déjà plus qu'à lOO m. Dans toute cette partie supérieure de son cours, elle ne reçoit que des torrents. A Saint-Rambert, près de Saint-Etienne, elle débouche dans la plaine du Forez, où elle forme encore des rapides. A Roanne, par 275 m., elle entre définitivement en plaine, et devient navigable grâce à un canal latéral. A droite les monts du Lyonnais la séparent de la Saône, à gauche les monts du Forez se dressent entre elle et son affluent l'Allier. A Digoin, elle reçoit le canal du Centre qui vient de la Saône et qu'alimente la Bourbince, affluent de VAitoux. Celui-ci, descendu de la Côte d'Or, passe par Autun et a son confluent un peu en aval de Digoin. Le fleuve tourne alors à l'ouest, puis au nord, reçoit à Decize VAron, qui alimente le canal du Nivernais, puis se dirige à l'ouest vers Nevers, où tombe la Nièvre. 1

C'est un peu en aval de cette ville, par 172 m. d'altitude, que la Loire se grossit de Y Allier, dont elle prend la direction vers le nord.

Le fleuve occupe dès lors un large lit, où il promène ses eaux capricieuses. Tantôt on n'y voit que de maigres filets d'eau laissant entre eux de vastes [flages de sable, tantôt c'est un courant impétueux qui déborde même par-dessus ses digues pour envahir les campagnes voisines. On a vu la Loire rouler jusqu'à 3u0 fois le volume d'eau auquel , ello se réduit pendant son étiage. A Orléans, elle n'a quelquefois que le tiers de ce que la Seine amène à Paris à l'époque de ses p'.us basses eaux. ^

Entre Nevers ot Orléans, la Loire reçoit à gauche, en face de Fougues, YAuLois. qui alimente une branche du canal du Berry. Elle passe ensuite à la t'.haiité, au pied de la colline de Sancerre, à Gosne, àBriare,où aboutit le canal conduisant à la Seine, à Gien, où elle tourne de plus en plus à l'ouest.

A Orléans débouche un nouveau canal. C'est le point le plus septentrional que la Loire atteigne dans son cours, celui où elle se rapproche davantage de Paris et du cours de la Seine. Aussi Orléans a-t-il toujours eu une grande importance commerciale et stratégique. j

A partir d'Orléans, la Loire coule au sud-ouest; elle reçoit bientôt à gauche \q Loiret, qui n'est probablemfnt qu'une dérivation souterraine du fleuve. Elle 'laisse Beaugency et Blois sur sa rive droite, Amboise sur sa rive gauche, et passe à Tours, bâtie entre la Loire et le Cher, son affluent de gauche. Ces deux rivières, qui pendant les inondations enveloppent entièrement la ville, se réunissent ordinairement entre Tours et Langeais. Bientôt après, la Loire reçoit, du même côté, l'Indre, qui vient des montagnes de la Marche par La Châtre, , Châteauroux et Loches. LTndre et l'affluent suivant 1 de la Loire, la yie?ine, drainent la Brenne, contrée marécageuse couverte détangs, qui s'étend dans l'ouest du département de l'Indre. I

Au confluent de la Vienne, la Loire se retourne ^ au nord-ouest jusque près des Ponts-de-Cé. Dans l'intervalle, elle passe à Saumur, où tombe le Thouet, qui vient des hauteurs de la Gatine et se grossit de la Dive.

La Maine, formée à Angers de la réunion du Loir, de la Sarthe et de la Moyenne, tombe dans la Loire sn dessous des Ponts-de-Cé. Le fleuve coule dès lors à l'ouest, laisse à gauche Chalonnes et ses mines de houille, à droite Ancenis, arrive à Nantes,

où il reçoit à gauche la Sèvre Nantaise, et à droite VErdre avec le canal de Nantes à Brest. Les gros navires ne remontent plus à Nantes, qui a conservé néanmoins les maisons de commerce et lesusines.

La Loire, poursuivant son cours, embrasse l'île d'Indret, où se fabriquent les machines de la marine nationale de guerre. VAcheneau lui amène à gauche les eaux du lac de Grand-Lieu. Du même côté se trouve Paimbœuf, l'ancien avant-port de Nantes , aujourd'hui délaissé pour Saint-Nazaire^ dont on a récemment creusé le port sur la rive opposée.

Affluents delà Loire. — V Allier, le plus long des affluents de la Loire (3TS kilom.), partage son allure torrentielle. Né dans laforêt de Mercoire, entre les monts de la Margeride et le mont Lozère, il descend rapidement dans une gorge étroite et pittoresque, entre les monts du Velay, à droite, et ceux de la Margeride, à gauche. Sa direction générale est au nord. A Brioude, il débouche dans la fertile plaine de la Limagne, reçoit, en dessous des mines de houille de Brassac, VAlagno?! que lui envoie le Cantal, passe à Issoire, reçoit un peu au-dessus de Vichy la Dore, qui vient d'Ambert et s'est elle-même grossie de la Durolle. C'est ce dernier petit torrent qui met en mouvement les usines de l'industrieuse ville de Thiers. De Vichy, l'AUier arrive à Saint-Germain des Fossés, se grossit à gauche de la Sioule que lui envoie le versant occidental du Puy-de-Dôme, passe sous le beau pont de Moulins, et se réunit à la Loire près de Saincaize, en dessous de Nevers.

Le Cher naît sur les plateaux qui reUent les monts de la Marche à ceux de l'Auvergne. Il coule au nord vers Moniluçon, où commence le canal da Berry. A Saint-Amand il reçoit à droite la Marmaiide, dont la vallée conduit le canal vers Bourgeset vers la Loire Le Cher se retourne alors au nordouest, puis à l'ouest, sa direction définitive, et reçoit à Vierzon, par sa droite, YYèvre, grossie de V.iuron^ Ces deux dernières rivières se. réunissent à Bourges, ville en amont de laquelle le canal du Berry est alimenté par l'Auron, pour suivre ensuite l'Yèvre jusqu'à Vierzon. Le Cher reçoit encore à droite la Sauldre, qui passe ;' Romorantin et draine les eaux d'une partie de la Sologne, contrée couverte d'étangs, de bruyères, de terres peu fertiles ; puis il passe sous le château de Chenonceau et se jette dans la Loire en dessous de Tours. Nous avons dit, à propos de cette ville et du cours de la Loire, combien ses inondations sont dangereuses.

La Vienne, presque aussi longue que l'Allier, naît sur le versant septentrional du plateau de Millevaches, coule à l'ouest par Limoges, Saint- Junien, se retourne au nord, passe à Confolens, à Châtellerault, où elle se grossit par la gauche du Clain, la rivière de Poitiers. La Vienne reçoit ensuite à droite la Creuse. Celle-ci naît aussi au plateau deMillevaches, coule au nord-ouest par Aubusson, Argenton et Le Blanc, se grossit, à droite, de la Petite Creuse qui vient de Boussac, et à gauche, de la Gartnnpe qui passe à Montmorillon. En dessous du confluent de la Creuse.laVienne tourne au nord-ouest et passe à Chinon, avant de se réunir à la Loire.

Le Loir se forme dans le Perche et coule au sudouest par Châteaudun, Vendôme et la Flèche avant de se réunir à la Sarthe. Celle-ci, née vers l'extrémité septentrionale du Perche, descend au sud-ouest jusqu'à Alençon, tourne au sud, passe au Mans, où elle reçoit par la gauche l'Huisne qui vient de Nogenlle-Rotrou, décrit de nombreuses sinuosités au sudouest et au sud, passe à Sablé, reçoit par la gauche le Loir, et se réunit à la Moyen e au-desSus d'Angers.

La .Mayenne se forme à l'ouest d'Alençon, dans les collines qui relient le Perche au Cotentin, coule à l'ouest, puis au sud par Mayenne, Laval et Chàteau-Gonthier. Elle se grossit à droite del'Oud.nt

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qui passe à Segré, et prend le nom de Maine à Angers en se réunissant à la Sarthe.

Bassins SECONDAiRESENTKE la Loire et la Garonne. — Entre la Loire et la Garonne les principaux fleuves DÔtiers sont, du nord au sud: le Lai/, qui reçoit à droite ['Yon, dont le chef-lieu du département de la Vendée tire son nom actuel, la Roclie-sur-Yon ; la Sèvre Niortaise, qui passe à Niort et reçoit à droite la Vendée venant de Fontenay-le-Comte; la Charente, le plus considérable des cours d'eau entre la Loire et la Garonne.

La Charente prend sa source dans les monts du Limousin, près de Rochechouart, coule au nord-ouest jusqu'à Civray, redescend au sud jusqu'à Angoulême, coule ensuite à l'ouest, puis au nord-ouest par Jarnac, Cognac, Saintes, Taillebourg et Rochefort, où elle est assez profonde pour recevoir des vaisseaux de gtierre. La Charente reçoit à gauche, au-dessus d'Aiigoalêmej la Tardoir^e grossie du Bundiat, dont une pa-te du cours est souterraine. La Touvre, qui se jci it à la Charente près d" Angoulême après un cours de quelques kilomètres seulement, et qui f it mouvoir les usines de Ruelle, semble être l'issue de ces eaux disparues du Bandiat.

Plus loin la Charente se grossit, à droite, de la Boutonne, qui passe à Saint-Jean d'Angély. La Charente a parcouru plus de 350 kilomètres lorsqu'elle débouche dans la mer en face de l'Ile dOléron.

Vis-à-vis de la pointe méridionale de cette île aboutit le petit fleuve de la Seudre, qui finit à Marennes.

La Garonne. — La Garonne, dont le bassin couvre en France près de 80 OUO kilomètres carrés, naît dans le val d'Aran en Espagne, surle revers méridional des Pyrénées orientales. Elle décrit une courbe, au sud, à l'ouest, puis au nord, avant d'entrer en France au Pont-du-Roi, par 600 m. d'altitude. C'est dès lors une rivière flottable, qui se grossit bientôt de la Pique de Luchon. A Montréjeau, elle reçoit par la gauche la ISeste, et se retourne au nord-est pour gagner Muret et Toulouse. Dans ce trajet, elle reçoit à droite plusieurs affluents importants : liiSalat, qui passe à Saint-Girons ; ÏAriège, qui traverse, du sud au nord-nord-ouest, le département auquel il donne son nom, en arrosant Ax, Tarascon, Foix et Pamiers. A Toulouse, la Garonne se joint au canal du Midi venant de la Méditerranée, et qui se prolonge vers l'ouest par le canal latéral. Le fleuve prend la direction du nord-ouest, reçoit par la gauche les rivières descendues du plateau de Lannemezan à travers les coteaux de l'Armagnac : la Save, qui passe à Lombez, la Gùno7ie, VAr7'ats, le Gers, qui arrose Aucli et Lectoure, la Baïse, qui passe à Co idomet Mirande. Toutes ces rivières descendent en éventail à travers le remarquable cône d'éboulement que limitent à l'est le cours de la Garonne, et à l'ouest celui de l'Adour. Sur sa rive droite, la Garonne se grossit du Tarn, arrive devant Agen, où le canal latéral passe de la droite à la gauche du fleuve, reçoit le Lot à Aiguillon, passe à Tonneins, Marmande, La Réole. A Castets finit le canal latéral, et la navigation se poursuit dans le lit du fleuve. A Bordeaux, la largeur de la Garonne est de 600 m. La marée s'y fait sentir et y pousse les navires de mer à 100 kilomètres de l'Océan. Après Marseille et le Havre, c'est notre port de commerce le plus important. En dessous de Bordeaux, la Garonne va en s'élargissant encore. Au Bec d'Ambez, elle reçoit par la droite là Dordog7ie, le plus long et le plus considérable de ses affluents, et change son nom contre celui de Gironde.

