‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 77 sur 593 · IV. De l'analyse procédons à la sj'nthèse · texte numérisé non relu

IV. De l'analyse procédons à la sj'nthèse

Tout le récit peut se réduire à la phrase suivante: U7ie belette s'empare du terrier d'un jeune lapin absent; — au retour de celui-ci une dispute s'élève.

— et ils finissent par prendre pour Juge 1 71 chat, qui, C^^ manqe tous deux.

Où esx, io b,T- dj'ûit? où est l'injustice ?

La belette usurpe le bien d'autrui ; sa conduite est injuste et blâmable, sa perfidie mérite un châtiment : elle le subit.

Le jeune lapin, propriétaire légitime de son terrier, réclame un droit d'héritage incontestable. Il est innocent, frustré dans ses droits, et pourtant on en lait une victime.

Le chat; hypocrite raffiné, le personnage le plus criminel, vit et prospère aux dépens des méchants et des bons.

La fable est-elle donc morale? A quelle conclusion nous aniène-t-elle? Que pour être heureux, il faut être hypocrite et criminel; que pour vivre honoré Lt content, on doit se faire fripon?... Croiraiton que des écrivains distingués ^J.-J. Rousseau.

— Voltaire. — Lamartine. — Lessing) aient trouvé de semblables conclusions dans les fables de la Fontaine ? comme si l'apologue, pour être moral, avait besoin d'aboutir toujours au couronnement de la vertu : comme s'il ne lui suffisait pas de rendre odieuxle vice, même dans son triomphe.

Le fabuliste n'est pas astreint à énoncer un précepte ; il peut se borner à constater une de ces vérités affligeantes dont la société offre malheureusement la triste application. Les petits drames de la Fontaine sont souvent la représentation du monde tel qu'il est, non tel qu'il devrait être : la fable a de la parenté avec la satire.

Tel est ici le caractère de la conclusion :

Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois Les petits souverains se rapportant aux rois.

Au lecteur le soin d'en déduire la leçon positive, déjà formulée au livre VI, fab. 4 :

Petits princes, videz vos débats entre vous.

En résumé, l'introduction et le dénoiiment sont admirables comme tableaux, et la deuxième partie est un chef-d'œuvre de dialogue.

Après la lecture de cette belle composition, on comprend la justesse d'une réflexion ingénieuse de M. Taine, dans son étude sur le Beau appliqué aux fables de la Fontaine : « La Fable, le plus humble des genres poétiques, ressemble aux petites plantes perdues dans une grande forêt. Les yeux fixés sur les arbres immenses qui croissent autour d'elle, on l'oublie, ou, si on baisse les yeux, elle ne semble qu'un point. Mais si on l'ouvre jour examiner l'arrangement intérieur de ses or: les, on y trouve un ordre aussi compliqué et auf vivant que dans les vastes chênes qui la couvren '.e leur ombre, et on juge que la beauté de la p^iitesse égale la beauté de la grandeur. »

fVan Holleboke.l .ANATOMIE. — Botanique. I; Zoologie, XXXI. — {Etym. : d'un mot grec signifiant couper, di-séquer.)

1. Idée générale de l'anatomie. — L. anatomie est une science qui a pour objet la structure des corps organisés et pour but la connaissance de leur constitution. C'est l'étude des formes, de la situation, de la composition, des caractères apparents que présentent les différentes parties des êtres vivants, étude faite à l'aide de la dissection ou de tout autre moyen d'investigation et de recherche.

Elle peut s'appliquer aux végétaux et aux ani-

maux; aussi distingue-t-on V anatomie végétale, qui traite de la structure des plantes, et V anatomie animale, qui scrute l'organisation des animaux et en particulier celle de l'homme.

Quand on examine la plante la plus commune des jardins ou des champs, on y distingue diverses parties, différentes de forme, de composition et de but : la racine, la tige, les feuilles, les fleurs, les fruits, les graines ; ce sont les organes, les instru menls de la vie. Pour comprendre le rôle et la fonction de chacun de ces organes, il faut en étudier la structure, examiner les parties qui le composent, en observer la forme exacte, voir comment il se rattache aux autres pièces de ce mécanisme vivant. Il faut encore aller plus loin si l'on veut se rendre compte du développement de chaque organe : il faut voir de quels matériaux il so compose, examiner au microscope les éléments qui en constituent la substance, se rendre compte de leur structure interne, de leur mode de groupement. En un mot, après avoir distingué et étudié les organes, il faut étudier les tissus ou la masse même des éléments qui constituent l'organisme. Tel est le double rôle de l'anatomie végétale.

