‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 83 sur 593 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

syrphes), et d'autres diptères (mouches des cadavres, mouches stercoraires) contribuent puissamment à la salubrité atmosphérique. Quelques myriapodes et les arachnides, sauf les acariens, comptent parmi les carnassiers auxiliaires.

2° Anhyiaiix alimentaires. — Une grande partie de nos animaux domestiques, les gibiers à poils et à plumes, enfin un très grand nombre des poissons de mer et des eaux douces servent h notre alimentation. Parmi les articulés il faut compter certains crustacés décapodes (écrevisse, homard, langoustp, crevette), les escargots dans les mollusques gastéropodes, les huîtres et les moules et quelques autres espèces moins importantes dans les mollusques acéphales, enfin quelques rayonnes (holothuries, oursins).

3° Animaux industriels. — On peut réunir sous ce nom tous ceux dont nous retirons des produits variés, provenant de diverses sécrétions ou de la peau, des poils, des plumes, des cornes, des sabots, des viscères internes, etc. Tels sont tous les animaux domestiques, certains animaux apprivoisés ou captifs, comme la civette pour son musc, des gibiers ou des animaux sauvages, souvent nuisibles, recherchés pour leurs fourrures ou leurs plumages, etc. Parmi les insectes se rangent, à ce point de vue, les abeilles, les mélipones et trigones et les vers à soie de divers pays, appartenant tous aux bombyces (lépidoptères), les insectes vésicants (coléoptères des genres cantharide, mylabre, méloé), les insectes tinctoriaux qui sont les cynips de la noix de galle (hyménoptères), la cochenille du nopal et la cochenille silvestre et divers kermès européens, peu employés maintenant, des insectes à sécrétions cireuses blanches, utilisées en Chine et dans l'Amérique du Sud, ou à gomme-laque des Indes-Orientales, tous ces insectes appartenant aux hémiptères-homoptères.

Les annélides nous présentent une espèce utilisée en thérapeutique, la sangsue officinale; l'embranchement des mollusques, diverses espèces recherchées pour leurs coquilles élégantes ou nacrées (nautiles, ormées, volutes, cones' ou leurs perles (huîtres et moules perlières) ; celui des ra}'onnés les polj'pes du corail; celui des spongiaires, leséponges usuelles, pèchées principalement dans l'Adriatique et dans la Méditerranée, sur les côtes de la Tunisie et de la Syrie. [Maurice Girard.]

A»'ÉE. — Cosmographie, 111. — Donner à des enfants une définition bien claire et en même temps bien précise de cette période, qui, comme le jour, forme une division naturelle du temps, est chose plus difficile qu'on ne pense. Comme toutes les questions qui touchent au calendrier*, celle-ci, pour être traitée complètement et à fond, exigerait des connaissances astronomiques très-étendues, et une érudition assez rare. Mais en procédant méthodiquement par une série d'explications graduées, on peut arriver à faire comprendre aux jeunes intelligences de nos écoles primaires la matière de ce chapitre intéressant d'un cours de cosmographie. Voici comment.

^'ous partirions d'abord des notions \'ulgaires, et des phénomènes apparents dont la succession, la périodicité est déjà parfaitement connue d'un enfant de dix à douze ou quinze ans. Les diverses saisons, printemps, été, automne et hiver se distinguent dans les divers climats par certains changements dans la longueur des journées et des nuits, dans le degré de la chaleur et du froid et dans la végétation. Le retour de ces changements successifs, plus ou moins réguliers et plus ou moins tranchés, marque l'achèvement de la période d'une année, que l'expérience apprend d'ailleurs avoir une durée de 305 jours, quelquefois de 300.

Maintenant deux faits corrélatifs que chacun peut observer vont préciser cotte première nution. Le premier est l'inégalité de durée du jour et de la

nuit dans les saisons successives pour un même lieu de la terre. Au début du printemps, le soleil reste levé pendant environ 12 heures et reste couclié le même temps ; et la même chose arrive au début de l'automne ; le jour est égal à la nuit â chacune de ces deux époques : c'est le moment des c/iiinoxes. Entre l'cquinoxe du printemps et celui d'automne, le soleil (dans tout Ihémisphère nord) est plus longtemps au-dessus de l'horizon qu'audessous ; il se lève plus au nord, se couche plus au nord aussi ; il décrit un plus grand cercle, ou, si l'on veut, monte à midi à une plus grande hauteur sur l'horizon ; le contraire arrive, de l'équinoxc d'automne à l'équinoxe du printemps. Le solstice d'été correspond au plus long jour et à la nuit la plus courte, à la plus grande hauteur méridiennedu soleil ; le solstice dhiver au jour le plus court, à la nuit la plus longue ou au plus grand abaissement du soleil à midi. Ces deux faits d'observation, qu'on peut rendre sensibles aux enfants, précisent la durée de l'année ; elle se mesure par le nombre de jours écoulés, soit entre deux équinoxes, soit entre deux solstices de même nom.