La Gironde laisse ensuite à droite Blaye et, sur la rive opposée, Pauillac, qui sert d'avant-port à Bordeaux et où s'arrêtent les plus grands navires. Du même côté, la rade du Verdon, près de l'embouchure, est abritée du large par la pointe de Grave, qui marque la borne méridionale de l'es-

tuaire. Vis-à-vis se trouve Royan avec ses bains de mer. Au milieu du fleuve, la tour de Cordouan porte le phare qui en signale l'entrée.

Affluents de la Garonne. — Le Tarn, qui prend sa source au mont Lozère, coule d'abord dans une vallée profonde, encaissée par les plateaux des Causses. Il passe près de Florac, et à Millau où il reçoit la Dourbie, descendue des Cévennes. Plus bas et toujours sur la môme rive arrive la Bourdon, grossie de la Sorgue de Saint-Afi'rique. Continuant sa course vers l'ouest, le Tarn passe à Albi, Gaillac, Rabastens, Saint-Sulpice, où tombe YAgout. Celui-ci, qui vient des monts de l'Espinouse, se grossit à Castres du Thoré, qui dessert les draperies de Mazamet, et en dessous de Lavaur, du Dadou. Au delà du confluent de l'Agout, le Tarn prend la direction du nord-ouest, que suivait son affluent, passe à Montauban, reçoit, par la droite, VAvey7'on, et tombe dans la Garonne en dessous de Moissac.

UAveyron, qui naît dans les Causses, coule à l'ouest par Rodez, Villefranche, descend au sud jusqu'au confluent du Vi'iur, dont la source, voisine de la sienne, est dans le Levezou, puis coule à l'ouest jusqu'à sa réunion avec le Tarn.

Le Lot prend sa source au nord du mort Lozère, d'où descendent vers les quatre points de l'horizon tant de rivières difl'érentes. Il coule à l'ouest par Monde et Espalion, reçoit à Enraygues la Truyère, qui contourne au nord les mon; s d'Aubrac, dont le Lot vient de suivre le versant sud. Cette rivière reçoit ensuite, à droite, le Celé, rivière de Figeac, passe à Cahors, décrit de tris nombreux méandres entre cette ville et Villemuve, et tombe dans la Garonne à Aiguillon, après 480 kilom. de cours.

La Dordogne, un peu plus longue, naît au Mont Dore, en Auvergne, coule dans une gorge sinueuse et profonde souvent bordée de hautes colonnades de basaltes, reçoit à gauche la Cère, qui descend du Cantal à traveis une des plus pittoresques vallées de l'Auvergne. A partir de ce confluent, la Dordogne coule à l'ouest, et reçoit, par la droite, la Vézére, descendue du plateau de Millevaches avec son tributaire le plus important, la Corréze. Cette dernière passe àTuUe et à Brives, les deux villes les plus considérables du département auquel elle donne son nom. La Vézère passe aux Eyzies, petite commune où l'on a retrouvé des restes remarquables de l'âge du renne. La Dordogne réunie à la Vézère passe à Bergerac, Castillou, Libournc, où elle porte des vaisseaux marchands amenés par la marée, et où elle se grossit, par la droite, de l'Isle. Celle-ci, qui arrose l'érigueux, descend des monts du Limousin, de même que la Dronne, qui se réunit à elle à Coutras.

Bassins secondaires dd golfe de Gascogne. — Les cours d'eau tributaires de l'Océan, au sud de la Garonne, sont : le Leyre, rivière de la plaine des Landes, qui aboutit dans le bassin d'Arcachon ; VAdour, dont l'embouchure actuelle est voisine de Bayonne ; la Isivelle, qui tombe dans le port de Saint-Jean de Luz ; et la Bidossoa, qui forme la frontière entre la France et l'Espagne. Toutes ces rivières descendent des Pyrénées.

L'Adour. — VAdotir est d'abord un torrent, qui naît à l'est du pic du Midi de Bigorre, au Tourmalet, par 19.30 m. d'altitude. Il descend rapidement au nord dans la vallée de Campan, traverse Bagnères, débouche en plaine, se partage en plusieurs branches, qui arrosent les vertes prairies de Tarbes, reçoit, à droite, VArras, tourne au nordouest, puis à l'ouest, passe à Aire, Saint-fever, reçoit, à droite, lâMidouze, rivière de Mont-de-Marsan, descend au sud-ouest, reçoit, en dessous de Dai, par sa rive gauche, le Luy, et un peu plus loin le Gave de Pau, qui roule plus d'eau que l'Adour 1 même, puis la Bidouse, et enfin la Nive qui conflu*^

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4 Bayonne. L'Adour forme à son embouchure une barre difficile à franchir et qui nuit au commerce du port de Bayonne.

Le Gave de Pau, qui descend de Gavarnie par Argelès, débouche en plaine à Lourdes, tourne au nord-ouest, passe à Pau, Orthez, reçoit à Peyrehoradele Gave d'Olnron, grossi du Saison, qui arrose Mauléon, et se réunit près de là à l'Adour, après un cours de 175 kilom., près de la moitié de celui de ce fleuve.'

Bassins secondaires de la Méditebranée. — Les Pyrénées envoient à la Méditerranée: le Tech, qui coule entre les Albères, au sud, et le Ganigou, au Jiord, et passe à Céret; la Tet, qui descend du pic •de Carlitte comme l'Aude, passe au pied du fort de Mont-Louis, à Prades et à Perpignan; ÏAgly, ■qui arrose Rivesaltes. Toutes ces rivières coulent de l'ouest à l'est.

L'Aîide coule au contraire du sud au nord par Quillan etLimoux jusqu'à Garcassonne. Elle se joint là au canal du Midi, puis tourne à l'est, laisse Narbonne sur sa droite, et tombe dans la mer au sud •de Béziers.

L'Orb, qui traverse cette dernière ville, vient des monts Garrigues au nord de Lodève, coule au sud- 1 •ouest par Bédarieux jusqu'à sa réunion avec le Jau7', puis tourne brusquement au sud-est, direction qu'il conserve jusqu'à la mpr.

VHérauH naît au mont Aigoual dans les Cévcnnes, et descend rapidement au sud par Ganges, Pczénas et Agde. Près de cette dernière ville il tombe dans la Méditerranée.

A l'exception du Lez, qui sort d'une source importante près de Montpellier, tous les cours d'eau •de cette région des Cévennes, auxquels il faut ajouter la Vidourle. qui passe près de Lunel et d'Aigues- Mortes, ont l'allure éminemment torrentielle et grossissent énormément à la suite des orages, pour rester ensuite presqu'à sec plusieurs mois de l'année.

A l'est des Bouches-du-Rhône, Vétang de Berre reçoit ÏArc, qui passe près d Aix, et sous l'aqueduc de Roquefavour.

L'Argens, traversant en sens opposé, de l'ouest à Test, le département du Var, tombe dans le golfe de Fréjus. Le Var, qui formait la frontière entre la France et le Piémont avant l'annexion du comté de Nice, prend sa source à 1800 m. dans des gorges sauvages voisines du pic de l'Enchastraye, où les Alpes Maritimes se soudent aux Alpes Cottiennes. Il descend lapidement au sud, tourne à [ l'est, passe au Puget-Théniers.rpprend la direction j du sud, que lui imprime son affluent la Tinée, et ' parcourt une vallée tout encombrée des galets qu'il ' a roulés dans ses crues, avant de tomber dans la Méditerranée à l'ouest de Nice. '

Le Rhône. — Le Rhône, dont le bassin occupe plus de lOU 000 kilom. carrés, en aies neuf dixièmes seulement en France. Il naît en Suisse, au pied du col de la Furca, à l'ouest du Saint-Gothard, traverse Je canton du Valais, où il se grossir de nombreux torrents, que lui envoient les glaciers des Alpes Bernoises et des Alpes Pennines, forme à Martigny un coude prononcé qui le renvoie au nord- i ouest dans le lac de Genève, dont la rive méridio- | nale appartient pour la plus grande partie à la France.

A sa sortie du lac par 375 m. d'altitude, le I Rhône traverse Genève, et reçoit, par sa gauche, I VArve impétueuse, qui descend du mont Blanc par ' Ghamonix et Bonneville et dont les eaux laiteuses •courent un certain temps à côté des eaux azurées sorties du lac avant de s'y mélanger.

Le Rhône s'engage bientôt dans les gorges du Jura, disparaît en partie dans leurs crevasses calcaires en formant ce qu'on appelle la perte du ' Jihône, reçoit àBellegarde la pittoresque Valserine, <)ui coule entre deux chaînes du Jura, devient

navigable à Seyssel, tout en gardant un cours rapide, reçoit à gauche le Fier, par où se déverse 1.! lac li' Annecy. A Culoz, le canal de Savières lui amène les eaux du lac du Hoiirget, à travers une vallée marécageuse, où le Rhône passait autrefo 3 pour se déverser par la vallée de l'Isère.

Le Rhône continue à couler vers le sud-sud-ouest jusqu'au confluent du Guiers, qui descend de la Grande-Chartreuse. Là il retourne au nord-ouest, puis à l'ouest, raçoit à droite VAin : celui-ci, comme les autres livières du Jura, coule du nord au sud entre des rangées de montagnes parallèles, et se grossit de la Hienne. la rivière des deux industrieuses petites villes de Morez et de Saint-Claude.

A Lyon, le Rhône reçoit du nord la Saône, le plus important de ses nfAuents, et prend la direction que suivait celle-ci vers le sud.

A droite, il côtoie de près le pied des montagnes , et n'en reçoit que des affluents de petite étendue, de pente très rapide, d'allure éminemment torrentielle, le plus souvent à sec, mais roulant quelquefois plus d'eau que le fleuve lui-même. A gauche, s'étendent les plaines du Bas-Dauphiné, puis du Comtat.

