‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 139 sur 407 · CORBEAU · texte numérisé non relu

CORBEAU

Coq de bruyère ( Tetrao urogallus, Lath. ). Oiseau de la forme du paon , quoique plus gros que lui. Son plumage, vu de loin , paraît être noir, et de près on y distingue plusieurs couleurs. La femelle est plus petite ; l'oiseau vit dans les forêts de pins , sapins et dans les pays froids ; il y a de ces oiseaux en France , il y en a aussi en Tartarie , en Laponie , où la chasse a lieu vers le commencement de juin. Cet oiseau est prudent à éviter les pièges, si ce n'est lorsqu'il chante, parce qu'alors sa tête ainsi que ses yeux éprouvent une sorte de mouvement convulsif qui l'empêche de voir et d'entendre. Ce gibier est rare , mais sa chair est excellente , quoique noire ; elle a un petit goût de sapin ou de genièvre , qui la rend tonique.

Coq de mer. Poisson qu'on trouve au Brésil , à la Jamaïque, aux Antilles , à Malte , etc. Il a environ huit pouces de longueur , son corps est très-mince , argenté et sans écailles ; les nageoires de la poitrine , du ventre et de la queue sont branchues. Il se nourrit de petits animaux marins ; sa chair est bonne à manger.

COQUELICOT ( Papaver rhœas seu erraticum , L. ). Pavot à fleur rouge qu'on trouve dans les blés • il a une saveur amère et une propriété narcotique , ce qui n'empêche pas que les habitans de l'île de Crète n'en mangent les feuilles comme les épinards , après les avoir fait cuire et assaisonner.

COQUILLADE (Galeritam). Poisson qui a de la ressemblance avec une grosse alouette et ayant une crête sur la .tête. Il est de la longueur du doigt , de couleur brune , tacheté fortement ; sa chair est molle et de peu de valeur.

Coqdillade. Alouette huppée de Provence , dont la chair est bonne à manger.

COQUILLAGE ou COQUILLE (Conchœ). On appelle ainsi les petites coquilles univalves ou bivalves qui se trouvent près des rivages maritimes ou des fleuves. Ceux de mer sont visqueux et pèsent sur certains estomacs ; on les mange cependant ; ceux des fleuves sont encore plus difficiles à digérer, surtout cuits ou durcis au feu. Les coquillages paraissent avoir l'albumine pour base ; ceux de mer peuvent être regardés comme condiment.

corbeau ( Corvus corax , L. ). Oiseau de la grosseur d'une poule. Le peuple le connaît sous le nom de colas. Son aspect est désagréable , dégoûtant et sinistre. Il a de la finesse, de la sagacité ; mais il aime à voler, à amasser et à cacher. Il est cosmopolite et omnivore. Son croassement est rauque , sonore et grave ; il digère facilement et vit très-long-temps. Jeune , on peut l'apprivoiser : il apprend même à parler; il est pantomime et gesticulateur, ne craint aucun des animaux dômes-

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tiques , et tous le redoutent. Son odorat est exquis. Le corbeau servait autrefois aux aruspices , qui tiraient de bons et de mauvais présages du son de sa voix et de la manière dont il volait. Il y en a qui pèsent jusqu'à trente livres. Pline raconte l'histoire fort singulière d'un jeune corbeau , né sur le temple de Castor et Pollux, qui s'abattit en volant dans la boutique d'un cordonnier adossée à ce temple. Son maître lui ayant appris en peu de temps à parler, il volait chaque matin vers la place publique, et , se posant sur la tribune aux harangues , il saluait les deux césars Britannicus , fils de Claude , et Néron , depuis empereur , ensuite le peuple romain qui passait sur la place -, après quoi il retournait dans sa boutique. Ce manège fut interrompu plusieurs années après par la mort du corbeau , qu'un cordonnier voisin du premier tua par jalousie. Le peuple en fut si affligé , qu'il mit à mort son meurtrier et fit faire à l'oiseau les funérailles les plus somptueuses. On plaça son corps sur un lit de parade , et, précédé de couronnes et d'un joueur de flûte , il fut porté par deux Éthiopiens jusqu'au bûcher, à deux milles de Rome , dans le champ appelé Radiculus , à droite de la voie Appienne. Ce fait se passa sous le consulat de M. Servilius et de Caïus Sextius , le cinquième jour avant les calendes d'avril. La chair du corbeau est dure, coriace, de mauvaise odeur et de mauvais goût. On dit cependant que sa décootion produit un bon bouillon. L'usage de cette chair fut défendu parle Lévitique. Linné dit que les Suédois regardent cet oiseau comme sacré, et que personne n'oserait le tuer. En Angleterre , il est défendu de lui faire violence, parce qu'il mange les charognes qui pourraient infecter l'air. Il est aussi très-estimé dans les Indes ; mais , en revanche , dans l'île de Féroë , où il est le plus redoutable de tous les oiseaux de proie , sa tête est mise à prix. A certain jour de l'aimée, chaque habitant apporte à la chambre de justice un bec de corbeau , dont on fait un monceau qu'on brûle avec joie.

