‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 541 sur 593 · TERRES CIRCUMPOLAIRES · texte numérisé non relu

TERRES CIRCUMPOLAIRES

6» Enfin les terres boréales, dont la principale est le Groenland ; elles sont reliées par les glaces polaires ;

7° les terres australes, reliées également par une calotte de glace.

Les terres forment dans l'hémisphère boréal deux grands massifs, l'Amérique du Nord d'une part, ot l'Europe et l'Asie de l'autre. Le premier de es massifs a un appendice dans l'hémisphère austral, c'est l'Amérique du Sud ; le second en a deux, l'Afrique rt l'Australie.

La surface des terres découvertes se partage en trois sortes de régio:is : les montagnes, les plateaux et les plaines.

Les montagnes sont des surfaces extrêmement accidentées, à pentes en général rapides ; elles s'élèvent au-dessus des mers, des plaines et de^ plateaux qui les environnent, et dominent jusqu'à d'assez grandes distances les contrées où elles sont situées, par les hauteurs en général fort considérables qu'elles atteignent.

Elles se divisent en deux catégories, qui ont des natures et des origines fort différentes : les montagnes solitaires ou monts, et les chaînes de montagnes. Les monts sont des masses en général circulaires, dont la forme approche de celle d'un cône très surbaissé ; ils sont situés à la surface des plaines et des plateaux. Le Vésuve, l'Etna sont des monts situés dans les plaines de Naples ou de la Sicile ; le mont Dore, le Cantal sont des monts situés sur le plateau du centre de la France. Le Chimborazo est un mont placé sur les hauts plateaux de la chaîne des Andes, au Pérou, et dont les partie? supérieures portent des neiges perpétuelles sous l'équateur.

Les chaînes de montagnes sont des masses elliptiques, fort allongées suivant uiie direction, présentant une crête plus ou moins ondulée, foimée de pics séparés par des cols, et de chaque côté de laquelle se trouvent les versants. Tantôt la chaîne est simple, comme dans la partie occidentale des Pyrénées ; tantôt elle est multiple et formée de chaînons parallèles, comme dans le Jura et dans la portion des Alpes située entre la Suisse et le Piémont. Le plus souvent les chaînes de montagnes sont assez élevées pour porter des n' iges perpétuelles sur leurs sommités. La chaîne de montagnes la plus élevée du globe est celle de l'Himalaya, qui atteint 8s40 mètres au mont Gaourisankar.

Les plateaux sont des surfaces horizontales ou à peu près, dominant les plaines qui les entourent ou bien les mers, et dont la hauteur est assez grande. Le plateau de l'intérieur de la France a une hauteur moyenne de 6'i0 à 1 000 mètres ; celui des Ardennes a de 400 à 600 mètres; celui de la Guyenne atteint de 500 à 600 mètres.

Les plaines sont dps surfaces horizontales ou à peu près, entourées ou limitées sur plusieurs de leurs côtés par des surfaces plus élevées. Les plaines qui communiquentdircclement avecla mer sont peu élevées au-dessus de son niveau ; telles sont en France celles du sud ouest, dont l'altitude varie de 20 à 400 mètres, et celles du nord, qui s'élèvent de 100 à 300 mètres.

Les montagnes, les plateaux et les plaines sont sillonnés, soit séparément, soit plusieurs ensemble, par des dépressions du sol que l'on désigne sous le nom de vallées, et qui le plus souvent sont parcourues dans leur longueur par des cours d'eau. Leur fund possède généralement une pente on- 2' Partie.

tinue, rapide dans les parties supérieures, et qu; devient plus faible à mesure qu'on s'approche davantage de la terminaison de la vallée, soit à la mer, soit à une plaine fermée intérieure. Quelques vallées présentent des irrégularités dans la pente de leur fond; çà et là il y a des dépressions auxquelles est due la formation des lacs qui se trouvent sur le trajet des cours d'eau.

Eaux. — Bassins hydrograjhiques. — Les eaux pluviales qui arrosent la surface des terres se déversent presque toutes par les fleuves dans deux grands bassins océaniques ; mais la répartition est fort inégale.

Le bassin Indo-Pacifique ne reçoit pas de très grands fleuves; la ligne de partage des eaux est rapprochée de ses bords, excepté dans l'Inde. En effet, les montagnes Rocheuses et les Andes sont très r;ipprochées de la côte occidentale des deux Amériques ; et la ligne de partage dans l'Asie et l'Afrique n'est pas non plus très éloignée des côtes orientales de ces deux continents.

Le bassin Atlantique, au contraire, reçoit les eaux qui tombent sur les trois quarts au moins des terres découvertes. En efl'et, la moitié septentrionale de l'Asie et de l'Europe y verse ses eaux ; une grande partie de celles de l'Afrique s'y déversent aussi, et enfin les deux Amériques y envoient la presque totalité des eaux qui tombent à leur surface. Il reçoit encore les eaux provenant de la fusion des neiges qui tombent sur toutes les terres boréales.

