S8 FIGUE
FIGUE. (Ficus carica, L. ). Fruit d'un arbre originaire de l'Asie. On le trouve surtout dans les lieux montueux des pays méridionaux. Le figuier sauvage ne porte que des fleurs mâles qu'on nomme capeifigue. Celui qu'on cultive se distingue de celui-ci par son élévation et par la grande quantité de fleurs femelles qu'il porte. Le tronc de l'arbre est tortueux, les feuilles épaisses, rudes, souvent découpées en lobes obtus et d'un vert assez vif. Cet arbre est laiteux et acre. Les variétés du fruit se reconnaissent surtout soit à la diversité du réceptacle, soit à son volume, sa couleur, ses qualités, etc., Caton ne fait mention que de six variétés de figues. Pline dit que lorsque les Romains se furent rendus maîtres du monde, on en comptait près de trente sortes. On leur donnait le nom du pays qui les produisait. On disait figues rhodiennes, africaines, de Tivoli, d'Herculanum, etc. Les meilleurs de ces fruits sont les suivans : la figue grosse , blanche , ronde , dont la pulpe est douce et agréable ; celle de Salerne, blanche, fondante, trèspropre â faire sécher, excellente alors ; celle de Grasse , de Marseille, petite, blanche extérieurement, rouge à 1 intérieur; celle de Lipari ; la coucourelle ou angélique ; celle de Versailles, de Cuers, la barnissote. Les Grecs estimaient fort ce fruit; Hercule en mangeait avec la viande de bœuf. Platon fut surnommé l'amateur des figues et du raisin. C'est mal à propos que Galien regardait tous les autres fruits comme inutiles. Les Grecs disaient qu'un grand bonheur était de pouvoir manger des figues ; ils n'auraient pas dit la même chose de celles qu'on vend à Paris.
Les figues bien mûres sont mucilagineuses, douces nourrissantes, aphrodisiaques etémollientes. La grande abondance de mncilage les rend pectorales. On a dit que leur usage exerçait sur la fibre vivante une influence relâchante, et que l'observation semblait prouver que les personnes qui en abusent sont sujettes à contracter des hernies. Je suis né à Grasse , pays où l'on en mange outre mesure toute l'année , et je n'ai jamais entendu dire qu'il y eut plus de hernies qu'ailleurs. On a dit aussi que leur action relâchante se faisait remarquer sur le cerveau et sur les nerfs ; enfin on a dit que Zenon en mangeait beaucoup dans la vue de se rendre insensible à tous les maux qui affligent l'humanité. Les athlètes s'en nourrissaient, avant que le fameux lutteur Pythagore leur eût fait connaître la viande ; les figues engraissent. Linné nous apprend que les pauvres, placés en sentinelle pour garder les figuiers et les vignes, devenaient gras et robustes en mangeant des figues , qu'il en était de même des renards, qui étaient aussi mangés à leur tour.
On doit ne faire usage de ce fruit que quand U est bien jnûr,
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sans cela il serait nuisible à cause du suc laiteux qu'il contient. Son excès occasione des coliques , des diarrhées, etc. Les figues sèches nourrissent et sont plus émollientes que les fraîches. Les Grecs en faisaient un grand commerce; on les servait sur la table des rois de Perse. Les historiens rapportent qu'un des motifs de la guerre de Xercès contre les Grecs, fut le désir de s'emparer d'un pays qui produisait un fruit aussi excellent. Les figues d'Afrique surtout étaient recherchées à cause de leur grosseur et de leur qualité. Sèches, elles servaient chez les anciens à faire une sorte de vin appelé Sicyte. Pline en a décrit la préparation. Collumèle, Dioscoricle, etc., ont dit que le suc du figuier était employé pour faire cailler le lait; Pline ajoute qu'on s'en servait comme de présure pour faire le fromage. Ce suc est acre et caustique.
La décoction des figues sèches calme lâcreté de la gorge , des poumons et des gencives.
Galien, Paul d'Egine et Oribaze ont dit que le fréquent usage des figues sèches produisait des poux.
Les habitans de la Morée cultivent le figuier avec soin. Pour empêcher les fruits de tomber avant leur maturité , et pour faciliter leur développement , ils pratiquent la caprification , opération connue des anciens : Pline , Théophaste , Plutarque, etc., en ont parlé. Linné, dans ses amœnitates acadernicœ, en parle aussi. Elle consiste à suspendre aux branches des arbres plusieurs chapelets de figues tombées avant leur maturité; ces figues sont les nids dune infinité d insectes, connus sous le nom de cynips. Bientôt ces insectes se développent, sortent de la figue pourvus dalles et se répandent sur les fruits de l'arbre , les piquent, et de leur piqûre suinte une larme de gomme : ils meurent bientôt après. Les figues percées du dard de l'insecte ne tombent plus et grossissent.
FÏLIPENDULE ( la ) ( Filipendula major), Plante fort commune dans toutes les province de la France ; les feuilles sont très-découpées et portent au sommet de la tige un bouquet de fleurs blanches , disposées en rose. Ses racines sont tuberculeuses, ressemblant à des olives allongées , de couleur rougeâtre à l'extérieur et blanche intérieurement, de saveur douce mêlée d'amertume , et d'odeur aromatique. Plusieurs auteurs, entre autres Rudbeck, prétendent que la filipendule a autrefois servi d'aliment et qu'on y a recours dans les temps de famine ; aussi Xavier Manetli ne l'a point oubliée parmi les plantes qui peuvent tenir lieu de pain ou servir à l'alimentation.
