ÉLÉPHANT
court, son bois large et massif. En Suède on en tua un du poids de douze cents livres. Les uns disent sa chair bonne ; d'autres la disent mauvaise. Dans le Canada on estime beaucoup le nez. Les Yogouls , en Russie , mangent la chair ; ils la font sécher et fumer. Pallas dit qu'il se régala de la chair d'élan séchée. On en fait des langues fourrées. Le bois sert à faire de la gelée. Au rapport de Sparmann , l'élan du Gap a beaucoup de graisse délicate ; elle sert à l'assaisonnement des mets.
Éléphant (Elephas). C'est le plus gros de tous les quadrupèdes, celui dont l'intelligence approche le plus de celle de l'homme. Il comprend la langue du pays , obéit au commandement et se souvient des devoirs auxquels on la formé. Il est sensible à l'amour et à la gloire ; il a de la probité, de la prudence, de l'équité, et honore d'un culte particulier le soleil et la lune (Pline). Rien n'est aussi massif, aussi matériel et aussi grossier que le corps de cet animal ; sa tête estime monstruosité; ses oreilles, quoique très-longues, très-larges et très-épaisses ; paraissent petites ; ses yeux petits ne sont point proportionnés à sa tête ; son nez est large et s'allonge de manière qu'il touche à terre et même plus bas ; la peau est gercée et ridée ; la trompe a des mouvemens et des usages qui ne se trouvent pas dans les autres animaux ; sa structure est singulière ; elle est très-longue : c'est un membre capable de mouvement et un organe de sentiment. Il respire parce canal, qui lui sert pour ramasser les corps les plus petits. Sans la trompe, l'éléphant ne pourrait pas vivre. La bouche est à la partie la plus basse de la tête et semble plutôt être jointe à la poitrine ; la langue est petite ; il n'a que quatre dents à la mâchoire supérieure et autant à l'inférieure , mais la nature lui eu a donné deux autres , qui sortent de la mâchoire supérieure ; elles sont très-fortes et très-longues, pour pouvoir se défendre. Il a l'ouïe excellente ; il aime le son des instrumens ; son odorat est exquis ; aussi il aime beaucoup les parfums , surtout les fleurs de l'enranger.
L'éléphant n'est ni sanguinaire ni féroce , mais doux et n'abuse point de sa force; il ne l'emploie que pour se défendre ou pour défendre ses semblables. Il marche de compagnie ; le plus âgé conduit la troupe ; les jeunes et les faibles sont an milieu des autres. Une chose remarquable , c'est que le mâle ne couvre jamais la femelle , même au plus fort de sa chaleur, tant qu'il voit du monde. Les mères portent leurs petits, qu'elles tiennent embrassés avec la trompe. Si l'éléphant reçoit une injure, il va droit à l'offenseur et l'atteint , fût-il léger à la course; et, le saisissant avec sa trompe, il \e lance contre une pierre et achève 4e le tuer en le foulant aux pieds, Il