A Givors tombe le Gier, qui alimente un canal réunissant les usines si actives de Saint-Chamond, Rive-de-Gier et Givors. Plus loin et sur la rive gauche se trouvent Vienne, puis Tain, avec les vignobles célèbrps de l'Ermitage, qui fait vis-à-vis à Tournon dans l'Ardèche sur la rive droite. Entre Tain et Valence tombe VIsère. Entre Valence et Montélimar, la Drame, qui descend des Alpes par Die et Crest. se réunit au fleuve vis-à-vis du confluent de VOiivèze, la petite rivière de Privas. Le Rhône laisse ensuite sur sa droite h^ Teil avec ses carrières de ciment, et la petite ville de Viviers. A gauche, il est resserré par les roches de Donzère. Là on passe du climat de la France centrale dans la région méditerranéenne caractérisée parla culture de l'olivier, la limpidité du ciel, et aussi quelquefois le souffle glacé du mistral, qui incline au sud-est la cime d( s arbres. Au Pont-Saint-Esprit arrive VArdèche, vn des torrents les plus dévastateurs de la France. Dans la plaine d'Orange arrivent, sur la rive droite, la Cèze, qui vient des Cévennes par Bessèges, et sur la rive gauche, VAygves qui passe à Nyons. A Sorgues, au-dessus d'Avignon, tombe la rivière qu'alimente la célèbre fontaine de Voucluse. Le Rhône passe au pied du rocher qui porte l'ancien palais des papes à Avignon, et reçoit, à quelques kilomètres plus bas, la Durayice. Il descend au sud-ouest jusqu'au confluent du Gard, qui vient des Cévennes par Alais. Le Rhône coule ensuite au sud, entre Beancaire et, Tarascon, puis se partage à Arles en deux grandes branches, à droite le petit Hhône, à gauche le grnni Rhône, comprenant entre elles l'île marécageuse de la Camargue. C'est le grand Rhône qui, par le canal Saint-Louis, se rattache au golfe de Fos. L'embouchure du fleuve est obstruée par une barre et s'est déplacée de nombreuses fois, suivant les obstacles que lui opposent les alluvions qu'il a lui-même charriées, quand elles ne sont pas balayées par les courants marins.

Le Rhône est le fleuve de France qui roule en moyenne la plus grande masse d'eau, entre 2000 et 3000 mètres cubes par seconde. Son débit est quelquefois dix fois plus considérable. Mais la rapidité de la pente (plus de 50 cent, par kilomètre), môme en dessous de Lynn, le rend impropre à la navigation à la remonté. Il entraîne, lui ou ses affluents, des masses énormes d'alluvions arrachées aux pentes des montagnes, et roule des cailloux qui encombrent son lit et en rendent la profondeur très irrégulière. Les eaux s'écoulent trop vite et se promènent sur un lit trop large pour que cette profondeur soit jamais considérable. Si le fleuve grossit au printemps par la fonte des neiges et

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rausedesinondationssouventdésastreuses, àlafin des pentes rapides ou elle entraîne les terres et rio l'hiver il est souvent trop faible pour porter les cailloux, la Durance s étale, dès quelle est bueau môme h. la descente. libre, sur un vaste lit c!e galets qui a jusqu'à 2 ki-

iffluent- (lu R/iône. — La Saône, au contraire, lomettes de largeur. Recouvrant dune épaisse est une rivière tranquille et de débit régulier, qui couche de graviers les champs qu'elle cnvahn dans oiïre entre Lvon et le centre de la France une ses crues, 'A\n les rend stériles, mais fertilise, par magnifique li^ne de navigation. Elle naît dans les contre, les terres où les canaux de dérivation conmonts Fauci'les, descend au sud, reçoit bientôt à : duisent ses eaux chargées d alluvions. Sur sa .-auche le Coney, qui doit alimenter le nouveau droite, la plaine de Cavaillon forme un jardin Tanal de l'Est destiné à relier la Moselle etla Saône. | admirable. A gauche, elle alimente les canaux de Celle-ci coule au sud-ouest vers Gray. où elle Craponne et des Alpines, qui vont irriguer les devient navi^^able: reçoit à gaucho VOupio», qui Bourlies-dii-Rliône et ramener un peu de verdure descend du Ballon d'Alsace et sépare ies dépar- sur la Grau, vaste plaine de cailloux que la Durante lements du Doubs et de la Haute-Saône. La Saône a charriés. De ce côté aussi, la Durance alimente arrive ensuite à Auxonne, reçoit, à Saint-Jean de le canal de Marseille, qui fournit d'eau cette ville Losne, VOuche, la rivière de Dijo-, que suit le et les campagnes voisines.

canal de Bourgogne, et à Verdun le Dou/js, dont le \ Le Rhin. — Le Rhin ne coule plus en France cours est presque aussi long que la Saône entre sa | depuis la perte de l'Alsace Lorraine ; mais notre source etson embouchure (plus de 400 kilomètres). I pay« lui envoie la Moselk, le plus important de A Chalon tombe la Dheiaie, qui alimente le canal ses affluents. . ^ . „ „

du Gentre et plus loin, sur la rive gauche, la La Moselle naît sur le versant nord du Ballon Si'ille qui passe h. Louhans. La Saône passe ensuite d Alsace, descend au nord-ouest par Remiremont àMâcon Villefranche, Trévoux et Lyon. Sur sa r;ve et Epmal. Entre ces deux villes, la i olog-e lui gauche 'elle côtoie dans la partie inférieure de son apporte le tribut des lacs de Longemer et de Gécours le plateau des Dombes, pays couvert d'é- mrdwer. A Epinal arrivera bientôt le nouveau canal tant's qui, alternativement, sont vidés et mis en | do 1 Est, j.dgimnt la Saône par le Coneii avec la culuire ou remplis à nouveau et empoissonnés. ! Moselle et la Meuse. D'Epmal, la Moselle de>cend

Le Loubs naît près de la frontière de la Suisse, \ au nord, puis tourne à l'ouest, reçoit à gauche le coule au nord-est, traverse le lac de Saint- Point, Madon, qui vient de Mirecourt, passe à Toul, red.^scend par une cluse à Pontarlier, coule de nou- ' tourne su nord-est jusqu'à Frouard, où elle reçoit veau au nord-est, franchit au-dessous de Morteau ' la Meurthe. De Frouard, la Moselle descend par un saut d'une trentaine de mètres, forme frontière ! Pont-à-Mousson vers Metz, où elle reçoit par la

droite la Seille, qui, dans une partie de son cours, forme frontière entre la France et l'Allemagne. La Moselle, après avoir traversé Metz, Thionville et Trêves, se réunit au Rhin, à Goblentz.

La Meurthe naît sur la frontière des Vosges et de l'Alsace, descend au nord, puis au nord-ouest par Saint-Dié, Baccarat, Lunéville, où arrive la Vezouse, qui met en mouvement les usines de Girey. La Meurthe, que suit dès lors le canal de la Marne au Rhin, tourne à l'ouest et passe par Nancy avant de se réunir à la droite de la Moselle.

IV. Etude des frontières de la France. — FnoN- TiÈHEs MARITIMES. — La Mer du Nord. — La frontière de la France, sur la mer du Nord, commence à quelques kilomètres à l'est de Dunkerque et suit la direction de l'ouest -sud- ouest jusqu'au cap Gris-Nez, qui s'élève au-dessus du détroit du Pasde-Calais. Le rivage de la mer du Nord est formé de dunes basses et sablonneuses, qui ont vulu son nom à la ville de Dunkerque. Il n'y tombe que le petit fleuve de TAa, débouchant dans la mer à Gravelines, entre Dunkerque et Calais. La première de ces deux villes a joué un rôle militaire

^ ^ ^ important dans nos luttes contre l'Angleti'rre.

entre le massifduPelvoùx et le Dévoluy, etqui'roçoit } Maintenant c'est un de nos ports de commerce le» k;i-mème la Romanche, venue de l'Oysans. L'Isère, ' plus fréquentés. Calais, à cause de son voisinage grossie du Drac, tourne au nord-ouest, puis au sud- de l'Angleterre, est le point de passage généraouest, en débouch:int de la régii n des montagnes ' lement préféré par les voyageurs qui se rendent à qu'elle continue à suivre par sa rive gauchi'. Elle Douvres.

passe ainsi près de Saint-Marcellin et à Romans, en ' La Manche. — Au cap Gris-Nez commence la côte recevant dans l'intervalle la Dowbrc, la rivière ' de la Manche. D'abord dominée par les colhnes du de Pont-cn-Royans, très utile aux irrigations. 1 Boulonnais, elle est génerali^ment sablonneuse, et

La Durance nait au mont Genèvre, descend au ' dirigée du nord au sud jusqu'à l'embouchure de la sud par Briançon , Mont-Dauphin et Embrun, ■ Sonmie. L'important port de Boulogne, les estuaires

entre la France et la Suisse, puis entre en Suisse, jusqu'à ce qu'il soit renvoyé par le mont Terrible vers l'ouest. Rentré en France, il perce le Lomont vers le nord, reçoit par la droite VAllnine, qui vient de Montbéliard et que suit le canal du Rhône au Rhin. A partir de ce confluent, le Doubs descend au sud-ouest par Baume-lcs-Dames, Besançon et Dôle, se grossit, au-dessous de cette ville et par la gauche, de la Loue, et tombe dans la Saône à Verdun. A partir de Dôle, le canal venant du Rhin et qui côtoie le Doubs ou emprunte son lit, se continue jusqu'à Saint-Jean de Losne vers le canal de Bourgogne.

L'Isère a, au contraire, un cours torrentiel. Elle naît dai.s les Alpes Grées à plus de 2000 m. d'altitude, àoscend par Moutiers et Albertville la haute vallée ac Tarantaise, entre ies montagnes qui la renvoient successivement au nord, au sudouest, au nord, puis au sud-ouest. A Chamousset, l'Isère reçoit par sa gauche l'Arc, qui parcourt la vallée de Maurienne, empruntée par la route et le chemin de fer du mont Genis. L'Isère descend ensuite au sud-sud-ouest à travers l'admirable vallée du Graisivaudan, reçoit à Grenoble le plus terrible de ses affluents, le Drac, qui descend du Champsaur,

tourne à l'ouest, reçoit à gauche VUbnye, qui parcourt la vallée de Barcclonnette ; descend au si'.d, se grossit à Sisteron du Buech, le plus considérable de SOS affluents de droite, dont le chemin <!e for de Marseille à Grenoble emprunte la vallée. Aux Mces, débouche sur la rive gauche de la Du-

de la Tanche, de l'Anthie et de la Somme, en forment les traits principaux.