On peut encore prendre pour point de départ le mouvement apparent qui, dans le cours des saisons, fait défiler successivement toutes les constellations devant nos yeux. Considérant, par exemple, à un jour et à une heure donnée, la position d'une étoile au méridien, d'Arcturus je suppose, il est aisé de constater qu'à la même heure les jours suivants elle sera de plus en plus occidentale, et que des étoiles plus orientales auront pris sa place. Le ciel change ainsi d'aspect de jour en jour, ou de nuit en nuit ; et, pour se retrouver semblable à la même heure et au même lieu, il faut qu'une année, environ 365 jours, se soit écoulée.

Jusque-là, il est vrai, la notion de l'année, si elle se lie à des faits bien définis, reste encore vague dans sa propre définition ; et, d'ailleurs, l'élève qui les aura bien saisis, n'en comprendra point encore la raison, c'est-à-dire le rapport qui lie ces phénomènes à la période de l'année même, la cause de cette période même. N'ayant eu égard qu'aux apparences, il serait porté à attribuer aux mouvements du soleil ou du ciel ce qui est le fait du mouvement de la terre. Arrive donc maintenant le moment de donner l'explication des phénomènes énumérés, par la translation ou la circulation annuelle de la terre autour du soleil.

Pour un premier degré d'initiation à ces notions, on se contentera de faire voir que la terre est un astre, une étoile ou plutôt une planète ; qu'elle est douée d'un double mouvement, d'une part tournant ou pivotant sur elle-même autour d'un de ses diamètres (de son axe ou ligne des pôles) en un jour; d'autre part décrivant en un an, autour du soleil, une courbe de forme elliptique, dont le plan forme avec le plan de l'équateur de la terre un angle constant, angle auquel on donne le nom d'obliquité de l'écliptique.

Alors viendra naturellement l'explication de la différence entre la durée du jour sidéral, qui est celle de la rotation du globe sur son axe, et la durée du jour solaire, intervalle qui s'écoule entre deux passages consécutifs du soleil au méridien. Les jours solaires étant inégaux, on a dû prendre une moyenne entre les plus longs et les plus courts dans la suite d'une année ; de là le jour moyen.

Enfin, viendront les définitions :

1° De Vannée «zV/eVo/e ; supposons une ligne droite ou rayon vecteur, joignant le centre de" la terre au centre du soleil, prolongée d'un côté ou d'autre jusqu'à la voûte céloste, et rencontrant, à ua instant donné, une étoile. La terre îirculant autour du soleil, le rayon vecteur parcourra successivement tous les points d'un grand cercle dont le plan est celui de l'écliptique. Quand ce rayon aura fait le tour entier du ciel et sera revenu coin-

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ANNELIDES

cider avec l'étoile du point de départ, il se sera écoulé une année, une ajinée sidérale, dont la durée est de 365 jours moyens 6 heures 9 minutes 10 secondes'.

2° De Y année tropique ; sxi'pxiO^oriz que notre point de départ soit celui de l'équinoxe, qui a lieu quand le plan de l'équateur terrestre passe précisément par le centre du soleil. Après une révolution qui ramènera cette coïncidence, il se sera écoulé une année, mais une année tropique, dont la durée est de 365 jours moyens 5 heures 48 minutes 47 secondes 52. L'année tropique est donc moins longue que l'année sidérale de 20 minutes 23 secondes «nviron, c'est à-dire que le retour de la terre, ou de son rayon vecteur à la même étoile est un peu plus long que son retour au même équinoxe. C'est le phénomène connu depuis 2,000 ans (Hipparque) «eus le nom de précession des équinoxes.

3° De Vanjiée anomalistiqiie . qui s'entend du retour de la terre au même point de son orbite, par exemple de l'intervalle compris entre deux passages consécutifs de notre planète à son périhélie.La durée de cette période est, en moyenne, de 365 jours moyens, 6 heures 13 minutes 33 sec. 74, plus grande de 24 minutes 45 sec. environ que l'année tropique.

