‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 563 sur 593 · BX · texte numérisé non relu

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HIEROGLYPHES

HIEROGLYPHES

Enfin, comme complément, donnons la liste de quelques idéogrammes dont les uns se prononcen*, les autres servent de déterminatifs :

^— ,, 1° [PE], ciel, plafond; 2' élever, supériorilé. "^^^ ']T', nuit, obscurité.

o, x°[RÂ], soîell,lumièreouabsencedeluœière;2°division5 du temps.

•— », pays montagneux, par suite pays étrangers, i'Égj'pte étant un pays de plaines.

Q, x" circonscription de territoire; a" ville ou village.

^H, nome.

a=i:, ÎHJ» l'eau et toutes les idées d'arrosage, de lavage, de puriGcation, de soif qui s'y rattachent.

||, le feu, la chaleur, la flamme.

^, J, l'homme et la femme ordinaires.

»' -^» les dieux, les ancêtres, les rois, toutes les personnes vénérables.

^, toutes les actions : i" de la bouche, 2° de la pensée.

<J^ , le repos, la tranquillité, la faiblesse.

>^, J^, l'adoration.

Le tout forme un ensemble d'environ trois cent cinquante signes, avec lesquels on peut déchiffrer sans peine les textes de l'époque classique (XI'-XIIP dynasties, XVU'-XXVI' dynasties). Les textes plus anciens renferment un nombre considérable d'idéogrammes; les textes récents, ceux surtout de l'époque grecque et romaine, demandent une étude toute particulière et fournissent, sans compter les valeurs nouvelles d'anciens signes, près de deux mille signes entièrement nouveaux.

Ecritures cursives. — Les hiéroglyphes, par la variété et l'élégance de leurs formes, se prêtent mieux que tout autre système à la décoration des monuments. Mais les Egyptiens n'écrivaient pas seulement au ciseau sur la pierre : ils se servaient des fibres du papyrus pour préparer un papier sur lequel ils traçaient les caractères à l'encre noire et rouge au moyen d'un brin de jonc. L'inexpérience de la plupart des gens, la nécessité d'écrire rapidement altérèrent la forme des caractères r l'hiéroglyphe défiguré et abrâgé devint ce qu'on nomme improprement le caractère hiératique. Ainsi

la chouette M (M) perdit ses pattes et son dos et

devint ^; la. bouche <=> (R) s'ouvrit ^, Vhomme

portant la main à la bovche n^ ne fut plus que

la silhouette de lui-même ^C «c." ^^^ ligatures

relièrent les signes superposés

ou juxtaposes

Ou,

âji f^'^^^i, Amman,

Les caractères,

d'abord tracés avec un jonc assez gros, étaient de dimensions relativement considérables, par exemple dans le Papyrus Prisse de la Bibliothèque nationale. Ils se rapetissèrent de plus en plus à mesure qu'on î>'oloigna des premiers temps.

2" Pahtie.

Les exemples ci-dessous (ainsi que ceux qui précèdent) nous montrent des caractères déjà plus menus; les deux premiers appartiennent à la XIX* dynastie, et le troisième à l'époque gréco-romaine:

MÛ N DÂ KHoPeRU DUT H'eR M PÀ AO eau une être faire à Soleil le fut.

eW RaN DÀS M NaKHTO de lui le nom [est] Thébaîde en Force .

KuB eM BaK eM K KHoPRU NeK ARO

d'or épervier en ta transformation Tu as fait.

Le jonc devenant déplus en plus fin et l'écriture de plus en plus cursive, entre la XX* et la XXVI' dynastie, il se forma une sorte de tachygraphie du système hiératique, qu'on appelle l'écriture démotique ou populaire :

W N-AM W AU ToP en MA RaKH eW AN

en lui il ëtait monde du le lieu ne sut lui Point

L'écriture hiératique modifiée fut désormais employée pour les livres de liturgie ; le démotique

HIÉROGLYPHES

HIEROGLYPHES

'ut employé de préférence pour les besoins ordin lires de la vie, pour la rédaction des contrats et lies actes de l'état civil, pour les œuvres littéraires, même sur la pierre à côté de récriture hiéroglyphique ou hiératique. Vers l'époque grecq\ie et romaine, on peut dire que chacune des trois écritures répondait à un état différent de la langue : les hiéroglyphes servaient à écrire la langue officielle , qui était à la langue usuelle ce que le latin de l'époque classique est au français de nos jours; l'hiératique était l'écriture de la langue liturgique, le démotique celle de la langue courante. De là l'emploi sur certains monuments de deux et quelquefois trois écritures diffci-entes ; le grec, pour les Grecs établis en Egypte, l'hiéroglyphique, forme officielle que devait revêtir tout acte émané d'une autorité civile et religieuse, le démotique, qui permettait aux contemporains de compr.endre le sens du décret rédigé dans la langue officielle.