De la Somme à la Seine, le rivage est orienté au sud-ouest. Entre la Somme et la Biesle, commencent les falaises qui bordent tout le pajs de Caux. Ce sont des murailles d'une centaine de

. ance la B'/eo?(?ie, la rivière de Digne. Plus bas et ' mètres de hauteur, qui s'élèvent verticalement du même côté arrive le l'errfo//, qui arrose Castel- au-d'ssus des flots. Constamment battues et délane,scparelesdépartementsdesBassts-Alpt>setdu molies par les vagues, elles s'éboulent peu à peu, A'ar, et alimente d'eau la ville d'Aix. A Mirabeau, et tandis que les matières crayeuses entrant dans la Durance débouche des montagnes. Roulant sur ; leur composition sont entraînées par les eaux, les

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sileT, qui y forment des couches nombreuses, sont roulés, arrondis et disposes en cordons réguliers de galets tout le long du litr( rai. De distance »Mi distance, la falaise est entaillée par une vallée, où s'est bâti un village, ou un port à l'embouchure-de quelque rivière. Le Tréport, sur la Bresle, Dieppe, sur la rivière d'Arqnes, Saint-Valery-en-Caux, Fécamp, sont les principaux. Entre Fécamp et le Havre s'avancent le cap d'Antijer et surtout le cap de la Hève, dont les phares à longue portée signalent à distance l'entrée de notre grand port.

Comme port, le Havre jor.it d'un précieux avant.ige. Les courants de marée montante et descendante s'y rencontrent et s'y soutiennent de telle sorte qu'à chaque marée les eaux restent hautes pendant près de trois heures, et l'entrée comme la sortie dos navires de grandeur ordinaire peut avoir lieu pendant tout ce temps.

Le rivage du Calvados, sur la rive gauche de la Seine, est sablonneux et bordé de collines d'une faible élévation. Sa direction générale est de l'est il l'ouest. Honfleur, à l'embouchure de la Seine, Trouville et Deauville, à celle de la Touques, Dives, sont les principaux ports à l'est de l'embouchure de rOrne. A l'ouest de ce fleuve, la côte est. abitée par les rochers sur lesquels périt le Calva'Ios, qui a donné son nom à ces écueils et au département.

A l'ouest de la baie d'Isigny et de Carentan, commence la péninsule du Cotentin, qui s'avance ;ia nord dans la Planche. Le pays de Caux h l'est, le (lotontin à l'ouest, le Calvados au sud limitent In haie de la Seine. Le Cotentin, dont la côte oriontale est bordée par les rochers de la Hougue, près d' squefs Tourville perdit une grande bataille navale en l(i92, se termine au nord-est par la pointe de Barfleur, au nord-ouest par le cap de la Hague. Lntre les deux se creuse la rade de Cherbourg, abritée par une digue dont la construction a exigé ai longs et coîiteux travaux.

Peu de mers sont parcourues par des courants aussi violents et semées d'autant d'écueils que la partie de la Manche séparant le Cotentin des îles anglo-normandes. C'est là qu'on trouve, entre les îles de Jersey et de Guernesey, le passage nommé de il Déroute. Ces rivages du Cotentin n'offrent qu'un petit nombre de ports ; le principal est celui de Granville. Au sud-ouest du Cotentin s'ouvre la baie du Mo7it Saint-Michel, dont les immenses grèves se découvrent au loin à la marée basse, tandis que les flots battent de toutes parts à marée haute les murs de l'abbaye -forteresse. A ^cue^t de cette baie, Cancale est connu par ses pêcheries d'huîtres. Le rivage de la Bretagne, découpé de nombreuses sinuosités, se dirige à l'ouest. Les grandes plages de sable, dominées par des roches granitiques, bordées de nombreux écueils que les flots ont détachés du continent, constituent les principaux caractères de cette côte. Là débouche la Rance. entre les ports de Saint-Malo et de Saint- Servan, à l'est, et les bains de Dinaid. à l'ouest. Puis la baie de la Fresnaye, le cap Frchi 1, la baie de Saint-Brieuc, les îles nombreuses qui avoisinent le phare de Bréhat, les estuaires des rivières de Tréguier, de Lannion, forment les principaux accidents des C6tes-du-Nord.

Le Finistère n'est pas moins découpé. Du côté de la Manche, on y remarque le débouché de la rivière de Morlaix, Saint-Pol de Léon et Roscoff, puis les nombreux havres ou ports qui ont gardé les vieux noms bretons d'Aber-Vrach, Aber- Benoît, j Il y a 1200 kilom êtres environ, mesurés le long ; de la côte, depuis la frontière de la Belgique , jusqu'à l'entrée de l'Aïkinlique. j Il y en a 900 depuis ce dernier point jusqu'à la Bidassoa. où commence le territoire espagnol.

' U Atlantique. — Le Finistère forme du côté de l'Océan deux péninsules remarquables : au nord, celle de YArmorique, terminée par la poi/i^e Saint- Mathi'u; au sud, celle de Curnouailles, dont la pointe du Raz est le point le plus avancé vers l'oc-

• cident. L'île d'Ouessa?it, séparée du continent par le passage du Four, qui est semé d'îlots et d'écueils, prolonge au large la péninsule armori-

I caine. L'île de Sein, l'ancien .«éjour des druidesses

] chnrgées par leurs prières et leurs sacrifices de calmer les flots en furie, forme de même une vigie avancée de la pointe du Raz. Entre les deux pointes de Saint-Maihieu et du Raz s'étend le golfe de Ylroise, qui aboutit à la rade de Brest et à la baie de Duuarnt'Tiez, séparées l'une de l'autre par la presqu'île de Crozon.

La rade de Brest, dont l'entrée étroite ou goulet est hérissée de forls, fornip un des plus beaux

j ports du monde. Après Toulon, c'est le plus grand arsenal militaire de la France. Là débouchent la Penfeld, bordée d'établissements de la marine, l'Elorn ou rivière de Landerneau, l'Aulne qui vient

I de Châteaulin.

I La baie de Douarnenez, très pittoresque avec ses roches, ses grèves, ses douze cents hameaux

! de pêcheurs, ses eaux constamment sillonnées par

! les bateaux qui y poursuivent la sardine, a été

j comparée à la baie de Naples.

La baie d'Audiei ne, qui borde la presqu'île de

! Cornouailles au sud-ouest, entre la pointe du Raz

[ et la pointe de Penmarch, est constamment battue par les flots. C'est près de la pointe du Raz qu'on trouve la petite baie justement nommée baie des Trépassés.

A la pointe de Penmarch, le rivage se recourbe à l'ouest. Les îlots de Glenans couvrent le débouché de l'Odet, rivière de Qnimpcr, et la baie de la Forest avec Concarneau, dont les habitants se livrent à la pèche de la sardine et ont de superbes parcs à poissons. Plus loin, l'île de Groix défend l'entrée du Blavet, sur lequel est Lorient, préfecture maritime avec son annexe Port-Louis. Après le çolfe profond et étroit de ÏEtel, le rivageprojette la presqu'île de Quibei on, qui rappelle un triste épisode des guerres de Vendée et semble donner la main à la grande île de Belle-Ile, qui la prolonge au sud. A l'est de Quiberon s'ouvre la rivière d'Auray, puis le golfe du Morbihan, rempli de parcs aux huîtres et que la presqu'île de Buiz sépare de l'esiuaire de la Vilaine. Entre Belle-Ile et la Vilaine, s'élèvent les îles de Houat et Haédic. La côte descend au sud jusqu'à la pointe du Croisic, qui limite au nord le chenal de la Loire. Là s'étendent les salines du Croisic et du Pouliguen, et plus à l'est s'ouvre le port de Saint-Nazaire, l'avant-port de Nantes. La pointe de Sai>it- Gildas limite au sud l'estuaire de la Loire et le sépare de la baie de Bowgieuf. Celle-ci est abritée du large par l'île de Noirmoutiers, qui n'est séparée du continent que par un goulet étroit et assez peu profond pour être passé à sec à marée basse. La côte sablonneuse de la Vendée court directement au sud-ouest. En face d'elle s'élève l'ile à'Yeu. Les alluvions et plutôt encore le soulèvement du sol ont comblé peu à peu l'ancien golfe de Poitou, dont l'anse de Y Aiguillon, où débouche la Sèvre niortaise, forme aujourd'hui le dernier reste. A partir de cette baie, le rivage français descend directement au sud jusqu'à l'embouchure de la Bidassoa. Devant la côte de la Charente-Inférieure s'étendent les deux grandes îles de Ré et à'Ulénm. Le Pertuis breton sépare la première du port de la Rochelle.

Le Permis d'Antioche passe entre les deux îles et conduit à l'embouchure de la Charer.te, dont l'îlot à'Aix défend l'entrée. Entre l'île d'Oléron et Marennes, le Pertuis de Maumussoti est parcouru par des courants violents.

FRANCE

FRANCE

La pointe de la Coubrp, au nord, la pointe de Grave, au sud, limitent l'estuaire de la Gironde, ! dont la Tour de Cordouan éclaire au loin le chenal d'entrée. A partir de la pointe de Grave commence le rivage des Landes, couvert de dunes sablonneuses qui reculeraient incessamment devant les flots et empiéteraient sur le continent, sans l'-s plantations de pins maritimes avec lesquelles on est parvenu à les fixer. Derrière ces dunes, les eaux se ramassent en étangs que d'étroits canaux déversent ensuite à travers les dunes dans l'Océan. 'Vétanq de Carcans et celui de Locannu sont au nord du bassin d'Arcachon, qui communique avec l'Océan par un chenal maritime. Ce bassin est bordé de parcs pour élever les huîtres, et les forêts de pins, dont il est entouré, en rendent le séjour très sain pour les malades en hiver, et oflrent des ombrages en été aux étrangers qui y viennent prendre des bains de mer. Au sud d'Arcachon sont les étangs de Cazau, de Biicarosse, ^' Aureilhan et quelques autres plus petits.

Aucun port ne s'ouvre sur cette côte des Landes battue par les vents violents du golfe de Gasco^/ne. Le Vieux-Boucau a servi d'embouchure à l'Adour pendant trois cents ans, avant que les travaux de Louis de Foix l'eussent rejeté dans son lit actuel, h la fin du XVI' siècle. Avant de suivre le chenal du Vieux-Ecucau, l'Adour débouchait plus au sud dans la fosse du Cap Hreton, dont les eaux profnndes ofi'rent encore un bon abri aux navires, à une dizaine de kilomètres au nord de l'embouchure actuelle. Au sud de cette dernière, le rivage français se relève avec les rochers de Biarritz, et se recourbe au sud-ouest à partir de Saint-Jean-de- Luz pour finir sur la rive droite de la Bidassoa.

La Méditerranée. — Le rivage français sur la Méditerranée a ()25 kilomètres de développement. Entre les Pyrénées et les Bouches-du-Rhùne, il «st caractérisé par des cordons snblonneux de peu de largeur, qui séparent de la Méditerranée dos -étangs salés, et que les courants y ont déposés en courbes régulières, de manière à faire empiéter progressivement le rivage sur les flots. L'étang de Saint-Nazaire, entre le Tech et la Tet, ceux de Levcate et de Sijean, entre l'Agly et l'Aude, ceux ■de Thau, de Mngiielonne, de Maw/uio, entre l'Hérault et la branche occidentale du Rhône, sont les principaux de ces étangs, qui communiquent avec la mer par des graus ou étroits passages. La ville de Narbonne communique par le canal de la Robine, qui traverse l'étang de Sijean, avec le port de la Nouvelle. Entre l'Aude et l'Hérault, î'Orb débouche dans la mer en dessous de Béziers. La miintagne volcanique d'Agde se dresse à l'embouchure de l'Hérault. Le cordon littoral qui sépare l'étang de Thau de la Méditerranée porte le chemin de fer du Midi et la ville de Cette, qui forme le port français de la Méditerranée le plus commerçant après Marseille.