FISTULINE BL'GLOSSOIDE ( Boletusbugïossum). LANGUE ou Foie de boeuf , Agaric. Couleur rouge-brun, ayant la forme d'une langue ou d'un foie» Il croît sur les troncs des
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grands arbres , principalement sur ceux des' chênes et des châtaigniers. Il acquiert un développement de plus d'un pied de diamètre et pèse de deux à trois livres; il paraît en automne; il a une légèreA saveur de truffe.
FLAMMANT [Phœnicopterus ruber , L.). Cet oiseau est Seul de son espèce. Ses pieds sont palmés, quoiqu il ne nage pas et qu'il ne fréquente pas les rivages : il habite les contrées méridionales de la France , les bords de la Méditerranée et près des Pyrénées. Il est plus gros que la perdrix. Ses ailes et son bec sont d un rouge de feu , quand le soleil les frappe. En Afrique , les nègres qui habitent près de Gésines le regardent comme sacré. Malheur à un étranger qui serait surpris à tuer un de ces oiseaux, on vengerait cette injure par sa mort. Le flammant est voyageur ; il se nourrit de poissons et de toute sorte d'insectes aquatiques. On ne l'apprivoise pas facilement. Martial et Lampndius disent que sa langue et sa cervelle étaient autrefois des morceaux très-recherchés. Apicius dit aussi que la langue est un aliment délicat ayant le goût de la cervelle. La chair est brune. Celse ne la croit ni bonne ni mauvaise, ayant le goût de celle des oiseaux qui vivent dans les marais. Gatesby , au contraire , la compare à celle de la perdrix. Dampierre dit qu'elle est d'une excellente saveur, quoique maigre. Dutertre la trouve fort bonne, malgré un petit goût de marais. Philostrate la mettait au nombre des aliniens qui faisaient les délices des festins. Juvénal reprochant aux Romains leur luxe déprédateur , dit qu'on les voit couvrir leurs tables des oiseaux rares de Scythie et du superbe phénicoptère. Quoi qu'il en soit, cette chair est plus ou moins bonne selon le pays , l'âge , la nourriture de l'oiseau , etc. ; mais elle est de difficile digestion.
Caligula , devenu assez fou pour se croire un dieu , avait choisi cet oiseau avec le paon , pour les hosties exquises qu'il devait immoler à sa divinité , et la veille du jour où il fut massacré, il s'était aspergé, dit Suétone, dans un sacrifice, avec le sang d'un phénicoptère. Les plumes de cet oiseau étaient employées par les gourmets à se faire vomir au milieu des repas. On tue en Egypte, dit M. Geoffroi, des quantités considérables de flammans. Sur les côtes de Provence , du Languedoc, surtout du côté de Montpellier, de Martigues et dans les marais près d'Arles on trouve abondamment cet oiseau. H y a un autre flammant des bois , qui vit dans les forêts. Sa chair a une saveur plus délicate que celle du flammant ordinaire , mais le véritable flammant est le phœnicopterus.
flèche (Sagia, L.). Poisson dont le corps est applati, de couleur gris argenté \ le museau est pointu ; on ne le con-
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naissait que dans les eaux d'Amboine. M. Risso Fa trouvé sur les bords de la mer de Nice , en avril. Sa chair est blanche, de bon goût et de facile digestion.
FLET (le), FLÉTELET, FLÉTON or FLEZ {Pleuronectes fle~ sus , L. ). On donne aussi à ce poisson le nom de Picaud. On le distingue des autres pleuronectes en ce que sa nageoire caudale est arrondie , ses yeux sont à la partie droite de la tête , son corps est hérissé de piquans très-petits et crochus , ses écailles sont minces, le côté gauche du corps est blanc avec des nuages bruns et des taches noirâtres ; le côté droit est d'un brun intense avec des taches olivâtres ou d'un vert jaune et noir. Le flet ne pèse ordinairement qu'environ six livres. On le prend au printemps vers les rivages de la mer et près des embouchures des fleuves ; on Ta péché dans la Seine et on l'a nommé Fronde de rivière. La bonté de sa chair varie suivant la saison et le lieu où on le prend ; mais sa saveur est tort inférieure à celle de la chair de la plie.
FLÉTAN [Pleuronectes hypoglossus , L.). C'est un des plus grands poissons des mers du Nord , on en a vu du poids de quatre cents livres. Le côté supérieur est brun plus ou moins noirâtre < il est couvert d'écaillés , sa tête est petite. Dans la Basse-Saxe, on sale les nageoires , on en fait un mets appelé raf. Pour conserver ce mets on le fait sécher au vent , c'est en îvTorwège qu'on fait le meilleur raf. On trouve toutes sortes de choses dans l' estomac de ce poisson , jusqu'à de la glace. Le jour delà Saint- Jean, en 1731, on ouvrit un gros flétan et on en retira un morceau de glace , quoi qu'il n'y en eut nulle part dans cette saison. Les habitans du Nord font une grande consommation de la chair du flétan. La tête est la partie la plus délicate , on la vend fort cher à Hambourg "set en Hollande. Cette chair étant fort grasse, se digère fort difficilement.
FLEURS D'ORANGER ( Aurantiorurn flores ). On emploie ces fleurs de différentes manières; on en fait un ratafiat, des pâtes , des conserves , qui aident à la digestion , mais leur abus donne de Tâcreté à la bile et occasione des incommodités. Pour conserver toujours claire et sans déperdition d'odeur l'eau de fleurs d'oranger , il faut la mettre dans des vases opaques , et qui en soient entièrement remplis. (Vauquelin.)
FLYNDRE {Pleuronectes plasessoïdes , L. ). Poisson de la taille d'un pied et de la forme d'une navette. Sa chair a une saveur peu agréable , on ne la mange ordinairement qu'après l'avoir faite sécher. Propriétés de la morue conservée par la dessiccation, FOIE DES ANIMAUX, Substance ordinairement compacte et