C'est l'année tropique qui correspond exactement à la succession des saisons astronomiques, et c'est la raison qui l'a fait prendre pour base de la mesure du temps civil ; dès lors, le professeur pourra se borner à, la définir, au moins dans un premier exposé. L'année civile est formée, comme on sait, de 365 jours entiers, et l'excédant négligé forme, tous les quatre ans, une année bissextile. Ici se placera donc l'explication des réformes du calendrier, s'il y a lieu, c'est-à-dire si les connaissances •de l'élève permettent au maître d'entrer dans les •détails convenables.

Il est bien évident pour nous que les diverses définitions de l'année que nous venons de donner, ne pourront être utilement présentées ni clairement expliquées à la majorité des élèves ; en tout cas il importe que le maître fasse pour lui-même ces distinctions, afin de ne leur inculquer que des notions justes. Il lui suffira de définir l'année tropique, le retour de la terre aux équinoxes, d'expli- ■quer la succession des saisons et les durées inégales des jours et des nuits par les mouvements combinés de rotation et de translation du globe, par l'inclinaison et le parallélisme constant de son axe dans le cours d'une révolution.

Ces trois notions du jour sidéral, du jour solaire et de l'année tropique, convenablement développées, forment, en définitive, la substance de presque tout le cours de cosmographie en ce qui concerne le système planétaire.

Nous avons cru devoir insister sur la gradation h suivre dans la série des notions qui amènent les enfants à comprendre ce qu'est l'année, ce que sont les saisons et quelle est la cause de ces phénomènes ; il importe surtout de les faire observer «ux-mêmes, de les pi'ovoquer à réfléchir sur les faits dont on peut les rendre témoins chaque jour. Mais il sera bon aussi de s'aider du secours des expériences très simples qu'on peut faire avec un globe, avec une simple boule, qui représentera la terre, et qu'on fera tourner sur son axe en face d^une lampe, qu'on fera circuler ensuite autour d'une table ronde pour simuler la translation annuelle. Rien n'est propre comme ces simples et faciles expériences à graver dans la mémoire des enfants le rapport des faits et de leurs causes.

[A. Guillemin.]

A>'IvnLES. — Zoologie, XXIII. - {Etym. : formé d'anneaux.) — Dans les classifications zoologiques les plus usitées en France, on donne ce nom au second embranchement du règne animal. 11 se compose d'animaux formés d'une succession d'an-

neaux ou zoonites, et dont le type idéal serait une série d'anneaux soudés longitudinalement, tous pareils et pourvus chacun des organes de nutrition, de reproduction, de locomotion et de relation. En réalité, les anneaux se différencient les uns des autres, et d'autant plus que l'Annelé est plus élevé. Le plus généralement le système nerveux principal, situé de part et d'autre du tube digestif, se compose, du côté dorsal, d'un cerveau formé de deux ganglions plus ou moins soudés, d'où part un collier nerveux entourant l'œsophage et rejoignant en dessous, du côté ventral, une double chaîne nerveuse ganghonnée, à deux ganglions par anneau, ceux-ci présentant des soudures variables dans le sens longitudinal et dans le sens transversal.

Les Annelés ont été divisés en deux sous-embranchements, celui des articulés * ou arthropodc.ires (chez lesquels les appendices sont articulés) et les vers * (offrant des appendices non articulés quand ils existent), subdivisés en annélides * et helminthes *. Nous n'avons pas à examiner le mérite de cette classification, qui a l'avantage d'être simple et commode dans la pratique, et nous ferons remarquer que toutes les classifications possibles sont approximatives et que leur discussion n'a rien d'élémentaire, partant rien d'essentiel. Il faut les prendre comme moyen de grouper les êtres à décrire et négliger les difficultés de détail.

[Maurice Girard.]

AN>-EL1DES. — Zoologie, XXVIL -- {Étym.: comme Annelés.)

1. Caractères généraux des Annélides. — Ces animaux, presque tous à vie aquatique et dont la plupart habitent les côtes maritimes, forment la première classe du sous-embranchement des vers*.

Ils n'ont jamais de membres articulés. Cuvier les a séparés des vers proprement dits ou helminthes, sous le nom de vers à sang rouge, ce qui est en effet la couleur fréquente de leur plasma nourricier, comme on le voit bien dans les sangsues et dans les lombrics; on distingue tout de suite, au moyen du microscope, ce sang de celui des vertébrés, par l'absence des corpuscules en disques circulaires ou elliptiques , dits hématies.