Toute cette région éprouve un soulèvement général, et telle ville qui fut autrefois un port actif, comme Narbonne sous les Romains ou Aigues- Morte au temps de Saint-Louis et des croisades, se trouve maintenant à plusieurs kilomètres à l'intérieur des terres.

Entre les deux grandes branches du Rhône, Vile de la Camargue est en grande partie occupée jiar les étangs ou des pâturages marécageux et salés. La population s'enfuit de ce séjour hanté par la fièvre, et dont le sol est encore trop salé pour produire de riches récoltes. A l'est du tirand Rhône, le golfe de Fos, aux eaux profondes et tranquilles, reçoit le canal Saint-Louis, qui se joint au fleuve en amont de la barre. Le rivage redevient montueux au cap Couronne , se recourbe du nord au sud devant la rade de Marseille^ •que les îlots du château d'If, de Pomègue et Ratonneau abritent contre les vents de l'ouest, puis

tourne à l'est et au nord-est en formant plusieurs promontoires escarpés. Au pied du bec de l'Aigle s'ouvre le port de la Ciotat. Derrière le cap Si-ié s'étend la rade de Toulon, notre premier port militaire, avec la Seyne et ses grands établissements de constructions maritimes. La rade d'ilypres est enveloppée par la presqu'île de Giens, à l'ouest, les îles Porquerolles, Port-Crns et du Levant, au sud, dont l'ensemble forme les iles d'Hyéres. Au pied des montagnes des Maures, le petit golfe de Saird-Tropez est fréquenté par les pêcheurs de corail, de thon et d'anchois. A l'embouchure de l'Argens, le golfe de Fréjus était la station principale de la flotte romaine sur les côtes de la Gaule. Aujourd'hui la ville est à i kilom. dans l'intérieur des terres. C'est plus loin, autour de Nice, que la foule se porte de nos jours pour trouver un séjour d'hiver favorisé par un doux climat, un ciel serein, des paysages riants et embaumés par une végétation luxuriante. Cannes, sur le golfe de la Na/'Oute, vis-à-vi? des f/e* de L^rins. le golfe Jnunn, où débarqua Napoléon revenant de l'île d'Elbe, Antibes, ne semblent former qu'une seule rue bordant le littoral d'une suite ininterrompue de villas et d'hôtels. A l'est du Var, qui marquait la frontière française jusqu'en 18G0, Nice est à la fois une grande ville commerçante et le séjour préféré des Anglais. Villefranche a une rade profonde où stationnent généralement des navires de guerre étrangers. Monaco, qui forme enclave dans le territoire français, attire les étrangers par sa maison de jeu et ses fêtes, qui constituent le principal revenu du souverain de cet Etat minuscule. Enfin Menton, que la France lui a acheté en 18()0, est tout entouré de bosquets de citronniers, des fruits desquels on fait un commerce immense, et offre aux malades le climat le plus doux peut-être de tout le littoral.

l'"R0NTii:RES DE TERRE. — Lps Pyrénécs. — Au sud, la frontière qui .'^épare la France de l'Espagne sur une longueur d'environ ô7(i kilomètres, commence 1 par suivre la Bidassoa; puis s'appuyant sur la montagne de la Rhune, au sud de Saint-Jean-de- Luz, elle décrit une grande courbe entre 1 1 Bidassoa et la Nive, avant de rejoindre la haute chaîne des Pyrénées occidentales. Elle suit, à très peu de chose près, la ciète de cette chaîne jusqu'au pic de Néthou, puis tourne au nord entre le val d'Aran et la vallée de Luclîon, traverse la Garonne au Pont-du-Roi, et suit dès lors la chaîne des Pyrénées orientales. A la limite des départements de l'Aiiège et des Pyrénées-Orientales et du Val d'.\ndorre, la frontière descend au sud dans la vallée de la Sègrc et donne ainsi h la France une partie du versant espagnol de la Cerdagne. Par contre, I le teri'itoire espagnol de Livia est entièrement enj clavc dans le département français des Pyrénées- ' Orientales. Le fort de Mont^ouis, dans la haute valj iée (lu Tet, défend le passage du col de la Perche ' parcouru par la route de Perpignan â Lerida A l'est I de la vallée de la Sègre, les Albères forment la frontière naturelle jusqu'au cap Cerbère, sur la Méditerranée.

Le Val d'Andorre forme une république indépendante enclavée entre la France et l'Espagne. Tout entouré de hautes montagnes, ce pays est arrosé par la Balire, tributaire de l'Ebre par la Sègre. .'^a superficie est de GnO kilomètres carrés, sa population de lO â VI 000 habitants. Les pâturages, du minerai de fer et des eaux thermales constituent, avec la cotitrebande, toutes les ressources des habitants, que leur constitution place depuis plusieurs siècles sous la suzeraineté collective du gouvernement français et de l'évêque espagnol d'Urgel.

Les Alpes. — Au sud-ouest, depuis Menton jus qu'à un point de la grande chaîne des Alpes voisin de la source de la Vésubie, tributaire du Var

FRANCE

la frontière séparant la France de l'Italie traverse suivant une ligne de convention les montagnes et les vallées qui servent de contreforts au grand massif alpin. Depuis là jusqu'au mont Blanc, la frontière suit constamment la crête, décrite à l'article Alpes, qui sépare les affluents du Pô, à l'est, de ceux du Rhône, à l'ouest. A partir du mont Blanc, la frontière, entre la France et le Valais suisse, suit la crête qui sépare les affluents directs du Rhône, à l'est, et ceux de la Dranse de Thonon, ou de l'Arve, à l'ouest. Elle tombe sur le lac de Genève à Saint-Gingolph, passe par Evian, Thonon, Yvoire, puis enveloppe le canton de Genève, traverse le Rhône, et va gagner le Jura, entre Saint-Claude (Jura) et Nyon (canton de Vaud). La frontière dite des Alpes a 720 kilomètres entre Menton et Genève.

Le Jura. — La frontière du Jura a 290 kilomètres environ entre Genève et Belfort. Elle suit le Haut Jura, puis le cours du Doubs, entre les départements du Jura et du Doubs et les cantons de Vaud, Neuchâtel et Berne, laisse le Doubs décrire le coude de Sainte-Drsanne en territoire suisse, passe entre Montbéliard et Porrentruy, traverse la trouée de Belfort entre le bassin du Doubs et i celui du Rhin, et atteint les Vosges au Ballon d'Alsace. j

Les Vosges et la frontière du nord-est. — La limite entre la France et l'Alsace, depuis 1871, suit la crête des Vosges jusqu'au mont Donon sur une longueur de 150 kilomètres, puis tourne au nord-ouest entre la Sarre et la Vesouze, affluent droit de la Meurthe. Elle traverse, à Avricourt, le chemin de fer de Paris à Strasbourg, gagne la Seille, passe sur la rive gauche de la Moselle, tourne au nord, entre Metz et Briey, et atteint le territoire du Luxembourg, près de la source de l'Alzette. 11 y a '2'lh kilomètres entre le mont Donon et la frontière du Luxembourg. La France ne touche le Grand Duché que sur 13 kilomètres.

Près de Longwy commence la frontière belge, qui se continue jusqu'à Dunkerque sur une longueur de 550 kilomètres et qui est toute de convention, coupant les cours d'eau et les plateaux au lieu de s'y appuyer. C'est pour défendre la France de ce côté qu'on a élevé les places fortes de Montmédy, sur le Chiers; Sedan (aujourd'hui démantelé), Mezières et Givet, sur la Meuse ; Rocroy. sur le plateau des Ardennes ; Maubeuge et Landrccies, sur la Sambre ; Cambrai, Bouchain, Valenciennes et Condé, sur l'Escaut ; le Qucsnoy, entre ces deux cours d'eau ; Lille, sur la Deule ; Douai et Arras, sur la Scarpe ; Aire et Saint-Venant, sur la Lys ; Bergues, Dunkerque, Calais et Gravelines, près de la mer, qui ont eu à subir tant de sièges et ont vu tant de combats livrés sous leurs murs.

V. Climat. — Les vents. — Située à égale distance du pôle et de l'équateur, la France est soumise à la double influence des vents échauffés dans la région cquatoriale etdes vents glacésdupôle.Les premiers, s'élevantà cause de leur température, tendentà être remplacés par les vents froids que leur plus grande densité rapproche de la terre. Mais en s'éloignant vers le iiord.les vents du sud conservent la vitesse de rotation du globe à l'équateur dans le sens de l'ouest à l'est, plus rapide que celle des parallèles plus septentrionaux. Ils s'inclinent donc vers l'est. Par contre, les vents polaires s'inclinent à l'ouest. Notre pays est donc normalement soumis à un double ■courant de vents chauds venant du sud-ouest- et de vents froids venant du nord-est. Mais cette régularité est singulièrement troublée par une foule de circonstances locales, les obstacles qu'opposent les montagnes au passage des vents, et les difiTérentes modifications qu'apportent à la température d'un lieu et à la circulation de l'air, l'altitude, l'exposition, le voisinage de la mer ou des montagnes chargées de glaciers. Dans toute la partie occiden-

tale de la France, les vents de l'ouest et du sud ouest l'emportent en fréquence sur les vents du nord-est. Les premiers, pompant sur l'Atlantique de grandes masses de vapeurs, viennent se condenser à leur arrivée sur nos côtes, plus froides que les régions dont ils sont issus. Ils nous amènent la pluie, tandis que les vents du nerd-est sont froids et desséchants. Les vents du sud-ouest perdent de leur humidité à mesure qu'ils s'éloignent de la mer, et donnent de moins en moins de pluie; toutefois, à la rencontre des montagnes encore plus froides que nos côtes, ils éprouvent une nouvelle condensation et c'est là que le sol est le plus fortement arrosé.

Les pluies. — La moyenne de la pluie en France est de 80 centimètres par an. C'est ce que reçoivent les Landes, par exemple. La quantité d'eau de pluie n'est plus que de 50 à GO centimètres dans le bassin moyen de la Loire et de la Seine plus éloigné de l'Océan, de 40 à 50 centimètres dans la Champagne Pouilleuse, qui est la région la moins arrosée de la France. Dans les Pyrénées, au contraire, il tombe 1™,50, l'",80, et jusqu'à 2 mètres sur certains points des Cévennes.