Les hiéroglyphes s'écrivent indifféremment de droite à gauche ou de gauche à droite: l'hiératique et le démotique s'écrivent toujours de droite àgauciie.

Hi'sfoire de l'écriture hiéroglyphique. — Sur les plus anciens monuments (vers la IP dynastie, 5000 ans avant notre ère) on trouve déjà le système hiéroglyphique complètement formé. Quelques-uns des blocs de la pyramide de Chéops portent, tracés à la sanguine, des caractères moitié hiéroglyphiques, moitié hiératiques, et les tombeaux du temps montrent que les scribes avaient déjà une écriture cursive pour la comptabilité et pour les œuvres littéraires. Il faut donc faire remonter l'origine et les développements de l'écriture hiéroglyphique à nombre de siècles plus haut, probablement aux époques qui précédèrent Menés et la fondation de la royauté égyptienne.

Le dernier nionument que nous connaissions de l'écriture liiéroglyphique est du temps de l'empereur Philippe dii' siècle après notre ère). Il semble que l'écriture démoiiquc ait continué d'être en usage parmi les païens d'Egypte longtemps après que l'écriture hiéroglyphique eut cessé d'être employée. Elle fut remplacée chez les chrétiens par l'alpliabet grec, auquel on ajouta sept caractères empruntés à l'ancienne écriture pour les sons particuliers à l'égyptien. Cet alphabet est encore aujourd'hui employé par les chrétiens coptes pour les livres liturgiques; pour les usages courants de la vie, ils ne se servent plus depuis le commencement du xvii« siècle que de la langue et de l'écriture arabe.

La connaissance des hiéroglyphes une fois perdue, les peuples de l'Occident ne songèrent à la regagner qu'à partir du xvi' siècle. La publication d'un ouvrage du Grec HorapoUon de Nilopolis, écrivain du m' siècle après notre ère, qui avait expliqué tant bien que mal une centaine des signes idéographiques encore usités de son temps, attira l'attention sur les écritures égyptiennes, mais arrêta pour longtemps le progrès des études. Les modernes crurent, comme les Romains et les Grecs avaient fait avant eux, que l'écriture hiéroglyphique était purement symbolique, et essayèrent d'appliquer aux inscriptions les valeurs idéographiques dHorapoUon. Celui de tous qui s'avança le plus loin dans cette voie fut le jésuite Athanase Kircher, qui, vers le milieu du xvii« siècle, proposa un système d'explication symbolique complet. Le travail sérieux de déchiffrement ne commença qu'avec notre siècle.

En 179!), un officier du génie, Boussard, chargé par le général Bonaparte de fortifier Rosette, découvrit une pierre qui portait trois inscriptions, l'une mutilée, en hiéroglyphes, deux autres presque intactes, en démotique et en grec : l'inscription grecque disait expresscmont que les tmis tc\tcs

n'étaient que la reproduction en trois écriture; différentes d'un même décret rendu par les prêtres en l'honneur d'un roi Ptolémée et de sa sœur Cléopâtre. Le monument, pris par les Anglais en 1800, fut déposé par eux au British Muséum où il est encore aujourd'hui ; mais des copies exactes des trois inscriptions circulaient déjà dans toute l'Europe. Le Suédois Ackerblad, alors en mission diplomatique à Paris, et le Français Sylvestre de Sacy, furent les premiers à étudier l'inscription. Dès 1800, ils avaient réussi à reconnaître, dans le texte démotique, les noms royaux qu'il renfermait, à déchiffrer quelques mots et à composer un alphabet démotique assez exact. Leurs études furent reprises par le savant anglais Thomas Young, qui, après avoir examiné à fond l'inscription démotique, s'attaqua résoliiment aux débris hiéroglyphiques. On savait par les travaux récents du Suédois Zoëga que les noms des souverains étaient enfermés dans une ellipse ç j qu'on nomme cartouche, et par ceux du Français Etienne Quatremère, que la langue copte usitée chez les chrétiens d'Egypte était un dérivé bâtard de l'ancienne langue égyptienne. Young, sachant que les cartouches de l'inscription de Rosette devaient renfermer le nom de Ptolémée, en l'honneur de qui avait été gravée l'inscription, chercha à retrouver dans le cartouche les éléments du mot grec

dm

> et *»

Ptolcmaios , et conclut que et *» étaient P et T; il prit

pour un signe superflu, donna à .AA la valeur

OLE, à ■£=■ la valeur ma, et à 1 la valeur os, osh. Un au-

fl

un au- /^ trecar- [ ^ touche vC;

lec-

lui fournit les

tures i = BIR, <=

^^ = KE, KEN ; .J, dfc et % étaient, suivant lui,

des signes de remplissage. Le résultat de ses recherches, publié en 1818, fut peu remarqué : il n'en fut pas de même de celui des découvertes de François Champollion, qu'on nomme CharapoUion le Jeune pour le distinguer de son frère aîné Champollion-Figeac.