La forme de leur corps est celle d'une série d'anneaux, presque toujours bien distincts et se ressemblant beaucoup entre eux; ceux des extrémités, surtout de la tête, offrent seuls quelques différences.

La locomotion s'opère par reptation, ou à la na^e par ondulations. Elle a lieu chez certains annélides au moyen de tubercules charnus situés sur les côtés du corps, souvent sur deux rangs, parfois réunis, une paire à l'arceau dorsal, l'autre à l'arceau ventral; chacun porte un cirrhe ou filet rétractile, entouré d'un faisceau do soies raides, ce qui a fait donner à l'organe le nom de rame ou de pied sétifère. D'autres annéUdes n'offrent comme organes de locomotion que des poils raides implantés dans la peau (lombrics), ou au contraire que deux ventouses contractiles aux deux extrémités du corps dont la peau est nue (sangsue).

La respiration s'opère par des branchies ou replis mous de la peau, presque toujours externes, tantôt en houppes sur les côtés du corps, tantôt en panaches à la région antérieure, et parfois semble se faire par toute la surface de la peau (lombrics).

Le tube digestif est continu, de la bouche à l'anus ; il est le plus souvent droit, quelquefois garni d'un nombre plus ou moins considérable de caecums placés de chaque côté. Le régime des annélides esi le plus souvent carnassier; ils vivent parfois de détritus animalisés ou azotés.

La circulation du sang se fait dans un appareil

ANNELIDES

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fort complexe, constitué en entier par des vaisseaux clos, dont la plupart remplissent les fonctions d'artères et de veines, quelques-uns étant contractiles et tenant lieu de cœurs. Cette organisation élevée du système circulatoire avait trompé Cuvier sur la véritable place des annélides, qu'il classait en tête des articulés. On a dû abandonner cette manière de voir, et ramener les annélides à un rang inférieur, d'après leurs affinités plus réelles avec les helminthes dont la plupart sont des vers entozoaires, c'est-à-dire parasites internes des animaux.

2. Principales divicions de la classe des Annélides. — On les subdivise en Sétigères ou Chétopodes, c'est-à-dire munis de soies servant à la locomotion, et en Apodes, pi'ivés de ces organes locomoteurs.

I. Annélides chétopodes : — 1° Ord7'e des Annélides errants. — Les Chétopodes les plus élevés constituent l'ordre des Annélides errants ou dorsibranches, c'est-à-dire à branchies portées sur toute la face supérieure du corps ou sur sa région moyenne ( fig l,c). La tète est presque toujours

Fig. 1. — B. Serpule retirée de son tube. — C. Arénicolu des pêi'.heurs.

bien distincte et garnie à la nuque de plusieurs paires de filets ou tentacules, nommés souvent antennes ; il y a aussi des points noirs ou colorés qui sont des yeux. La bouche est munie d'une trompe .protractile, c'est-à-dire rentrant dans le corps à la volonté de l'animal ou en sortant ; sa longueur est parfois considérable et son extrémité est souvent munie de dents en pointes ou en crochets. Cette trompe est l'organe de préhension des aliments.

C'est aussi l'instrument qui sert à ces Annélides errants pour creuser des galeries où ils s'enfoncent avec une grande rapidité dans le sable humide. Certaines espèces consolident leur galerie, en la tapissant d'un léger fourreau, formant une sorte d'habitation passagère, que l'animal peut quitter à volonté. Nous citerons, dans les Annélides errants : les Aphrodites, souvent rejetées sur le rivage à la marée montante .après les grob

temps, et ûont le corps ovalaire est bordé de longues soies qui brillent au soleil des plus riches teintes métalliques; les Néréides, souvent employées comme amorces de pêche, très communes sur nos côtes, à corps grêle, très allongé, avec une trompe armée de deux mâchoires très fortes ; les Eunices, analogues de forme aux Néréides, enfin les Arénicoles (V. ci-dessous).

2° Ordre des Annélides tuhicoles. — Cet ordre comprend les Annélides habitant un tube ou fourreau. Ces animaux sont fixés dans la majeure partie de leur existence, ils n'ont ni tête distincte, ni mâchoires, ni yeux, ni antennes. La région antérieure de leur corps, celle qui reste toujours en partie hors du fourreau de protection, offre un panache ou couronne d'appendices, dont les uns constituent des branchies de respiration, d'autres servant à la préhension des aliments ou à la locomotion, pour ceux de ces Annélides qui peuvent se traîner sur le sol avec leurs fourreaux. La plupart de ces animaux ne peuvent ni nager ni marcher, et leurs pieds peu saillants ne leur servent guère que pour s'élever ou pour descendre dans le tube, où ils résident à poste fixe.