Le bassin du Rhône. — Dans le bassin du Rhône, à l'est de ces dernières montagnes, le régime des vents change. Le mistral, qui se glace sur leurs Sommets, souffle avec violence du nord-ouest sur le Comtat et les Bouches-du-Rhône pendant une grande partie de l'année. Cette région reçoit aussi du nord-est les vents froids des Alpes, et, en sens inverse, le vent brûlant qui apporte le sable du Sahara par-dessus la Méditerranée, le sirocco.

Saison des pluies. — La saison des pluies varie aussi dans les différentes régions. C'est pendant l'hiver qu'il pleut en abondance sur les côtes de l'Atlantique. L'est et le centre de la France reçoivent de la pluie au printemps et en été, tandis que dans le midi il ne pleut généralement pas avant l'automne, sauf dans les régions montagneuses.

Les températures. — La température moyenne de la France est de 11" centigrades. La diagonale (iui traverse la France depuis Nice jusqu'à la baie d'Isigny la partage en deux parties : au nord- est, une région plus froide que la moyenne; au sudouest, une région plus chaude. C'est principalement à cause de l'influence de l'Océan et du Gtdf Stream qui en réchauffe les eaux, que dans l'ouest de la France la température moyenne est plus élevée que dans l'est à latitude égale. Les lignes isotliermes descendent ainsi vers le sud, de l'ouest à l'est, d'autant plus fortement qu'elles se rapprochent d'un massif de montagnes refroidissant la température, s'élèvent au contraire vers le nord dans la vallée de la Loire ouverte aux vents d'ouest, et dans celle de la Saône tournée vers la Méditerranée.

On sait que la température d'un pays s'élève quand on avance vers le sud, à cause de l'inclinaison moins forte sous laquelle le soleil échauffe le sol. Mais elle diminue à mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer. On a calculé qu'une augmentation de 140 mètres dans l'altitude correspond dans notre pays à un rapprochement de 1° vers le pôle, comme cause diminuant la température moyenne. Tandis qu'au pied du mont Venioux l'olivier mûrit ses fruits dans les plaines du Comtat, le sommet, à 190i) m. d'altitude, ne porte plus que les herbes de la Finlande.

Les points de la France où la température moyenne s'élève le plus sont les environs de Nice, placés en espalier sur le bord de la Méditerranée et abrités des vents du nord par les Alpes. Les régions les plus froides (en dehors des montagnes) sont en Lorraine, loin- de l'influence de la mer.

Ce ne sont pas les points soumis à des hivers également rigoureux et à des étés également chauds, qui offrent la même température moyenne.

FRANCE

La ligne isochimène moyenne, qui passe par tous los points où la température moyenne de liiiver est aussi la moyenne de l'iiiver de toute la France (|- G» centigrades), est beaucoup plus inclinée sur L's parallèles que la ligne isotherme moyenne. Au lieu d'aller d'Isigny à Nice, elle descend du Pasde-Calais vers Caen, passe entre Blois et Orléans, descend au sud, en laissant au nord-est le massif central, coupe la vallée du Rhône en dessous de Lj'on et gagne la Casse Provence.

La ligne isolhère moyenne, au contraire, qui passe par les points où la température moyenne de l'été (-|- 18°) correspond à la moyenne de toute la France, suit à pou de chose près le parallèle qui va de l'embouchure de la Loire à Bâle, en laissant au nord la Sologne, refroidie par ses étangs, et le Morvan, refroidi par son altitude et ses forêts.

Division de la France en pégions climatérioues. — C'est d'après le régime des vents, des pluies, d'après la distribution et le degré des températures qu'on a partagé la France en sept climats différents.

Climat armoricain. — Le climat armoricain comprend la Bretagne, dont il porte le nom, la \orman

vents y sont violents et y amènent de la pluie pendant l'automne sur le versant occidental, pendant l'été sur le versant septentrional.

Zo'ies rie l'iiranger, de l'olivier, du mais, de la vigne. — On peut également partager la France en zones susceptibles de produire telle ou telle plante. Au midi la zone de l'oranger, où les oranges et les citrons mûrissent en pleine terre, ne comprend qu'une étroite bande de littoral autour de Perpignan à l'ouest, d'Hyères et de Menton, à l'est du Rhône.

L'olivier ne produit également de fruits qu'à une petite distance de la Méditerranée. Les Corbières et les Cévennes limitent à l'ouest et au nord-ouest cette zone, qui remonte la vallée du Rhône jusqu'à Viviers et Donzère, celle de la Durance jusque vers Sisteron, et suit le pied des Alpes.

Le maïs et la vigne ont aussi besoin de chaleur pour venir à maturité. Ces deux plantes, par conséquent, craignent le voisinage de l'Océan, qui modère los chaleurs de l'été et surtout celles de l'automne. Aussi la limite septentrionale de Id zone du mais, partant de l'Océan vers l'embouchure de la Sèvre nantaise, remonte-t-elle'au nord

die une petite partie de la Picardie, le Maine^ la en s'éloignant de la mer. Le mais mîirit en Tou- Touraine et l'Anjou. Il est caractérisé par l'influence [ raine et même en Alsace ; en Franche Comté, il forme très grande du voisinage de la mer. Les pluies y une des bases importantes de l'alimentation. Le sont très fréquentes et occupent près de la moitié plateau central est naturellement trop froid pour des jours de l'année, sans tomb.^r en averses con- cette culture.

sidérables. Les froids de l'hiver sont modérés par , La vigne s'étend plus au nord que le mais. On l'influence de l'Océan, et des plantes délicates, qui n'en trouve pas en Bretagne, au nord de l'emboune sauraient supporter la gelée, y poussent en ' chure de la Loire; mais il y en a au nord de Paris pleine terre. Les chaleurs de l'été ne sont pas trop jusque sur la montagne de Laon, en Champagne

fortes. Cette région renferme les plus beaux lier bages naturels de la France.

Climat séqwmien. — Le climat séquanien, qui comprend le bassin de la Seine en amont de Rouen, la Picardie, la Flandre et l'Artois, et une partie de la Champagne, a des hivers plus rigoureux, des étés plus chauds que la région armoricaine.

Climat vosgien. — A l'est de la France, sous le climat vosgien, il tombe beaucoup de neige pon-

dent les vins sont renommés, et en Lorraine. VL Géographie agricole. — Régions agricoles.

— Pour les cmcours agricoles, la France est partagée en treize régions, où les départements sont groupés d'après leur voisinage, leur climat, la nature de leurs cultures principales.

CÉnÉALES ET C0LTCRLS ANNEXES. — Le froment.

— La base de l'alimentation en France, c'est le blé, dont le froment constitue l'espèce la plus estimée. Le nombre d'hectares ensemencés en fro-

dant l'hiver, les étés sont brûlants ; les v'ents [ ment et le rendement moyen de cette cultur'3 ont d'ouest, déjà desséchés depuis l'Océan, n'amènent constamment augmenté dans notre pays depuis le pas beaucoup de pluies. Mais la bise du nord-est, ! commencement de ce siècle. La récolte moyenne en abaissant brusquement la température, con- 1 dépasse aujourd'hui 100 millions d'hectolitres, prodense l'humidité à>: l'atmosphère en pluie pendant duits par G millions et demi d'hectares. Cette culi'été, en neige pendant l'hiver. ture s'étend sur les terres riches dans toute la

Climat ■'•h0'/anie7i. — Le climat rhodanien corn- France. Mais ce sont les départements du Nord et prend le bassin du Rhône au-dessus de Viviers. [ de l'Aisne, la Beauce, la Brie, le pays de Caux en La température y est très variable, suivant que Normandie, l'Anjou, la vallée de la Garonne, la le vent souffle du sud, ou au contraire du nord Limagne en Auvergne et en Bourbonnas, qui et des m niagnes. Il tombe beaucoup de neige et J offrent à la fois le plus d'hectares cultivés proporde pluie sur les Alpes, les Cévennes, le Jura, qui tionnellement à leur superficie et le rendement le forment la ceinture du bassin. Les orages sont ' plus considérable.

fréquents aux moments où se rencontrent des cou- 1 Le seigle. — Le seigle convient aux terres froirants atmosphériques opposés. La végétation est des, sablonneuses. 11 occupe surtout le massif très active partout où s étend l'irrigation. central de la France, à l'inverse du froment. On

Climat méditerra7iée?i. — An sud de cette région,] en récolte de 25 à 30 millions d'hectolitres, sur 'e climat méditerranéen comprend la Provence, 2 millions d'hectares.

le Comtat Venaissin, la plaine du bas Languedoc et du Roussillon Cette région est caractérisée par l'ardeur du soleil, l'élévation de la température. Malgré la rareté des jours pluvieux, le sol reçoit sous forme d'orages une quantité de pluie suffisante pour être très fertile.

Llimnt girondin. — Le climat girondin, qui règne sur les bassins de la Garonne, de l'Adour, de

Lorge. — L'orge occupe 1 million d'hectares dont le produit s'élève à 20 millions d'hectolitres. On le cultive principalement dans les pays du nord et de l'ouest, qui, ne récoltant pas de vin, boivent de la bière ou du cidre. L'orge est consommé par los brasseurs ou est donné aux animaux. On ne s'en sert presque plus pour faire du pain.

Lavoine. — L'avoine réussit surtout dans le nord

la Charente, et sur le Poitou, est exposé à l'in- de la France, où elle trouve l'humidité nécessaire fluence maritime comme le climat armoricain, à son développement et est principalement consomi\lais les pluies y sont généralement moins abon- [ mée par les chevaux. La récolte totale est les trois dantes que dans celui-ci, et le soleil y a beaucoup quarts de celle du froment, soit 75 millions d'hecplus d'ardeur. Les étés y sont chauds. j tolitres sur 3 millions et demi d'hectares. Quelques

Chma' central. — Le plateau central de la ' ré;;ions isolées, comme les montagnes du Tarn, rrance a un climat particulier et plus rude que produisent aussi beaucoup d'avoine avec laquelle celui des régions qui l'entourent. La neige y cou- on élève une grande quantité de volailles. vre le sol pendant plusieurs mois du l'année. Les , Le maii. — Le mais est cultivé en grande quaa-

FRANGE

FRANGE

au pied des Pyrénées, autour de Pau, de Tonse et de Bordeaux, et dans la Franche-Comté. I!

tité louse

sert à l'alimentation des hommes, à l'engraissement des porcs et de la volaille. Coupé en vert, il donne un très bon fourrage, qu'on peut même conserver en silos pour le faire consommer pendant l'hiver.

Le sarrasin. — Dans les pays à sol très pauvre, mais à climat humide, comme la Bretagne, le massif central, la Sologne, on cultive encore du sarrasin, dont les hommes se nourrissent, qu'ils donnent à la volaille, ou qu'ils enfouissent comme engrais.

La p Jinme de terre. — Après le blé, c'est la pomme de terre qui sert le plus à l'alimentation des paysans en France. On en récolte de 100 à 150 millions d'hectolitres, dans la région du nordest, où Epinal est le principal marché aux fécules de France, dans le nord, les départements qui avoisinent Paris ou Lyon, la vallée de la Basse- Loire, l'Auvergne, le Poitou.

