‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 114 sur 407 · CHIMÈRE · texte numérisé non relu

CHIMÈRE

billement et de cordages pour les bateaux ; les tendons et les intestins de vitres , dévoiles , de fil à coudre , de ficelle à lier, les. os pour faire toutes sorte d'ustensiles de ménage. Tels sont les avantages que lhomme peut tirer d'un seul animal , lorsque son goût n'est pas dépravé par l'abus de l'abondance qui le rend délicat et paresseux. Quant aux chiens de mer de l'Amérique , on sait que Ton retire des jeunes une huile bonne à manger , sans aucune odeur ; leur chair fait les délices des sauvages , ainsi que f huile avec laquelle ils oignent leurs cheveux.

Chien marin. Cheval marin , appelé par les Allemands wasserbauch. Poisson très-singulier, d'environ trois pieds de long , sans écailles ni nageoires ; sa tête est grande ainsi que sa gueule et sa gorge ; son ventre large et plat comme un sac vide ; ses dents minces et aiguës comme celles d'un serpent ; ses parties iuternes si petites qu'on peut à peine les distinguer. Sous le ventre sont deux pieds plats et cartilagineux avec des doigts qui ressemblent beaucoup à ceux d'un enfant. On mange toutes les parties de ce poisson qu'on pêche souvent dans le golfe de Jedo au Japon ; on le porte au marché.

chiendent ( Triticum repens , L. ). C'est la plus commune de toutes les plantes ; sa racine jette en rampant de petits tuyaux pleins de nœuds d'où sortent souvent , ainsi que du haut de sa tige ■ de nouvelles racines. Le chiendent contient de la fécule, du sucre et du mucilage , dont l'eau bouillante s'empare facilement. Les paysans de la Norwége broient ces racines entre des meules , après les avoir lavées et coupées fines , et en font un pain nourrissant. Alphonse Leroi dit avoir retiré de cette plante un sirop et une eau-de-vie assez agréable pour faire des liqueurs de table. Parmentier a voulu imiter l'exemple des paysans norwégiens, et s'est convaincu que ces racines ne donnaient qu'une poudre , qui rend le pain très-aride et n'ajoute que du lest et non de la nourriture. Les Kalmouks font sécher ces racines, les réduisent en farine et en font de la bouillie. On peut aussi en faire une gelée nutritive et d'un goût agréable ; le suc exprimé du chiendent passe facilement à la fermentation , parce qu'il contient une partie considérable de sucre. Sur la montagne du Parnasse , dit Pline , les feuilles de cette plante ont la forme de celles du lierre ; on dit que les habitans de cette montagne en extraient un suc fort doux , dont usent les femmes , pour augmenter la sécrétion de leur lait.

CHIMÈRE ARCTIQUE (Chimœra monstruosa , L.), OU HA- RENG du Nord, Daubent on. Grand poisson cartilagineux, ainsi nommé à cause de sa conformation. On a assimilé

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sa tête à celle du lion. Il ne s'approche que rarement des contrées tempérées et ne vit qu'au milieu des montagnes de glace et des tempêtes. Il se nourrit de crabes et d'animaux à coquille. Il attaque les légions innombrables de harengs dont la mer du Nord est couverte à certaines époques de Fannée, il les poursuit et en fait sa proie. Les Norwégiens et d'autres habitans des côtes septentrionales , se nourrissent de ses œufs et de son foie , quils préparent avec plus ou moins de soin.

chinkapin. Arbrisseau de la Caroline, de seize pieds de haut sur dix pouces d'épaisseur. Son écorce est raboteuse et écaillée -, ses feuilles dentelées et d'un vert foncé d'un côté, sont d'un blanc verdâtre de l'autre. Les Heurs sont blanchâtres -, les fruits sont des noix d'une forme conique, de la grosseur d'une noisette. La coque qui renferme une amande est de la couleur et de la consistance de celle d 'une châtaigne. Il y[en a cinq ou six qui pendent en peloton ; elles sont mûres en septembre , douces et de saveur plus agréable que nos châtaignes. Les Indiens en font provision pour 1 hiver, leurs propriétés alimentaires approchent de celles des châtaignes.

chirimoya (le). Généralement ce fruit passe pour être le plus délicieux non seulement des Indes , mais encore d Europe. Sa grosseur varie. Il y en a qui ont un pouce, d'autres deux et jusqu'à cinq de diamètre. Sa forme est ronde, un peu aplatie vers la tige , où elle forme une espèce de nombril recouvert dune écorce mince , molle et tellement unie à la chair qu'on est obligé de la séparer avec un couteau. Avant sa maturité , ce fruit est d'un vert obscur, mais en mûrissant lé cor ce devient plus claire ; elle a plusieurs côtes ou veines qui paraissent comme des écailles. L'intérieur est blanc mêlé de quelques fibres presque imperceptibles , qui forment le trognon , lequel s'étend d'un bout à l'autre du fruit. Le suc est doux, mêlé d'un acide fort léger et d'une odeur excellente. Les pépins sont enveloppés dans la chair; ils sont un peu plats. L'arbre qui porte le chirimoya est élevé et touffu ; son tronc est rond, gros et un peu raboteux ; ses feuilles, légèrement oblongues, se terminent en pointes ; leur couleur est d'un vert foncé. Parvenue à sa perfection, la fleur est d'un vert jaunâtre, ressemblant à celle du câprier, plus grosse, plus épaisse et ouverte en quatre pétales. Il n'y a point de fleurs dont la bonne odeur approche de celle-ci. L'arbre ne produit que peu de fruits , par le désir qu'ont les dames d'avoir de ces fleurs que l'on vend fort cher à Quito.

CïlIVEF (qui veut dire , en syriaque , figuier). Cet arbre se trouve dans l'île de Zipangu , aux Indes ; ses feuilles sont rondes et d'un vert forcé ; son fruit de la grosseur d'un beau

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