‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 6 sur 593 · III. Absorption chez les animaux. Zoologie, XXXIl · texte numérisé non relu

III. Absorption chez les animaux. Zoologie, XXXIl

— Chez quelques animalcules auxquels une organisation rudimentaire a fait donner le nom d'à nimaux inférieurs, l'absorption est peu compliquée : une fois qu'un gaz ou un liquide a franchi leur enveloppe, il avance dans toute la masse, de proche en proche, sans que sa marche semble modifiée par la fonction d'organes spéciaux. Mais chez les animaux que nous observons communément, l'absorption s'effectue par des organes distincts.

Absorption des gaz. — L'absorption des gaz se fait principalement par les organes respiratoires (sujet traité en détail au mot Respiration). Elle peut aussi avoir lieu par la peau, surtout chez les batraciens. Si l'on enferme un lapin, un pigeon, dans une boite bien close, munie seulement d'un orifice pour laisser passer au dehors la tête de l'animal, et si l'on dégage dans la boite un gaz délétère, par exemple de l'hydrogène sulfuré, le sujet en expérience meurt bientôt empoisonné, bien qu'il ait constamment respiré, par les poumons, un air pur: il y a donc eu absorption de gaz par la peau. Chez l'homme la peau est le siège d'une respiration rudimentaire qui représente environ un 38' de la respiration pulmonaire : soumis à l'expérience précédente, il succomberait comme le lapin.

Absorption des liquides. — 'L'épiderme forme sur notre peau un vernis protecteur qui s'oppose en grande partie à l'absorption des liquides ; mais le derme qui est au-dessous jouit d'une propriété absorbante très-développée, que l'on utilise en médecine: pour cela on enlève une portion d'épiderme au moyen d'un vésicatoirc, et l'on applique un remède soluble sur la partie dénudée, qui l'absorbe rapidement. Cependant la peau intacte est preméable aux liquides. Dans un bain prolongé l'épiderme s'imbibe, se gonfle, se ramollit et devient capable d'absorption ; c'est pourquoi l'on emploie quelquefois des bains médicamenteux. Sous l'action trèsprolongée d'un liquide chaud, l'absorption peut devenir très-active : ainsi l'on a vu des. cataplasmes trop fortement laudanisés ou imprégnés de décoction de tabac causer des accidents mortels.

Absorption dans l'appareil digestif. — Après la respiration, l'absorption la plus importante chez les animaux est celle qui a pour siège l'appareil digestif, et qui ouvre la série de phénomènes constituant la nutrition *. Elle s'accomplit à travers une membrane muqueuse d'une délicatesse extrême, toujours imbibée àe liquide et par conséquent dans les conditions favorables à l'absorption, et a pour organes les vaisseaux chylifères (V. Chyle) et les veines.

Modificateurs de l'absorption. — Des expériences directes ont démontré que l'osmose et l'absorption sont favorisées par une chaleur de \h à 40 degrés et par l'action de l'électricité sur les fluides en présence. Chez les animaux l'action des nerfs agit souvent de la même manière que l'électricité pour précipiter l'absorption.

Ainsi qu'on devait le prévoir, la pression exercée sur un fluide accélère son passage à travers les membranes. Ainsi, dans les végétaux, l'évaporation qui a lieu à la surface des feuilles tend à faire le vide dans l'intérieur, de sorte que la pression atmosphérique qui s'exerce autour des racines et dans l'intérieur des tissus tend à faire monter la sève et coopère à son ascension en rendant l'absorption plus active.

Lorsque la quantité de liquide contenue dans les veines d'un animal a considérablement diminué par suite d'hcmorrhagie, de sueurs ou d'évacuations abondantes, la pression se trouve diminuée dans l'intérieur de ces vaisseaux, tandis qu'elle reste la même à l'extérieur; on remarque alors une notable aptitude à l'absorption, et la médecine emploie souvent ce moyen physiologique pour débarrasser une cavité naturelle, comme la plèvre, d'un liquide qui s'y était accumulé pendant une maladie et en obtenir la résorption, [D' SafiVay.J

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