FRAISIER
mer est plus estimée que les autres , mais sa partie antérieure est seule bonne ; le reste ne vaut rien.
FRAISIER COMMUN. (Fragaria vesca, L.). Sa racine est une
souche demi-ligneuse, produisant une touffe de feuilles composées de trois folioles ovales , d'un vert gai en dessus, soyeuses et blanchâtres en dessous ; les fleurs sont blanches ; le fruit est une baie ovoïde, blanche dans quelques variétés, rose dans d'autres, mais plus souvent d'une belle teinte rouge , renfermant beaucoup de petites graines brillantes , aiguës, rougeâtres, éparses çà et là sur la superficie de la pulpe charnue. La substance de la fraise est très-odorante , légère , fondante et cependant peu aqueuse. Sa saveur est exquise , et son parfum agréable ; c'est peut être en cueillant cette baie une à une sur sa tige et en la mangeant de même qu'on savoure le mieux son parfum. Celle des bois surtout, quoique plus petite, est plus savoureuse et p!us odoriférante que les autres. Il y en a plusieurs variétés. On est parvenu à en obtenir d'une grosseur extraordinaire. Quelques unes, telles que les fraises-ananas et les capitous égalent presque le volume des abricots , mais elles n'ont ni l'arôme ni la saveur des fraises des bois. La blanche est le mâle ; elle a moins de parfum. Ce fruit est un des meilleurs;; il rafraîchit , mais nourrit peu. Il s'aigrit ou se corrompt facilement ; aussi ne convient-il pas à tous les estomacs; il nuit aux personnes dont les nerfs sont très -irritables. Mangé avec excès, il occasione des coliques. Si la fraise a parfois déterminé des éruptions cutanées , il faut en accuser une disposition particulière chez celui qui la mange. Prise avec modération et arrosée de vin et dé sucre, on ne doit la manger qu'à la fin du repas ; la digestion s'en fait plus facilement. Plusieurs personnes mêlent ce fruit avec de la crème, de la cannelle en poudre ou du gingembre, mais alors il n'est plus rafraîchissant ^les fraises conviennent aux jeunes gens, aux tempéramens sanguins , aux mélancoliques , aux personnes qui ont de la difficulté à uriner par des embarras des reins et de la vessie. Elles peuvent convenir aussi à certains vieillards. Le vénérable L'Ecuy, abbé général des Prémontrés , âgé de quatre-vingt-treize ans, me disait . le 20 avril 1832, qu'à son déjeuner ainsi qu'à son dîner, il mangeait une forte assiettée de fraises , quoiqu'il ne pût faire le moindre exercice, sans en avoir jamais été incommodé. Les femmes grosses ne doivent en manger que très-peu , parce qu'elles peuvent leur occasioner des coliques. C. Hoffmann raconte qu'une personne qui avait mangé une grande quantité de fraises en rendit beaucoup de parties dans les urines , au point qu'on eût dis qu'elles avaient été fondues dans les reins. Il est d'observation chez ceux qui en mangent beaucoup , que leur urine en retient une odeur forte.