‹ Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuplesChapitre 199 sur 407 · GIN-SENG. Z · texte numérisé non relu

GIN-SENG. Z

riz , etc. Au rapport de Murray, les pauvres se régalent avec la décoction de cette racine mêlée à la bière. On dit que plusieurs épiciers s'en servent pour falsifier le poivre. On doit choisir cette substance récente , sans être cariée , répandant une bonne odeur, ayant une saveur piquante , et qui coupée , ne soit pas pulvérulente mais bien sèche , car pour en augmenter le poids on l'arrose avec l'eau de la mer. Les tempéramens chauds , secs , irritables , les jeunes gens doivent éviter cet ssaisonnement incendiaire.

On lit dans Raynal que les Espagnols en arrivant aux Antilles , prirent une espèce de passion pour cette épicerie , qu'ils en mangeaient le matin pour aiguiser leur appétit, qu'on la leur servait à table , soit fraîche ou confite de plusieurs façons ; qu'ils en usaient après le repas pour faciliter la digestion , et qu'elle était dans la navigation leur antidote contre le scorbut. Le meilleur gingembre est celui du Malabar. Les Hollandais en confisent la racine ainsi que celle du Calamus aromaticus , dont ils font un grand emploi comme tonique , c'est surtout après leur dîner et le soir qu'ils mangent ces racines imprégnées de sucre.

GIN-SENG ou JIN-CKEN. [Pdnax quinquefolium ,L.) Plante dont il y a plusieurs espèces ; on croit que la meilleure vient à la Chine, dans la province de Laotung, ainsi qu'au Japon et dans les forêts Tatares. Sa racine qui est la partie usitée est fusiforme , charnue , de la grosseur du petit doigt , longue d'environ deux pouces et divisée en deux ou trois branches. Celle qui vient d'Orient est jaunâtre et diaphane à peu près comme le sucre d'orge. Celle d'Amérique est d'un blanc jaunâtre, opaque et médiocrement consistante. Les Tatares ont seul le droit dans l'empire chinois de préparer et de vendre cette racine , dont la saveur approche de la réglisse. Les Chinois en sont fous , ils lui donnent le nom d'esjtrit pur de la terre , recette d'immortalité. Selon eux , c'est un remède souverain contre les faiblesse du corps et de l'esprit; elle guérit les maladies du poumon; elle arrête le vomissement, fortifie l'estomac , donne de l'appétit, ramène les esprits vitaux , guérit le vertige , l'affaiblissement de la vue et prolonge la vie des vieillards ; enfin ils la regardent comme le plus puissant aphrodisiaque. Mais ces vertus sont exagérées de beaucoup. Ils coupent cette racine par tranches et la font bouillir dans le thé , ils n'en donnent jamais plus d'un cinquième d'once pour un verre de décoction. Les Chinois attribuent encore ziijin-chen la propriété de donner de l'embonpoint. Les gens riches ne prennent pas un médicament dont cette racine ne fasse partie. Le père Jartoux dit avoir éprouvé sur lui-même pendant son séjour en

Page 1