‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 84 sur 593 · ANNÉLIDES · texte numérisé non relu

ANNÉLIDES

ANNUITES

dans la classe des Cotylidcs, la plupart des vers de cette classe étant des parasites internes danimaux, tandis que les sangsues ou hirudinées vivent bien du sang de divers animaux, mais d'une manière passagère. Sans discuter ce rapprocliement, nous continuerons, pour motif de simplification, à laisser ces animaux dans les Annélides.

Le genre le plus important pour nous est le genre sangsue (Hirudo, Linné, ou Sanguisuga, Savigny), présentant un corps allongé, subdéprimé, rétréci graduellement en avant, obtus en arrière, mollasse, des anneaux égaux, au nombre de 9.i, très-distincts, saillants sur les côtés et quinés, c'est-à-dire disposés cinq par cinq (V. fig. 3). Comme les limaces et les lombrics, les sangsues sont monoïques, chacune offrant sur des anneaux distincts les orifices sexuels, les uns mâles, les autres femelles ; mais un sujet ne peut néanmoins se féconder lui-même, il faut le concours de deux individus. Le corps offre en avant une ventouse orale peu concave , à lèvre supérieure très-avancée et presque lancéolée. La bouche, grande relativement à la ventouse orale, est munie de trois mâchoires égales, grandes, demi-ovales, très-comprimées, à denticules nombreuses et très-pointuos, produisant la petite blessure étoilée qu'on voit sur la peau après la succion d'une sangsue. Il y a dix points oculiformes en ligne courbe autour de la ventouse orale. La ventouse anale , plus grande que l'orale et au moyen de laquelle on voit si souvent les sangsues se suspendre la tête en bas, est moyenne Fig. 3. — Sangsue mé- 6* obliquement terminale, dicinale! et l'anus très-petit, arrondi,

à peine visible.

L'espèce principale est la sangsue médicinale (Hirudo medicinalis, Linné) qui habite les eaux douces, fossés, mares, étangs et petites rivières de l'Europe, de certaines localités de l'Afrique septentrionale et de l'Asie Mineure. Le dos est généralement d'un grjs olivâtre, avec des bandes plus ou moins distinctes, le bord olivâtre clair, les bandes marginales du ventre droites. Le commerce distingue plusieurs variétés de sangsues, surtout d'après les couleurs : verte, noire, rouge, jaune, fauve ou grise. Une seconde espèce est la sangsuetruite {Hirudo troctitia, Johnson), dite dans le commerce dragon d'Alger, avec rangées de taches claires sur le dos, d'Algérie et du Maroc, mêlée chez les marchands à la vraie sangsue médicinale et aussi bonne. La sangsue bordée {H. marginata, Risso), à bords d'un rouge de safran vif, est des environs de Nice. On trouve dans les lacs du Sénégal une petite sangsue {H. mysomelas, Henry. SéruUas et Virey) usitée dans le commerce, mais d'un prix moins élevé que la sangsue médicinale, car elle suce moitié moins de sang. Enfin on se sert aux Indes, notamment dans notre colonie de Pondichéry, d'une sangsue plus grosse que la nôtre, la sangsue granuleuse [H. gramdosa, Savigny), et qui cause parfois de vraies hémorrhagies auxquelles il faut porter remède.

Les sangsues se blottissent dans la vase solidifiée lorsque les sécheresses ont tari les mares où elles vivent. Elles s'accouplent au printemps et surtout en été ; après cette opération, dont la durée trèsvariable est de trois à quinze heures, elles pondent

des embryophores (porte-embryons) en forme de cocons ovalaires, spongieux, à surface villeuse, d'un jaunâtre translucide, chacun contenant de trois à trente germes avec leur vitellus. Il en sort de petites sangsues en façon de fils, dites filets, qui ne subissent pas de métarmophoses. Les cocons sont toujours pondus hors de l'eau, sur le rivage, dans les creux des murailles qui baignent dans les fossés, dans le limon déposé par l'eau, parfois dans les galeries de taupes ou de rats où s'amassent un grand nombre de sangsues, contre les joncs, etc. Il y a des paysans qui connaissent très bien ces cocons et vont les porter dans de petits viviers pour obtenir les sangsues.

L'emploi des sangsues en médecine, quoique moindre qu'il y a une trentaine d'années, est encore considérable. Elles servent à pratiquer des saignées locales, soit lors des contusions ou des congestions sanguines en certains points, soit afin de modifier un état général dangereux. Il faut élever artificiellement les sangsues afin d'en avoir des provisions suffisantes, soit pour la France, soit pour beaucoup de pays où elles n'existent pas et où on les exporte. Cette éducation [hirudiculiure), se fait dans des bassins ou marais à sangsues, nommés barrails , notamment dans la Gironde. On peuple ces marais à sangsues au moyen d'embryophores recueillis dans des paniers et provenant de la vase des marais voisins qu'on fouille à la bêche; mais comme ce moyen est insuffisant, on fait venir des sangsues adultes de Hongrie, des Princioautés danubiennes, de Turquie, de Grèce, etc. On les fait voyager dans la saison froide, à la fin de l'automne, jamais en été. Elles sont emballées dans de la mousse humide ou dans de la terre glaise mouillée et divisée en grumeaux. On les nettoie et on les laisse se reposer quelques jours dans de l'eau claire et calme avant de les mettre dans le barrail.

