AGARICS
des arbres , ainsi que sur quelque corps dur où elles sont solidement attachées.
On les distingue en sept genres principaux. Il y en a de grands , de petits et de couleurs très-variées. Les espèces en sont nombreuses. Les prés, les endroits humides, le fumier, les murailles, les caves, sont aussi des localités où croissent un grand nombre de ces champignons.
En naissant , ils ressemblent à une moisissure qui se gonfle bientôt. Le chapeau en s'élevant prend de l'ampleur ; il y en a qui ont la forme d'un échaudé , d'autres celle d'un œuf ; de nombreuses lames les garnissent en dessous ; elles se couvrent ensuite d'une poussière très-fine. La surface du chapeau est tantôt gluante ou visqueuse , tantôt sèche et plucheuse. Les agarics coriaces se dessèchent et leurs membranes se détruisent bientôt ou se résolvent en liqueur fétide et nauséabonde. Cette décomposition est due à des substances animales signalées par la chimie.
Dans un mémoire du docteur Letellier on voit que, quoique le principe vénéneux des agarics à volva ne soit pas entière ment mis à nu, son siège est néanmoins circonscrit. Parmentier ne put découvrir cette substance dans les champignons. Paulet la croyait résineuse. Vauquelin pensait qu'elle réside dans la substance grasse. M. Braconnot n'a pas fait l'analyse des champignons vénéneux. Letellier retira la substance grasse des agarics fausse oronge et bulbeux au moyen de l'éther, et prouva qu'elle était vénéneuse. Après l'avoir filtrée, concentrée et clarifiée, il en injecta le tissu cellulaire des lombes des grenouilles, qui périrent toutes dans des convulsions interrompues par le coma. Il injecta successivement ce suc desséché à une température de 100° ou traité par divers acides , par la potasse , la soude , l'ammoniaque , la chaux , la magnésie en excès , par l'acide gallique , par les acétates de plomb ; et, dans tous les cas, le liquide conservait ses propriétés vénéneuses ; mais les précipités, lorsqu'il s'en formait, ne produisaient aucun symptôme.
D'après ces expériences, M. Letellier conclut 4° que personne , jusqu'ici , n'a indiqué les véritables caractères de la substance vénéneuse de ces agarics ; 2° que cette substance n'est affaiblie ni par la dessiccation , ni par la température de 100°; qu'elle n'est décomposée ni par les alcalis, ni par les acides, ni par l'infusion des noix de galle , ni par les acétates de plomb; qu'elle est extrêmement soluble dans l'eau; qu'elle n'a ni odeur ni saveur caractéristique ; que cette matière est très-vénéneuse, agissant par absorption; que les symptômes qu'elle détermine sont semblables à ceux que produit l'opium ;