‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 138 sur 407 · COQ · texte numérisé non relu

COQ

son plumage , tout fait remarquer cet oiseau; le coq domestique ou de village annonce par son chant les heures de la nuit et la pointe du jour; il est l'horloge des gens de la campagne. Amant doux et complaisant , mari attentif et père tendre , il avertit les poules et les poussins des dangers qui les menacent. Il est jaloux ; alors il s'irrite , son œil étincelle , ses plumes se hérissent ; il fond sur son adversaire qu'il combat à outrance. Vainqueur , il se redresse , se frappe les flancs de ses ailes et chante sa victoire. Autrefois cet oiseau faisait l'amusement des Romains dans les cirques. Aujourd'hui , en Angleterre , on le force à se battre contre un autre coq. 11 fut consacré à Mercure et à Minerve ; on le sacrifiait à Esculape. Les anciens en avaient fait le symbole de la vigilance ; aussi l'a-t-on toujours porté en guerre.

L'idée superstitieuse que les Persans attachent au chant du coq est assez singulière ; ils ont des heures heureuses et mal heureuses , et s'il arrive à cet oiseau de chanter pendant l'une de celles-ci , ils le tuent. Les heures favorables sont neuf heures du matin ou du soir, midi ou minuit. Pline et plusieurs auteurs assurent que les panthères et les lions ne peuvent voir ni entendre le coq sans trembler ; cependant F expérience a constaté que le fait est faux , car le lion que le roi Jacques avait fait enfermer avec un coq , le mit sur-le-champ en pièce et le dévora.

Plusieurs nations , outre les Anglais , aiment les combats de coq. Les Chinois et quelques peuples des îles Philippines , ainsi que des Indes orientales , aiment avec passion ce genre de spectacle. L'histoire rapporte un trait de simpathie de deux coqs anglais , qu'on ne put parvenir à faire battre l'un contre l'autre ; on leur jeta du grain pour les irriter , ils le mangèrent ensemble; on leur donna une poule , ils la caressèrent tour à tour et sans la moindre jalousie ; on leur teignit les plumes pour qu1 ils ne pussent se reconnaître , ce qui ne réussit pas mieux. On présenta d'autres coqs à ceux-ci, ils devinrent furieux et battirent leurs adversaires ; enfin on retira les nouveaux coqs et les deux premiers restèrent amis. Les combats de coqs sont aussi un des plaisirs de la cour du Tonquin. Le nom de coq a aussi été donné au mâle de plusieurs autres oiseaux , qui ont de la ressemblance avec la poule. Il y a un coq de bois , de bruyère , le faisan , le coq d'Inde , celui de perdrix. La chair du jeune coq est tendre et nourrit bien, celle des vieux est dure , coriace ; on s'en sert alors pour faire des consommés. Les crêtes de coq passent pour un aliment délicat et de bon goût. Les poulets auxquels on n'a enlevé qu'un testicule sont appelés cocâtres ; leur voix est grêle , aiguë et désagréable.

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