COCA
bois de Boulogne. Il est d'un blanc sale ou d'un violet trèspale; il s'élève à quatre ou cinq pouces. Son pédicule ressemble à un clou cassé , ses feuillets sont d'un blanc violet ou jaunâtre ; son chapeau se fend ou se raie sur ses bords : il est tellement dangereux que les vers et les larves n'en veulent pas.
Clou de Meudon. Agaric couleur de cannelle foncée, s'élevant à quatre ou cinq pouces ; sa tige a un pouce de diamètre et son chapeau trois à quatre. Cet agaric a une odeur et une saveur agréables ; on le trouve en automne à Meudon. Propriétés des autres champignons , quoiqu'on ait avancé qu'il n'avait produit aucun mauvais effet sur un chien auquel on l'avait donné.
Clou de Sénart, Paulet. Couleur de cannelle claire ; haut de trois à quatre pouces , son chapeau n'en a qu'un de diamètre. Sa saveur est acerbe , son odeur celle du navet. Donné à un chien , il la fait vomir et se plaindre ; on le trouve en automne dans la forêt de Sénart.
Clou tête de crapaud. Agaric couleur de terre humide; pédicule ferme, fibreux, sujet à se fendre. Sonchapeau se relève en bosse , il est brun ou gris foncé ; ses feuillets sont couleur de corne transparente. 11 croit dans les terres sablonneuses des environs de Paris, surtout le long des bois de la Grange. Il produit de très-mauvais effets sur les animaux ; Paulet a même observé que les-vers s'éloignent de ce champignon et qu ils périssent lorsqu'on les force à rester dans un même bocal.
CLUPANADON DE LA CHINE (Clupea sinensis, L.). Poisson
de la taille de huit à dix pouces . On le trouve près des rivages de l'Asie et de l'Afrique , dans la mer comme dans les rivières. C'est au printemps qu'il fraie ; à cette époque sa chair acquiert une saveur délicate ; elle devient fort grasse , ce qui la rend de difficile digestion. Dans le courant de l'année , ce poisson sert à engraisser les rizières.
CMCAUT (Cnicus oleraceus). Espèce de chardon qui croît clans les lieux les plus incultes. Il peut servir à faire un potage aussi bon que le potage au chou. Les Russes et les Anglais en font usage. Ce chardon jouit à peu près des mêmes propriétés alimentaires que les choux et convient aux personnes que ce légume n'incommode pas.
COCA. Herbe très-estimée des Indiens ; elle croît au pays de Popayan . Il n'y a ni mets , ni métal , ni minéral qu'ils ne cédassent pour avoir de cette plante , qui s'entrelace aux autres à peu près comme le sarment. La feuille en est lisse , de la longueur d'un pouce et demi. Les Indiens la mâchent après lavoir mêlée avec de la terre blanche qu'ils nomment mambi. Ils crachent d'abord , mais ensuite ils avalent leur salive et tournent cette feuille dans la bouche , jusqu'à ce qu'elle ne
rende plus de jus. Cette herbe leur tient lieu de toute autre nourriture , tant qu'ils en ont , et quelque travail qu'ils fassent ; ils prétendent que le suc de coca les rend vigoureux , qu'il raffermit les gencives et fortifie F estomac. La plante croît en abondance dans les provinces méridionales du Pérou , où on la cultive avec soin. La meilleure est celle qui croît aux environs de Cuzco. Il s'en fait un grand commerce, surlout près des mines , parce que les ouvriers ne sauraient travailler si cette substance leur manquait. Le coca paraît être la même plante que celle qui est commune aux Indes orientales , sous le nom de bétel. Il n'y a aucune différence ni dans la tige , ni dans les feuilles , ni dans l'usage qu'on en fait. Les Orientaux n'en sont pas moins friands que ceux du Pérou et de Popayan.
COCHLEARIA DES JARDINS ou DU RIVAGE DE LA MER. HERBE AUX CUILLERS (Cochlearia officinalis). Plante annuelle que tout le monde connaît. Les Irlandais la mangent en forme dépinards ; ils la lavent , la hachent , la font cuire dans du petit-lait aigri , ou simplement dans le lait. Dans certains pays , le cochlearia est tellement abondant qu'on peut en remplir des canots , et quand on ne peut l'employer frais , on le met par couches dans des vases avec du sel qu'on foule bien , et on le conserve pour l'hiver : on s'en sert pour assaisonner certains alimens. Lorsqu'on laisse paître les moutons dans les îles où vient le cochlearia , ils en mangent avec avidité et engraissent à vue d'œil ; mais leur chair acquiert un goût désagréable. Il y a dans4e Groenland diverses sortes de cochlearia. Il y en a dont la feuille est ronde , une autre un peu plus oblongue et dentelée; celle-ci est foncée, plus épaisse et plus juteuse , et a un meilleur goût. Cette espèce croît sous la neige, sa feuille est verte, et très-petite ; on la cueille en automne , elle sert pour la soupe. On la mange aussi en salade lorsqu'on vient de la cueillir ; sa saveur n'est ni âpre , ni désagréable comme celle du cochlearia d'Europe. Son acide est assez doux ; cependant, si on en mange trop, elle échauffent interrompt le sommeil. Tout le monde sait que cette plante est antiscorbutique.
