CHEVREUIL
moins utile que la brebis par son lait , son beurre, son fromage, sa sérosité , son suif , le fumier , la peau et les poils qu'on en retire. Les poètes ont dit que le maître des dieux , le grand Jupiter, fut nourri de son lait, qui sert aussi à nourrir les enfans et à engraisser les personnes maigres. ( Voir art. Lait.) Galien dit que la chair de cet animal est moins sèche que celle de bœuf et plus que celle de cochon. Dans l'Isère, dans le haut Valais , sur les monts Karpathes et autres lieux élevés, la chair fumée de la chèvre sert à l'alimentation dans la saison des f rimats ; c'est en Italie et en Espagne qu'on en mange le plus \ mais on dit que les anciens Grecs en mangeaient encore davantage. Pline remarque que cette chair passait pour être fiévreuse. Hippocrate observe que l'épilepsie était plus commune dans la Libye, où le principal aliment était la viande de chèvre; les anciens voulaient que les prêtres s'en abstinssent. On immolait cet animal à Bacchus. En Guinée , à Angola et sur les côtes de l'Afrique on trouve une chèvre qu'on appelle bouc de Juda , qui ne diffère de la nôtre que parce quelle est plus petite , trapue et grasse. Sa chair est préférée à celle du mouton. Le chevreau était un des mets favoris des anciens et surtout des peuples pasteurs. Dans les festins dont parle la Bible on voit toujours sa chair faire l'ornement des tables. On le faisait aussi servir aux sacrifices. Athénée donne une place au chevreau dans sa description des festins de la Grèce. Les plus estimés étaient ceux des vallées aromatiques , de l'Attique et de la Sicile. Selon Juvénal, ceux de Tivoli et de la campagne de Rome étaient fort recherchés. La chair du jeune chevreau est à peu près semblable à celle de l'agneau. Mêmes propriétés.
CHEVRETTE or SÀLÎCOQUE ( Gammarus ) . Crustacé marin qui, comme l'écre visse, rougit par la cuisson. Sa saveur est agréable , mais la chair est de difficile digestion. On le fait bouillir dans le vinaigre pour le rendre moins pesant sur l'estomac.
chevreuil (Cervus capreolus,L.). Quadrupède sauvage, ruminant, plus petit que le cerf, élégant dans ses formes ; ses mouvemens sont pleins de souplesse et de légèreté ; ses yeux vifs et expressifs. On n'en connaît en France que deux variétés , les bruns et les roux -, ceux-ci sont plus gros que ceuxlà ; leur robe est toujours propre ; leur poil, net et lustré. Ils ne se roulent jamais dans la fange comme fait le cerf-, ils habitent les lieux les plus élevés, secs, et où l'air est le plus pur. Ils diffèrent du cerf et du daim par le naturel, par le tempérament et par les mœurs. Ils demeurent en famille ; le père , la mère et les petits vont ensemble ; on ne les voit presque jamais s'associer à des étrangers. On en trouve presque partout en France, surtout dans les cantons boisés de l'Alsace et dans les forêts des environs de Paris. M. Stadel , pharmacien à Giesen en Souabe,