Le corps des animaux est plus complexe que la plante ; mais il a comme elle 1" des parties extérieures ou membres dont il importe de noter les formes, la position, la structure; 2° des parties internes ou organes; 3° et enfin des tissus dont l'analyse s'applique à séparer les éléments pour les suivre dans leurdéveloppement.L'anatomieanimale étudie donc, comme l'anatomie végétale, des organes et des tissus, et elle cherche dans les rapports des éléments qui forment ces derniers le secret des oi'ganismes les plus complexes.

L'anatomie a comme science une haute importance ; elle sert de base à la physiologie, car les fonctions d'un organe résultent presque nécessairement de la structure de cet organe, et on comprend facilement que le jeu d'une machine compliquée, comme le sont les diverses parties du corps humain, s'éclaire de la description et de l'agencement de tous ses rouages. Elle est indispensable au médecin et au chirurgien. Elle révèle au premier le siège des maladies par les changements de forme, de volume, de rapports et de texture qu'ont subis les organes atteints, et elle guide la main de l'autre dans les délicates opérations qu'il exécute ; elle seule peut lui faire trouver sûrement, à travers des parties dont la lésion serait dangereuse ou mortelle, la tumeur qu'il cherche à extirper et le meilleur chemin à suivre pour l'atteindre, comme elle lui a servi à, établir son existence et son état sur des symptômes sûrs. Elle est utile aussi à tous les hommes, puisqu'elle nous révèle la merveilleuse organisation de notre corps et excite au plus haut point notre curiosité, notre admiration.

Lorsque l'anatomie se circonscrit dans l'étude de la conformation extérieure des organes et de toutes les propriétés qu'on peut observer sans entamer leur tissu, elle porte le nom d'anatomie descriptive. Elle nous apprend la forme, la couleur, la consistance, le volume, le poids, le nom, les rapports et la région des organes; elle trace, en un mot, la topographie du corps humain. On y peut rattacher Vanatomie des peintres et des sculpteurs, que l'on définit la connaissance de la surface extérieure du corps, soit dans les diverses attitudes du repos, soit dans les divers mouvements.

Mais si, au lieu de s'arrêter à la surface, elle pénètre par l'analyse, en s'aidant du microscope, jusqu'aux tissus et à leurs éléments pour y découvrir le secret de leur organisation et de leur développement, les lois qui président à leur formation et t\ leur arrangement, elle porte le nom d'histologie (science des tissus).

On lui donne le nom à'anatomie coniparéè quand elle étudie les mômes organes dans les diverses

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classes d'animaux ou de végétaux, pour établir les ressemblances ou les modifications de leur structure et en tirer les caractères des classifications naturelles.

Enfin, elle porte le nom A'anatomie pathologique quand elle s'occupe des altérations que peuvent «prouver les organes ; à'anatomie chinirqicale ou médicale, quand toutes les régions du corps sont considérées les unes après les autres dans leur ordre de superposition, afin de faire découvrir les causes et les sj'mptômes des maladies.

L'anatomie comparée est d'un grand secours dans l'étude des deux règnes, puisqu'elle sert de base aux classifications. C'est d'ailleurs une étude pleine d'intérêt, car elle permet de remonter l'échelle complète de la série des êtres, au sujet de chacun des principaux organes, depuis les algues cellulaires jusqu'aux grands végétaux dicotj'lédonés, depuis la monade et le vibrion jusqu'aux animaux supérieurs et à l'homme.

L'histologie a pris dans ces dernières années un grand essor. Les observations microscopiques multipliées non-seulement sur les tissus, mais sur les éléments cellulaires les plus simples, sur le sang et ses globules, sur tous les liquides de l'économie, ont ouvert un jour nouveau à l'anatomie et à la physiologie générale. La perfection des instruments grossissants a reculé les bornes de l'observation et rendu possible l'étude de l'œuf et de ses développements; l'emploi de nouvt-aux moyens chimiques de séparation et d'isolement des tissus a permis de distinguer les dilïérentes cellules animales élé montaires et de suivre leur agencement dans les os, dans le cerveau, dans les muscles, dans les nerfs.