Corbeau de mer (Sciœna, ambra, L. ). Poisson fort commun dans la Méditerranée , ainsi que dans l'Adriatique. C'est le beau noir dont il est paré qui le fait comparer au corbeau , et qui lui a valu ce nom. Il parvient au poids d'environ six livres. Sa chair est excellente , d'un goût agréable et de facile digestion. Dès le temps de Pline les umbres du Nil, surtout lorsqu'elles étaient jeunes avaient une grande valeur. On conserve ce poisson en le mettant dans du vinaigre épicé , après l'avoir fait griller. Il servait autrefois à faire du garum.

COBBIJEAU. Oiseau de la Louisiane , de la grosseur de la bécasse ; son plumage est varié de différentes couleurs, son bec est courbe, de couleur jaune tirant sur le rouge, plus long

corme. nz

que celui de la bécasse ; il en est de même de ses pieds. Sa chair est ferme et d'un goût fort délicat.

CORÈTE POTAGÈRE (Corchorius olitorius , L.). On donne aussi à cette plante le nom de guimauve potagère , vulgairement mélochie. Elle croît dans plusieurs contrées de l'Asie , de T Afrique et de l'Amérique. On la cultive en Egypte comme plante alimentaire. Sa tige est haute d'un pied et demi, cylindrique et glabre; ses feuilles ressemblent à celles de la mercuriale ; ses fleurs sont d'un jaune rougeâtre et petites ; ses fruits , lesquels sont ronds en forme de silique ) renferment de petites graines cendrées , anguleuses et d'un goût visqueux. On en mange les feuilles en guise d'épinards. Cet aliment est plus agréable que sain.

CORIANDRE {Coriandrum sativum , L.). Plante dont la racine est mince , la tige simple , remplie de moelle , les feuilles inférieures arrondies et dentelées ; les supérieures plus profondément découpées , les fleurs sont en roses ; l'odeur de toute la plante est aromatique , forte et désagréable ; les semences fraîches ont une odeur qui porte à la tête-, sèches elles acquièrent une saveur suave , on n'emploie que les semences sèches pour donner de la saveur à certains alimens, à certaines liqueurs. Il y a deux espèces de cette plante ; la grande et la petite. Celle-ci est appelée , coriandrum minus testiculatum , parce que ses fruits sont composés de deux boules qui ressemblent assez à ces organes. Les semences de la coriandre échauffent ; sont stomachiques , conviennent aux estomacs tapissés de glaires. Les Hollandais en mettent dans presque tous leurs ragoûts , ils les mâchent aussi pour adoucir leur haleine ; les Egvptiens en usent aussi pour mieux digérer et chasser les vents ."Les confiseurs les recouvrent de sucre et en préparent des liqueurs de table dont il ne faut pas abuser.

CORME (Sorbus domestica, L. ). Fruit d un arbre grand et rameux, dont le tronc est droit, couvert d'une écorce rude et pâle. Ses feuilles sont oblongues , dentelées , velues , molles , blanches en dessous et de saveur stiptique ; ses fleurs sont petites, composées de cinq pétales, disposées en roses ; le fruit est appelé sorbe ou corme , Il ressemble à une très-petite poire , ne mûrit point sur l'arbre ; on le cueille en automne , et on le met sur la paille , où sa pulpe devient molle et bonne à manger. La sorbe resserre le ventre. On fait avec elle une liqueur, qu'on nomme corme. Les Suédois en font usage en guise de vin. Cette liqueur est piquante , on ne peut la conserver; elle enivre facilement. Pour la faire, on emploie les sorbes avant leur maturité, qu'on met dans des tonneaux remplis d'eau ; on les y laisse fermenter quelques jours , et l'on

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