‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 154 sur 407 · DINDON · texte numérisé non relu

DINDON

rope ; mais quelques auteurs en doutent. On leur doit aussi la connaissance du quinquina , qui en anglais s'appelle jésuitebarli, écorce de jésuite. La tête et le haut du cou de cet oiseau sont dégarnis de plumes , couverts d'un blanc bleuâtre , chargés de mamelons d'un rouge vif sur le devant , et variés de blanc , de rouge et de bleuâtre. Il ressemble au paon par F organisation de sa queue, et au coq des roches par la manière dont sont terminées les plumes qui couvrent le dos et le dessus des ailes. A la partie postérieure de chaque pied , le mâle a un ergot très-gros , mais fort court ; les pieds et le bec sont noirs chez les jeunes, ils rougissent en avançant en âge et blanchissent dans la vieillesse. Le dindon est le dinde de l'aimée qui a pris toute sa croissance. La couleur du plumage varie ; il y en a même de blancs. Sa voix a différens tons , différentes inflexions , suivant l'âge , le sexe et les passions qui l'agitent. Son extérieur a quelque chose de mélancolique ; son port est humble et son maintien celui d'un animal craintif. Mais il se rengorge avec fierté , sa tête et son cou se gonflent , ses plumes se hérissent , sa queue se relève en éventail , il fait entendre des cris perçans ; la couleur rouge excite sa colère \ il s'élance sur celui qui la porte et l'attaque à coup de bec. Il mange , boit , avale des cailloux et digère à peu près comme le coq. La dinde niche à terre et sa ponte est nombreuse.

Si l'on en croit les voyageurs modernes , cet oiseau n'existe ni aux Philippines, ni à la Chine, ni dans la presqu'île en de-çà du Gange , et il n'y en a que dans les comptoirs et dans les îles où ils ont été transportés.

La chair du dindon, quoique moins tendreque celle de la poule, est plu s nourrissante; celle de la femelle est plus délicate que celle du maie, aussi est- elle choisie de préférence pour être farcie de trufffes ou de marrons . Pour être un excellent morceau, le dindon doit être jeune, avoir été élevé dans les champs ; la chair en est meilleure en hiver .Après l'avoir laissée mortifier le temps convenable , on la fait rôtir ou on la cuit dans son jus ; l'une et l'autre méthode sont bonnes. Les vieux dindes qui ne vaudraient rien à la broche , peuvent se faire bouillir , mais ils rentrent dans la classe des viandes bouillies. La chair du dindon est un aliment sain , se digérant facilement , pourvu qu'on n'en mange pas avec excès. C'est dans l'Amérique septentrionale qu'on rencontre communément des dindes sauvages , qui se nourrissent de fruits et de glands du chêne-vert ; leur chair est beaucoup plus délicate et plus succulente que celle des dindons domestiques ; il y en a qui pèsent jusqu'à quarante livres. Quoiqu'en général les œufs de dinde soient peu employés à cause de leur rareté , on en mange avec plaisir à la coque ; ceux dé la $ê~>

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conde ponte sont même préférés à ceux de poules ; on les mange aussi en omelette.

dolic ou dolie (Dolichos) . Genre de plantes de la famille des haricots. On en compte une infinité d'espèces , toutes originaires des Indes orientales ou de l'Amérique. Les Egyptiens mangent avec plaisir le haricot lablab ( dolichos labtah). Il y a aussi en Egypte un autre dolic ( dolichos maximus de Linné ) qu'on y apporte de la Syrie • on le donne en purée même aux convalescens. A la Chine, on mange celui qu'on nomme dolichos sinensis , qui est excellent ; à la Martinique , le pois patate , dolichos tuberosus dont les racines sont des tubercules de la grosseur de deux poings ; leur saveur approche de celle des raves. Aux Indes, la racine du dolichos bulbosus ressemble aux navets , aliment fort estimé lorsqu'il est bien cuit.

Donc du Japon {Dolichos soja, L. ). Manne des Japonais. Cette espèce croît aussi aux Indes orientales; les gousses ressemblent à celles du lupin , la graine est de la grosseur d'un gros pois ; on en fait dans le pays une espèce de bouillie qui remplace le beurre et qu'on sert avec les viandes rôties ; on donne à cette bouillie le nom de miso ou sauce de soja, ce qui constitue la principale nourriture des Japonais. Les personnes de tous les rangs en mangent plusieurs fois par jour, pendant toute l'année. On la prépare de la manière suivante : ils font cuire les haricots jusqu'à ce qu'ils soient amollis; ils les mêlent avec égale quantité d'orge et de froment , qu'ils laissent fermenter pendant vingt-quatre heures dans un endroit chaud ; ils y ajoutent ensuite mie certaine quantité de sel et deux fois et demie autant d'eau ; ils conservent le tout dans un pot de terre bien fermé , pendant deux mois et demi , en observant de remuer pendant les premiers jours. Après cela , ils pressent la liqueur, qu'ils conservent dans des tonneaux. Plus cette sauce vieillit, meilleure elle est et plus elle s' éclair cit, quoiqu'elle reste de couleur brune. Son principal goût estime salure agréable. Le dolic à gousses menues croît de même aux Indes orientales ; ses graines blanches offrent , après le riz , un aliment dont les Indiens font le plus d'usage.

dombey (Dombeia chilemis). Très-bel arbre du Chili, toujours vert ; les fleurs sont unisexuelles ; le fruit est un trèsgros cône ovale un peu arrondi ; contenant beaucoup de semences alongées , roussâtres , longues d'environ un pouce et demi , à tunique pourpre qui ne s'ouvre point , ayant à leurs sommets une membrane courte , dans laquelle est contenue une amande oblongue blanche , qui se mange comme les châtaignes et dont la saveur est à peu près la même.

DONZELLE DE LA MÉDITERRANÉE [Ophidium barba-

tum , Le), Poisson dont le corps et la queue sont argentés avec

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