Les tubes de ces annélides sont produits par des exsudations de la peau de l'animal. Tantôt ils sont durs et calcaires, droits ou flexueux, souvent collés aux rochers ou aux coquilles, comme des incrustations ; c'est ce qui a lieu pour les Serpides iV. fig. 2 et fig.l,6)que la solidité de leurs tubes permet de retrouver à l'état fossile. Ils ont la région antérieure du corps ornée d'une couronne de superbes panaches disposés en entonnoir. Les Am-

Fig. 2. — Serpules.

phitrites sont faciles à reconnaître aux grosses soies dorées, qu'on voit rangées, comme les dents d'un peigne, à leur région antérieure. Certains annélides tubicoles, tels que les Sabelles et les Térébelles, laissent sortir du sable la partie antérieure de leur fourreau ; ils s'enfoncent avec lui, en partie, en cas de danger, dans une courte galerie, qui s'approfondit, à mesure que l'animal grandit, et cela à l'aide des mouvements de la queue ou extrémité terminale du corps. Ce fourreau reste toujours au fond, et présente dans sa partie antérieure la consistance du parchemin mouillé ; en arrière, il n'est souvent ni plus ferme, ni plus épais qu'une pelure d'oignon.

3° Ordre des Aniélides terricoles, — C'est l'ordre inférieur des Chétopodes ; on les nomme Terricoles

ANNELIDES

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parce qu'ils vivent dans la terre ou dans le vase, ou encore Ahrmiches oligochèles, c'est-à-dire dépourvus do branchies extérieures et munies d'un petit nombre de soies, le plus souvent sans tête ni yeux, ni appendices bien distincts. Le corps ost cylindrique, aminci aux deux bouts, garni de plusieurs rangées de soies raides qui leur servent à se hisser hors des trous où ils demeurent le plus souvent. Tels sont les Lombrics qui vivent dans la terre végétale, et les Nais habitant les eaux douces, dans des trous de la vase des étangs et des ruisseaux, ayant le corps plus allongé et moins distinctement annelé que celui des Lombrics.

Les naturalistes modernes font avec raison des Lombrics non pas une subdivision des Annélides, mais une classe à part, les Lombriciens ,èzà\(i en importance à celle des Annélides. Cette distinction est motivée par la différence profonde des caractères qui lesséparentdes Annélides proprement dits, leur séjour non dans leau, mais dans la terre végétale ou dans la vase, l'absence chez eux de métamorphoses, la disposition tout autre de l'appareil locomoteur, l'absence complète de branchies externes, Thermaphroditisme à peu près général de toutes les espèces. Il ne reste de commun entre les Lombrics et les Annélides qu'une sorte de similitude trompeuse dans la forme extérieur. Si nous conservons l'ancienne classilication qui fait rentrer les Lombrics dans la classe des Annélides, c'est au point de vue seulement de la simplicité qui est d'une importance capitale dans l'enseignement élémentaire.

IL Annélides apodes. — Les Apodes constituent l'ordre des Annélides suceurs ou Ahranches sans soies de Cuvier. Presque tous vivent dans les eaux douces, s'attachant en général à divers animaux dont ils sucent les fluides nourriciers. Ils nagent par ondulations ou rampent au moyen de deux ventouses placées aux deux extrémités du corps, et permettant une forte adhérence aux objets. La bouche, ordinairement armée de petites mâchoires, est placée au fond de la ventouse antérieure, et l'anus est situé à la base de la ventouse postérieure. Telles sont les Sangsues ou Hirudinces.

3. Espèces communes à étudier comme types. — On pourra fixer particulièrement l'attention des élèves et diriger les exercices d'observation expérimentale sur les trois espèces suivantes considérées comme types des annélides :

1° Vers de sable ou aré7iicoles (V. fig. 1). — L'espèce intéressante de ce groupe est Varénicole des pêcheurs, que Linné confondait avec les lombrics sous le nom de lombric marin. Cet annélide a le corps partagé en trois régions distinctes : 1" région antérieure : tête peu distincte, sans appendices, portion thoracique très atténuée en avant, puis renflée en fuseau avec des étranglements variables plus ou moins marqués ; elle prend l'aspect d'une sorte de massue quand l'animal se contracte ; elle comprend sept anneaux sans branchies, mais dont les six postérieurs ont des pieds ; 2° région abdominale comprenant 13 anneaux et portant des branchioî en forme de petites houppes ; 3" région caudale nue, sans branchies; ayant à peu près le tiers de la longueur du corps entier cylindrique, finement plissée transversalement, sans pieds ni soies et se terminant par un anus capable de s'ouvrir très-largement. Le ver de sable atteint parfois 20 à i'.') centim.de longueur; il a dss teintes très variables suivant l'influence des fonds sur lesquels il vit. de couleur claire sur les sables purs, d'un noir profond et velouté avec de magnifiques reflets irisés sur les plages vaseuses riches en dctriius organiques.