COCHON (Sus, Suïlla, Scrofa, L.). Le sanglier est la souche de tous les cochons. On appelle verrat, verres , le mâle non châtré , qu'on destine à la propagation. La truie, scrofa , est sa femelle. Il y a plusieurs races de cochons dont les principales sont la race anglaise , qui acquiert une grandeur extraordinaire puisque le poids d'un seul animal va jusqu'à douze cents livres. Sa couleur est blanchâtre ; son corps très-allongé. La race de Juttland, corps très-allongé, oreilles pendantes , dans la seconde année il donne de deux à trois cents livres de lard , c'est un commerce considérable pour le pays, J
La race de Zélande est plus petite ; celle de Pologne et de Russie donne de très-petits cochons roussâtres. Les races de France consistent principalement dans celles de la vallée d'Auge en Normandie , dont le poids est de six cents livres -, celle du Poitou est encore plus petite. Celle du Périgord a le poil noir et rude , le cou gros et court. Le cochon domestique n'est utile à l'homme cjff après sa mort. Galien fait remarquer que la structure des viscères de cet animal a beaucoup de rapport avec celle de l'homme. Sa voix est grondeuse ; il n'a qu'un estomac ; il aime la chair humaine ; son museau ou sa hure est capable d'arracher les racines qui sont dans la terre et qu'il aime beaucoup. Il est omnivore ; il s'engaisse promptement , mange des limaces et dévore les serpens . Le cochon a quarante-quatre dents , la femelle en a moins ; une singularité remarquable, c'est qu'il ne perd aucune de ses premières dents. Les os de cet animal contiennent peu de moelle , elle y manque parfois entièrement. Sa vie est de quinze ans. La femelle porte quatre mois ; lorsqu'elle a mis bas , elle donne la première mamelle au petit qui est né le premier.
Au rapport d'Aristote, le cochon est sujet à trois maladies bien distinctes , qui sont Y enrouement , les écrouelles et le cours de ventre. Les cochons sont communément blancs dans les parties septentrionales de la France et notamment en Vi- Varais , tandis que dans le Dauphiné ils sont noirs ; ceux du Languedoc , de la Provence , de l'Italie , des Indes , de la Chine et de l'Amérique sont de la même couleur. A Madère on lâche les cochons domestiques sur les montagnes où ils deviennent sauvages et où ils se nourrissent surtout de racines de fougère , ce qui donne à leur chair un excellent goût ; aussi est-ce un aliment fort recherché dans le pays. Lors de la découverte de l'Amérique, on n'y trouva pas le cochon. Transporté d'Europe , il y réussit fort bien ; c'est même le seul des animaux transportés dans ce nouveau continent qui ait universellement prospéré. Au Canada comme au Brésil il produit, multiplie , et sa chair y est également bonne. Sa saveur est excellente et son lard ferme et cassant , si avant de tuer l'animal on le tient pendant quinze jours ou trois semaines dans une étable pavée et propre, sans litière, et qu'on ne lui donne pour toute nourriture que du grain de froment pur et sec , et qu'on ne le laisse que peu boire.
Hippocrate regarde cette chair comme la meilleure de toutes celles qui servent à l'alimentation , pourvu cependant qu'elle ne soit ni trop grasse ni trop maigre , et que l'animal ne soit ni trop jeune ni trop vieux ; il faut aussi qu'il ait été convenablement nourri et tenu proprement. Elle nourrit plus qu'aucune autre \ la preuve en est que, si l'on veut nourrir les gens
qui travaillent à la terre avec d'autres viandes , ils ne tardent pas à devenir faibles. Elle ressemble , dit Galien, à la chair humaine ; elle prend mieux le sel , le salpêtre , et se conserve salée plus long-temps qu'aucune autre. On l'accommode de différentes façons. Titus Quintius, étant à souper chez un hôte dans la Chalcide, contrée de la Syrie, fut étonné de la quantité de viandes qu'on lui servit ; cependant son hôte l'assura qu'elles n'étaient toutes que delà chair de cochon diversement et habilement préparée. Toutes les parties de l'animal servent à l'alimentation. Chez les Romains, la vulve était surtout le morceau délicieux; vulvâ nil dut dus amplâ. La tétine pleine de lait était encore un morceau friand . Les jambons d'Espagne étaient en honneur. La chair du cochon doit être mangée en hiver, elle est nuisible à la santé pendant l'été ; la police, en Espagne, fait défense d'en vendre dans la saison chaude , tandis qu'en hiver elle sert à faire le pot au feu avec des pois chiches qu'ils appellent Garbanzos. Une nouvelle preuve que cette alimentation ne convient pas dans les pays chauds , c'est qu'elle fut défendue aux Juifs , surtout dans la Judée, où les maladies inflammatoires pouvaient résulter de cette nourriture trop substantielle. Elle nuit aux personnes délicates, sédentaires; on a dit qu'elle accélère le développement de la sciatique. Elle ne convient pas non plus aux vieillards , mais les bons estomacs , les personnes qui font de l'exercice , les gens de la campagne s'en trouvent bien . Du temps de Galien, les athlètes n'étaient jamais plus forts ni plus vigoureux que quand ils étaient nourris avec cette chair. En Sardaigne les cochons vivent dans les bois et les forêts , ils y sont d' une grandeur étonnante ; leur chair est très-délicate , leur lard très-ferme et très-épais, et les jambons, surtout ceux de S.-Leysurgia, sont les meilleurs de tous. Le nombre des cochons est tellement abondant dans toute l'île , qu'on pourrait y faire chaque année plusieurs chargemens de lard , de graisse et de chair salée.
