‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 82 sur 593 · ANIMAUX UTILES · texte numérisé non relu

ANIMAUX UTILES

les faisans, les perdrix, etc., et ces mêmes espèces peuvent devenir nuisibles aux cultures de céréales et de fourrages artificiels, aussi bien qu'aux forêts ; leurs dégâts doinient assez fréquemment lieu à des procès en indemnité. Le crapaud, ce batracien si utile pour détruire les insectes et qu'il est bon d'introduire dans les jardins, est un ennemi des ruches en dévorant le soir les abeilles qui reviennent au logis gorgées de nectar ou chargées de pollen. Les oiseaux rapaces de grande taille, destructeurs acharnés de gibier et de jeunes volailles, nous rendent des services en dévorant des mulots et autres rongeurs funestes. Les cantharides, insectes que recherche la pharmacie pour leurs propriétés vésicantes, peuvent dépouiller de leur feuilles les cimes des frênes et les lilas. C'est aux circonstances spéciales dans lesquelles on se trouve placé qu'il faut demander conseil pour diminuer l'expansion de certaines espèces, ou, au contraire, les entourer de la protection la plus efficace.

Une revue rapide nous permettra d'indiquer les groupes zoologiques où se trouvent nos ennemis les plus habituels ; c'est dans les articles consacrés à ces groupes qu'il faudra chercher les renseignements qui ne peuvent trouver place dans un article général.

Parmi les mammifères il faut citer les carnivores * (fouine, loup, renard, etc. ', les rongeurs * (écureuil, rats, mulots, etc.) ; le sanglier parmi les porcins *. Les oiseaux, si utiles en général, ont pour nous quelques ennemis, parmi les rapaces * de grande taille et presque exclusivement les diurnes, les colombidés dans les gallinacés *, les palmipèdes * piscivores. Parmi les reptiles * nous ne devons détruire que les serpents venimeux (ophidiens).

C'est dans la classe des insectes * que se rangent nos plus terribles adversaires, et les ravages de certains d'entre eux, qualifiés de fléaux par la Bible, prennent rang au nombre des calamités publiques. L'ordre des coléoptères * nous offre les dermestes, destructeurs des matières animales sèches préparées par l'industrie humaine, les vrillettes qui rongent nos bois ouvrés, certains lamellicornes, comme les hannetons, les charansons (calandre du blé), les longicornes et leschrysoméliens^dor3fphore des pommes de terre, eumolpe de la vigne, colaspe des luzernes, etc.), ces quatre groupes attaquant dans tous leurs organes les végétaux vivants. Les orthoptères, ces gros mangeurs de la création entomologique, ont les funestes blattes qui infestent les maisons, la courtilière si nuisible aux jardins, et ces terribles criquets voyageurs, improprement nommés sauterelles, dont les dévastations ont souvent amené à leur suite la famine et la peste. Les termites appartiennent aux névroptères-pseudorthoptères. Parmi les hyinénojjtères nous avons à redouter les guêpes, certaines fourmis, et beaucoup d'espèces de tenthrèdes. L'ordre aux riches couleurs des lépidoptères ou papilloiis * contient de nombreux ennemis de nos cultures dans le premier état, celui de chenilles. Ce sont surtout les hétérocères (vulgairement et à tort nommes papillons de nuit) qui nous sont nuisibles par certains bombj'ces et noctuelles, et principalement par ces petites espèces nommées microlépidoptères, les pyrales et les teignes (pyrale de la vigne, alucite du blé, galléries de la cire, teignes des maisons^ Dans les hémiptères hétéroptères, nous trouvons la punaise des lits et certaines punaises (pentatomes, tin gis) fort nuisibles à divers végétaux. Les hémiptères homoptères nous offrent des ennemis bien plus sérieux dans leurs groupes dégradés, les psylles, les-/i)ucerons, le phylloxéra, les cochenilles (sens général) ou cocciens. Puis vient le groupe funeste des thrips. Parmi les diptères, ou mouches à deux ailos, les uns tourmentent beanroup l'homme et ses animaux dômes; iques: tels sont les cousins, les