L'arénicole, très commune sur toutes les côtes

occidentales d'Europe, est employée comme appât par les pêcheurs pour les lignes de fond.

On la prend sur la plage à marée basse en fouillant le sable humide aux endroits où l'on voit déposes de petits tortillons de sable ou de vase : ce sont les excréments de l'arénicole, qui, comme le ver de terre, avale la terre ou la vase pour en extraire les matières azotées. La galerie où l'arénicole s'enfonce avec une extrême promptitude au premier ébranlement du sol est recourbée en forme de siphon : il faut donner le coup de pioche entre les deux orifices de ce siphon pour saisir le ver. Quand on le touche, il secrète en abondance un liquide qui tache fortement les mains en jaune orangé, parfois un peu verdâtre ; on voit fréquemment ces taches aux mains des femmes et des enfants de nos populations côtières.

2° Ver de terre ou lombric. — Le lumbricus terrestris de Linné ou ver de terre ordinaire est trop connu pour que nous a}'ons besoin d'en donner ici la figure. Le seul organe qu'on y puisse faire remarquer à l'œil nu, c'est une sorte de bourrelet ou de ceinture, appelé le clitellum,(\\i\ se trouve chez presque tous les lombriciens dans la région moyenne du corps, ceinture qui se gonfle et ne devient bien visible qu'à l'époque du rut.

La génération chez les lombrics présente des faits importants, dont le détail anatomique ne peut trouver place ici. L'animal est monoïque, c'est-àdire qu'un même sujet porte les organes des deux sexes, mais la reproduction n'a lieu que par un accouplement réciproque, comme chez les limaces e colimaçons : au printemps on voit souvent deux vers de terre collés l'un à l'autre par le clitellum et enveloppés d'une sorte de gaine mucilagineuse temporaire sécrétée à cette région et durcie par l'air.

Les œufs du lombric terrestre sont enfermés dans une coque en forme de boule jaune, avec une pointe mousse à chaque pôle, chaque coque contenant de trois à cinq œufs.

Les vers de terre demeurent presque toujours dans des tuyaux qu'ils creusent dans la terre végétale. Ils s'enfoncent très profondément lors des sécheresses, et sortent au contraire après les averses prolongées, alors que l'eau qui inonde leurs tubes terreux les noierait. Ils se hissent au dehors au moyen de leurs soies. Ils ne peuvent manger que des matières complètement décomposées et vivent uniquement de l'humus, le recherchant d'autant plus avidement qu'il est plus azoté ; aussi, comme le savent bien les pêcheurs à la ligne, les lombrics abondent dans la terre sous les amas de fumier. Ce sont en général des animaux indifi'érents pour nous au point de vue agricole. Ils nous rendent plutôt service dans les fortes terres argileuses, que leurs trous criblent de tuyaux naturels de drainage aérien ; par contre ils sont parfois nuisibles dans les jardins en bouleversant les semis. Accidentellement, quand le sol n'a pas d'humus, ils entraînent dans leurs trous des débris de feuilles ou de paille ; mais ce n'est que quand ces débris sont bien pourris qu'ils peuvent servir de nourriture aux lombrics. C'est ce qui a fait supposer à quelque» personnes qu'ils vivaient de végétaux, ce qui est inexact, car leurs excréments, rejetés hors dos trous en forme de tortillons terreux, ne contiennent que do la terre sans débris végétaux. Quand la terre est bien fumée, ils n'ont besoin d'entraîner aucune parcelle de plante, ce qui permet d'assurer qu'ils ne nuisent pas aux cultures engénéral.

Les Lumbricus sont de l'Europe, de l'Egypte, de l'Amérique du Nord et de l'Australie. Los autres genres sont étrangers à l'Europe.

■',° Sangsues. — Les sangsues sont rangées par MM. Paul Gervais et Van Bcnéden (zoologie médicale) parmi les vers proorement dits ou helminthes,

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