GERMAINS
poinçon par un embrèvement simple ; les pannes, R.R', placées sur les arbalétriers suivant la longueur du toit, de manière à relier les ferme - entre elle- ; \esjambettes, D', petites pièces verticales destinées à soutenir les arbalétriers, dans lesquels elles pénètrent par un embrèvement avec encastrement; les contre-fiches, E', pièces perpendiculaires aux arbalétriers, dans lesquels elles pénètrent par un tenon simple, en même temps qu'elles sontobliques au poinçon dans lequel elles pénètrent par un embrèvement simple ; là panne faitière, F, F', c'est-à-dire la panne la plus élevée, qui forme le faitoge du toit, traverse le poinçon et a pour section droite un pentagone irrégulier, dont deux côtés siiivent l'inclinaison du toit; les tasseaux ou chnntignolles, G', petites pièces de bois clouées sur les arbalétriers, dans lesquels elles sont légèrement embrévées, et destinées à empêcher le glissement des pannes ; les sablières, L,L', pièces de bois horizontales placées suivant la longueur des murs dans une entaille pratiquée aux extrémités des tirants ; les chevrons, M,M', pièces de bois inclinées suivant la pente du toit, s'appuyant sur les pannes et pénétrant, par des embrèvements simples, en haut, dans le poinçon, en bas, dans la sablière ; les coyaux, N,N', petites pièces clouées au bas de chaque chevron et s'appuyant sur les murs ; les chanlattes, P,P', pièces de bois horizontales clouées sur les coyaiix suivant la longueur des murs, et ayant pour section droite un triangle.
Toutes les pièces représentées en coupe, ainsi que les murs, sont marquées par des hachures.
[A. Bougueret.]
GEORGES I, II, III, et IV, rois d'Angleterre. — V. Angleterre et Hanovre.
Gi:kmai>'S. — Histoire générale, XIII-XVI, XXVII. — Les Germains formaient, comme les Celtes, les Slaves, les Hellènes, les Latins, un rameau de la race indo-européenne. Il n'est pas possible de préciser l'époque à laquelle ils s'établirent dans le paj s auquel les anciens donnèrent leur nom. La Germanie n'était alors qu'une vaste forêt, limitée à l'ouest et au sud par le Rhin et le Danube. Les tribus germaines vivaient surtout de la chasse et de l'élève des troupeaux ; pourtant elles connaissaient aussi l'agriculture. L'historien romain Tacite a écrit un livre souvent cité sur les mœurs des Germains ; mais le tableau qu'il en trace semble plutôt l'œuvre d'un rhéteur éloquent que celle d'un observateur.
Les peuples de la Germanie apparaissent pour la première fois sur la scène de l'histoire, lors de la grande migration des Cimbres et des Teutons, un peu plus d'un siècle avant notre ère. Ces deux tribus germaines, reculant, disait-on, devant un débordement de la Baltique, franchirent le Danube et se répandirent dans la Norique et la Pannonie (Autriche, Styrie, Hongrie), qu'elles ravagèrent; de là elles passèrent en Helvétie et en Gaule, et battirent près du Rhône plusieurs armées romaines. Enfin, voulant pénétrer en Italie, elles se divisèrent en deux bandes ; les Cimbres se dirigèrent vers l'est à travers l'Helvétie, pour descendre la vallée de l'Adige, pendant que les Teutons essayaient d'entrer en Italie par le midi de la Gaule. Marius battit les Teutons à Aix i'102\ et l'année suivante, il extermina les Cimbres à Verceil.
Cinquante ans plus tard, les RoMains se retrouvèrent en contact avec les Germains. César, investi du proconsulat des Gaules, se trouva dans sa province en face du chef suève (souabe) Arioviste, qui prétendait établir ses guerriers sur le territoire gaulois. César le repoussa de l'autre côté du Rhin (58); et bientôt, franchissant lui-même le fleuve, il intimida pour un moment les tribus germaines.
