EXEMPLES
î» DEGHB.
Ordre du Concret (scbstances),
Noms propres.
M. Dupont, M"= Blanchard, Paul, Pauline.
Azor, Minet, Jacquot.
Seine, Khin, Oise, Loiret.
Hoche, Marceau, etc.
Pierre. Jean. Louise, Marie.
N..„ N..., >'..., etc.
Noms communs.
hommes, femmes, enfants, chiens, chats, perroquets, fleuves, rivières, ruisseaux, soldats, capitaines, colonels, etc.
enfants, élevés, garçons, filles, laboureurs, marchands, citoyens.
Ordre de l'Abstrait (qualités)
A djectifs et verbes.
blanc, rouge, pâle, éclatant, rond, large, long, épais, solide, dur, mou, fragile, bon, charitable, courageux, pieux, sincère.
courir, marcher, sauter, danser, labourer, semer, moissonner, échanger, vendre, acheter, gagner, perdre, aimer, haïr, désirer, admirer, espérer,
craindre, toucher, regarder, écouter, travailler, lire,
frapper, crier, parler, partir, arriver.
Noms abstraits.
blancheur, rougeur, pâleur, éclat, rotondité, longueur, largeur, épaisseur, solidité, dureté, mollesse, fragilité.
bonté, charité, courage, piété, sincérité.
course, marche, saut, danse.
labourage, semailles, moisson.
échange, achat, vente, gain, perle.
amour, amitié, haine, désir, admiration,
espérance, crainte, tact, regard, ouïe, travail, lecture, coup,
cri, parole, départ, arrivée.
3° DEGaÉ.
Noms coUectifi-
humanité, règne animal, réseau fluvial, régiment, armée, classe, école.
peuple.
Termes généraux.
couleur
surface, volume, étendue, consistance, vertu.
mouvement.
agriculture.
commerce.
sentiment, émotion, passion.
action.
Comme il est facile de le voir par cet aperçu, de même que tous les substantifs n'ont pas la même extension, toutes les idées abstraites ne sont pas également abstraites. Avoir l'idée d'une chose blanche ou rouge, c'est un commencement d'abstraction ; concevoir l'idée de blancheur ou de rougeur, c'est une abstraction plus forte, déjà plus éloignée de ce qui tombe immédiatement sous les sens ; concevoir enfin l'idée tout à fait générale de couleur, c'est l'abstraction consommée : l'idée générale est, dans l'ordre des qualités, l'équivalent du nom collectif dans l'ordre des substances.
C'est à cette marche progressive dans l'abstraction que correspond exactement, en pédagogie, la marche progressive que nous indiquons pour l'éducation intellectuelle (V. Abstraction dans la I" Partie).
ACADE."»IIE FRANÇAISE. — Littérature française, IX ; Histoire de France, XXIV. — « Les Académies, dit Voltaire da.is son I nclionnaire philosophique, sont aux anciennes universités ce que lâge mûr est à l'enfance, ce que l'art de bien parler est à la grammaire, ce que la politesse est aux premières leçons de civilité... Telle esiV Académie française.»
Il avait existé chez nous, à diverses reprises et sous diverses formes, des sociétés littéraires, dont quelques-unes avaient porté le nom déjà ancien ^académie (V. I" Partie). La plus célèbre avait été la Pléiade, fondée par Ronsard et Baîf.
Origine de l'Académie française. — En 1630, un conseiller secrétaire du roi, Valentin Conrart, réunit chez lui un petit groupe d'hommes instruits et amis des lettres, parmi lesquels l'abbé de Boisrobert. Celui-ci eut l'occasion de parler des travaux de la société au cardinal de Riclielieu. Frappé immédiatement des services que pourraient rendre aux lettres françaises ces études en commun poursuivies par de bons esprits, le cardinal fit offrir par Boisrubert à la société naissante sa protection. Le
13 mars 1634, la docte compagnie rédigea 'ses statuts, que Richelieu et approuva; le 2.janvier 1635, elle fut constituée sous le nom à'Acidémie fra?içaise par lettres patentes du roi ; elle réunit bientôt les ■iO membres dont elle devait se composer.
Critique du Cid. — L'Académie dut reconnaître presque aussitôt après sa fondation que la protection d'un maître aussi absolu que le cardinal ne lui laissait pas toute son indépendance. Richelieu, qui avait la faiblesse d'être jaloux de Corneille, demanda à l'Académie de se prononcer contre le Cid.
Les académiciens ne partageaient pas, semble-t-il, les préventions du cardinal; ils mirent plusieurs mois à le satisfaire ; un d'entre eux, poète alors célèbre et dont Boileau s'est souvent moqué, Chapelain, auteur de la Pucelle, fut chargé de rédiger les Sentiynents de r Académie sur le Cid [l&^t^^.C cta.[t une critique minutieuse de ce chef-d'œu\Te ; Richelieu la trouva trop indulgente, le public infiniment trop .sévère.