Dans un cours élémentaire d'histoire naturelle, l'anatomie n'est pas une partie distincte et isolée, avec son programme et ses méthodes ; elle accompagne partout la ph^'siologie, qu'elle éclaire et qu'elle guide et qui lui sert d'indispensable complément. Quand on étudie un organe d'un animal ou d'une plante, après avoir décrit sa forme et sa structure, on indique ses fonctions et son rôle, et même si l'on passe en revue les modifications qu'il offre dans la série des êtres, on y joint de suite les dilférences d'objet et d'utilité organique qui en sont la conséquence. Examine-t on l'étamine dans la fleur, la description détaillée de l'anthère et de son support, de la forme et de la dimension des grains de pollen ne satisfait pas entièrement l'esprit; il faut suivre le développement de cette poussière fécondante, la manière dont elle s'échappe de la bourse qui la retenait et le chemin qu'elle prend, si l'on veut connaître l'acte reproducteur dont elle €st l'un des agents.

Étudie-t-on le cœur et les poumons, on en fait d'abord la description détaillée, on en indique la forme, le volume, la structure: voilà pour l'anatomie ; mais on y joint immédiatement les mouvements de ces organes, leur rôle dans la marche et la régénération du sang, pour présenter un ensemble de ces deux grandes fonctions de la nutrition, la respiration et la circulation.

Ainsi on mêle constamment l'anatomie et la physiologie, et l'enseignement y gagne incontestablement en intérêt et en clarté.

Dans cet ouvrage, qui comporte un cours étendu, bien que très élémentaire, d'histoire naturelle, il en sera de même; c'est donc aux articles traitant des grandes fonctions, tels que Nutrition, Digestion, Circulation, Respiration, etc., ou des organes importants et complexes, comme Squelette, Tissus, Système nerveux, Tact, Odorat, Ouïe, Vue, etc., que nous renverrons pour l'anatomie et l'hisiologie animale; aux mots Feuill-, Fleur, Fruit, Graine, Spore, Tige, Tissus vJgé'taur, Racine, Absorption, Nxdriiion, Respiration, Germination, etc., pour l'anatomie et l'histologie végétale*

Enfin au mot Classifications on trouvera exposées l'importance et l'utilité des données que fournit l'anatomie comparée.

A7iatomie élastique. — On désigne sous ce nom des pièces anatoniiques artificielles, faites de cire ou d'alliages résistants, qui peuvent se démonter pour permettre de voir la configuration et la position des parties profondes qu'elles représentent. Les plus répandues sont celles du docteur Auzoux, en liège fortement comprimé et durci, coloriées sxtérieurement de manière à figurer l'aspect exact des organes. Ces pièces, dont la formation et le montage ont exigé des connaissances anatomiques précises, rendent de très-grands services dans l'enseignement élémentaire ; elles donnent à tout un auditoire l'aspect réel des parties profondes des organes ou du corps qu'elles figurent ; elles marquent très-nettement la place de chaque partie et permettent de suivre les muscles, les vaisseaux ou les nerfs dans leur marche à travers les tissus Les portions d'organes ou les fleurs, qu'il faudrait examiner au microscope à cause de leur petitesse, sont représentées très-agrandies, tout en conservant le même rapport entre leurs éléments. Elles ont sur les figures l'avantage de présenter les choses avec leur couleur et leur aspect réel. Les fleurs, fruits et graines ; les pièces détachées représentant le cœur, les poumons, l'œil, l'oreille, et le mannequin d'un modèle moyen, favoriseraient beaucoup l'enseignement de l'histoire naturelle dans les écoles normales et dans les écoles primaires supérieures.

[C. Haraucourt.]

2. Histoire de l'anatomie. — X-'OansVantiquifé. — Le culte que les anciens rendaient à leurs morts et les peines qu'ils infligeaient à quiconque profanait leurs sépultures, furent pendant longtemps un obstacle à l'étude du corps humain; aussi les premières notions que l'antiquité nous ait léguées sur cette science, notions parfois ion cxaCt's, se ruttachent-elles à l'anatomie des animaux.