Pourtant les eaux qui tombent à la surface des terres n'ont pas toutes la possibilité de se rendre à l'un de ces deux grands réservoirs ; il y a d'immenses surfaces dont les eaux se rassemblent pour former des mers ou lacs intérieurs sans communication avec les océans. Ces bassins et leurs réservoirs sont tantôt au niveau général des océans, tantôt ils sont à des hauteurs très différentes, soit au-dessus, soit au-dessous.

Orographie sous-maiine. — Une exception, à la surface des terres découvertes, c'est l'existence de dépressions fermées un peu étendues, sans communications avec le bassin des mers par des vallons ou vallées. Mais les dépressions isolées sont, on peut le dire, l'état normal pour les parties recouvertes par les eaux, tout aussi bien courantes que tranquilles, douces que saumâtres et salées.

Le sol sous- marin n'offre que de grandes surfaces presque unies, descendant en pentes plus ou moins douces de la côte vers l'intérieur de la mer et présentant de grandes ondulations semblables à celles du fond des bassins dans lesquels se sont déposés les différents terrains stratifiés, pendant les diverses périodes géologiques. Il présente également la plus grande analogie avec la surface supérieure de ces dépôts, surtout tertiaires, comme celui delà plaine des landes de Gascogne, abstraction faite même des légers vallons qui la sillonnent ; les pentes vers la pleine mer seraient souvent insensibles à l'œil même exercé ; car beaucoup sont encore moins fortes que celles qui sont tolérées sur les chemins de fer.

La Méditerranée forme comme une immense cuvette ; en effet, du détroit de Gibraltar dont la profondeur n'atteint que 396 mètres, son hassin occidental dépasse " .jOii mètres entre les îles Baléares, la Corse, la Sardaigne et l'Algérie ; dans le bassin oriental les profondeurs sont beaucoup plus grandes : 3 lO'i mètres entre Rhodes, la Crète et Alexandrie; 4 600 mètres à ItS kilomètres à l'est de Malte. On croit n'avoir pas rencontré le fond dans l'océan Indien par 13 000 mètres de profondeur.

Mers. — Les mers, qui occupent une si vaste sur^ face dans l'hémisphère austral, où elles entourent

GLOBE — 8g

complètement les terres australes, remontent vers le pôle nord, entre les massifs terrestres qui y établissent trois grandes divisions : l^ l'Océan Atlantique, partie comprise entre l'Europe, l'Afrique et les deux Amériques, qui se divise en arctique au nord de l'Islande ; septentrional et méridional, séparés par une ligne tirée du cap Vert au cap San Roque; il remonte au delà du pôle et va rejoindre le cercle polaire boréal ; 2' l'Océan Pacifique, entre les deux Amériques, l'Asie et l'Australie, divisé en septentrional et méridional par les archipels Salomon, Fidji, de Cook, de la Société, des îles Basses, jusqu'à l'île de Pâques; il remonte jusqu'au cercle polaire boréal ; 3' l'Océan Indien, entre l'Australie, l'Asie et l'Afrique, qui remonte seulement au tropique du Cancer.

Ces deux derniers communiquent entre eux, toutefois, par de larges ouvertures au travers des îles asiatiques ; de sorte que, à vrai dire, il n'y a que deux bassins : le bassin Atlantique et le bassin Indo-Pacifique. Ces deux bassins, réunis au pôle austral, ne communiquent entre eux vers le pôle boréal que par le détroit de Behring, de 50 kilomètres environ de largeur.

Les eaux des océans sont claires et limpides, excepté près des côtes où l'agitation des vagues détache sans cesse des particules terreuses et les entraîne jusqu'à une certaine distance. Dans le voisinage de l'embouchure des fleuves aussi, les mers présentent souvent des teintes diverses dues aux matières apportées par ces courants d'eau et qui sont transportées souvent au loin par les courants marins. Ainsi la mer à l'embouchure de la Gironde est souvent jaune, et cette teinte se répand assez loin le long de la côte, vers le sud. La rivière des Amazones trouble souvent les eau\ de l'Atlantique dann certaines directions jusqu'à SUO kilomètres de l'embouchure. La mer Jaune, en Chine, a reçu son nom de la coloration due à des causes semblables. Quant à la mer Rouge, c'est à la grande quantité de polypiers et d'animaux rouges de diverses espèces qui peuplent son fond qu'elle doit sa dénomination.

Dans les endroits où l'eau de la mer est le plus limpide, il paraît que la lumière ne pénètre cependant pas à une grande profondeur. Une obscurité presque complète paraît déjà régner à une centaine de mètres, et il est assez probable qu'il ne vit plus qu'un très petit nombre d'espèces soit animales, soit végétales, au-dessous de ce niveau.

