DINDON
Il ressemble à la lymphe. On y aperçoit au microscope une foule de globules de graisse qui s'opposent à ce qu'il soit limpide. Au bout de quelques instans il se coagule comme la lymphe. La première bonne analyse du chyle a été faite par Reuss et Emmert.
Berzélius , que j'ai mis à contribution pour plusieurs parties de cet article, a poursuivi la transformation des alimens jusqu'à l'instant où ce qu'ils contiennent d'utile est pris par les lymphatiques , et pénètre alors dans un appareil moins accessible aux recherches de la chimie. Dans toute l'étendue des intestins se trouvent de petites ouvertures appelées vaisseaux chiliféres ou lactés qui sont autant de petites bouches qui absorbent la matière chyleuse et la transmettent à leurs vaisseaux , lesquels sans cesse agités par le mouvement des viscères abdominaux , achèvent de la perfectionner , et par des milliers de routes différentes elle se rend dans un large vaisseau qu'on nomme réservoir de Péquet. De là elle arrive à un canal nommé thoracique , qui se trouve dans la poitrine, doù elle est portée dans la masse du sang , par le moyen d'une veine appelée sous-clavière gauche , située au dessous du bras gauche. La partie du chyle qui ne peut être asssimilée à nos humeurs , reste dans les intestins où elle s'amasse et s'arrête, jusqu'à ce que y poussée vers le rectum par le mouvement péristaltique des intestins , elle y acquière une âcreté qui irrite cet intestin et force son sphincter à se dilater pour lui donner passage.
On concevra , d'après cet exposé , que la capacité de l'estomac étant bornée , si l'on prend des alimens en trop grande quantité , ce viscère , tendu de toutes parts, ne pourra exécuter les mouvemens qui lui sont nécessaires. Ces alimens ainsi entassés , pressant trop sur l'orifice inférieur de l'estomac , le forcent de se dilater, et passent sans être convenablement dissous ; ce qui fait que la nutrition en souffre. Il en est de même si les alimens sont trop aqueux ou qu'ils ne contiennent pas assez de parties substantielles ; mais si ces alimens pèsent sur l'estomac , ils le fatiguent , et de là résultent de mauvaises digestions et par suite des maladies.
D.NUOM. COQ D'INDE ( Meleagris. Gallo pavo , L.). Oiseau originaire de la Numidie , que les Grecs appelèrent nMéayre J d'après la fiction poétique par laquelle on suppose que les sœurs de Méléagre furent métamorphosées en cet oiseau. Plus tard, on le nomma gallo pavo , à cause de sa ressemblance avec le paon. Oviédo est le premier qui en ait parlé, en 1525. Ce coq fut apporté des Indes occidentales , sous François 1er. Ce fut aux noces de Charles IX, en lo70, que fut mangé le premier dindon en France. On dit que les Jésuites rapportèrent en Eu-