Champollion, dès l'enfance, avait étudié les langues orientales et surtout le copte : l'étude du copte le conduisit à celle des hiéroglyphes. Après de longs tâtonnements, il découvrit enfin la clef du système perdu, et publia sa découverte dans une Lettre à M Dacier, lue en septembre 1*^2? à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Comme Youn g, il s'attaqua d'abord au cartouche de Ptolémée. Il admit comme le savant anglais que 1- m valaient

P, T, mais il lut û O, -ks L, ^= M, M f, jl S,

et prouva la légitimité de ses lectures par l'examen du Cartouche

Ce cartouche renfermait J%&, û, i, dont les valeurs étaient connues par le cartouch ^ précédent, soit L,0,P. Il reconnut qu'il s'agissait de Cleopâtre et lut il = K, I = E, V = A, •=> = R. Le cartouche

déjà lu Bérénice par Young, lui donna ^ = B, /«•««x =r N, I I = I, ^-^ = S. et celui de

UISPANO-AMÉRICAINES — 0G3

HIS PANO-AMËRICAINES

(v-rvrrl

Mexandros, ajouta les lettres -^^ K, — »— S, ^^ D. à celles qu'il avait déjà. Le tout lui donna un rudiment d'alpliabet :

JX.

qui lui permit de lire d'autres noms et, au moyen de ces noms, de déterminer la valeur d'autres lettres. Dans son Précis du système hiéroglyphique. qui parut deux ans plus tard, on trouve déjà un alphabet très étendu et l'indication de quelques formes grammaticales. Quand il mourut en 1832, les règles du déchiffrement étaient solidement établies.

Quelques semaines avant sa mort, on avait créé pour lui, au Collège de France, une chaire qui a été successivement occupée par MM. Letronne, Charles Lenormant, Emmanuel de Rougé, Maspero: c'est autour de cette chaire que s'est ralliée l'école française, Nestor L'hôte, Théodule Dévéria parmi les morts, Mariette, Chabas,Baillet,Lefébure,Grébault, Guiyesse, parmi les vivants. Tous les pays étrangers ont fourni leur contingent à la science égj'ptologique : l'Italie, Salvolini, Rosellini, Ungarelli, Migliarini, Orcurti, aujourd'hui Rossi et Schiaparelli ; l'Angleterre, Birch, Goodwin (mort en 1878), Lepage-Renouf ; la Hollande, Leemans et Pleyte ; l'Allemagne, Lepsius, Brugsch, Duemichen.Ebers, Lauth, Éisenlohr, Stern ; la Norvège, Lieblein ; la Suisse, Naville; la Russie, Golénischeff. Le nombre des travailleurs augmente de jour en jour, et l'égyptologie, en moins de soixante ans. est devenue l'une des plus florissantes parmi les sciences orientales. [G. Maspero. 1

HISPAN0-A3IÉR1CAINES (Républiques).— Histoire générale, XXVI, XXXVI. — On appelle ainsi les États indépendants qui se sont constitués, au commencement de ce siècle, par le démembrement du vaste empire colonial que l'Espagne possédait dans les deux Amériques. Ce sont: le Mexique; les républiques de l'Amérique centrale, au nombre de cinq : Guatemala, Honduras, San Salvador, Nicaragua, Costa Rica ; la Nouvelle-Grenade, le Venezuela et l'Equateur, qui lurent réunis tous les trois, pendant quelques années, en un Etat fédératif sous le nom de Colombie; le Pérou, la Boli^•ie, le Chili, le Paraguay, l'Uruguay, et la République Argentine ou Confédération de la Plata.

On trouvera, dans les articles spéciaux que nous consacrons au Mexique et au Pérou, quelques indications sur l'organisation intérieure des colonies espagnoles d'Amérique et sur leur histoire durant les xvi«, XVII' et xviii» siècles. Nous n'y reviendrons pas ici. Le régime imposé par la métropole à ces colonies était si oppressif, et le mécontentement qu'il excitait si profond, que l'occasion do secouer le joug de l'Espagne ne pouvait manquer d'être saisie avec empressement dès qu'elle se présenterait. L'exemple des Etats-Unis, et les idées de liberté que la Révolution française avait répandues partout, contribuèrent à développer chez les colons les aspirations d'indépendance.