L'eau de la mer a une densité un peu supérieure à celle de l'eau ordinaire, par suite des matières salines qu'elle tient en dissolution. Comme la proportion de ces matières ou le degré de salure de la mer présente peu de différences dans les divers océans, la densité varie fort peu aussi. Toutefois dans les mers polaires, la congélation de l'eau, qui produit de la glace douce, pourrait bien augmenter momentanément en hiver la salure ; mais les différences de densité occasionnent des courants qui rétablissent l'équilibre. Mais lorsqu'on été les glaces viennent à fondre, l'eau douce, plus légère, se maintient à la surface et y diminue notablement la salure et la densité, comme le montrent les chiff'res suivants :

Latitude Densité Salure

Océan Atlantique septentrional.... 2o° 30' 1.0289 42.6

— équatoi'ial » » 1.Ù2S3 »

— méridional 23° 1.0279 39.2

Mer Arctique à 434 nictres 80» 26' 1.0271 38.0

— à la surface >> » 1.0197 i:8.3

— près des glaces » » 1.0006 »

On peut conclure de la quantité de sel marin coritenu dans un litre d'eau de l'Océan que la quantité existant dans toutes les mers formerait, si on la supposait étalée sur le globe, une couche de plus de 10 mètres de hauteur.

l — GOMMES

Atmosphh'e. — Elle forme à la surface des terres et des eaux un véritable océan sans lacunes, de 100 kilomètres environ de hauteur, au fond duquel nous sommes plongés et dans lequel nous ne pouvons nous élever, à 8 ou 10 kilomètres, qu'en gravissant de hautes montagnes ou bien par des ascensions en ballon. Elle fait équilibre, au niveau de la mer, aune colonne de mercure de '60 millimètres, et à celte pression, qui est une moyenne dans les zones tempérées, le point d'ébuUition de l'eau pure est à 100" du thermomètre centigrade Quand on s'enfonce dans les mines au-dessous du niveau de la mer, la pression augmente et le point, d'ébuUition est retardé. Au contraire, lorsqu'on s'élève dans l'atmosphère, la hauteur de la partie qui exerce la pression diminuant, celle-ci diminue, et on voit s'abaisser d'une part le mercure dans le tube barométrique, et de l'autre le point d'ébuUition de l'eau dans le tube du thermomètre. Au sommet du Mont-Blanc, qui a 4S15 mètres d'altitude, l'eau entrerait en ébuUition à .S3°,9.

Les courants qui agitent l'atmosphère ont pour efl'et d'augmenter ou de diminuer la pression, et par suite d'accélérer ou de retarder l'ébullition de l'eau. Ainsi à l'Observatoire de Paris, à 65 mètres d'altitude, où la pression varie entre 719 et 781 millimètres, le point d'ébuUition oscille entre 98° et 100'',8 ; différence, 2", 8.

La densité de l'atmosphère décroît à mesure qu'on s'élève, en progression géométrique, de sorte que, mathématiquement parlant, la hauteur de cette masse aériforme est infinie; mais comme, arrivée à un certain point, la densité est infiniment faible, on est porté à conclure qu'il y a réellement une limite au delà de laqueUe l'atmosphère devient tout à fait nulle pour nos sens. Toutefois, cela ne peut arriver qu'à une distance considérable, car nous savons par les phénomènes du crépuscule qu'à des hauteurs de 60 à 90 kilomètres, l'air a. encore une densité assez considérable pour réfléchir la lumière du soleil à la surface de la terre.

La composition de l'air est partout la même, au moins pour les deux éléments essentiels, oxygène et azote ; ce qui n'a rien de surprenant eu égard au mélange des diverses couches qui est opéré continuellement par les vents. C'est ce qu'ont démontré, en 1841, les analyses, faites par M. Dumas, d'air recueiUi simultanément à Paris et en Suisse, à de grandes différences d'altitude; les quantités d'oxygène ont été les suivantes sur 100 parties en poids :

Analyses. Extrêmes. Moyenne»

5 au Faulhorn, à 2 700-° 22 85 à 23 10 22 f 7

4 à Berne, à SS.ï"' 22 89 à 23 00 22 95

3 à Paris, à ôo--» 23 00 à 23 07 23 04

Mais les proportions de vapeur d'eau et d'acide carbonique sont beaucoup plus variables.

fV. Raulln.]

GOMMES. — Chimie, XXIV. — On donne le nom général de gommes à un très grand nombre de substances, plus ou moins différentes par leurs propriétés, mais qui ont toutes pour caractère commun d'exsuder de certains arbres, soit spontanément, soit par suite d'une incision faite dans leur écorce. Toutes ces substances se solidifient en arrivant à l'air ; on peut donc dire que toutes les gommes sont solides.

Propriétés et caracières. — Les gommes ont la même composition, CisHioO*", que les substances (imylarées (V. Amido7i), mais elles ne sont poii:t des principes immédiats comme celles-ci. (V. Chimie organique.)

Elles se gonflent et se dissolvent dans l'eau, oui devient filante et collante "n acquérant

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