Travaux de l'Académie; Dictionnaire. — Malgré ce début malheureux, l'Académie ne tarda pas à faire reconnaître l'utilité et l'importance de ses travaux. Dès 1638, elle s'occupait, sur le plan projeté par Chapelain, du Dictio?maire de la langue française. C'est Vaugelas qui fut chargé de sa rédaction, travail pour lequel Richelieu lui avait assigné une pension de 20o0 livres. La 1'= édition parut en Iti94. L'Académie avait, on le voit, travaillé assez lentement, et l'on excuse les épigrammes que cette lenteur lui valut.
On sait qu'un des membres de l'Académie, Furetière, entreprit de faire à lui seul un Dictionnaire. L'assemblée indignée raya de la liste de ses membres un collègue qu'elle accusait d'indélicatesse.
L'œuvre de Furetière, qui n'est pas sans mérite, ne parut que deux ans après la mort de son auteur, on 1G90, mais quatre ans avant le Dictionnaire do l'Académie, qui ne l'effaça pas complètement.
ACADEMIE
La deuxième édition du Dictionnaire de l'Académie parut en 1717, latroisièmeen 1740; laquatrième, « la seule importante pour l'iiistoire de notre langue, » dit Villemain, publiée sous la direction de Duclos, parut en I7l'6, la cinquième en 1798, la sixième, précédée d'un discours de Villemain, en 1835. Une septième édition, confiée à M. Sylvestre de Sacy, a paru en 1877. ^ i
Outre ce dictionnaire qui, remanié, corrigé, rendu plus parfait à chaque nouvelle édition, fait aujourd'hui autorité, l'Académie s'était proposé de publier une grammaire, une rhétorique et une poétique.
Le Traité de la grammaire française fut seul publié (1707) ; la rédaction en avait été confiée à Régnier-Desmarais.
L'Académie a depuis 1858 entrepris un Dictionnaire historique de (a langue française^ dont deux fascicules ont paru.
Discours de réceotion. — C'est de 1 660 que date l'usage des discours de réception. Pendant longtemps il fut de règle de faire entrer dans ces discours l'éloge de Richelieu, fondateur de l'Académie, du chancelier Seguier. son second protecteur, et de Louis XIV, ce qui imposait à l'orateur un cadre et des développements de convention. Voltaire contribua par ses justes railleries à faire abandonner cette étiquette ; aujourd'hui le discours du récipiendaire se borne h. l'éloge de son prédécesseur et à une sorte d'étude littéraire sur le genre où il a excellé.
Concours et prix. — Un des principaux services que rend l'Académie française à notre littérature nationale est de récompenser et en quelque mesure de diriger les efforts des écrivains qu'elle juge dignes d'encouragement et qu'elle croit devoir recommander à l'opinion publique.
C'est à l'un de nos premiers écrivains du xvii* siècle, Jean-Louis de Balzac, que revient l'idée, blâmée par les uns, approuvée par les autres, de couronner les meilleurs ouvrages littéraires. Il fonda en 1654 un prix d'éloquence religieuse. Pellisson créa plus tard un prix biennal de poésie ; d'autres suivirent. Mais le plus généreux des donateurs fut Montyon *, qui légua à l'Académie une somme de 600 000 francs dont le revenu devait être partagé chaque année entre l'auteur d'un a ouvrage dont il pourrait résulter un plus grand bien pour la société » et « un Français pauvre qui se serait fait remarquer par un acte de vertu ». C'est le plus populaire des prix que l'Académie décerne dans la séance annuelle du 25 août.
Aujourd'hui et grâce à de nouvelles et nombreuses libéralités, l'Académie décerne une vingtaine de prix dont voici la liste :
PRIX AKNCELS.
1» Prix d'éloquence sur un sujet donné;
i* k. un ouvrage utile aui mœurs (prix Montyon);
3« Prix de Tertu, lOOO fr. (prix Montyon);
A' Prix de vertu, de dévouement, etc. (prix Souriau);
5» Prix devertu, 6 médailles de 600 fr. (prix Marie Lasne] ; 6» Actes de courage ou de dévouement, 1000 fr. . i fondation Gemond) ;
7° Au morceau le plus éloquent sur l'histoire de France (prix Gobert);
8» Pour le meilleur ouvrage historique publié dans l'année précédente (prix Thérouane);
9° Prix Marcelin Guerin (5000 fr.), ouvrage propre à élever les idées, les mœurs, les caractères;
10» Prix Archon-Dospérouses (4000 fr.), affecté aux ouvrage de philologie française;
11" Prix Maillé-Latour-Landry pour encourager un écrivain à suivre la carrière des lettres.
12« Prix de vertu, 350 fr. (prix Laussat).
PRIX BIENNAUX.
1" Prix de Jouy (1500 fr.). ouvrage ayant pour objet l'étude des mœurs actuelles de la France;
2° Prix .Morabine (SnOÙ fr.), récompense d'un acte de probité, ou pour venir en aide à des personnes ayant suivi la carrière des lettres ou de l'enseiiinemcnt.