Les légumes. — Les légumes croissent dans les terrains naturellement humides ou arrosés. C'est autour de Paris, où l'approvisionnement de la ville exige beaucoup de légumes, qu'on trouve le plus de maraîchers. Ils ont là de l'engrais en abondance, et, avec baaucoup de travail, ils tirent de leur sol une masse énorme de produits qui se succèdent rapidement les uns aux autres. Le long des côtes humides de l'Océan et de la Manche on cultive aussi beaucoup de légumes. Bordeaux approvisionne Paris de primeurs. Xantes fabrique beaucoup de conserves de légumes. Les jardiniers de Roscofif, dans le Finistère, sont célèbres par 1' urs produits, qu'ils envoi nt à Paris ou en Angleterre, comme on le fait aussi à Saint-Malo, dans la Normandie, en Flandre et en Artois. Soissons dans l'Aisne est connu par ses haricots secs, Avignon par ses lentilles.

La bettei aie. — La betterave, qui sert à la nourriture des animaux plus qu'à celle des hommes, est principalement cultivée pour la production du sucre. Cette fabrication, exigeant des usines considérables, ne s'est encore établie que dans les départements les plus riches du nord de la France, le Nord, l'Aisne, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Oise, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Seine-Inférieure.

Les prairies. — Les bestiaux qui produisent la viande se nourrissent dans des pâturages. On distingue les prairies naturelles, où Ihumid.té du sol est suffisante pour qu'il produise de l'herbe d'une manière continue, et les prairies artificielles, où les herbes fourragères sont semées pour un petit nombre d'années sur une terre précédemment labourée.

Les pays de la France les plus riches en prairies naturelles sont la Bretagne et la Normandie, où la verdure est entretenue par les brouillards et le voisinage de la mer; le plateau central, arrosé par les orag s, les vallées de la Saône, de la Loire, de la Garonne, les pentes des Pyrénées et du Jura, les sommets des Vosges, la Flandre maritime récemment conquise sur la mer.

Les prairies artificielles accompagnent les riches cultures de la Normandie, de l'Ile-de-France, de la Picardie, de l'Orléanais, du Maine, de l'Anjou, de l'Ibère.

On estime que les prairies artificielles couvrent 2 200 000 hectares en France, et les prairies naturelles un peu moins du double.

Landes et pâtii. — Six mildons d'hectares restent en outre à l'état de pâtis ou de landes fournissant nn pâturage aux animaux, mais improj^res à être fauchés pour donner du fourrage. Ou trouve ces landes, en partie couvertes de bruyères, dans le département français auquel elles donnent leur nom ; en Bretagne, dan^ les Cévennes, sur les pontes des Pyrénées, en Sologne.

Bétail. — Races bovine^. — Les vaches et les

bœufs élevés pour leur laitage ou leur viande se distinguent en plusieurs races difTcrentes. Pour la boucherie, ce sont l^s bœufs du Nivernais et de la Normandie qui occupent le premier rang. Les premiers sont généralement de race charolaise à robe blanche. Les vaches normandes sont meilleures laitières ; elles fournissent le beurre disigny et du Bessin, dont le commerce est considérable, et celui de Gournay dans le pays de Bray ; les fromages de Camembert, Livarot, Pont-l'Evèque, en Basse-Normandie, de Neufchàtel et de Gournay dans la Haute-Normandie. La race flamande fournit aussi beaucoup de lait et de beurre. La race bretonne se distingue des précédentes par sa petite taille et sa sobriété, réunies néanmoins à un ■ grande puissance laitière. Le beurre de Bretagne, notamment celui de la Prévalaye, est trè.s estimé. La race rouge de Salers, en Auvergne, les races limousine et du Mézenc, au pourtour du plateau central, nai-sent sur les pâturages naturels de la montagne et sont ensuite engraissées pour la boucherie dans les pays plus riches, notamment dan^ l'Anjou où les bœufs de Cholet sort renommés. Le fromage du Cantal forme une grande partie de 1 alimentation des Auvergnats. En Franche-Comté, les vaclies, qui se rapprochent des espèces trapues de la Suisse, donnent des from;iges dits de Gruyère. Les races des Pyrénées, des Vosges, des Ardennes sont bonnes pour le trait. Dans les Vosges, on fabrique le fromage de Gérardmer.

Il y a en tout Ï'I millions de bètes à cornes en France.

Races ovines. — Les moutons sont deux fois plu5 nombreux. A l'inverse des bœufs, l'humidité ne leur convient pas. Aussi les élèvc-t on dans les montagnes et sur les pâturages secs de la plaine, dans les plaines de la Champagne, de llle-de France et du Berry, dans le bassin méridional du Rhône, dans les Cévennes et au pied des Pyrénées. Au nord dila Loire, on se nourrit généralement de bœuf comme viande ue boucherie ; au midi, c'est le m >uion qui domine. On a introduit en France des espèces de laine fine, des mérinos, pour exploiter l'animal au point du vue de la laine comme à celui de la viande. Mais la concurrence des laines étrangères fait qu'on se porte plus spécialement maintenant su ■ les espèces propres à l'engiaissemeut. En général, les petites races de Sologne et des montagnes, nourries sur les landes ou dans des pâturages aux herbes aromatiques, fournissent de la viande plus délicate que les grosses races. La race de Larzac, entre Millau et Saint-Afl'rique, donne du lait avec lequel on fabrique le fromage de Roquefort.

L'Etat possède des bergeries modèles destinées à l'amélioration des races, à Rambouillet et à Montcavrel (Pas-de-Calaisj, comme il possède une vacherie modèle à Corbon (Calvados).

Rac-^s porcines, — On élève des porcs dans toute la France, à cause de la facilité avec laquelle ils se nourrissent, de la rapidité de leur engraissement, de la nourriture substantielle que leur viande produit, de l'aptitude à la salaison et à la conservation qu'elle présente. Il y a en France 5 millions de porcs, principalement dans les pays où le lait abonde, la Bretagne, ia Normandie, la Picardie, la Lorraine, le Maine, le Poitou, le Limousin, le Périgord, le Bourbonnais, la Bourgogne, le Lyonnais, le Vivarais, l'Albigeois.

Les chèvres, — Les chèvres sont des animaux de montagnes, mais elles y commettent de grands ravages, quand elles sont trop nombreuses. La région où elles abondent le plus en France est autour de Lyon, où elles fournissent le fromage estimé i.u Mont Dore. On en trouve aussi dans presque tous les pays pauvres, où il n'y a pas de vaches de petite taille, le Berry, le Roussillon, la Savoie, le comté de Nice. Il y en a en tout 1 ôOO OOu dans notre pays.

FRANCE

Les volailles. — Les volailles sont répandues sur tout notre territoire. Dans la Flandre, l'Artois, la Picardie, la Normandie, abondent les poules, dont on exporte les œufs en grande quantité pour l'Angleterre. Le Maine et la Bresse sont renommés pour leurs volailles grasses La vallée de la Garonne, le Poitou, l'Anjou, le Berry, ont des troupeaux de dindes et d'oies. Les canards viennent de Rouen et de la vallée de la Saône, les pigeons de celle de la Garonne. C'est avec du foie gras d'oies que l'on fabrique les pâtés de Toulouse.

Le miel. — C'est en Bretagne que l'on récolte le plus de miel, mais le meilleur comme qualité vient des forêts de Savoie et du Jura, où abondent les sapins ou les mélèzes. Le miel de Narbonne, celui du Gâtinais (Montargis sont renommés.

lioces chevalines. — Les chevaux n'entrent pas en grande quantité dans l'alimentation, mais ils servent d'animaux de trait dans beaucoup de pays où ,1s offrent sur les bœufs l'avantage ae la rapidité. Les chevaux s'élèvent sur out dans les pays d'herbages. Ceux de la Flandre et de l'Artois, du Boulonnais notamment, sont réputés pour leur force musculaire.

La Normandie produit des chevaux de luxe réunissant la force à la légèreté. Le Perche possède une race très remarquable, qui dégénère en dehors de celte région. Ses étalons et ses juments sont excessivement forts et en même temps ont l'allure rapide. Ce sont les mrilleurs chevaux de poste pour traîner les diligences, les omnibus et autres lourds véhicules.

La Bretagne élève sur ses landes une race de chevaux très sobre, mais de très petite taille. Dans les Côtes-du-Nord, on trouve en môme temps des chevaux très forts, propres au service des omnibus.

Les Ardennais sont une race rustique et résistante, qui est excellente pour traîner les pièces d'artillerie.

Les races de Tarbes et du Limousin sont de petite taille et de formes assez fines. On retrouve dans la Camargue des petits chevaux infatigables comme les chevaux arabes, dout ils semblent avoir du sang.

Sur les trois millions de chevaux que possède la France, la p'us grande partie naît et sert dans le nord du pays. Dans le midi on se sert surtout de bœufs ou de mulets.

Les mulets, les ânes. — Les plus forts mulets sont produits dans le Poitou, qui fournit à l'Espagne une partie de ses attelages de luxe. On en élève aussi dans les Pyrénées et les Alp s. Les ânes abondent dans les pays pauvres, à cause de leur sobriété et de leur résistance à la fatigue. Il y a en tout moins d'un million d'ânes ou de mulets en France.

hépurtitio7i du bétail en France. — Si l'on veut juger de l'état de l'agriculture dans un département d'après le nombre d'animaux qu'il nourrit, on constate que ce sont les pays voisins de la Manche et de l'océan Atlantique, au nord de la Loire, qui sont les plus avancés sous ce rapport. Ce sont eux qui ont le plus d'herbages. Et l'engrais produit par ces animaux permet en même temps de récolter d'abondantes moissons quand le sol s'y prête. Les cultivateurs ont. en outre, l'avantage, notamment en Bretagne, de recueillir au bord de la mer beaucoup de varechs, qui leur fournissent une autre sorte d'engrais pour fertiliser leurs terres.

Les vins. — La France tire un énorme produit de la vigne. Non seulement le vin est la boisson la plus répandue dans notre pays, mais c'est aussi l'élément le plus important de notre exportation.

Le Bordelais et la Sainionge. — Les principaux centres de production sont d'abord le Bordelais, où l'on récolte les vins rouges et blancs les plus

estimés de la France, la Saintonge où l'on brijie les vins pour obtenir l'eau-de-vie de Cognac, l'Armagnac (Gers), où l'on fabrique aussi beaucoup d'eau-de-vie.

Le Languedoc. — Dans le Bas-Languedoc, le département de l'Hérault est celui où 1 on récolte le plus de vin de toute la France. La vigne y occupe presque toutes les terres et le rendement à l'hectare est en même temps considérable. Dans l'Hérault, on fabrique beaucoup d'eau-de-vie et d'alcool pour l'industrie; on y récolte, ainsi que dans le Gard, l'Aude et les Pyrénées-Orientales, des vin» de consommation directe, ou propres à être mélangés à d'autres vins moins riches en alcool. Cette a la spécialité de fabriquer des vins cuits imitant ceux de Madère ou d'Espagne. Lunel et Frontignan sont connus pour leurs vins muscats.