1° Période des guerres d'indépendance. — En 1806, le général Miranda, originaire de Caracas, qui, après avoir servi en France sous Dumouriez en 1"'.'3, était revenu dans sa patrie, essaya de soulever le Venezuela, mais sans succès. Une insurrec-

I tion tentée à Quito, dans le Pérou, en 1809, échoua également.

Mais en 1810 des soulèvements plus sérieux allaient éclater. Napoléon, après avoir déclaré les Bourbons déchus du trône d'Espagne, y avait placé son frère Joseph ; ce changement "de dynastie servit de prétexte à la révolte des colonies : en refusant de reconnaître le nouveau roi, c'était en réalité contre le régime colonial qu'elles s'insurgeaient. Buenos-Aires donna It- signal, et se déclara indépendante de la métropole ; le Chili chassa pareillement les Espagnols; au Venezuela, Miranda leva de nouveau le drapeau de l'insurrection : et au Mexique, le curé Hidalgo souleva la population indigène au cri de: vive Ferdinand VII. L'insurrection d'Hidalgo fut comprimée en 1811. Au Chili, le vice-roi du Pérou, Abascal, parvint à rétablir en lsl.3 l'autorité espagnole au nom de la junte de Cadix. Les provinces delà Plata, par contre, se trouvèrent définitivement émancipées après la victoire de Las Piedras '1811) : un gouvernement indépendant fut établi àBuenos-Aires, et en 1816 lecongrès de Tucuman régla la constitution de la République Argentine, la première en date des républiques hispano-américaines.

Quant au Venezuela, Miranda y fut d'abord victorieux, et l'indépendance delà colonie fut proclamée en 1811. Toutefois les Espagnols reprirent ensuite le dessus, et Miranda fut fait prisonnier. Mais il fut aussitôt remplacé par un homme d'un génie supérieur, Bolivar, qui allait devenir le Washington de l'Amérique méridionale.

Bolivar avait débuté comme lieutenant de Miranda, et avait remporté d'abord plusieurs succès sur les Espagnols. Réduit en 1815 à s'enfermer dans Carthagène avec ses compagnons d'armes, il reprit bientôt l'ofifensive, et après la victoire décisive de Boyaca (1819), le triomphe de la cause de l'indépendance fut assuré dans les provinces de l'Orénoque.La même année, au congrès d'Angostura. la Nouvelle-Grenade et le Venezuela, affranchis tous deux par Bolivar, s'unirent pour former une seule république sous le nom de Colombie. La partie septentrionale du Pérou, avec Quito, échappée aussi à la domination espagnole, s'unit à la Colombie.

Pendant ce temps, le Chili s'émancipait de son côté. San Martin, à la tète des forces de la République Argentine, franchit les Andes (1817), battit les Espagnols à Charabuco(1817) et à Maypu '1818). et constitua le Chili en république. Un officier anglais, lord Cochrane, était venu, comme autrefois Lafayette. offrir son épée aux insurgés américains : nommé amiral de la flotte chilienne, il prit en 1820 Valdivia, le dernier boulevard des Espagnols au Chili.

La même année, le Chili organisa une eipédi tion contre le Pérou, seule province de leur empire sud-américain que les Espagnols eussent conservée. San Martin ,et Cochrane s'emparèrent de Lima (1821), et l'indépendance du Pérou fut proclamée. Mais la division se mit entre les vainqueurs : à la suite de ces querelles, Cochrane donna sa démission, San Martin se retira en France, et les Espagnols purent rentrer à Lima (18'.?3). Bolivar, appelé par les Péruviens, accourut à leur secours ; et la brillante victoire d'Ayacucho (1824\ remportée par son lieutenant Sucre, obligea les Espagnols à évacuer définitivement le Pérou. Cette colonie forma alors deux républiques séparées : le Pérou proprement dit, et le Haut-Pérou qui prit le nom de Bolivie en l'honneur de Bolivar (V. Pérou).

Le Mexique, que le curé Hidalgo avait tenté do soulever en 1810, avait été depuis le théâtre da deux autres insurreciions également malheureuses. Enfin en 1821, lorsque la nouvelle de la révolution d'Espagne parvint en Amérique, un quatrième mouvement eut lieu ; le général Iturbide, passant

HISPANO-AMKRICAINES

aux insurgés, devint leur chef, et le Mexique se sépara définitivement de l'Espagne (V. Mexique). L'Amérique centrale, qui sous la domination espagnole formait la capitainerie-générale de Guatemala, se souleva aussi en 1821, et après s'être unie quelque temps au Mexique, s'en sépara pour constituer un Etat fédératif indépendant.

