CHARDON A GROSSE TETE. PET D'ANE DES PARISIENS
[Cardans eriocephalus). La racine de ce chardon est grosse, d'un goût aromatique agréable , ainsi que sa tige et ses feuilles, excepté cependant une partie moelleuse, blanche, sèche et insipide. Ses feuilles sont de la longueur de plus d'un pied, étroites, revêtues de duvet ,par dessous et d'un vert noirâtre par dessus , rudes et garnies de longues épines. Les sommités des branches portent des têtes grosses , rondes , écailleuses avec des pointes peu piquantes , entrelacées d'un duvet blanc et délié très-épais. Ses semences sont oblongues, luisantes, cendrées, cannelées, un peu aplaties et enveloppées d'une espèce de coton. Il sort de ces têtes un suc laiteux. La plante croît sur les bords des chemins , des champs , des prés, dans les lieux élevés et montagneux. J'ai dit que quelques personnes font cuire les têtes de ce chardon avant que les fleurs paraissent et que , après les avoir assaisonnées avec du beurre et du poivre , elles les font servir sur les tables comme des artichauts dont les propriétés sont à peu près les mêmes.
CHARDON DES INDES ORIENTALES [Melocactus Indice orienta- Us). La tête de ce chardon est fort grosse , sa forme ovale et garnie d'épines. Ses racines présentent' l'assemblage du concombre , du melon et du chardon réunis; son écorce est verte, divisée par côtes , sa chair blanche , ferme et épaisse ; sa saveur est semblable à celle de la courge ; on la digère difficilement. Au bas du duvet de ce chardon se trouve un fruit ou des follicules membraneuses de couleur de sang dont la tête est alimentaire . On trouve ce chardon dans la Jamaïque et dans l'Amérique méridionale.
Chardon marin ou Chardon notre- dame (Carduus marinus, L.). Artichaut sauvage. Il est haut de trois ou quatre pieds, et porte à ses sommités des têtes garnies de pointes aiguës. Il croît dans les lieux incultes ei dans les jardins. Les Italiens en mangent les racines en guise d'artichaut dont elles ont à peu près le goût et les propriétés alimentaires. Dans plusieurs contrées de l'Europe , les jeunes pousses se mangent en salade. On apprête comme les é pinards les tiges après les avoir assaisonnées d'huile et de sel,
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CHARDON ROLAND. PANICAUT. (Eryngiumcampestre, L.). il y a deux espèces de celte plante •. Tune croît dans le sable sur bord de la mer, l'autre dans les terrains les plus ingrats et spontanément sur les bords des chemins. Elle pousse dans le printemps et offre un aliment agréable. En Suède et en Danemarck, on en mange les jeunes tiges en forme d'asperge, dont elles ont à peu près les propriétés alimentaires. En Allemagne et en France on en mangeait autrefois la racine qui passait pour être aphrodisiaque , parce que sa saveur est excitante comme celle du raifort ; aujourd'hui elle n'est plus en usage.
CHAPON {Capiis , Gallus castratus). Poulet châtré pour qu'il ne s'épuise pas par le plaisir , qu'il acquière plus d'embonpoint et que sa chair soit plus grasse , plus tendre et plus délicate -, cette opération fait perdre la voix ; ce qui prouve le rapport intime qu'il y a entre les testicules et cet organe, si le coq devenu chapon conserve encore un peu de voix , elle est plus que rauque , basse et étouffée. Il est parlé de la castration des poulets dans le Deutéronome ; on la pratiquait à Rome où il y avait des chapons qui pesaient jusqu'à seize livres ; un bon chapon ne doit être ni trop jeune , ni trop gras , parce que la digestion s'en ferait difficilement. Cet aliment est excellent , nourrit bien et convient surtout aux personnes énervées ; la cervelle seule pèse sur l'estomac à cause de sa viscosité ; les Egyptiens ne châtrent pas les poulets , ce qui est d'autant plus étonnant , qu'on n'y épargne pas cette opération aux hommes ; les chapons nourris à la campagne sont meilleurs que les autres. On lit qu'en l'an 11 de la troisième guerre punique , Caius Fannius fit défendre de manger d'autre volaille que celle qui aurait été nourrie dans les champs.
Il y a aussi une espèce de raie épineuse qui porte ce nom. CB ARQUÉ. En portugais et en espagnol y ce mot signifie viande. Dans les provinces de Rio-Grande et de la Plata au Brésil , on y fabrique le meilleur charqué ; on écorche pour cela un bœuf ; on en enlève les plus grosses bandes de chair, en les séparant des os , on met cette chair dégraissée dans de la saumure chaude , pendant douze à quarante-huit heures, et après T avoir retirée , on la fait sécher au soleil. Ce charqué est très-recherché des Brésiliens, des matelots, des Nègres et même des gens riches ; il a le goût du bœuf fumé ; on en fait des ballots qu'on transporte aux Antilles ; il ne peut convenir qu'aux bons estomacs , aux hommes de peine ; il y a tant de chair ou viande de bœuf dans l'intérieur des terres du Brésil et de la république Argentine , qu'on la brûle dans quelques lieux pour faire cuire les alimens et pour en engraisser les cochons, ce qui rend leur chair coriace et de mauvais goût.