FAIM
du corps ainsi que celles de l'estomac et des intestins ; sous ce rapport , elle est préférable à l'exercice à pied , parce qu'elle secoue davantage le corps et qu'elle le fatigue beaucoup moins.
Cheyne , Traité de la Santé , dit avec raison , que les personnes faibles et valétudinaires doivent faire de l'exercice une pratique de religion. Celui de la danse est pour la femme ce que l'équitation est pour les hommes ; enfin, la gymnastique , dont on a reconnu le besoin , surtout dans ces derniers temps, ne peut être que d'une très-grande utilité. L'exercice cependant ne doit jamais être continué jusqu'à une extrême fatigue , car alors il affaiblit au lieu de fortifier.
EXOCET VOLANT. (Exocœtus volitans , L. ). Poisson de
presque toutes les mers tempérées. Sa forme est effilée comme celle du hareng ; son dos est bleuâtre , les flancs et le ventre argentés. Ce poisson est timide et faible ; la nature lui a donné des nageoires propres à s'échapper du sein des vagues , et à planer un instant sur la surface des eaux , il ne se replonge qu'à une portée de fusil du point d'où il est parti. On en rencontre parfois des bancs de toutes les tailles; ils deviennent souvent la proie des oiseaux. La chair de l'exocet est grasse , agréable mais de difficile digestion ; on s'en régale dans les voyages de long cours ; les œufs ont une âcreté capable d'affecter la langue et le palais. Ce fut une troupe d'exocet, dit le capitaine Dumont-IJurville, qui sauva, sur les parages du cap Blanc, les derniers naufragés du radeau de la Méduse.
FAGAMER DU JAPON. (Fagara piperita, L.). Vulgairement poivrier jdu Japon. Toutes les. parties de cet arbrisseau sont aromatiques, elles ont le goût du poivre, mais principalement l'écorce, les feuilles et les capsules. On l'emploie pour assaisonner les alimens, en place de poivre et de gingembre : les propriétés sont à peu près les mêmes.
faim. {Famés.) C'est le désir et surtout le besoin de manger des alimens solides, pour conserver et réparer les pertes continuelles que fait le corps. Le défaut de proportion entre la déperdition et la réparation paraît être la cause réelle et immédiate de ce besoin , et si le sentiment désagréable de la faim se fait sentir tout entier dans l'estomac , c'est que ce vis<cère , sympathiquement lié à toutes les parties du corps , est l'agent principal de la digestion. On éprouve d'abord un sen-
FAISAN. Hll
tiiïient particulier de gêne , de resserrement et de tiraillement à l'estomac , sentiment qui s'accroît et devient anxiété , douleur, etc. Il est plus fort, plus vif dans la jeunesse, parce que la puissance réparatrice est alors dans sa plus grande activité ; à mesure qu'on avance vers le terme de la vie , la faculté destructive devient plus forte et l'aiguillon de la faim diminue. Ce besoin se fait moins sentir dans les pays chauds que dans les pays froids , où les corps deviennent plus grands et prennent plus de volume. Une forte préoccupation d'esprit prévient la faim; on la modère par une ceinture serrée autour du ventre ; le vin , l'opium et tout ce qui engourdit la vitalité la rend moins impérieuse ; enfin on la fait cesser par les alimens. La soif est l'appétence des liquides. (Voir cet article.)
On avait fait une divinité de la faim : elle avait une statue dans un temple de Minerve à Lacédémone.
faines. (Falgus sylvatica, L.). Fruit du hêtre qu'on nomme aussi foncine. Il est contenu dans une coque dure, relevée de quatre côtes, d'où il s'échappe naturellement. A l'extérieur, ce fruit est couvert d'une peau et ensuite d'une pellicule mince adhérente à l'amande de la première peau. Entre ces deux enveloppes se trouve un duvet très-fin; l'amande contient comme toutes les autres du mucilage et de l'huile. Par le moyen du moulinage et de l'expression , on en retire une huile de couleur jaune , tirant sur le vert , que l'on parvient à dépurer au moyen de l'acide sulfurique et à la rendre bonne à manger. (Voir article Huile de Faines.) Cette huile a le goût de l'aveline. Les Anglais ont appris à faire du pain avec la faine , et les Suédois s'en servent en guise de café , après l'avoir grillée. Pline dit que ce fruit était regardé comme le plus doux et le meilleur de tous les glands, dulcissima omnium est gîans fagi, Pi. I, 7.). Les faines se mangent grillées comme les châtaignes ; mais elles sont venteuses. On dit que mangées vertes elles causent une espèce d'ivresse.
faisan. (Phasianus colchicus , L.) Cet oiseau porte à peu près le même nom dans toutes les langues de l'Europe. Sa femelle se nomme en français faisande , faisanne , faise , qui vient du mot phasis, fleuve de la Colchide , d'où cet oiseau fut transporté par les Argonautes dans la Grèce, et de là dans nos climats : ce que Martial paraît avoir exprimé par ce distique ;
Argiva primùm sum transportata carinâ , Ante mihi notum nil nisi phasis erat.
Il est de la grosseur d'un coq ordinaire , admirable par la variété et l'éclat de son plumage. Sa beauté est comparable à celle du paon. Gybert Longonius , dans son traité sur le dialogue des oiseaux, dit qu'il n'aurait jamais cru que la nature
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eût pu réunir tant de beautés en un seul animal , et que Solon ne disait rien de trop fort quand il répondit au. roi Crésus, assis sur un trône superbe , orné de son diadème et tout couvert d'or et de pourpre , qui lui demandait s'il avait jamais vu quelque chose de plus beau : « que les paons et les faisans » lui semblaient encore plus beaux.»
