‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 123 sur 407 · CITRON · texte numérisé non relu

CITRON

a un bon goût. Ses propriétés sont celles des autres crustacés.

cipipa. Marc de l'eau de manioc, qu'on lave et qu'on brasse plusieurs fois dans de Teau nouvelle pour lui enlever toute sa causticité ou tout son poison. On Y expose après à la plus grande chaleur du soleil , et lorsque ce cipipa est parfaitement séché, on l'écrase et on le passe dans un tamis fin. On en fait alors de petites cassaves très blanches et des massepains d'une saveur fort délicate en y mêlant du sucre.

CIJISE DES MARAIS (Carduus pdlùstris, L.). La tige de celte plante est droite et épineuse ; ses feuilles sont longues , étroites, garnies de petites épines sur leurs bords, d'un vert noirâtre en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous. Le cirse croît dans les lieux aquatiques les plus couverts. Sa racine , cuite dans l'eau et convenablement assaisonnée , peut servir à l'alimentation.

CITUOjv (Citrus malum). Fruit dont l'arbre est toujours vert , les feuilles simples , longues , larges, ressemblant à celles du laurier , plus charnues , dentelées à leur bord , cTune belle couleur verte, luisantes, d'une odeur forte et aromatique. Le citronnier est naturel aux contrées chaudes de l'Asie, mais les Européens l'ont transporté chez eux et sont parvenus à l'y acclimater. Il y en a quatre espèces. M. Gallesée a fait à ce sujet des recherches très-savantes , dont je me permets de donner un extrait tiré de son traité du Citrus.

Le citronnier de Médie parut le premier en Europe ; les Hébreux furent aussi les premiers à le naturaliser dans les belles vallées de la Palestine ; ce qui le prouve , c'est que de temps immémorial , et même encore aujourd'hui chez les Juifs, ils se présentent dans les synagogues le jour des Tabernacles avec un cédrat à la main. Virgile , parmi les Latins, fait mention du citronnier en le désignant comme Théophraste sous le nom de pomme de Médie, Delille a ainsi traduit les vers que le poète latin a consacrés à cet arbre ••

L'arbre égale en beauté celui que Phœbus aime.

S'il en avait l'odeur, c'est le laurier lui-même ;

Sa feuille sans effort ne se peut arracher;

Sa fleur résiste au doigt qui la veut détacher ,

Et son suc , du vieillard qui respire avec peine ,

Raffermit les poumons et parfume l'haleine.

La seconde et troisième espèce sont le limonier et le bigaradier. Enfin la quatrième est l'oranger, dont il sera question à l'article Oranger. Le fruit du citronnier ou citron est oblong ou ovale , de la grosseur dune poire , couvert d'une écorce raboteuse , charnue , épaisse , d'abord verdâtre , ensuite citrine, dune odeur des plus agréables , d'un goût acide , aromatique et piquant. Aristophane à appelé ce fruit

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