Il nous reste à parler de deux provinces qui dépendaient originairement de la vice-royauté de Buenos-Aires : le Paraguay et l'Uruguay. Le Paraguay s'était rendu indépendant dès 1811, et il se constitua aussitôt en Etat séparé, sous la direction du docteur Francia : ce dernier se fit nommer en 1814 dictateur pour cinq ans, et en 1816 dictateur perpétuel; il conserva ses pouvoirs jusqu'à sa mort (1840). L'Uruguay, ou la Banda oriental, fut soustrait à la domination espagnole en 1814 par Artigas, qui y domina jusqu'en 1821, époque où le Brésil s'empara de Montevideo. Une guerre entre le Brésil et la République Argentine éclata en 1825 au sujet de la possession de cette ville f't se termina en 1828 par la reconnaissance de Tindépendance de l'Uruguay comme Etat distinct. Ainsi transformées en républiques autonomes, les anciennes colonies espagnoles se trouvèrent malheureusement livrées à des dissensions intérieures ou à de sanglantes rivalités. La République Argentine fut déchirée par les longues querelles des fédéralistes et des unitaires; le Pérou, la Bolivie et le Chili se firent la guerre au sujet de leurs frontières respectives. Bolivar, dont le rêve était de constituer les Etats-Unis de l'Amérique espagnole, sur le modèle des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, convoqua en 1826 à Panama un congrès des représentants de toutes ces républiques; mais il ne réussit pas à les amener à une fédération. Après avoir été revêtu à plusieurs reprises du pouvoir dictatorial en Colombie et au Pérou, il déposa l'autorité et résolut de s'expatrier, espérant ainsi mettre fiin aux discordes : mais il mourut en 1 830, au moment où il allait s'embarquer. 2° Les républiques hispano-américaines après les guerres d'indépendance. — Nous ne parlerons plus du Mexique ni du Pérou, renvoyant pour ce qui concerne ces deux Etats aux articles spéciaux qui leur sont consacrés.

La confédération du Guatemala subsista jusqu'en 1839. A cette époque, le Honduras s'en sépara et se constitua en Etat indépendant. En 1847, les quatre autres Etats confédérés, Guatemala, San Salvador, Nicaragua et Costa Rica, rompirent le lien fédératif, et depuis ce moment ont formé des républiques distinctes.

La Colombie se divisa en 1831 en trois républiques séparées : la Nouvelle-Grenade, le Venezuela et l'Equateur. La Nouvelle-Grenade a repris en /Sni le nom d'Etats-Unis de Colombie.

La Bolivie, réunie un moment au Pérou en 1836 sous la présidence de Santa Cruz, s'en sépara bientôt de nouveau. Son histoire n'offre pas d'événements remarquables, non plus que celle du Chili, qui est devenu, par son commerce, l'un des Etats les plus florissants de l'Amérique du Sud.

Dans la République Argentine, après de longues guerres entre fédéralistes et unitaires, Rosas, chef du parti fédéraliste, réussit à se faire nommer en 1829 gouverneur de Buenos-Ayres. En 1835, il s'empara de la dictature, qu'il gardajusqu'en 185'J. A la suite de démêlés avec la France et l'Angleterre, il fut vaincu en 1845 par une flotte anglofrançaise, et obligé d'accorder aux navires européens la libre navigation du Parana. Après la chute de hosas, Buenos-Aires se sépara de la confédération argentine ; mais elle y est rentrée en 1800.

Le Paraguay fut gouverné despotiquement jusquen 1840 par le docteur Francia, dont la politique étroite et soupçonneuse avait fermé ce pays i tous lesetrangois. Lopez, qui succéda à Francia,

rétablit les communications commerciales, et exerça d'abord paisiblement le pouvoir ; mais s'étant engagé dans une guerre contre le Brésil et la République Argentine (1865), il fut vaincu et tué en 1870.

L'Uruguay, enfin, quoique mêlé presque constamment aux luttes de ses voisins, a su maintenir son indépendance, et se trouve aujourd'hui dans une situation prospère.

V. pour ce qui concerne le développement industriel et commercial des républiques hispano-américaines, l'article .(4 weriqrue, pp. 107-111.

HISTOIRE, HISTORIENS. — Littérature et style, IV; Littératures étrangères, IV-XX ; Littérature française, V-XXX.

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