COUCOU
leur de nacre , marquées de blanc, sa queue est fourchue ; la chair est blanche, ferme, de fort bon goût, surtout en friture ; elle serait, dit-on, meilleure, si on la préparait comme le thon.
couaque. C'est la racine de manioc desséchée, râpée, pressée , rissolée et boucanée , pour lui enlever toute son humidité et pouvoir la conserver long-temps C'est un aliment sain et inaltérable ; dix livres suffisent pour nourrir un homme pendant quinze jours , quelque appétit qu'il ait. Avec la farine de manioc , on fait de la cassave , de la galette , du couaque , du cipipa, etc.; on en prépare aussi différentes boissons appelées vicou, paya , etc. Le manioc est une des racines les plus utiles; avec elle on se passe de riz et de toute autre céréale ; les voyageurs qui s'embarquent sur le fleuve des Amazones, n'ont d'autre aliment que le couaque dont ils sont bien nourris.
COUCOU, jadis Cocou ( Cncnlvs). Ce mot vient, dit-on, du cri naturel de cet oiseau qui s'appelle lui-même. Il n'a de l'oiseau de proie que la simple apparence , puisqu'il n'en a ni la force ni le courage; il est au contraire faible et timide. Presque tous les oiseaux le haïssent, parce qu'il pond dans leurs nids- Il y a plusieurs espèces de coucous , qui diffèrent par la grandeur, la longueur de la queue et la couleur du plumage. C'est un oiseau de passage répandu dans toute l'Europe ; il a la forme de l'épervier.
Selon Pline , la chair des jeunes coucous est excellente et ne peut être comparée à aucune autre ; cependant Moïse l'interdit aux Hébreux . Les Italiens en mangent beaucoup ; les Allemands , au contraire, en ont horreur plutôt par superstition que par raison. Le proverbe dit, maigre comme un coucou; il est à la vérité maigre à son arrivée , mais il s'engraisse en automne. C'est surtout sous le cou que se forme la graisse , ce qui rend cette partie excellente à manger. En 178S, Jenner. l'immortel auteur de la vaccine , fit paraître sur l'histoire naturelle de cet oiseau , des observations qui furent insérées dans les transactions philosophiques de la même année. Il confirma ce que les anciens avaient avancé sur la ponte de la femelle du coucou , dans le nid construit par d'autres oiseaux , et fit connaître dans le plus grand détail le singulier artifice , au moyen duquel les jeunes coucous , à peine éclos dans le nid où ils ont été couvés , parviennent a expulser les œufs des autres petits oiseaux. On ignorait, avant Jenner, que Pexpulsion des petits de leur lit maternel était le fait du petit coucou.
COUCOU DE MER ou GRONDIN (Trigla cuculus, L. ). Poisson
de la longueur de douze à quinze pouces , de couleur rouge. Il vit dans l'Ocran comme dans la Méditerranée ; il est fort commun sur les marchés de Paris quoiqu'il n'y soit pas très-
COURGE. ïïl
recherché. Cependant sa chair est blanche, ferme , feuilletée et de facile digestion.
COUGUAR ( Cuguacu ara, Préf. ). Nom brésilien , que Ton prononce cougoucam. Animal assez commun à la Guyane, au Brésil et aux pays des Amazones ; sa tête est petite , sa queue longue , son poil court , d'un rouge vif, marqué de bandes longues comme le tigre. Il court très-vite, grimpe sur les arbres, n'attaque presque jamais les hommes, à moins qu'il ne les trouve endormis ; il suffit d'allumer du feu pour le mettre en fuite. On dit sa chair fort bonne. Pison assure qu'elle vaut celle du veau; d'autres la comparent à celle du mouton, mais M. Desmarchais assure que ce qu'il y a de mieux , c'est la peau dont on fait des housses ; il ajoute que cette chair est ordinairement maigre et d'un fumet peu agréable.
COURBARIL ( Hymœnea courbaril, L. ). Arbre résineux de l'Amérique méridionale. Son bois est dur, solide et presque rougeâtre , revêtu d'une écorce noirâtre , épaisse , raboteuse et ridée. Ses branches sont rameuses, garnies de feuilles nombreuses , luisantes , d'un beau vert , à côtés inégaux , ovales , aiguës, parsemées de petits points transparens et longues d'environ trois pouces. De son tronc et de ses branchages découle une résine jaunâtre , très-abondante, difficile à fondre, d'une odeur très-agréable et brûlant comme le camphre. Les gousses contiennent une pulpe farineuse , d'une odeur aromatique et d'une saveur qui approche de celle du pain d'épice ; les habitans en mangent avec plaisir. Les Indiens usent de la résine de courbaril comme masticatoire.
courcouçon. Les Maures ne font point usage de pain, leur blé ne donne qu'une farine qui n'en ferait que de trèsmauvais. Ils écrasent le blé en grumeaux au moyen de deux petites meules portatives , d'où résulte une espèce de grosse semoule , qu'ils nomment courcouçon. Quand ils veulent le préparer , ils mettent cette semoule dans un vase de terre percé de petits trous et le placent en forme de couvercle sur fa marmite où cuit la viande : les vapeurs pénètrent dans le blé et le gonflent. Cette nourriture leur tient lieu de pain , ils la préparent au bouillon ou au lait, avec du beurre ou du miel.
COURGE ( Cucurùitn). Les Grecs ont appelé ce fruit colocyntha. 11 est originaire d Afrique ; il est rond, charnu et très-gros. Son écorce est assez dure , mince, lisse, vert foncé et tachetée. La pulpe est douce ; on la mange comme le potiron, auquel elle est inférieure \ elle rafraîchit , mais elle pèse sur l'estomac et s'y corrompt facilement. Les anciens lui ont donné le nom d'eau coagulée ; elle ne nourrit pas , mais elle calme la soif. Elle convient aux estomacs chauds , aux jeunes gens, aux bilieux. En été et dans les climats chauds, on mêle les courges