CROCODILLE
CREVETTE DE MER (Crangon vulgaris.). Espèce de petit crustacé dont le corps est allongé , la queue est au moins aussi longue que le tronc. Les deux premières pattes sont terminées en pinces. Ce nest que quand la crevette est cuite on qu'elle a trempée danslalcool que sa chair devient rouge. On en apporle beaucoup à Paris ; ce crustacé est très-commun sur les côtes de la Manche , surtout en Normandie et en Picardie. Propriétés des écrevisses.
CROCODILï: VULGAIRE D'EGYPTE (Lacerta crocnclilvs i L.). Reptile du genre saurien, qui habile les grands fleuves. Ce mot est fort ancien. L'animal vit dans le Nil vers la partie supérieure de l'Egypte ; un crocodile du Nil est d'après les voyageurs le plus grand des animaux de ce genre , on en a vu de plus de trente pieds de longueur; il répand une odeur forte de musc ; ce qui n'empêche pas d'en manger la chair , comme le pratiquaient les anciens habitans d'Elephantine. Si Ion en croit Hérodote, les Apollonopolites étaient obligés d'en manger d'après une de leurs lois , parce que la fille du roi Psammaticus avait été, dit-on, dévorée par un crocodile. Les œufs de ce reptile sont un aliment délicieux pour plusieurs nations de l'Afrique. En Egypte et dans l'Inde ils servent à l'alimentation. Les Malais regardent ce reptile comme sacré , ils sont persuadés qu'ils mourraient s'ils en tuaient un , ils croient justifier leur culte pour ce saurien en disant bouya makan oran , oram tramakan bouya , c est-a-dire : les crocodiles avalent les hommes , mais ceux-ci ne peuvent avaler les crocodiles. La terreur que cet animal inspire a donné lieu aux plus horribles superstitions. C'est ainsi qu'autrefois les rois de Simâo livraient chaque année une jeune fille aux crocodiles. Usage barbare qui fut détruit par la compagnie Hollandaise. Chez les Malais , le titre de fils de crocodile, hérédiiaire dans une famille , est une grande distinction . En Egypte autrefois pays de la sagesse , on voyait des gens assez fous pour se vanter d'avoir eu un de leurs enfans dévoré par un crocodile. On en tirait aussi des présages. Si l'animal mangeait ce qu'on lui présentait, cette bonté s interprétait favorablement, son refus était de mauvais angure. Les Valais assurent qu'il y a des crocodiles de plus de trente-six pieds de longueur, qui attaquent les hommes , les chevaux , les sangliers , les buffles, et n'épargnent pas même leur espèce. Quelques-uns de ces reptiles ont la peau recouverte de coquillages , et par fois de plantes marines , qui croissent sur leur dos , au point qu'ils sont cachés en quelque sorte sous la verdure. La présence des crocodiles rend inhabitables dans le nord de la baie les rivages où se trouvent les marais de tonpi, bwon,ponin^ etc. La chair de cet animal, à dit-on , la saveur de celle du veau*
ni cuiller;
plus une odeur^fort musquée. Sa graisse' est verte comme celle des tortues.
CRUSTACÉ. Du temps d'Hippocrate, d'Aristote et d'Arétée on donna le nom de molli crustâ obtecti aux animaux, marins dépourvus de sang et recouverts d'écaillés , moins épaisses et moins dures que celles des huîtres, des tortues, etc., et divisées par des jointures différentes. Les Romains les nommèrent crustata , crustacea, dont nous avons fait cruslacê. On les emploie à la nourriture de Y homme , qui préfère les grosses espèces. Leur chair nourrit, mais pèse sur l'estomac, il faut en consulter les forces avant d'en faire usage. Les Grecs surtout en mangent beaucoup pendant le carême , la chaleur les altère promptement.