ACCENTUATION
PRIX TRIENItÀl'X.
t" Plusieurs prix de vertu (foudalion Honoré de Sussy, legs de ïOO 000 fr.) j
i" Prix Thiers pour l'encouragement de la littérature et des travaux historiques (3o(/û fr.) ;
3° Prix Guizot (3000 fr.), un ouvrage historique publié dans les trois anuées précédentes;
4" Prix Jules Janin (3o00 fr.), traduction d'un ouvrage latin.
PRIX QClNQtlKWniL.
Prix Botta (revenu), ouvrage publié dans les cinq »nnécs précédentes sur la condition des femmes.
Organisation de l'Académie. — L'Académie procède au remplacement de ses membres par un scrutin secret. Elle a un secrétaire élu à vie qui porte le nom de secrétaire perpétuel (cette fonction a été remplie au xyiii» siècle par Duclos, D'Alembert, Marmontel ; dans celui-ci par Suard, Raynouard, Auger, Andrieux, Arnault, Villemain, Patin ; elle l'est depuis 1877 par M. Camille Doucet).
Un moment supprimée sous la Révolution, l'Académie française fait partie depuis 1803 de l'Institut- Le dernier acte d'intervention et de pression de la part du gouvernement qu'elle ait eu à subir fut une ordonnance du 21 mars 1816 qui, en lui rendant son ancien nom, éliminait quinze de ses membres et lui imposait neuf académiciens choisis par le roi. Depuis lors, l'illustre assemblée a conservé sans atteinte ses privilèges et son indépendance du pouvoir, condition de son prestige littéraire.
Influence de l'Académie. — Quelques critiques qu'elle se soit attirées, nul ne peut méconnaître la haute influence qu'a exercée l'Académie sur l'esprit français, le grand nombre d'illustrations diverses qu'elle a contenues dans son sein, les heureux effets de la tradition qu'elle s'est efforcée de créer et de maintenir dans la langue et dans la littérature, les utiles encouragements qu'elle a prodigués aux ouvrages sérieux.
On a néanmoins répété souvent avec amertume que si l'on faisait la liste dos écrivains de premier mérite qui n'ont pas fait partie de l'Académie, l'histoire de ce 41* fauteuil éclipserait sans peine l'éclat de la plupart des 40.
Au XVII* siècle. Descartes, Pascal et Molière, pour ne citer que les plus grands ; au xviii*, J.-J. Rousseau, Diderot, Beaumarchais ; au xix», Paul-Louis Courier, Balzac, Lamennais, Béranger, Michelet ne furent pas de l'Académie.
Voici à titre de curio.sité la liste des 40 académiciens qui siégeaient en 1877 sous la coupohî du palais Mazarin, dans l'ordre et avec la date de leur élection :
Thiers (18.33) ; — Mignet (1836} ; — Victor Hugo (1841) ; — Noailles (ls49) ; — Désiré Nisard (1850); — Dupanloup (1854) ; — Sylvestre de Sacy (1854j ; — Legouvé (18a5) ; — Falloux (1856) ; — Emile Augier '1857) ; — Laprade (1858); — Sandeauf 1858); —duc de Broglie (1862); — Feuillet (1862 ; — Dufaure 1863) ; —Doucet (1865) ;— Cuvillier-Fleury(l866) ; -JulesFavreil867);—Autrann868);— Claude Bernard (1868) ; — Haussonvlllo (1869) ; — Champagny (1869) ; — Barbier (1869) ; — Ollivier (1870) ; — Marmier (1870) ; — Duvergier de Hauranne (1870) ; — duc d'Aumale (1871); — Littré (1871;; — Camille Rousset ,1871); — Loménie (1871); — Saint-René Taillandier (1873) ; — Viel-Castel (1873 : — Mézières (1874); — Alexandre Dumas fils (1874) ; — Caro (1874) ; — John Lemoinne ( 1875) ; — J. B. Dumas '1875); — Jules Simon (1875); — Charles Blanc (1876) ; — Boissier (1876) ; — V. Sardou (i 877). [Ch. F. Durand.] Pour les autres Académies, V. dans la I^^ Partie le mot Institut et l'article relatif à ['Académie des sciences morales et politiques.
ACCENTUATION. — Grammaire, VL — L'accentuation est la manière d'employer les accents. L'accent (du latin accentus, intonation) est proprement l'élévation de la voix sur une syllabe ou
ACCENTUATION
ACCENTUATION
sur un mot. Par une confusion regrettable, nous appelons aussi accents quelques signes orthographiques qui chez les Grecs sen'aient bien à marquer l'élévation de la voix sur une syllabe, mais qui chez nous ne servent qu'à modifier le son des voyelles.
Il y a trois sortes d'accents : l'accent tonique, l'accent grammatical, l'accent oratoire. Nous allons les passer en revue, et nous ajouterons quelques mots sur Y dLCzenX provincial, qui n'est pas une quatrième sorte d'accent, mais une modification le plus souvent incorrecte apportée aux trois autres par des particularités de prononciation et d'intonation propres à chaque contrée.