CITRON
accioma persicum , à cause , dit-on , de sa saveur aigre.
A Rome on ne mangeait point encore de citrons du temps de Pline , l'usage en commença dans le temps d'Apicius et de Galien; le premier a conservé la manière dont on raccommodait. On sert le citron sur les tables pour relever le goût de certaines viandes ou de certains poissons ; son suc est tonique et antiscorbutique ; il sert en outre à faire de la limonade aussi agréable que rafraîchissante. L'acide citrique contient un peu de citrate acide de chaux, de mucilage , de l'albumine , trèspeu de sucre et d'eau; on retire un sel essentiel du citron. En Angleterre ce suc sert à faire une limonade fort agréable , composée avec du vin de Madère , du sucre , du girofle , de la cannelle et un peu d'essence d'ambre. Cette boisson est tonique, excellente dans les pays chauds , parce qu'elle s'oppose à l'excessive sueur ; aussi en fait-on un grand usage dans les îles de l'Amérique. L'écorce du citron est composée d'une infinité de vésicules remplies d'une huile essentielle , fort odorante et aromatique. Son suc entre dans la composition d'un sirop fort agréable et rafraîchissant On confit l'écorce au sucre , elle est stomachique. Dans les Éphémerides d'Allemagne il est fait mention de citrons monstrueux en forme de main. On lit aussi dans les Lettres édifiantes , t. XX , que le père D'Antrecolle envoya de la Chine la figure d'un citron que les Chinois nomment main de Dieu et dont ils font grand cas à cause de sa beauté et de son odeur. On croit voir les doigts d'une main qui se ferme. Plusieurs auteurs parlent d'un citron renfermé dans un autre, Citrum in citro.
Plusieurs estomacs ne peuvent supporter l'acidité du citron, qui , comme celle du limon , peut produire l'inflammation , et des érosions.
Selon Aristophane on faisait autrefois avec les feuilles du citronnier des couronnes qu'on plaçait sur la tête des dieux immortels .
Le Petit citron doua; qui vient dans la Nouvelle- Guinée a beaucoup de rapport avec la limonia trifoliata de Linné ; c'est un arbrisseau touffu , peu élevé , dont les feuilles sont alternes et portées trois à trois sur un même pédicule, garni à sa base dune épine très-forte : elles sont ovales. Les fleurs naissent solitaires aux aisselles des feuilles ; le fruit est une petite baie d'un beau rouge , qui n'a qu'une loge remplie par deux semences ; la pulpe est légèrement acide, très-agréable au goût et fort rafraîchissante , ce fruit diffère peu de l'orangine des Chinois.
Citron (Agaricus sulfareus). Petit agaric qu'on nomme ainsi à cause de sa couleur citrine. Il croît dans les environs de Paris. Il est suspect.