D'après les expériences de M. Lassaigne, sur le principe colorant des crustacés , il pense qu'il est tout formé et qu'on peut par l'alcool l'en extraire à froid, que cette couleur n'est point formée par l'action de la chaleur , mais qu'elle se développe dans le test de l'animal , par l'impulsion de ce fluide.
CUBÊBE (Piper cubeba , L.). La plante croît à Java et à l'île de France , et produit des baies sphériques , qui desséchées ressemblent au poivre , avec un pédicule long et mince. Leur écorce est d'un gris brun et ridée ; leur saveur est acre, aromatique , vive , mais moins que le poivre . Ces baies sont excitantes , elles donnent une bonne odeur à l'haleine et provoquent aux plaisirs de l'amour. Il y a deux sortes de cubèbes dans le commerce ; l'une est mûre , l'autre cueillie avant sa maturité ; les meilleures sont celles qui sont grosses pesantes et récentes, on les tire de Java. Les Indiens , au rapport de Garzias , en font un grand usage macérées dans le vin, pour les rendre aphrodisiaques, ils les emploient aussi pour assaisonner leurs alimens.
Les confiseurs recouvrent de sucre ces baies , mais ils ne font que masquer leur propriété très-échauffante et irritante.
CUCHIRI. Arbre aromatique , fort abondant sur la rivière des Amazones. Le fruit est à peu près de la grosseur d'une olive ; on le râpe comme la noix muscade et il sert aux mêmes usages. L'écorce de cet arbre a la saveur et l'odeur du clou de girofle ; les Français de Caïenne l'appellent bois de crabe.
CUCI. Fruit d'une espèce de palmier qui croît en Ethiopie et aux Indes orientales ; il est rond , oblong , gros et de la couleur d'une petite orange , renfermant un gros noyeau dur, quadrangulaire , et revêtu d'une coque de couleur roussâtre. Ce fruit est fort estimé comme rafraîchissant , cordial et restaurant.
cuiller des arbres. Espèce d'agaric dont le chapeau a la forme d'une cuiller. On le trouve sur le chêne et sur le mar-
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ronier d'Inde. Paulet Ta rapproché de l'agaric coquille de chêne. Ce champignon a été donné à des animaux sans leur nuire , mais il est prudent de s'en abstenir.
CUMIN (Cuminum cyminum , L. ). Plante qui croît en Egypte , dans le Levant , et qu'on cultive dans quelques parties méridionales , notamment à Malte, sous le nom d'anis acre. Elle est annuelle , haute dun pied ; la racine est petite , blanche et iibrée ; elle périt quand la semence est mûre ; les feuilles sont alternes ; les fleurs blanches et purpurines ; il leur succède des graines oblongues, d'un gris brun, cannelées comme celles du fenouil. Leur saveur est un peu amère , aromatique, acre, désagréable et d'une odeur forte. De toutes les plantes dont on se sert pour assaisonner les alimens, dit Pline, il n'en est point d'aussi propre à réveiller l'appétit que le cumin. Le meilleur était celui de la Carpe tanie dans la partie de l'Espagne où est actuellement Tolède , qui en était alors la capitale. Les Turcs s'en servent aussi comme condiment; les Allemands en mêlent avec du gros sel dans la pâte du pain , pour s'exciter à boire. On l'emploie aussi contre les vents et dans quelques pays , pour attirer les pigeons dans les colombiers. Il y a plusieurs espèces de cumin, le bâtard , le cornu , celui des prés et le noir. Le cumin indien est une espèce de myrte. Les propriétés de cette plante approchent de celles de l'anis.
Cumin sauvage ( Lagœcia cuminoïdes). Plante annuelle, venant naturellement dans Vile de Crète , de Lemnos et dans la plupart des îles de l'Archipel , ainsi qu'aux environs d'Aix et dans les Vosges. Sa semence a une odeur forte ; les habitans des Vosges la mêlent à leurs fromages pour les rendre plus digestifs.