La Bourgogîi". — La Bourgogne forme la troisième grande région viticole. L'est là qu'on trouve les célèbres vins de la Côte-d'Or, groupés autour de Beaune et de Dijon, les vins du Maçonnais et du Beaujolais, de bonne consommation courante, et ceux de l'Yonne ou de Basse-Bourgogne, de qualité plus commune.

L't Champagne. — La Champagne, au contraire, ne produit que des vins de luxe. Reims et Epernay fabiiquent dans leurs caves immenses des raillions de bouteilles de vin mousseux qui sont exportées dans le monde entier.

Le Centre et les autres rt'girms vtticoles. — La France, au sud de la Loire, possède presque partout des vignes. Dans le centre, l'Orléanais produit des gros vins dont on fabrique en partie du vinaigre. Le long de la Loire et du Cher, on récolte des vins dont les meilleurs sont envoyés à Bordeaux. Ce grand port d'exportation des vignobles français attire à lui les vins de Touraine, ceux du Quercy (Cahors) et de Béziers, pour les envoyer au dehors sous le nom de Bordeaux.

Dans le Jura, on récolte des vins dont plusieurs sortes sont mousseuses comme le Champagne. Le long du Rhône on récolte des vins estimés, mais très capiteux, à Saint-Pcray vis-à-vis de Valence, k l'Ermitage vis-à-vis de Tournon, à Côte-Rôtie vis-àvis de Vienne. Depuis quelques années le phylloxéra a causé dénormes ravages dans tout le bassin du Rhône. Le département de Vaucluse, notamment, où le fléau a pris naissance, a été obligé d'arracher toutes ses vignes. On estime à 2 millions et demi d'hectares la quantité de vignes que possède actuellement la France, et à 60 millions d'hectolitres leur production moyenne en vin.

Le cidre. — Dans les pays où ne mûrit pas le raisin, on boit du cidre. La Normanitie, avec ses vergers de pommiers abrités du vent de mer par des rangées de hêtres ou d'ormes, est le pays producteur par excellence de cette sorte de boisson. La Bretagne et la Picardie viennent ensuite.

La bière. — Dans le Nord on boit de la bière. La Flandre et la Lorraine renferment de nombreuses brasseries, de même que Paris et Lyon. Le houblon, qui sert à fabriquer la bière, est récolté en Flandre, en Lorraine et en Bourgogne.

On estime à 1500 millions de francs la valeur moyenne de la production vinicole de la France, à 180 millions celle de la bière, à 100 miJions celle des eaux-de-vie et alcools, à !»o millions celle du j cidre. On fabrique de l'eau-de-vie avec du vin, I ou du cidre, ou en distillant des betteraves, de» I pommes de terre, des mélasses, résidu de la fabrication du sucre.

1 Autres culti res — Les fruits de table mûrissent surtout dans le Midi, qui produit seul les ormges, , citrons et grenades, et qui est le preiuier à récolter ! les raisins, les ligues, les pêches, les abricots. ■ L'Auvergne produit beaucoup de cerises et d'abricots, qui servent à fabriquer des pâtes de fruits. , Apt, dans le Vaucluse, a la spécialité de la con-

FRANGE

FRANCE

fiserie des melons, patates, oranges ou cédrats. Les amandes vertes ou sèches se récoltent en Provence. Les pommes et les poires mûrissent plus , au nord. La Touraine et l'Anjou approvisionnent ^ ces bateaux qui arrivent à Paris chargés de pommes | au début de l'hiver. Certaines localités. Agen et Chinon, ont la spécialité des pruneaux. On en fabrique beaucoup, ainsi que des brignoles, vn Provence. 1 es noix, qui sont mangées directement ou servent à faire de l'huile, en même temps que le bois des noyers est recherché en ébénisterie, crois- j sent surtout en Dauphiné et en Savoie, sur les j pentes inférieures des montagnes, eu Périgord et i dans tout le centre de la France.

Les truffes. — Les truffes, qui sont uu comestible de luxe, ont une antique réputation dans le | Périgord. Mais ce sont le Vaucluse et les Basses- j Alpes qui en récoltent maintenant la plus grande i quantité, grâce aux plantations de chênes truffiers , faites pour en favoriser le développement. |

Lci châtaignes, — Les châtaignes sont au con- ( traire un aliment très commun. Elles croissent | dans des terrains granitiques ou siliceux, sur les I montagnes des Cévennes et du Vivarais où l'on ré- , coite les marrons de Lyon, dans le Périgord, le i Limousin et l'Auvergne, et dane le Var qui produit les marrons du Luc. Comme bo s, le cliàtaignier est surtout exploité en taillis pour faire des cercles de tonneaux, des échalas de viiines ou de clôtures.

Forêts. — Les forêts couvrent en France près de 9 millions d'hectares, la sixième partie de notre territoire. Elles sont très étendues dans les départements du nord-est, la Lorraine, les Aidennes, la Bourgogne, la Franche-Comté. Aussi est-ce à Nancy qu'on a placé l'École forestière. Dans IfS Vosges elles occupent plus du tiers du département, et les deux cinquièmes de celui des Landes, où on a pu utiliser un sol rebelle à la culture par des plantations de pins maritimes qui s'opposent à l'envahissement dn sable de la mer et donnent un abondant produit de résine.

Parmi les départements très boisés, il faut encore citer les landes du département de la Gironde, l'Ariège, le Var, où les monts des Maures et de lEstérel sont couverts de pins.

Le Nivernais, la Basse-Bourgs gne et la Champagne approvisionnent Paris en bois de chauffage, dont les bûches, jetées dans les ruisseaux qui descendent des forêts, sont formées plus tard en trains de bois et arrivent à Paris par la Seine. C'est dans le Jura qu'on trouve les plus belles forêts de sapins; c'est au contraire dans lOuest, le Poitou et le Perche que sy trouvent les plus beaux chênes. Le chêne-liège ne réussit que dans lu Midi, et particulièrement dans le Roussillon.

En dehors des grandes régions forestières, on admire auprès de Paris, dans la forêt de Fontainebleau, des arbres parvenus à un degré rare de vétusté et de croissance.

Les forêts de Compiègne, de Villers-Cotterets, de Chantilly abritent beaucoup de gibier sous leurs épais ombrages.

La forêt d'Orléans, en partie défrichée, était la plus étendue de France.

Depuis quelques années, on a commencé en France à reboiser des régions montagneuses des Alpes, des Cévennes, et des Pyrénées, où les forêts sont les meilleures défenses contre le ravinement et les inondations. On a aussi planté de grandes étendues incultes de la Sologne ou de la Chanipa2;ne en pins pour en utiliser le sol et le fertilis' r à la longup.

En dehors des forêts, on a en France de nombreuses plantations darbres isolés ou par petits groupes. Le pays de Caux produit ainsi les plus beaux hêtres, qu'on trouve ailleurs mélangés aux sapins dans les forêts du Jura ou du Daupliiné. Les peupliers, qui fournissent le bois blanc de l'usage

le plus répandu en dehors des régions du sapin' croissent dans presque toutes les vallées, le long de la Loire ou de la Saône notamment. Dans beaucoup de campagnes et surtout dans l'Ouest, les champs sont entourés de haies dont les branches fournissent du bois de chauffage et de la feuille sèche pour les moutons pendant l'hiver. Le chêne, le peuplier, l'orme, le frêne, le ch;irme conviennent à cet usage. Ce sont les essences les plus répandues sur notre sol.

Le mûrier. — Il y a un arbre dont la feuille forme le principal produit: c'est le mûrier, dont la feuille verte nourrit le ver à soie. Il est localisé dans le Midi, et particulièrement dans la vallée du Rhône, au sud de Lyon.

Les graines oléngineuses. — Nous avons dit plui haut quelle était la région de l'olivier, dont le fruit donne l'huile comestible la plus répandue en France avec celle de noix. Les autres huiles, qui se consomment sous le nom d'huile d'olive ou servent à l'éclairage et aux autres usages industriels, sont fournies par le colza, la navette, ou l'oeillette.

Le colza est cultivé surtout en Normandie, dans le Calvados, l'Eure et la Seine-Inférieure, dans la Picardie, l'Artois, la Flandre et le département de l'Aisne. On en récolte aussi autour de Lyon et de Nantes. En Bourgogne, le colza fait place à la navette. Dans le Nord, la Flandre et l'Artois, l'œilleite occupe de vastes espaces et alimente en partie l'industrie des nombreux moulins à vent qui tournent autour d'Arras et de Lille.

Le lin. — On fait aussi de l'huile avec le Un, qui toutefois e-t plus utile comme textile. On en cultive dans tous les départements humides qui bordent la INIanche et l'Océan (sauf le Calvados, le Morbihan et la Girondej, et au pied des Pyrénées. Les régions qui en produisent le plus sont le nord de la France, la Bretagne, la Saintonge, la vallée de la Garonne. C'est avec le lin qu'on fabrique les fils les plus fins et qu'on tisse les tissus les plus délicats, dentelles, batistes, ou autres toiles de luxe.

Le chanvre. — Le chanvre sert au contraire à lafabrication des fortes toiles destinées à la voilure, à la fabrication des sacs, au linge de ménage. C'est dans l'ouest de la France qu'on cultive le plus le chanvre. L'Anjou, le Maine, le Poitou la Saintonge en produisent une grande quantité. On en trouve aussi dans toutes les terres très fertiles, presque autour de chaque maison, dans les pays où les ménagères n'ont pas entièrement perdu l'usige de filer pendant l'hiver. Le chanvre du Gi aisivaudan (vallée de l'Isère) est particulièrement renommé pour sa beauté.

Le tabac. — Le tabac ne peut être cultivé qu'avec l'autorisation et sous la surveillance de l'administration. Quelques départements ont seuls cette permission. Le tabac est surtout répandu dans la vallée de la Garonne autour des manufactures de Toulouse, Tonneins, Bordeaux et Berg'-rac. On en produit aussi dans les départements de la frontière du nord et du nord-est pour combattre la contrehande.

Les subst'inces tinctoriales. — Avant les progrès réalisés par la chimie indu-trielle. qui tire maintenant toutes les couleurs des résidus de la fabrication du gaz d'éclairage, on cultivait en grande quantité la garance, dont on tire un rouge très beau et très solide, dans le Comtat Venaissin et l'Alsace. Maintenant cette culture disparaît de plus en plus des pays dont elle a fait la fortune. C'est avec justice qu'on a élevé sur le rocher d'Avignon une statue au Persan Althen, pour avoir introduit cette utile culture en France.

Le safran, qui donne une couleur jaune, est un peu cultivé dans le Gâtinais (Montargis); le pastel, qui donne du bleu, dans l'Albigeois et le Gers.

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