On emploie divers moyens pour nourrir les sangsues dans le marais d'élevage. On place sur des planchettes flottantes du sang de veau pour les filets, du sang de bœuf pour les adultes. Comme il est reconnu qu'une alimentation par le sang des animaux vivants rend les sangsues mieux portantes, des éleveurs mettent dans le barrail des grenouilles à cuisses brisées, sur lesquelles se jettent les sangsues. Plus habituellement on fait entrer à mi-jambes dans le barrail des ânes, des mulets, des chevaux, des vaches (ces dernières sont moins traitables), et les sangsues s'attachent en grand nombre aux parties immergées. On ne laisse les animaux que peu de temps dans l'eau et on a soin de les refaire au moyen de bons pâturages placés à côté. — Cf. : Monojraphie dts sangsues médicinales, par Ch. Fermond ; 1 vol. in-b", Paris, Germer-Baillière, 1854.

Les Hsmopis sont des Sangsues à mâchoires non dentelées, ne pouvant percer la peau externe de l'homme ou des animaux vertébrés. Une espèce très-commune dans les mares de l'Euiope centrale et surtout méridionale est la Sangsue chevaline {H. sanguisuga), très-mollasse et paraissant morte quand on la saisit. Elle est parfois incommode parce qu'elle peut piquer les muqueuses de la bouche, du nez, du larynx et du pharynx des animaux domestiques ou de l'homme, venant boire ou se baigner dans les eaux douces. Nos soldats ont été cruellement tourmentés par cette Sangsue en Egypte, en Algérie et surtout eu Espagne et en Portugal, où elle est très-commune. [Maui'ice Girard.]

A»'UITÉS. — Arithmétique, IV. — {Ltym. du latin annuus, annuel.)

On nomme annuité une somme payée annuellement, soit pour éteindre une dette (V. Amortissemenl), soit pour constituer un certain capital à une

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époque déterminée. C'est à ce dernier point de vue que la question sera traitée dans cet article.

1. Supposons, par exemple, que l'on place annuellement 120Ùf pendant 7 ans, les intérêts étant calculés à 5 p. 0/0. Il y a deux cas à distinguer, suivant que l'annuité est payée au commencement ou à la fin de chaque année. Examinons d'abord le premier cas.

Les 1200'

pijés

eommfiiremciit d: U

1"JI l2' - 3« -

7 ans

Et la somme de tous ces capitaux définitifs partiels sera le capital définitif total. Or, si l'on écrit ces capitaux partiels dans un ordre inverse, on recon-

Pour en obtenir la somme, il faut multiplier le dernier terme par la raison, retrancher de ce produit le premier terme, et diviser la différence par la raison moins 1, ou par 0,05. En appelant A la somme cherchée, on aura donc*.

2. Dans le second cas, où chaque annuité n'est payée qu'à la fin de chaque année, les versements successifs produisent des capitaux partiels qui ne diffèrent de ceux écrits ci-dessus que parce qu'ils sont divisés par 1,05; le capital définitif total est donc égal lui-même à celui qu'exprime la formule (1), divisé par 1,05; on a donc

3. Pour se servir de ces formules, on calcule d'abord (1,05)''.

Si l'on pose œ=(],05)",

on en tire

log a; = 7 log (1,05) = 7.0,0211893=0,1483251

et les tables de logarithmes donnent

S'il s'agit alors de la première formule, on trouve

et, s'il s'agit de la seconde,

120of.[l,4071 — 1]

4. Il est facile de généraliser. Soit a l'annuité, r l'intérêt d'un franc, n le nombre d'années, ei A le capital définitif total. Dans le premier cas, les capitaux partiels successivement produits seront : a(H-r)», a(l-+-r)n- i, a(l-f 7-)"-2, etc., jusqu'à a[\-\-r).

Si l'on renverse les termes de la progression et qu'on fasse la somme, on devra multiplier le dernier terme a (1 -f-r)» par la raison (l + r), retrancher du produit le premier terme a{\-\-r]y et diviser la différence par la raison moins 1 , ou par r. On aura donc

cn-i-r)" + i — a(l-4-r)

r alfl + r)" — l](l+r)

Dans le second cas, le capital définitif total sera celui de la formule (3) divisé par 1 + r :

5. Pour calculer A par ces formules, on pose a; = (l-|-î')'», d'où log x = n log (1 4-r); et, une fois x connu, la formule (3) devient

et la foi'mule (4) donne

valeurs que l'on peut aussi calculer par logarithmes.

G. Il arrive le plus souvent que c'est l'annuité a qui est inconnue.

Dans ce cas, on calcule toujours x comme cidessus ; alors la formule (3) donne

kr

et la formule (6) donne

kr

Supposons, par exemple, que l'on demande: Quelle ajinuité faut-il servir pendant 20 ans pour constituer un capital définitif de 100000', les intérêts étant calculés à 4 ^ p. 0/0 ?

On aura d'abord

log X = 20.log 1,045 = 20.0,01911629 = 0,3823258

et les tables donneront a; = 2, 12973. Laformule(7) donnera ensuite

100000.0.045 o^.tr^o a = - — ^ . . , — - = 3811f,72 I,l2ii73. 1,045

et la formule (8)

7. Il arrive souvent aussi que l'inconnue est le nombre 7i d'années. Dans ce cas, on tire de la formule (3)

(^+'')"=r(rF7) + ^* (^^

Si b désigne la valeur du second membre, facile à calculer, on a, en prenant les logarithmes,

log b

7ilog.{l + r)=\osb, d'où n

log (!+?•)

S'il s'agissait de la formule (4), on en tirerait de même

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