Cet oiseau vit dans les bois ; il est de Tordre des gallinacées. On le trouve dans les parties chaudes de F Asie et de l'Europe où il multiplie beaucoup. On le place parmi les oiseaux pulvérateurs , parce qu'il aime à gratter le sable ou la terre sèche , à s'y rouler et à s'en couvrir. Il est si stupide qu'il se croit en sûreté , s'il parvient à cacher sa tête ; on l'attire facilement dans le piège en lui présentant quelque chose de rouge. La durée ordinaire de sa vie est de six à sept ans. On est parvenu a l'élever en domesticité quoiqu'il ait beaucoup de goût pour l'indépendance. Il y a plusieurs variétés de faisans. On en a vu de parfaitement blancs. Les endroits où l'on trouve en France le plus de faisans , sont la Touraine , les forêts de Loches et d'Amboise. On en voit beaucoup en Corse. Sa chair ressemble à celle de la poule ; cependant le goût en est plus agréable. On préfère celle du mâle ; en automne surtout cet aliment nourrit beaucoup , fournit un bon suc d'une saveur délicate et de facile digestion. On le prescrit aux personnes épuisées et aux convalescens. Le faisan , du temps des Argonautes , était si rare que Ptolomée , roi d'Egypte , n'en avait jamais mangé. Il a été de tout temps réservé pour la table des riches, et l'on a regardé comme une prodigalité insensée la fantaisie d'Héliogabale d'en nourrir ses lions et ses léopards. Viteflius fit servir sur sa table les cervelles des faisans. Galien croit que cette chair nest préférable à celle de la poule qu'à cause de sa rareté. Un faisandeau bien gras est un morceau exquis, mais fort cher et rare en France.
faltranck. Nom allemand qui signifie boisson, convenable après les chutes. Tout le monde connaît l'usage de ces vulnéraires : c'est un mélange des principales herbes dites vulnéraires , qu'on récolte dans le temps de leur floraison sur les montagnes de la Suisse et de l'Auvergne. Dans les faltrancks ordinaires , on emploie les feuilles et les fleurs de bugle, de pervenche , de verge d'or, de véronique, de pied de chat, de pied de lion, de langue de cerf, d'armoise, de pulmonaire, de verveine, d'aigremoine , de petite centaurée, de menthe, etc.
fanfre. Poisson de la Méditerranée, ressemblant au maquereau et de la même grosseur. Le dos est ceint de bandes larges , dont l'une est de couleur violette, tirant sur le noir, et l'autre bleue • le ventre est blanc, Les mariniers provençaux
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disent que ce poisson suit les vaisseaux. Sa chair est fort estimée , à cause de son bon goût , mais elle n'est pas de facile digestion pour certains estomacs.
far. Selon Pline , il y avait en Italie trois espèces de froment : le /ar, le siligo et le tHticum. On a cru que le far était le froment rouge, c'est-à-dire celui dont Técorce est plus dorée et dont l'épi est barbu ; mais l'expérience a fait voir que cette barbe cesse lorsque ce froment est semé dans un autre terroir que celui où il a cru. Les plantes de froment se ressemblent tellement qu'il n'en est peut-être que d'une es^pèce , laquelle varie selon les différentes terres qui la produisent. Il n'y a qu'une espèce de froment peu connue en France qui soit bien distincte du froment ordinaire ; c'est celle du blé de miracle, tritiaim spica multiplici. Le far est le plus dur des fromens , il résiste le mieux aux rigueurs des hivers. Il fut la première nourriture des anciens Latins , comme on le voit par les présens que le peuple faisait et qu'on appelait adorea. L'épithète adoreum , donné au far, était honorifique, puisque la victoire elle même s'appelait adorea.
farine. Poudre blanche , fine, nourrissante, que l'on relire de plusieurs espèces de grains , du froment , de l'orge , du seigle, du riz, de l'avoine et d'autres graminées. On donne aussi ce nom aux semences des pois , des fèves , des lentilles réduites en poudre . On a appelé fécule la farine de pommes de terre et celle des orchis , qui sont principalement formées d'amidon. Celle de froment est composée, selon M. Proust, d'amidon ,* de gluten, d'extrait aqueux sucré et de résine. Celle de seigle contient, selon Einhoff, de l'albumine, du gluten dissous, du gluten non desséché, du mucilage ou amidon soluble, de l'amidon et du sucre. Selon Proust, la farine d'orge non germé contient de la résine jaune , de la gomme, du sucre, du gluten, de l'amidon et de Thordéine. Ce chimiste attribue àlhordéine et à la petite quantité de gluten, l'infériorité de cette farine, relativement à celle de froment, pour faire le pain; mais Fourcroy et Vauquelin ont fait connaître, bien avant M. Proust, que la saveur acre et rance du pain d'orge et le mauvais goût des eaux-de-vie de grains étaient dus à une huile grasse concrescible , pesant un centième , contenue dans l'orge. M. Vogel regarde la farine d'avoine comme étant formée d'amidon, d'albumine , de sucre d'un principe amer, de gomme , d'huile grasse et de matière fibreuse. Vauquelin a examiné le riz après M. Braconnot et Vogel ; il n'y a trouvé que de l'amidon , des traces de gluten et point de matière sucrée. La farine de pois contient, d'après Einhoff, une matière volatile, de l'amidon, une matière végéto-animale; de l'albumine, du sucre, du mucilage, une matière amila-