CUP or NÉGUS, limonade des anglais. On la fait ainsi : vin de Xérès ou de Madère deux livres , cidre quatre livres , poiré deux livres , citrons piles , coupés par tranches n° 2 , muscade râpée demi-once , sucre en poudre quantité suffisante. On trempe dans cette boisson de la croûte de pain bien chaude ou du biscuit. Cette boisson est analogue aux sorbets des Orientaux ( J.-J. Virey).
CUPANI D'AMÉRIQUE (Cupania americana, , L. ). Vulgairement, châtaignier d'Amérique. Arbre de Saint-Domingue, dont le tronc est court, droit, très-rameux, cylindrique et formant une cime fort ample ; les feuilles sont grandes , alternes, oblongues , luisantes , d'un vert foncé en dessus , veloutées en dessous et dentées à leur contour ; les fleurs sont petites, blanchâtres et disposées en grappes. Les amandes ont une saveur de châtaigne ou de gland doux , fort agréable ; on les mange avec plaisir dans le pays.
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cuiuma. Poisson des eaux douces du Brésil ; sa forme est celle de la truite , la saveur excellente, et les propriétés celles de la truite.
curcuma. [Curcmna longa). Plante des Indes orientales dont la racine est tubéreuse , de la grosseur du doigt, noueuse, pâle en dehors, jaune en dedans, pesante, de saveur huileuse, acre et amère , d'odeur de safran et de gingembre. Cette plante est tellement répandue dans tout l'Orient , qu'il y a peu de jardins où on ne la cultive. Les Indiens remploient pour assaisonner certains alimens. Les graines sont stimulantes , toniques et antiscorbutiques. Dans certains pays on les fait servir pour teindre en jaune. Il y a une autre espèce de curcuma rond que les Portugais appellent raiz de safïao ; son odeur est plus faible ainsi que ses propriétés.
curvi. Poisson qui se trouve dans les rivières des Indes. Il est long d'un pied ; sur sa lèvre supérieure sont deux espèces de cornes flexibles de huit pouces de longueur , de couleur dorée. A l'extrémité de la lèvre inférieure il y a quatre autres cornes; la tête du curvi est aplatie vers son extrémité. Les Indiens préfèrent celte chair à celle de tout autre poisson , à cause de sa bonté. Le curvi est sans écailles.
CYCAS ( Cycas revoluta). Espèce de palmier fort estimé des Japonais, à cause de son huit et du sagou qu'on en retire. Il est défendu de le transporter hors du Japon, sous peine de la vie. Cependant on le cultive à Paris au Jardin-des- Plantes.
cygne [Anas cygnns , Olnr chez les Latins) . Gros oiseau aquatique tout blanc quoiqu'il y en ait de noirs , son col est fort long ; cet oiseau est du même genre que l'oie ; il est le plus beau des oiseaux aquatiques ; son plumage est cendré avec quelques nuances de jaune la première année ; il devient ensuite tout blanc , et sa blancheur passe en proverbe : Blanc comme un cygne. S il marche mal, il nage avec une grâce infinie ; il ne pond qu'une fois l'an au printemps. Les grâces de la figure, dit Buffon, la beauté de la forme répondent dans le cygne à la douceur de son naturel. Il plaît à tous les yeux , décore , embellit tous les lieux qu'il fréquente , on l'aime , on l'applaudit , on l'admire ; coupe de corps élégante, formes arrondies, gracieux contours , mouvemens flexibles et ressentis -, attitu^ des tantôt animées, tantôt laissées dans un mol abandon... La Seine était autrefois couverte de cygnes ■ on dit que c'est parce qu ils en détruisaient le poisson, qu'on les en ôta. L'île Maquerelle, depuis appelée 1 ile aux Cygnes, en nourrissait autrefois un grand nombre. On en élève beaucoup en Allema^ gne. Dans le voyage des découvertes aux terres australes exécuté par les ordres de l'immortel empereur Napoléon et rédigé