La Gaule conquise, Rome eut les Germains [lour I Toiâins. Sous le règne d'Auguste, Drusus et Tibère i
firent plusieurs expéditions en Germanie, afia d'assurer la sécurité des frontières ; Drusus pénétra jusqu'à l'Elbe. Mais peu après se formèrent au sein des peuplt^s germains deux confédérations menaçantes pour la puissance romaine, celle des Marcomans à l'est s'étendant sur la Bohême et les pays environnants), et celle des Chérusqufs à l'ouest (entre l'Elbe et le Rhin). Le chef des Chérusques, Hermann ou Arminius, surprit au delà du Rhin, dans la forêt de Teutobourg, trois légions romaines commandées par Varus, et les détruisit 'an 9 de notre ère). Les Romains, durant plusieurs années, furent réduits \ se tenir sur la défensive; enfin Germanicus passa de nouveau le Rhin, et vengea par ses victoires la défaite de Varus. Les Germains eux-mêmes, par leurs divisions, favorisèrent la politique de Rome : les Marcomans et les Chérusques en vinrent aux mains; les Marcomans furent vaincus et leur confédération détruite; les Chérusques à leur tour virent leur puissance tomber après la mort d'Hcrmann.
Les Germains demeurèrent à peu près tranquilles durant le reste du premier siècle et le règne des premiers Antonins. Pendant ce temps, Rome organisait la partie de la Germanie qu'elle avait définitivement conquise, sur la rive gauche du Rhin ; elle en forma deux provinces : la Germanie première, capitale Mayence ou Moguntiacum. et la Germanie deuxième, capitale Cologne ou Colo?iin Agrippina. Les Romains occupèrent même un territoire situé au delà du Rhin, et désigné sous le nom de deciimates agri; il était protégé contre les incursions des barbares par un mur que fit construire Adrien, et qui s'étendait des bords du Rhin, près de Wiesbaden, jusqu'au confluent du Xaab et du Danube.
Sous Jlarc-Aurèle, les Marcomans et les Quades passèrent le Danube, et ravagèrent la Pannonie et l'Illyrie. Commode acheta la paix de ces redoutables voisins. Mais bientôt la Germanie tout entière prit une attitude menaçante. « Les anciennes ligues des Chérusques et des Marcomans étaient dissoutes, mais d'autres plus formidables les avaient remplacées. Les Alamans, mélange de diverses tribus suéviques, avaient formé, dans le sud-ouest de la Germanie, un peuple belliqueux et hardi ; et au nord des Alamans, entre le Mein, le Rhin et le Weser, les Chauqucs, les Amsibares, les Chérusques, les Chamavcs, les Bructèies, les Cattes, les Attuariens et les Sicambres avaient donné naissance à la confédération des Fraiics, qui attaqueront sans cesse les postes du bas Rhin, comme les Alamans menaceront ceux du haut Rhin et de la Rhétie. Enfin, au nord-ouest, se montraient, depuis les frontières dos Chérusques jusqu'à la péninsule cimbrique, les Saxons, qui, séparés de la Gaule parles Francs, iront en piller les côtes sur leurs barques. A l'est, les Goths sont déjà arrivés sur le Danube et remplacent, mais d'une manière plus dangereuse pour Rome, les Daces vaincus par Trajan, comme les Francs et les Alamans ont succédé aux anciennes ligues des Chérusques et des Suèves. » (Duruy.)
Pendant le troisième et le quatrième siècle, les empereurs romains eurent à lutter sans relâche contre les incursions germaines. Parmi ces guerres où les légions romaines cherchaient en vain à fermer la frontière à un ennemi infatigable, citons la campagne où Alexandre Sévère perdit la vie ; celle où Aurélien, alors simple tribun aux ordres de l'empereur Gordien III, remporta sur les Francs une victoire célébrée par une chanson militaire qui nous a été conservée ; les invasions dos Alamans sous Valérien et sous Aurélien devenus empereurs; les campagnes du vaillant Probus, qui transporta des Francs au bord de la mer Noire et d'autres Germains en Grande-Bretagne, et à qui la Germanie doit l'introduciion de la vigne ; l'expé-