moustiques, les taons, les œstres, certaines mouches proprement dites; d'autres sont fort nuisiblesaux céréales et aux cultures potagères, ainsi le» tipulcs, les cécidomyies, les chlorops, les anthomyies, etc. Les articulés épizoïques, vivant sur les animaux, comprennent des insectes dégradés, les puces, 1 s poux, les ricins et, en partie, l'ordre des acariens, de la classe des arachnides, ordre qui compte aussi des espèces hostiles aux jardins, les tétranyques ou acariens tisserands.

Dans le sous-embranchement des vers *, le» helminthes ou entozoaires nous intéressent à un haut degré par les graves affections dont ils peuvent être la cause pour l'homme et ses animaux domestiques.

Aux mollusques * se rapportent les espècesphytophages, souvent si nuisibles, des gastéropodes pulmonés, connus sous les noms vulgaires de limaces et d'escargots ou colimaçons, et, parmi lesmollusques acéphales, les tarets se rangent au nombre des redoutables ennemis des vaisseaux et des digues. [Maurice Girard.]

AISIMAUX UTILES. — Zoologie, V. — IVous pouvons diviser les animaux qui nous rendent des^ services en auxiliaires, alimentaires et industriels.

1° Animaux auxiliaires. — Ce sont ceux qui aident directement ou indirectement l'homme dans cette lutte continuelle pour l'existence à laquelle le roi de la création est condamné, et dont il ne sort vainqueur que par un travail incessant. Les uns nous offrent le concours de leur force musculaire et de leur intelligence; tels sont les animaux domestiques* et certains animaux apprivoisés comme l'éléphant dans les Indes Orientales, les rapaces nobles (fauconnerie), le guépard, félin servant en Perse à la chasse. D'autres sont des protecteurs de nos ctiltures, de nos industries, des agents de conservation de nos animaux domestiques ou de nos gibiers; ce sont les destructeurs des espèces nuisibles. Ainsi les chauves-souris et les insectivores dans les mammifères et un nomb-re considérable d'oiseaux. Dans cette classe on peut dire que tout l'ordre des passereaux, qui comprend avec les grimpeurs la grande majorité des oiseaux, nous est utile au printemps, alors que les nichées sont alimentées d'insectes, nouri'iture azotée nécessaire au rapide développement des petits ; on ne doit h. cette époque détruire aucun de ces oiseaux, il faut interdire sévèrement le dénichage; en automne, certaines espèces causent des dégâts en dévorant les fruits et Ica graines, et leur chasse au fusil ou par divers engins, peut alors être autorisée selon les localités. Joignons à ces auxiliaires les petits rapaces diurnes et presque tous les rapaces nocturnes. Tous les reptiles sont utiles, ;\ l'exception des serpents venimeux, des tortues et des serpents non venimeux, ces deux derniers groupes étant, en grande partie, au nombre des animaux indifférents, dont la conservation s'impose toxitefois à tous les hommes d'intelligence à raison des harmonies naturelles que nous devons respecter. Tous les batraciens sont d'utiles insectivores.

Les insectes nous offrent de nombreux auxiliaires, carnassiers d'insectes nuisibles. Tels sont, dans les coléoptères, les tribus des carabiens et des silphiens, les staphylins, les lampjres ou vers-luisants, les téléphores, les malachics, les coccinelles, qui dévorent les pucerons. Aux orthoptères appartiennent les mantes, carnassiers d'insectes vivants, aux névroptères-pseudorthoptères les libellules, aux névroptères propres les panorpes, les fourmilions, les chrysopes et les hémérobes, mangeurs de pucerons et de cochenilles. Parmi les hyménoptères les gu;"pcs solitaires et les fouisseurs nous rendent des services en enfouissant dans leurs nids des espèces qui serviront de proie à leurs larves; certains hémiptères sont des carnassiers d'insectes, ainsi que divers groupes de diptères (asiles, volucelles,

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