Démocrite, qui vivait dans la seconde moitié du V'' siècle av. J.-C, connaissait déjà le trajet que suit la bile venant du foie et le rôle que ce liquide joue dans l'acte de la digestion. Avant lui, Anaxagore, maître de Péiiclès et de Socrate, avait étudié aussi l'anatomie des animaux. Mais il faut arriver jusqu'à Aristote pour avoir des notions à peu près exactes sur la structure du corps de certains animaux, et quoique les écrits de ce grand naturaliste aient été souvent dénaturés par les copistes ou mal interprétés par les traducteurs, ils excitent encore de nos jours l'admiration de quiconque les étudie et ils sont restés un des plus beaux chapitres de l'histoire de l'esprit humain. On trouve déjà dans les descriptions d'Aristote quelques notions sur la structure de notre corps, notions que le petit-fils de ce grand philosophe rendra bientôt plus exactes, surtout en ce qui concerne le cerveau envisagé soit chez l'homme, soit chez quelques mammifères rares déjà connus àce'te époque.

Mais parmi les savants de l'antiquité, celui qui a traité dans ses écrits d'une manière toute spéciale de l'anatomie est Galien, qui, après avoir étudié à Alexandrie, alla ensuite se fixer à Rome, oii il devint le médecin des empereurs Marc-Aurèle, Verus et Commode. Ses ouvrages sont riches en considérations élevées et en observations délicates; pendant longtemps les descriptions qu'ils renferment ont passé pour avoir été faites sur l'homme, et il a fallu les étudier avec le plus grand soin pour se convaincre que c'était surtout sur certaines espèces de singes que Galien avait opéré.

1° Au moyen âge et à la Renaissance. — Peitdant plus de dix siècles, l'anatomie de l'homme et des animaux ne fit aucun progrès. Les Arabes qu-i pratiquaient la médecine utilisaient seuls les notions de cette science telles que les avait exposées Galien dans ses écrits, et c'est par eux que les peu-

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pies "de l'Occident, d'abord l'Espagne, pnis la France par l'école de Montpellier, purent transmettre aux nations germaniques et Scandinaves les faits principaux de cette science, auxquels Albert le Grand joignit ceux que les Scandinaves euxmêmes avaient recueillis dans les régions septentrionales.

" L'Europe était en pleine Renaissance, lorsque Vésale fit prendre un nouvel essor à la science qui nous occupe. Ce grand anatomiste, après avoir étudié à Bruxelles, puis à Montpellier et enfin à Venise où il publia les premières planches qui accompagnent ses œuvres, fut nommé professeur à Padouè, en remplacement de son maître Fabrice d'Acquapendente. La dissection sur les sujets humains était alors permise. Il révisa les écrits de Galien, en contrôla avec soin les descriptions et établit le premier d'une manière irréfutable, malgré les luttes parfois très-vives qu'il eut à soutenir c-ytitre Fallope et Eustache, que c'était sur les singes et non pas sur l'homme, comme on l'avait prétendu jusqu'alors, que l'anatomiste du deuxième siècle avait porté ses recherches. Accusé bientôt par ses ennemis d'avoir ouvert le corps d'un gentilhomme dont le cœur battait encore, il fut exilé et condamné par l'Inquisition à aller expier sa faute en Terre-Sainte. C'est en revenant de cet exil qu'il mourut de faim dans l'île de Zante (lû6i).

L'impulsion qu'il avait donnée aux études anatomiques était considérable, et les applications de cette science h l'art do guérir firent après lui de très rapides progrès. Nous voyons apparaître quelques années après des chirurgiens illustres, parmi lesquels nous citerons seulement Ambroise Paré, Dulaurens de Montpellier, Vidius qui professa au Collège de France, etc.etc; des physiologistes éminents, comme Michel Servet qui découvre la circulation pulmonaire, Harvey qui démontre la circulation générale, Azelli, Rudbeck, Pecquetqui étudient surtout la circulation du chyle et de la lymphe, etc., etc.

Non contents d'étudier l'organisme de l'homme et des animaux arrivés à leur état parfait, les anatomistes cherchent à connaître les formes successives que ces êtres prennent depuis les premiers temps de leur développement jusqu'au terme assigné à leur existence. Harvey lui-même étudia le développement des animaux et jeta les bases d"une nouvelle science. Plus tard Malpighi et Wolfif et d'autres savants firent faire à cette nouvelle partie de l'anatomic de rapides progrès, tout en préparant les voies à la philosophie anatomique.

3° Depuis le XVI I" siède. — Les observateurs, qui n'avaient jusqu'alors fait que de l'anatomie descriptive, virent bientôt le champ de leurs découvertes s'agrandir par une invention des plus importantes, celle du microscope. Cet appareil, bien que fort simple alors et ne permettant pas d'apercevoir la structure intime des tissus, servit cependant à attirer l'attention des observateurs sur les différentes parties constituantes des organes soit de l'homme, soit des animaux ou des plantes, ce qui était un acheminement vers des progrès plus sérieux; l'étude des tissus devait se perfectionner à mesure que le microscope acquerrait une plus grande puissance. Les Hollandais Ruysch et Swammerdam (celui-ci dans l'anatomie des insectes) arrivèrent dès cette époque à des résultats dignes d'être signalés.