Par superstition , les Juifs et les Mahomélans sont privés de cet animal utile, ils le regardent comme immonde ; ils n'osent ni le toucher ni s'en nourrir. Les Chinois au contraire aiment beaucoup sa chair dont ils font leur nourriture ordinaire , on croit même que c'est ce qui les a empêchés de recevoir la loi du prophète.
Les sauvages du Groenland ont une répugnance invincible pour la chair du cochon, et ils en donnent pour raison que cet animal se nourrit cl ordures. Il est singulier que les peuples les plus sales aient eu de tout temps une aversion insurmontable pour cette chair , et qu'au contraire ceux qui se piquent d'une extrême délicatesse et d'une grande propreté la man-
gent , et qu'ils en préparent des mets exquis. Les Turcs abhorent le cochon ; les Persans en regardent l'abstinence plutôt comme un conseil que comme un précepte ; ils en mangent ou s'en abstiennent suivant l'usage qu'en fait le prince , sur le goût duquel tout l'empire se conforme aveuglément. Mais au rapport deMorier, les cochons sont très-rares en Perse. Il dit qu'un Persan en ayant aperçu un, s'écria : Voyez quelle singulière brebis j'ai trouvé dans le pays.
Le cochon salé , tel que le jambon, etc. , est de plus difficile digestion que le cochon frais. Le lard cuit est assez agréable, mais il pèse sur l'estomac , diminue l'appétit, produit des nausées et des indigestions. Il n'y a que les personnes robustes , celles qui font de l'exercice et dont les forces des organes digestifs sont entières , qui peuvent en manger sans en être incommodées. La chair du cochon se mange bouillie, rôtie et frite ; les Romains l'estimaient beaucoup , et Juvénal dit qu'elle est faite pour les festins. Animal propter convivia natum. Les anciens sacrifiaient le cochon aux dieux immortels. Le cochon de Siam est petit, allongé et très-bas sur ses jambes ; il porte sa queue pendante , ses oreilles droites et fort petites ; sa chair est délicate et agréable au goût. Il y a à Pékin un temple où les bonzes font voir les cochons sacrés qu'y nourrit la piété des fidèles. Ces bienheureux animaux ploient sous leur graisse, ils sont destinés à vivre et à mourir dans ce temple ; ils font honneur aux pieuses offrandes qu'on leur destine , jamais ils ne périssent sous le couteau du sacrificateur , car l'usage de la viande est interdit aux bonzes , et cette interdiction est respectée. Ces cochons sacrés meurent de réplétion ou de vieillesse.
Cochon de la Chine [Sus sinensis, L. ). Animal plus petit que le cochon ordinaire ; il a quelque ressemblance avec le sanglier sauvage ; il est de la même espèce. Son dos est concave, ses jambes courtes et son ventre pend jusqu'à terre. Engraissé , sa chair est excellente ; la femelle produit beaucoup , et ses petits ont la chair semblable à celle des cochons de lait.
Cochon de lait ( Porcellus). Comme la chair de tous les jeunes animaux, celle-ci est muqueuse, pèse sur l'estomac, et se digère avec peine . On doit en laisser l'usage aux gourmets , à ceux dont les forces de l'estomac sont entières et qui font de l'exercice. Horace régalait ses amis avec un cochon de lait.
Cochon marron. ïl ressemble beaucoup au cochon ordinaire , mais il a une glande fistuleuse qui sécrète une liqueur dont l'odeur est d'autant plus forte que l'animal est plus affecté par la crainte , la fureur ou l'amour. Il grogne ; sa taille