‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 158 sur 407 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

Macbride , médecin anglais , fut le premier à reconnaître que la décoction de la drèche avait une propriété antiscorbutique bien marquée -, il recommanda d'en approvisionner lesbâtimens pour les voyages de long cours. La fabrication de la drèche , mérite l'attention de la police , relativement à l'exactitude avec laquelle les ouvriers en doivent exécuter l'opération , c'est-à-dire la germination et la torréfaction du grain ; car leur négligence peut déterminer la moisissure ou même ralcalescence du malt, et la torréfaction portée à l'excès détruirait une partie des principes nutritifs et altérerait la qualité de la bière.

DROMADAIRE ( Voir CHAMEAU).

DRUPE (Drupa). Fruit simple, charnu, presque toujours succulent et renfermant un seul noyau. Les prunes sont des drupes pulpeux , les noix des drupes charnus , les cocos des drupes filandreux. Ce fruit est arrondi dans le pêcher, oblong dans l'olivier. Son noyau est globuleux dans la cerise, comprimé dans l'abricot, etc.

DURION DES INDES ( Durio zibethinus, L.r). Arbre fort élevé , remarquable par la grosseur de son fruit , ressemblant à nos melons , mais couvert d'épines très-pointues et ayant une peau plus dure que celle des marrons. L'odeur en est désagréable, mais la pulpe a une saveur exquise. Les Siamois aiment tellement le durion , qu'ils le conservent toute l'année ; avec de la crème fraîche ils en font , par la cuisson , une marmelade qu'ils mettent et soignent dans des pots. Le fruit frais ne peut se conserver plus de deux jours. On dit que c'est l'habitude qui fait qu'on trouve un bon goût au durion , qui n'a cependant que la saveur de l'ognon rôti. Dans la pulpe , se trouve un petit noyau , contenant une amande qu'on fait griller pour la manger ensuite 5 elle a la saveur de nos châtaignes.

dutroa. Cette plante est un datura; elle croît en Amérique. Sa graine ressemble à celle du melon ; mise dans le vin , elle le rend très-énivrant. On assure que plusieurs Portugaises en font prendre à leurs maris.

EAU. L'eau est un des plus indispensables besoins de l'homme. C'est aussi avec raison que les anciens en avaient fait une divinité ; les Perses lui offraient en grande cérémonie des sacrifices. C'est Lavoisier qui le premier prouva qu'elle est un fluide composé de gaz hydrogène et d'oxygène combinés

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dans de certaines proportions ; d'après les expériences de MM. deHumboldtetGay-Lussac, elle est composée de huit parties d'oxygène et d'une partie d'hydrogène en poids. La meilleure eau est limpide , claire , pure , sans saveur ni odeur, s'échauffant et se refroidissant promptement ; elle doit dissoudre le savon , faciliter la cuisson des herbes , légumes et viandes , dégager beaucoup de bulles d'air lorsqu'on l'agite , enfin elle doit désaltérer. Les eaux de pluie et de neige se rapprochent le plus de l'état de pureté ; cependant Hippocrate blâme celles de neige et de glace. La plus grande pureté des eaux de pluie se trouve dans les dernières trombes. L'eau qui ne contient pas d'air, telle que l'eau distillée , celle qui a bouilli , F eau de glace , sont fades , pesantes et peu propres à la végétation, Celle de fontaine est ordinairement claire , limpide , et d'autant plus transparente qu'elle se dépure par une filtration naturelle en traversant les terres qu'elle parcourt. Ainsi , celle qui sourde d'un terrain argileux , pierreux , est propre à la boisson. Les eaux de rivière , de fleuves et de pluie sont excellentes ; celles qui ne font pas mousser le savon et cuire les légumes sont mauvaises. Celle de citerne est une eau de pluie qui devient stagnante ; elle peut cependant être bonne si elle est renouvelée souvent. Les anciens ne l'ont considérée que comme eau de pluie salubre ; tels sont Praxagore médecin de l'île de Cos, Athénée , etc. ; mais on peut la rendre potable en l'agitant et en la filtrant sur de la poudre de charbon. En général, l'eau de puits ne doit être bue qu'après avoir subi les opérations prescrites pour les eaux. Celle contenue dans les puits d'un terrain gypseux contient du sulfate de chaux. Si le puits est dans un sol crayeux , l'eau contient du carbonate et parfois du muriate de chaux, des sulfates de magnésie et de la silice. Les eaux de puits sont en générale fades parce qu'elles sont privées du gratter qu'ont les eaux courantes. Uue eau dure ne cuit ni les légnmes , ni les poissons de mer ; elle décompose le savon au lieu de le faire mousser, et contient beaucoup de sulfate de chaux , qui, par l'ébullition, se précipite , enveloppe les légumes , s'oppose à ce que leur substance en soit pénétrée, et par conséquent ne les cuit pas. Ces eaux ne sont pas potables ; elles occasionent des coliques ; leur qualité malfaisante est encore augmentée , dit M. Orfila , parce qu'elles sont privées d'air.

Une eau malpropre peut donner lieu à plusieurs maladies , telles qu'à la dysenterie , au scorbut ; l'eau gâtée peut se purifier -, on peut aussi garantir ce liquide de la putréfaction. C'est Lowitz , qui le premier observa la propriété dont jouit le charbon d'arrêter la putréfaction. On l'employa d'abord pour corriger l'eau corrompue. Ce fut Berthollet qui proposa

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