■ÎN Sauf quelques rares exceptions, les anatomistes qui suivirent Vésale et Harvey s'occupèrent presque exclusivement d'anatomie humaine. Ce fut seulcm.ent vers la fin du xvii^ siècle et le commencement du xviii'= que les études zootomiques furent de nouveau reprises.

Dès le commencement du xvii' siècle, Riolan, qui était le médecin de Marie de Mcdicis, avait essayé en vain d'obtenir du roi, par rinlernicdiaire de la reine

mère, la création d'une ménagerie à Versailles. Cet établissement, qui devait être transféré plus tard au Jardin des Plantes de Paris, fut pourtant créé quelques années après par Richelieu, et l'étude de l'organisation des animaux reçut une nouvelle impulsion. La création d'une chaire d'anatomie devenait nécessaire: elle fut instituée en 1679 au Jardin des Plantes et confiée à Duverney, qui enseigna pour la première fois officiellement l'anatomie des animaux.

Duverney, aidé de Claude Perrault, le célèbre architecte de la colonnade du Louvre, fut chargé de disséquer les animaux exotiques ou rares qui moururent à la ménagerie de Versailles et d'en représenter les particularités anatomiques.

Les successeurs de Duverney furent Hunauld, Winslow, Ant. Petit et Vicq d'Azyr, tous hommes illustres et dont les travaux occupent un rang important dans la science. Ils s'adonnèrent surtout à l'étude de l'homme ; seul Vicq d'Azyr dans ses ouvrages ne négligea pas l'examen des animaux et donna à la science une tendance philosophique que suivirent plus tard Geoffroy Saint-Hilaire, de Blainville, Serres et beaucoup d'autres anatomistes.

Nous voyons à la même époque apparaître les travaux de Monro en Ecosse, ceux de Spallanzani et de Malpighi en Italie, de Danbenton, le collaborateur de Buffon, du Hollandais Camper, disciple de Boerhaave ; de Réaumur, de Mertrude, professeur au Jardin des Plantes.

La Révolution française venait d'éclater: les réformes portées dans toutes les institutions nationales s'étendirent à l'enseignement donné au Jardin des Plantes, qui fut réorganisé en 1793 de la manière la plus libérale sous le nom de Muséum d'liidoi7'e natwelle. De nouvelles chaires furent fondées, et il y en eut une spéciale pour l'anatomie de l'homme ; celle qu'avait occupée Duverney devint la chaire d'anatomie comparée, et Mertrude, qui avait été le collaborateur de Daubenton, en fut le premier titulaire. Mais, fatigué par l'âge, il choisit pour suppléant Georges Cuvier, qui s'était fait déjà connaître par dos travaux importants sur les animaux inférieurs.

G. Cuvier s'efforça de réunir dans cet établissement les matériaux d'une grande collection dont il se servit dans ses démonstrations publiques, qui furent publiées sous le titre de Leçons d'anatomie comparée. La science anatomique prit dès lors une extension considérable, et toutes les branches de la zoologie profitèrent bientôt de ses découvertes.

Dans une direction plus spécialement médicale, Bichat rendit aussi de grands services à la science, et son Anatomie générale, ouvrage dans lequel il envisage les tissus élémentaires principaux de l'organisme, non-seulement au point de vue de la morphologie, mais aussi au point de vue des fonctions qu'ils accomplissent, jouit encore d'une incontestable autorité.

L'anatomie s'est dès lors transformée en s'élevant au-dessus du rôle purement descriptif auquel elle s'était bornée jusqu'alors. Les études relatives à la structure des organes, à leur apparilion successive, à leur comparaison dans l'homme et les animaux, à l'examen des modifications que l'organisme a éprouvées depuis que la vie a commencé à se manifester sur le globe, ont pris des développements qui ont permis à l'anatomie d'aborder un ordre nouveau de considérations et d'acquérir une très grande portée philosophique, surtout dans les conclusion* de l'anatomie comparée.

3. Divisions principales de l'anatomie. — On divise l'anatomie en dittércnics branches, qui sont:

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